‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 140 sur 198 · LA BATAILLB DE BE^COURT · texte numérisé non relu

LA BATAILLB DE BE^COURT

colonels — c'est peut-être là l'origine du brevet de colonel adjudant général de l'armée royale qui a été décerné i Leroy, commandant du contingent de Bayeux; — de tous ces hommes, pas un n'a paru avoir l'instinct de leur situation, ni le sentiment de leurs devoirs envers leurs volontaires. Puisaye a dit plus tard avoir donné des ordres, mais personne n'est obligé de croire Puisaye, et il eût d'ailleurs mieux fait d'assurer lui-même le campement.

n semble de vérité que les divers détachements ont été abandonnés à peu près au hasard ; c'était un campement en désordre auquel personne ne remédiait, et duquel s'éloignaient militaires et volontaires, allant çà et là, cherchant du cidre chez les paysans qui avaient abandonné leurs maisons pour se réfugier à Yemon. Quelquesuns ont pu voir le général lui-même s'éloigner sans qu'on s'expliquât son départ. Quand on se demande ce qu'il est devenu, cette réponse circule, selon Vaultier : « Pris d'un érysipèle à la jambe, il est allé se mettre au lit. i^

H est vrai que Puisaye est allé se coucher. Où ? Sur un lit d'une ferme, a-t-il dit. D'autres ont dit qu'il était redescendu dans la vallée de TEure, et qu'il était allé se coucher chez lui, au château de Menilles près Pacy.

Mais les volontaires, qui ne savaient même pas ce que c'était qu'un campement de campagne, qui, jusqu'alors, avaient paradé dans les villes où on imposait l'étape, éprouvaient si non de l'inquiétude, au moins un étonnement vague. L'air ambiant portait une impression de désenchantement qu'augmentait l'incertitude du lieu où ils se trouvaient. Ceux d'Evreux étaient assaillis de

questions et étaient obligés de répéter à chaque instant

on était à Brécourt, à une lieue et ilemîe ou à peu près Vernon; d'expliquer la situation de Vernon eu égard Brécourt, la direction des chemins de Vernon, les I enB d'arriver eur Vernon. Dans tous les groupes on * comme incertain, mais dans la meilleure dis]>oeitioa

aonde pour être dispersé comme un troupeau dès la mière attaque.

S- P'un antre côté, nous eavouB qu'on a connu à Vernon ! at le mouvement de Poisaye, qu'on l'a surveillé. Vernon t donc que les insurgés sont campés Id-hant, sur le plateau, à Brécourt, depain deux heures, car il est sept heures soir, mais an 13 juillet. Ils occupent une position iralile et sont, en nombre, trois ou quatre fois sapérieure forces de Vernon. Celles-ci sont néanmoins sorties /ernon, ont monté les hauteurs, franchi la distance, l arrivées sur Brécourt saus avoir été signalées, et 3 attaquent. Comment? Par nn conp de canon, va coup de pierrier, m'a raconté un vieux volontaire de l'insurrection ébroïcieiuie, letjuel jirétcndait <jue les or^Ua avaient tinté à ceux qui avaient entendu plus d'un coup de canon.

On n'est pas d'accord sur le nombre de ces coups de canon. Yaultier parle de huit ou dix. Ftiisaye, qui était allé se coucher, en sait le nombre certain, et le fi^ i sept. Louvet, qui était à quarante lieues de là, mais qui s l'imagination affirmative, s'en tient à n trois déchwges à mitraille, mais dont, selon < toute apparence, ajoute-t-il, € les canons n'étiùent chargés qu'à poudre. > Robert Lindet apprit à Mantes qu'il y avait eu deux pièces de canon, deux pièces de 4, ayant tiré vivement trente i quarante coups, il ne dit pas si c'est par chaque pièce,

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