Tome II
Gonme et Larivière, anivéi^ dane 1b journée dn 6 jmii, et qTii 80 sont Tendus À l'assemblée d'iasnrrectioD à six hfiores da soir. Oorsas Q'a fias quitté Caen. 11 a dû b^ troaver fort à sa place, son journal, le Coiorier de» Départemenis, y ayant joui d'une grande publicité, que les Oirondina étendaient avec zùle, et surtout s'il est vrai, comme l'afSrme Wimpfen, ei pe» véridiqoe, que Goraas penchait pour le petit Dauphin.
Quant à Henri Larivière, il ne s'éttût montré oa arrôté ni ft Evreux, premier sié^e de l'insurrection, ni xaèae & Lisienx, ville de ea résidence, je oroiti, proncmcée pour IHnsnrrection ; il a dA disparaître immédiatement, puisque leit procèe-verbaox de l'aesemblée constatent sa présence A la réaniou le d, à six heures du soir, et enregistrent, le leuflemain 10, une proclamation de l'assemblée, dans laquelle, pour des raisons personnelles probablement, Aie ne manque pas d'appeler Henri Larivière a Tan des I c membres lee plus pure de ta (Convention, » et elle dit, ds f^Hichflt et de lui, qa'iis <t sont sous le ptogmi^ »
O, il Mt ÛDpoeaiUe d'admettre, qneb qu'aient été le» proeâdfe de cette anemblée, qu'elle etit crié an Caivadw qne Henri Larivière, on de ses rejnéBentasts è la Omventlofi, était nsti Kvec Fanebet mus le poignu^ à elle s'était erae' exposée à ce qu'on le rracoatiftb dans Oaen. Haurî Lerividre, arrivé dans la journée da 0, était dono r^nrti avant la proclamation da 10. PoiiTtBat,et bien pins encore que Oorsas, il était i sa place bb milieu de l'inBurreodon caenaise. H ne serait pas ïnqiGBsible qu'il ee fût chttfgé de quelque missioD secrète anprèB des émigrés dn gouvernement anglais, on bieB & &iidrait admettre qu'il n'avait eu, dès la premiàie hean^
D9i L'iwHmraoCKm 19$
aucune oonftisiee dans l'insurrection^ et qne^ loin d'y aventoier sa personne, il s'était empressé de disparaître sans pins tarder, et de chercher un reftige qui le mit à l'abri du sort si triste de i^es collègues. Agent du comte d'Artois, Henri Larivière avait affecté un langage trèsrévolutionnaire, comme tant d'autres qui comptaient fidre. de l'exagération un instrument de leurs machinationB contre la Bépublique. On l'avait entendu élever à la hauteur d'une maxime cette parole d'une portée sans limites: c La haine due aux tyrans doit s'étendre à tous ceux c qui portent ombrage aux amis de la Liberté. 3 Comme tant d'autres aussi, ses semblables, il &isait naturelle*ment partie de la phalange des coalisés qui se groupaient autour des Girondins; il s'était attaché au pan de l'habit de son ami le brillant Yergniaud, et il se réservait sans doute de conquérir plus tard hi confiance du noble Lanjoinais, pour le compromettre en fructidor.
Les Qirondins qui séjournèrent davantage à Oaen, en les prenant dans l'ordre de leur arrivée, fiorent Gorsas, Buzot| Salles, Barbaroux, Bergoing, Guadet, Louvet, Pétion, venus avant le commencement de juillet.
On vient de voir en quelle circonstance peu importante ils sont intervenus directement dans les actes de l'insurrection. Louvet est le rédacteur d'une proclamation arrêtée en commun et approuvée par l'assemblée. Là s'est txNrnée leur action directe, dans la direction officielle du mouvement.
