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de firandbir cette distance en moins de dix on douze heures. D'un autre côté, Yaultier, qui faisait partie du deuxième contingent caenais, et qui dit : o: Le chef n'attendait que nous pour commencer ses opérations, > ajoute positivement qu'arrivés le 12, son contingent et lui (fait dont un honmie peut se rappeler parfaitement) ne se sont mis en marche que le lendemain 13 au matin. Il résulte d'ailleurs du récit de Vaultier que Puisaye n'a pu engager aucune action avant ce jour du 13 juillet ^
Faut-il donc parler des prouesses de Puisaye à Pacy antérieures au 13 juillet? H rapporte, par exemple, qu'un poste qu'il appelle important, celui de Cocherel, était occupé par cent cinquante paysans armés par les Parisiens : c Nous l'emportâmes, ajoute-t-il, à travers les coups de fusil dont nous fûmes assaillis, sans que, de notre côté, il fiit brûlé une amorce. ]> H a même fait onze prisonniers qu'il n'envoya pas à l'assemblée centrale; il en a fait un meilleur usage, car on voit qu'il les a relâchéSj procédé qui lui a gagné l'amitié des campagnes et a donné lieu aux larmes et aux bénédictions des habitants. H en a retiré un autre profit, puisque c plusieurs nous ont donné depuis quelques avis utiles sur la marche de l'ennemi, » ajoute-t-il. 11 prend même le témoignage des deux commissaires civils, Jehaume et Lenormand, présents à l'affaire ; il est vrai que l'on
(1) J'ai dit que M. de Puisaye commandait à Evreux Le
lendemain de notre arrivée, 13 juillet, il se met en marche, dès le matin, avec toutes ses forces, sur Pacy, et de là, à travers champs et à travers bois, sur le château de Brécourt. Nous supposions ce château habité et même défendu; nous n'y trouvâmes personne.
{Vaultier, pages 22 et 23.)
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bataille da 11, fidt nn reproche à Puisaye de cette Jonniéè en disant : c H la perdit toat entière à l'attaqpie d^B c petit château qa*il eut Thonnenr de prendre, » et qv Yaoltier, pour réfiiter LouYet, a réponda : c Noue m c perdîmes point nnejonmée entière à Tattagne da ohâtm c de Brécourt, où noiiB entrâmes an contraire tout d'abori, c dès le soir, à notre arrivée, sans coup flSrir, attendu: yB c ne s*7 trouvait personne qu'un conderge, avee sa c fionille^»
On cherche vainement ce qui a pu fbumir i Ptaiss(fB Toccasion ou le prétexte d'inventer une bataille avant l'affidre du plateau de Brécourt, du 13 an soir. On as trouve qu'un incident, si peu important, qu'il semble inpossible qu'il ait pu suggérer, même à l'esprit d'un inliw gant, l'idée de fûts de guerre de Itk nature de oeoz doit il a fidt la relation.
Les commissaires civils avaient rédigé «ne prodam^ tion aux Yeraonnais pour leur demander l'hospitalité, ks assurer que Tarmée insurrectionnelle désirait ne rencontrer partout que des citoyens avec lesquels elle pût resserrer les liens d'une fraternité sainte et non des ennemis s combattre et à vaincre.
Les commissaires civils, paladins des vieux temps, avaient arrêté que cette proclamation serait portée par un ÂératU cTarmes à l'ennemi, selon les règles à observer entre belligérants. En conséquence, le héraut d'armes, précédé d'un trompette et suivi d'un détachement, sVtait acheminé sur Vernon : « Je me portai avec l'adjudant général Héron à trente pas de la ligne parisienne; nous
(1) VauUier, page 43.
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fûmes accaeillis par une décharge de mousqueterie, Tarmée entière est témoin de ce fait, ]> dit Poisaye, qni n'j était pas plus de sa personne que Farmée entière n'y était elle-même.
H est bien vrai toutefois que les défenseurs de Vemon ont répondu par des coups de fusil aux gens qui s'avançaient sur Vemon, et que ceux-ci se hâtèrent avec raison de rebrousser chemin. C'était le 12 juillet; néanmoins, Bougon de Longrais, l'ancien procureur général de Caen, insista pour que la proclamation fût notifiée à l'ennemi, dit Puisaye, mais il n'indiqua pas par quel moyen et si ce fut par ministère d'huissier. Ce qui est certain, c'est que la notification n'est pas arrivée à Yernon et fait aujourd'hui partie de la collection d'un amateur calvadosien.
Mais ce qui est tout aussi certain, c'est que, le 13 juillet, vers quatre heures de l'après-midi, Puisaye mit simplement en mouvement toutes les forces rassemblées à Pacy ; il voulut que les avant-postes vernonnais crussent qu'il avait reçu successivement plusieurs bataillons, et pour cela, il ordonna, a-t-il dit, de faire battre le pas accéléré à plusieurs reprises, depuis la porte d'Évreux jusqu'à celle de France, ce qui signifie le long de la route de Caen, qui forme la principale rue de Pacy, depuis la sortie vers Évreux jusqu'à la sortie vers Chauffour, ancienne frontière de Normandie et de France. Après ces précautions profondément habiles, dont les VernOnnais devaient avoir connaissance une heure ou deux plus tard par l'attention de leurs voisins et amis de Pacy, Puisaye fit sortir ses troupes et à travers champs et à travers bois, selon les expressions de Yaultier, les porta sur le plateau
de Brécourt, poar les y ilisposer en c(mi])ement , auprî-ti de l'hAbitatioD appelée cliÂt«ati de Bréconrt.
