ATTITODS DEB POUVOIRS PUBLICS
taute tantôt au patriotisme, tantôt à l'intérêt des populations, et le dissolvant iocessaQt des émissairee qui eloppaieut rinsurrectton de leurs replis invisibles. ^ Les secours promis n'arrivant pas assez tôt, les Ver- Qonuais, qui paraissent n'avoir pas perdu leur t«mps i ' délibérer, organisèrent probablement tout un détachement
de délégués, car on retrouve leurs traces presque & choque
^L lias, d'uu côté aux Âudelys, Â Rouen, d'an autre câte à ^^ Paris, partout et i\ toutes les portes, excitant et réclaïuaiit ''•nprôs du gouvernement, des administrations, des s«y I ns, des sociétés populaires ; ne se contentant pas de
' Llear propre action, et entraînant avec enx d'autres délits : si pur exemple les délégués de Vernon vont à ris, ils ont avec eux, à côté d'eux ou derrière eux, des égués des Andelys, puis des délégués de Pa*^, qui lennent an besoin à la rescousse, et s'ils vont aux idelys, après y avoir obtenu ce qu'ils désiraient-, ils mènent des Ândelysiens à Pont-de-l'Arclie, puia ib entraînent !i Rouen les délégués des Andelys et les délégués de Pont-de-l'Arcbe, pour agir ensemble bot les Bonenn&is.
C'est ainsi que Veraon e'est rattaché fortement les Andelys au point d'obtenir de l'administration dn district nn arrêté appelant les manicipalités à prêter leurs secours & Yemon, et ordonnant aux commandants des gardes nationales de former des détachements ponr concoorir i la défense de Yemon. Ândelys et Yernon étalent en réalité des fédérés, tout aussi bien qne les insurgés, mus on ne peut pas dire d'eux comme de ceux-ci qu'Us fassent des fédéralistes, et le pont du Petitr-Ândely, mis en leur pouvoir, dtait le second moyen de commonication d'Ëvrenx
|0B^^ enti
ET DE l'insurrection 237
avec le Yexin. Il ne restait plus pour troisième et dernière voie de communication que le Pont-de-1'Arche, à rextrémité du département, mais les Yemonnais et les Andelysiens allèrent causer avec les habitants de Pontde-l'Arche, et trouvèrent bon accueil.
Pont-de-l' Arche, relevant du district de Louviers, n'en avait pas suivi l'exemple; lieu de passage entre Rouen et Louviers, comme Louviers l'était entre Pont-de-l' Arche et Evreux, Pont-de-l'Arche tenait la clef des communications entre Rouen et Evreux. C'était à Rouen que se trouvait l'administration des fournitures militaires, et Pont-de-l'Arche en avait profité pour faire une démonstration contre l'insurrection et contre Louviers, qui y avait chaleureusement adhéré, en paroles du moins. La petite ville de Pont-de-l'Arche donc, ayant appris que la cavalerie qui était à Evreux avait fait défection, arrêta au passage un convoi d'avoine destiné à cette cavalerie et venant de Rouen, et déclara vouloir faire de même pour tous envois à pareille destination. Louviers, ami de l'insurrection, eût probablement pu réprimer les mauvais procédés de Pont-de-l'Arche, mais Louviers parlait bien insurrection, s'y ralliait, y adhérait et n'agissait pas.
Louviers attendait peut-être le mouvement toujours annoncé et jamais réalisé de Rouen. Mais pendant que l'assemblée insurrectionnelle de Caen, attribuant à ses dépêches un effet au moins prématuré, comptait dans ses proclamations et ses manifestes la Seine-Inférieure parmi les nombreux départements dont elle annonçait rinsurrection, les petits délégués de Vernon, des Andelys et de Pont-de-l'Arche, qui n'avaient pas, eux, de relations avec les gens qui regrettaient de ne plus être Messei^neura
AmTOM DIB POUVOll» PnBUCB
Parlement rie Normandie, n'acheminaient Haua lirnît
ATS la ville de litiutn, el »ll»iËDt lot apprendre que, bî
tcuait à s'insurger, ellt; n'aurait plus à compr«r tta
e commouicatioD facile avec TEare, et que, et dl«
oulait marclier »tir Paris, il lui faudrait Tenoncer à se
Tir de la route ffen lus, hunicadC-e à ses d«ux extrê-
autés dana ce dûpartement. Pour qui se raftpelle gnrttnit
odenne disposition du pont et des constmctiona dt
e petite ville du côt^du pont, elle tenait de ce cttté !•
-' du passage, et une clef tont-à-fait imprenable. Maia
e n'était paa seolemeut cet état de choses, que lei ô&iègaéa
lent conter aux Roncnnais : ils allaient les apitoyer
le sort de cette pauvre petite ville de Vernon, ai bien
une de Honen, en ei bons rapports avec Rouen, lagrande
;ion de l'importaut roulage de lUmen vers Par», et
nie si utile de la navigation dana la haute Seine, loa dcoï
moyens de traneport qui étaient un des éléments de la
ricliesse de Boueu. Il est de v.'rité, ce qui est assex eom-
muii dans le.s imjjrcssinus ijui di'-lerrainent les résoltitions
dSE populations prises en masae, qneBonea, commerce et
iiwail, s'intéresBait à Vemon, et il ne faut pas trop
s*étoimer que lei Vemonnais aient obtenn une promeMe
de seconra, promesse qui se serait probsblementréaliaée,
si soD exécntîm avait été provoquée pins opportunémeot
L'aaaemblée iusurrectionnelle de Caen avait pris, pou
les dispositions delà villedeïtonen, les diapoeitioQBperaon-
■elles de quelques hommes qui l'avaient dominée antrefoii
et qui avaient de nouveau la velléité de reconstituer lear
poisMuice écroulée, comme des historiens les ont pris
poor des hommes de 1791, quand Us l'étaient à peu pris
comme Wimpfen était républicain.
ET DE L'nrsnRREcnoN 239
On a écrit que, dans les destinées de l'insurrection, Ronen devait peser dans la balance; sans aucun doute, Houen eût pu apporter des forces à l'insurrection dès son origine, mais la résistance s'y fût affaissée comme ailleurs, puisqu'en définitive la Constitution de 1793 a été acceptée à Bouen c avec les transports de la plus vive allégresse, » selon les expressions du Conseil général, et que cette acceptation a eu lieu à la presque unanimité : vingt-six votes négatifs seulement s'étant produits sur un nombre immense de votants, selon le recensement fait par la municipalité.
Du reste, la ville de Bouen ne se trouvait engagée ni tacitement, ni moralement envers l'insurrection, soit- de l'Eure, soit du Calvados. Les promesses mêmes de quelques hommes se croyant importants ne pouvaient lier une ville qui les désavouait, et si l'assemblée insurrectionnelle de Caen a pu s'y tromper, c'est que son erreur rentrait dans les nécessités de sa politique, qui la condamnait à tromper elle-même les populations sur l'étendue de l'insurrection.