Comme action individuelle, on en a vu deux prendre la parole dans l'assemblée, Buzot trois fois, et Gorsas deux fois. Us publièrent aussi quelques opuscules tels que : ^ Charles BarbarauXy de Marseille^ atix citoyens de
t9é DtfïELOPPEKEHTS
t Wtrti^Ue. * — t Sergoing à ses eomvtetbntts. » — ' < Ukpréeiê et» évttiemeiits, par Gorsas. » — i CompU- « mAfparSaUâBet Buzot. » — a Salles, d^uté prot- « aritf âM.le tÀeeaHar de Saint- Just. » ' Ha panÎMenit arcrir oonça de l'inquiétude de la diapo- <Eti(m de Vtqiinion publique à clore leur querelle par Facoeptattctt de la Conetittitioti soumise aux assemblées primaires, et xçit la Oonventiou s'était hâtée de votée âspoia le 31 mai. Od toonve d'eus, eu effet, deux pnbliéaticnu) vjvA le mâme objet, l'uue de Pétion, ObgerveUùm itr h Cauiitiltim, «t l'autre de Salles, Examen eriti^ de la CtmiHiiahH.
" Il n'est pas iMBOÎn dfe dire qu'ils devaient Buivre aussi ^Tlélcpie conesponâanoe jwlitiqae. Barburoux, qui uc pulift p«B avoir essayé de jamais ee rendre il Marseille, y âeriTifuéanmotiiB, car il reste de lui une lettre adressée ft la mnnicipalîté' de MaKeille, et datée de Caen, le 15 JDÎn, JDor mAme de sa présentation à l'aBsemblée in- Borrectionnelle. O'est une lettre dans laquelle, aa moment même où 11 se rattachait à une insurrection qui était aa moins mie diversion en faveur de l'étranger, il ose reprocher aaz adversaires de la Gironde d'être enz-^nèmes les agents de l'étranger, et dans laquelle il avance bs propre personne h l'appui d'une calomnie gui serait niaise, si elle n'était odieuse'. Si étourdi qa'on veuille supposer Barbaronx, il fant bien pourtant apporter une
(1) • Je n'ai quitté Paris que par le "besoin de dire la Térlté but
• leB trahisons doDt j'ai ëté témoin. Je vais faire connaître i la < France les hommes coupables qui ont voulu livrer leur patrie ant
• puissances coalisées. Je puis assurer que ces puissances ont dam I Paris même un comité qui stipule leurs intérêts avec Lacroix et
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limite à son étourderie, et ne pas loi pardopner les oombinaisons d'un calommateor sans aucun scrupule.
Tel a été, dans toute son étendue, le rôle que ces hommes considérables dans l'histoire ont rempli à Caen, au sein d'une insurrection dont le succès eût changé les destinées d'une grande nation. Us sont restés ce qu'ils étaient en réalité seulement : des hommes critiques, sans esprit d'organisation, des hommes d'agitation et de bruit par la parole et les écrits.
En vue de ce qui se passait à Caen, on ne peut donc que faire sourire, en ce qui concerne Buzot lui-même, quand on lit que les Montagnards parlaient du rai Buzot j ou de V armée de Buzot.
n ne &ut donc pas parler de l'action des Girondins à Gaen; il &ut plutôt parler de leur inaction. Buzot a voulu en laisser une explication, mais son explication ne paraît pas être une justification satisfaisante d'un rôle aussi effacé, surtout dans une insurrection qu'il décore du nom de grande révolution i.
Il n'a pas été longtemps à s'apercevoir lui-même et de
« Danton; je puis assurer que ces deux députés ré[^andent des I sommes immenses pour commaudcr ou apaiser les révoltes. >
(Moniteur, 22 juillet 1793.)
(i) « Nous avions cru que le devoir de nos places, et Tintérét de « la liberté^ nous obligeaient à rester spectateurs débonnaires et c paisibles de cette grande révolution. Nous nous contentions d'élever t les mains vers le ciel pendant qu'on se battait dans la plaine. Âh ! « que ce n'est pas ainsi qu'on vient à bout d'une grande entreprise ! c Cependant, il faut être juste, notre rôle était forcé; nous avions « toutes les jalousies à ménager, tous les préjugés à satisfaire, toutes 0 les chances de l'envie, de la lâcheté, de l'orgueil, de l'ignorance c et de la perfidie à parcourir et à surmonter. »
(Buzoty Mémoires, page 146.)