Ci; monveinent avait pour but l'attafjue de VerooD, Bans ut1«iiilre l'arrivée du bataillon du Fiuistère en marche enr Evrinix et du réginieut de cbasseurs à cheval d« Falaise, testé presque au ixiinplet, puisque vingt^hnit bommeB seulemeut n'eu Ltaicut détachés et avalent obéi ■ à l'ordre du ministre de la guerre, qui avait essayé de la r itïtirer de Normandie et des mains de Wimpfen.
Puis&ye a été accusé d'avoir a^i prématurément et sans ordres supérieurs: accusation iiyuste ii tion égaxd, puisqu'il ftvait auprès de lui les nombreux commissaires civils et Bougon de LDngrai9,préaidentde l'assemblée centrale, qni M croyait avoir une sorte de dictature dans l'Eure. D s expliquéque,d'apréa les renseignement en leurposeeaaioa, plusieurs bataillons étaient en marche avec de lacavaloie et de l'artillerie pour se rendre à Vernon, et qu'ils jugèrent tous qu'il serait imprudent de donner à l'ennemi le temps de rpi'evoir ce rcnfurt.
Il est vrai, mais seulement vrai, qu'en ce moment le district des Âodelys, dont cent volontaires de la ville même des Âudelys se tronvaient déjà dans Vemon, avait appelé en outre au secours de Vernon les volontaires dee bourgs et des campagnes environnant le chef-lien. Gel volontaires ae rassemblèrent aux Ândelys dans la jonméa et principalement dans la soirée du 13, et le district prit ses dispositions pour les mettre en marche sur Vernon le lendemain 1 4, au lever du jour.
Dès que l'attaque immédiate de Vernon était résolue, les dispositions de Fuisaye ne pouvaient pins être blâmées; il sortait ses forces de la vallée de l'Eure et il
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Pacy où elles étaient environnées d'esprits hostiles; il les portait sur le plateau de Brécourt, d'où elles pouvaient encore surveiller Pacy, et où elles se trouvaient à six kilomètres au plus de Vernon, sur lequel elles pouvaient arriver, le lendemain, sans être fatiguées par une longue marche ; leur position à Brécourt, en cas d'attaque, leur assurait les avantages d'une bonne défense, et, en cas d'échec, les avantages d'une retraite protégée par le terrain et les bois contre lesquels ils étaient appuyés.
Quand on a évalué à cinq ou six mille hommes les forces insurrectionnelles rassemblées à Brécourt, on a présenté un chiffre que tous les renseignements détruisent. Quand Wimpfen, qui aurait été un général bien inepte s'il n'avait pas connu le chiffre de ses forces, parle comme avec nonchalance de <i mille à douze cents honmies, j> il mérite plus que l'accusation que lui intente Vaultier de vouloir éviter les comptes précis. H ment, comme mentaient même entre eux tous ces déplorables fanfarons qui dirigeaient l'insurrection, et dont Buzot lui-même a si bien jugé la valeur morale.
Vaultier, qui paraît accepter le chiffre de deux mille, rapporté par Louvet, évalue approximativement la cavalerie à quatre cents hommes, les bataillons bretons à neuf cents hommes et les contingents normands à^six cents hommes, formant un ensemble approximatif de mille neuf cents hommes.
Mais il oublie le bataillon de la Mayenne; il omet aussi le détachement des Carabots qui a défilé devant l'assemblée centrale le 22 juin, au moment de son départ pour l'extermination des Maratistes.
Vaultier ne compte pas dans l'effectif militant, on le
CB qu'on a APFKL^
(jompreDd, les hommes appartenant atuc éqnipa^eA da train, et deatini's aa service des douze pièces de campagne que l'armée insurrectionnelle avait à Brécourt. Ces hommes du train, appartenant à l'armée des cûl«s ilc Cherbourg, faisaient partie des forces livrées par leui général à l' insurrection. On ne voit pas la raison qui leur aurait inspiré un grand dévouement pour une insurrectioii à laquelle ne les rattachait aucun intérêt, et plus d'un avait dû se demander souvent s'il n'appartenait jias plofi au gouvernement de son paye qu'à Wimpfen et augOQ- Tcrnement improvisé h Caen. Quoi qu'il en soit, Vaulliet a conservé contre eux, jusque dans sa vieillesse, une colère qu'il ne cherche pas à dissimuler et qu'il traduit par une invective dans laquelle il s'expose à être injuste vie4' via d'eux, car il n'est i>as supposable, en définitive, qu'il connût l'origine de chacun de ces hommes '.
Les forces de Vernon, le 13 juillet, sufHsantâg pour sa pr défense, étaient insuffisantes pour une action en iwe campagne ou jiour une attaque en dehors des aborda de Vernon, car il ne faut pas faire la coniiision qu'on s'est trop souvent efforcé de produire avec les forces que le gouvernement rassemblait non à Vernon, mais à Uajitfis. Le régiment d'Armagnac, dont on a signalé la présoicc, n'a même jamais été dirigé sur Mantes ; ce régiment n't fourni qa'oQ seul bataillon, qui n'est arrivé à MantH qu'après l'affaire de Brécourt.
Vaoltier parle d'éclairenrs qu'il appelle, on ne sait
(1)... Mauvais ramas de bandits, recrutés daas les tavernes dt Paris et de Versailles, et que M. de Wimpfen avait gardés k soi serricc. {Vautlier, page24.)