NOMINATION DE ROBERT LINDET ET DE DUROY COMMISSAIRES DE LA CONVENTION
Le parlement de Normandie. — Le haut commerce. — L*éche- Tinage. — La Seine-Iuférieure en dehors de l'insurrection.
— Activité des Vernonnais à s'assurer des ressources contre l'insurrection. — Paris forme une armée spéciale pour com-
« battre l'insurrection. — L'armée de Wimpfen se met en marche. — Elle s'échelonne depuis Gaen jusqu'à Vernon. — Nouvelle agitation des habitants de Vernon. — Reproches de Robert Lindet à la Convention. — Il s'inquiète pour son département. — Il revenait de Lyon. — Nomination d'an comité. — Action immédiate de ce comité. — Real. — Force armée. — R. Lindet et Duroy, commissaires spéciaux pour le département de l'Eure. — Avantage pour ce département révolté d'avoir de tels hommes. — Election du grand Comité de salut public. — W. Lindet en fait partie.
— 11 vient se placer à Mantes avec Uuroy. — \ quoi pouvait aboutir une insurrection sacrilège.
Deux influences avaient essayé dans Rouen d'opposer une résistance à la Révolution. La première se composait des débris d'un parlement sans crédit, et la deuxième, de familles venues de réchevinage et dont les descendants, aujourd'hui encore, estiment mieux de se donner les apparences d'une origine féodale, que de s'avouer les tils heureux et reconnaissants des laborieux marchands de Rouen.
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Ces deux influences n'avaient jamais eu que la force artificielle d'institutions qui s'imposent bien plus qu'elles ne se font aimer.
Le parlement de Normandie, du moiùs pour l'espace de temps resté dans la mémoire des contemporains de la Révolution, n'avait offert que quelques figures respectables, au milieu d'une foule de parlementaires ignorants ou libertins. On peut croire faire l'histoire d'un parlement en reproduisant ses olim, mais Thistoire vraie du parlement de Normandie est dans les traditions laissées par les hommes qui l'ont connu. Il ne serait peut-être pas encore devenu impossible de montrer tout au long, à quelque jour, pourquoi le parlement de Normandie, méprisé de son vivant, est mort exécré.
Au moment de la Eévolution, tous les parlements, qui avaient eu pour but unique de confisquer à leur profit la tutelle de la nation et de la royauté, ne voulaient pas succomber avec tous les abus. Comme tous les autres, plus que certains autres, le parlement de Normandie montrait toute son horreur pour une révolution qui abolissait les usurpations seigneuriales et cette vénalité des charges permettant à certains hommes d'acheter la faculté de juger leurs semblables avec plus ou moins d'ignorance et de scrupules, et avec plus ou moins de ces instincts cruels qui se manifestaient dans les procès criminels d'une manière telle, que les récits dont notre génération a pu atteindre la source en faisaient parfois frémir. On a essayé, il est vrai, de rehausser les parlements par la vénalité des charges elles-mêmes, garantie d'indépendance, il est vrai, mais garantie, faut-il ajouter, que la société payait trop cher, et qu'il ne serait pas si difficile de remplacer.