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i qoi lenr était faite, et ie l'avenir qu'elle leur b Bon âme énergique et Bon esprit dominateTir ne t'gtaèrc a'accontnmer à l'inaction an milien de It Itfttei é(m orgneil personnel et Ha valeur réelle s'in* vas aucun doute d'une direction qn'îl jngesit ni Ion grand courage s'alarmait d'une fin eues B^sfcns dignité'. Uais il ne paraît pas avoir été MmprM âe «es c^nipagnonâ, et son caractère sombre, tes lubiti^eB retirées, ses mœurs aévères l'ont isolé dea •tena méoiM, et, par une raison contraire à lenr légèreté, MM pMftigPr leur imprévoyance, il a comme enx at- IBbAi Ifli Oi|iricefl du destin. Il a vécu au milieu de Tinnmeotion tellement retiré, que Yaoltier qui voyait ke ■atm CKraidins, lee fréquentait chaqne jour, entrait 4uf Imr Intimité, et devenait l'ami, le camarade de» fha JflOnai d'entre eux, remarque que jamais il n'H nAiia n Bczot.
' Foar b plupart, dans le désœuvrement d'nne oisive' légère, ils ne manquaient jias ponrtant de laisser voir à Caen cett« raiité personnelle qu'ils avaiwit trop éttiée
(1) Je proposai pour avis, k meBcoUëgaeB, denoasconraiidredui les baillions qui marchaient vers ETreoi. Lorsque je vis <fn'oD nt prenait aucDne des mesures Diicessaires pour réussir dans cette grande entreprise, il me parot plus digne de nous de mourir bon»nblement, les armes à la main, pour la liberté, que de traîner me inntile et ingloriease fie dans les landes de ta Bretagne on dans la sonlerrains delà Gironde, car je ne crus jamais aux brillantes noDTello qne l'on répandait au loin des dispositions particulières de tttte partie de la France, bruits qui se dissipaient comme de vains oatget à mesure qu'on approchait du pays. En général, les adminisiralenrs aTaicnt des intentions louables, d'excellentes vues, mais le coung^ d'une volonté bien aScrmle, celui de la raison ou du génie u'étùait nulle part. (Buzot, Mémoires, page 114.)
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à Paris. Barbaroax ne ee oontantnt pas de réeiter ses vers, il revendiquait la gloire a d'avoir^ à vingt^hnit ans, placé son nom, comme il eroyait, entre Bmtos et Franklin, > rapporte Yanltier, qui, à propos de Cbmrlotte Oorâaj« écarte le nom cité de Bariwronx, < qu'il sroyaîjk alors assez vivement préoccupé d'une autre personne ; > quant à Bergoing, il est, dit-il, plus occupé peut«-âtre de rechercher les plaisirs faciles que de soigner les intézéts de l'insurrection.
Tout cela ne prouve pas que les Girondins restés à Oaen fussent de grands politiques. Bur un terrain inconnu, au milieu de Pignoranoe et de la perfidie, comme Buzot le dit lui-même, jetés parmi des opinions diveraes, i^eroevant souvent des tendances ou même des prcrjets qui n'étaient pas ceux de la plupart d'entre eux,, ils se sont laissé réduire au rôle d'un drapeau trompeur, et ils ont servi de prétexte agité dans les populations, pour augmenter les déchirements de la patrie, accumuler les dangers sur elle, compromettre sa défense contre les étrangers envahisseurs, et l'exposer à perdre d'un seul coup et ses conquêtes de 1789 et sa propre nationalité.
L'expiation, pour la mémoire de Buzot lui-même, n'est pas seulement dans la fin lamentable d'un tel homme, vraiment digne d'une meilleure cause, elle est dans le tableau qu'il a tracé lui-même de la situation de la France^, alors que la Gironde ne s'occupait que de sa
(i) « L'ennemi presse la France de tontes parts ; les frontières de < rÂllemagnc sont bien gardées; une armée formidable, sous les « ordres du prince de Cobourg, s ayanee vers Paris ; et si je ne me • trompe pas sur le plan du colonel Mack, l'armée du roi d6 Prusse « marche par Cologne, sur les derrières de celle de Ck>bûarg^ pour
opre vengeance : je n'exagère pas le mot; il est iisEeE trop répété par Bazot, quand, proscrit et traqué, il rivait, il est vrai, sous rimprei^BÎon de ses misères. Le rôle, le triste rôle qu'on leur a fait remplir à Caen 1 leur a pas été mesuré ; l'insorrection avait assez d'intérêt à le faire ressortir, et elle n'y manqua pas, même ftx les contrastes.
Somme et Prieur, pris comme dans un guet-apens de dit«, privés même de l'usage de leur argent, en vertu de ïarrcté qu'avaient osé signer les membres de l'assemblée jnsurrcctiouuelle, étaient resserrés au donjon, où l'assetn- Wée avait eu Boin, à ce qu'il parait, de réglementer lenr iprisonnement '. Il est vrai que c'est là que Romme iploya les loisirs de sa captivité à la composition de ^ouvrage dano lequel la Convention allait trouver le répablicaÎQ ", et que Prieur put exercer B<m
« prendre ses popilions et défendre le pays enTshi, pendant qoe
• cellâ-cl cODtiDiiera d'aTancer Ters les départements Toùing de la
■ capitale, et qae l'Anglais effectuera sa descente en Picardie, jtonr
■ couper nos armées et empCcher leur jonction. Au midi, les armées
• espagnoles sont également en possession dn territoire français ; t l'année d'ilalie est considérablement augmentée, et me parait avoir
■ de vastes projets. A l'ooesl, la Vendée renaît de ses cendres, et
■ l'Angleterre menace nos eûtes... Notre marine est détr aile, et
■ tovt noua manqne pour la rétablir ; celle de l'Angletore est an *, contraire plus brillante et plus Torte qu'elle ne futjamais... ■
(Buiot, Mémoires, page IGO.)
(1) • On permit seulement à un jeune domestique, qu'ils avaient
• amené de Paris, de les accompagner et de contiauer à les servir. • (Uaucel, ÀnrxotatiQn faite aur Vaultier, d'après la procti-verbma
^ cotueii général.)
(2) 16 Teodémiaire (6 octobre 1793), décret de la ConTention por* tant l'adopUoD d'an nouveau calendrier commençant l'annto aa 22 septembre.
Dx l'insubksoxiqn soi
esprit aux ressouroes et aux conceptions d'approvisionné* ment des années, ce qui lui fera bientôt prendre une grande part dans les mesures de salut de la France.
D'un autre côté, l'assemblée insurrectionnelle a pensé qu'elle ne mettrait jamais trop d'éclat à recevoir et à montrer ces députés fugitifs qui étaient venus la trouver avec tant d'abandon et si peu d'exigences politiques, et qui étaient un drapeau séducteur à faire briller aux yeux des populations.
En conséquence, et les traitant mieux que la Convention ne traitait son président, on leur a officiellement attribué pour logement l'hôtel de la ci-devant intendance, avec une garde d'honneur, par arrêté spécial ^ Il est vrai que Wimpfen, qui s'accorde inexactement, selon son habitude, le mérite de cette mesure dont il a pu tout au plus donner le conseil, ajoute dans son récit cette dernière humiliation à la politique des Girondins restés à Oaen : € Tous réxunBj je pouvais mieux les faire observer. >
Si, dans les loisirs si longs de la situation qui leur était faite, ils avaient entrevu le danger de l'acceptation par le peuple de la nouvelle Constitution et les conséquences ruineuses pour leur cause de cette acceptation, et si leurs publications avaient essayé de lutter contre ce danger qui grandissait, les directeurs de l'insurrection, eux aussi,
(1) L*assemblée. . . arrête, oui le suppléant du procureur général syndic,
io II sera offert aux représentants du peuple de présent résidants à Caen, d'accepter l'hôtel de la ci-devant intendance pour s'y loger.
2* Cet hôtel sera meublé et fourni de tous les objets nécessaires et convenables.
30 II sera donné une garde d'honneur aux représentants du peuple.
(Arrété.du 18 juin 1793.)
ilgà inqaiote do l'héBitAtioii deâ enrûl«Tii«n4s et de Tinactian de» dôpartemeaU dont ila s'étaient targaés, se trtn»blaient de la dispos ition actuelle des esprits pour na Tote d'acceptation qoi ne poavait être qa'DQ coup mortel fiotté & la guerre civile organisée par l'Eure et le Calvados.
L'oeeemblée centrale le sentit bien, et elle crut marcher sériessenieut contre le danger en lançant un nouvel et Inng appel aux Français ponr protester contre l'ccovre d'un pouvoir non reconnu, moyen perfide, dit-elle, que lex factieux, lee prédicateurs de meurtre et de pillage, les brigands ont employé a pour rallumer la gaerre civile ]iarmi noas, » car la nouvelle Constitution est elle^mâme c un brandou de guerre civile, i et son acceptAtJon un remède pire que le mal.
A Caen, au siège de i'insorrection, on écriTait beaucoup et quelquefois longuement, et h force d'entendre parier de guerre civile, peut-être aussi d'en entendre quelque blâme malgré le Comité de salut publie de l'ins-arreotioa, ou était arrivr?j à cliagne act<ï île la Couveutionj à le signaler comme un moyen de guerre civile, raaia on ne disait jamais que l'inaurreation en f&t le plus gnod moyen. Àuan la proclamation déduisait-elle nue \engm série de nisoos poor les assemblé» prinaires de rejeta; <m d'iyoamer la Constitution. Les déclaœationB de lAoïet étaient dépassées. H est vrai qa'il y avait un argument décisif, c'est que, dans quelques jours, non plus le tràtwtnrof, mais le ceniumvirai d'insolents tribuns, soutenu par oiM poigoée de brigands, sera renouvelé. On sait bien qu'il n'en pent être autrement, qnuMl on voit en marohe tout le Uidi et tout le Nord-Ouest, et réunis, pour t'anéan' tiflacment An ftglMuji) Iw courageux BordelaU, les fer»
DM L*lM8UBUBCmOK 808
BretoMy les inÈripideê Nanmmiè et lee indcmpkMesMt êeilkds.
Le tremble d'esprit de rassemblée d'insurrection avait une oaase sérieuse, car, dans le Oalvados même, des oommnnes importantes, qtii éprouvaient moins la pression du chef-lien, commençaient à protester contre rinsmrectioQ.
C'est ainsi que fsis^kt la ville d'Honieor, port maritime près de la firontière de l'Eure, et qui réchauffait de son patriotisme les communes de son canton.
C'est ainsi que faisaient aussi Blangy et le canton tout entia*, qui envoyaient à Paris demander des armes pour se défendre contre les insurgés; c'est ainsi encore que Moyanx, puis Orbec, canton du district de Lisienx, avaient été des premiers à se déclarer en faveur de la Constitution.
C'est ainsi paiement que disaient vingt-cinq communes environnant Pont-l'Evêque, qui déclaraient accepter la nouvelle Constitution et ne pas vouloir payer les cent livres par jour mises à la charge de celles qui refusaient de marcher contre Paris, et qui demandaient des armes contre l'insurrection.
Pont-l'Evêque lui-même, chef-lieu de district, malgré la violence des procédée mis en œuvre, malgré le nom du conseil municipal patriote usurpé frauduleusement pour proclamer l'insurrection, malgré les forces administratives et judiciaires mises au service du mouvement, Pontl'Evêque opposait de la résistance à ce mouvement.
Les administrateurs du district avaient bien proclamé l'insurrection et prohibé toute communication avec Paris; ils avaient bien, selon le procédé général, mis la main sur les caisses publiques et ouvert un registre d'i&soriptiett
des volontaires, niaia, probablement par lUosioa bot rétat de l'opiDiOD publique, ils ont commis la faute de convoquer les asi^emblùes primaire» pour obtenir leur adhéaîoD, «t Boixantti-Uuit de cea smEemblées l'ont refusée ; quant aux voIoatAireH appelés k s'inscrire, Us ne se Bont paa présentés. *
Toute la portion du Calvados située à la droite de la Touque, sur les districts de Pont-l'Evèque et de Lieienx, échappait à l'insurrection. On avait vainement employé les moyens d'intimidation contre cette jiortion du pays ; on l'avait vainement aussi réduite à la famine eu interceptant ses denrées; elle devenait menaçante. L'assemblée centrale pouvait donc sentir le danger d'un raouvemeut contraire au sien, d'une réaction dans les esprits.
Le véritable caractère d'une insurrection, c'est le soulèvement sinon toat-à-fait spontané, du moins en rapport de sentimeut avec les instigateurs ponr répondre immédiatement à leur ap]>el. H n'est plus besoin de dire que l'insurrection normande ne revêtait pas entièrement oe caractère.
Hais la direction et le succès d'une insurrection exigent non paa seulement l'énergie, mais la rapidité d'exécntîon. Eîlle perd tous ses éléments de réussite quand elle se traîne sa milieu de l'envie, de la lâcheté, de l'orgneil, de l'ignorance et de la perfidie dont Bnzot nous a pt^lé.
Foor les populations les moins perspicaces d'ailleurs, agitées chaque jour par des brochures, des affiches, des ■nMés, des proclamations et des muiifestes qui annonçaient toi^ours l'extermination immédiate des maratistes, chaque jonr de retard dans l'exécution diminuait les cbAQceB de Buooèe.
Dx VrsGtmsÊanos 206
L'assemblée centrale parait TaToir compris assez divement, mais enfin l'avoir compris, et, comme prenve de sa persévérance et pronostic des promptes victoires qu'elle se promettait, commentaires peut-être aussi de ses propres vertus, élargissant les attributions de Wimpfen, elle fit afficher un arrêté déclarant nuls les actes de la Convention et invitant n Félix Wimpfen, <L général en chef des côtes de Cherbourg, qui, par ses € vertus et ses talents militaires, a bien mérité de la o[ patrie, à accepter le commandement des forces départe- < mentales du Nord-Ouest qui marchent vers Paris. 'P
Mais l'assemblée centrale qui se croit peut-être obligée aux mêmes précautions que la Convention nationale, et qui compte probablement trouver dans son propre sein des émules de ces représentants conduisant au pas de charge les bataillons firançais à l'ennemi, l'assemblée centrale voulut aussi avoir ses représentants à Vwrmée^ et elle nomma des commissaires civils chargés d'accompagner les détachements de l'armée insurrectionnelle.
Nous sommes en juillet; sauf quelques portions du territoire, les assemblées insurrectionnelles ont réussi à imposer leur domination dans leurs départements. Elles ont entraîné la force armée, elles ont obtenu des volontaires là où elles n'ont pu réaliser des levées d'hommes ; elles ont pu mettre la main sur la caisse de l'armée des côtes de la Manche, et se sont attribué les caisses publiques. Elles ont confisqué les approvisionnements et les munitions de l'Etat; elles ont à leur disposition une artillerie relativement nombreuse, des canons et des canonniers, comme on disait alors, au moins deux pièces de campagne par chaque détachement si petit qu'il soit,
av«c le matériel et le personnel néoeesaires â leur semce. La ConvenlioB de sou côté ii'a rien oD presque rien ti» ces rcafoorcee à ea (UsjiofiîtioD ; si les luseemblées ÎDSorreotioiiuellea D'out paa sa ou pu en profiter jusque-là, le moment est veuu d' entrer enfin daiiâ une action militaire plas vi^ourauBement suivie.