‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 141 sur 198 · LA BATAILLE DE BB^COURT · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE BB^COURT

mais c'étaient des rapports militaires que Lindet lisait à Mantes. Un aide de camp du ministre de la guerre, renchérissant sur le tout, a fait de Tincident du héraut d'armes une attaque contre Vernon, repoussée avec vigueur ; de la bataille de Brécourt, une nouvelle attaque dans laquelle les défenseurs de Vemon ont soutenu a avec fermeté et sans s'ébranler le feu des rebelles, > et si ces fameux guerriers n'avouent que deux pièces de canon, ils ne manquent pas de dire, comme un bulletin de bataille, qu'elles ont été servies avec une activité prodigieuse.

Pour moi, je n'étais pas à Brécourt plus que la plupart de ceux qui en ont si bien parlé ; je ne suis pas même de la génération qui naissait alors, mais j'ai connu deux volontaires qui y étaient, dont l'un surtout en causait gaiement et avec désintéressement; j'ai connu aussi un ancien oratorien très-initié à ces événements, ayant même rallié des iuyards ébroïciens à Cocherel, au commencement de la nuit du 13 au 14 juillet, vieillard qui est mort subitement à plus de 90 ans^, quelques jours après m'avoir promis de chanter en vers, qu'il faisait très-bien, la bataille de Brécourt et Puisaye. Cela me suffit pour ne pas trop concéder à toutes ces narrations contradictoires ; je veux bien ne pas insister sur les souvenirs, pourtant sans passion et tout-à-fait désintéressés, du vieux volontaire qui n'a entendu qu'un coup de pierrier; je veux bien accorder qu'il y avait deux pièces de 4 et qu'elles ont tiré toutes deux chacune leur coup, deux si l'on veut,

(l) M. Piéton.

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au total qnatre, mais je n'accorde rien m plus, pas mhne, A Louvet, 868 trois Hceharges à mitraille chaT^t'^s w pouthr.

Hereooos A oc qai pst ciTtain, c'est ijae les forcea to- DonniÙBea annonoent leur arrivée par le bmît da caocii}, main le projectile ou les projediiles vont brtfer da branchcM daiiB Uft arbre» soiu lesquels sont coœlivfl dfS TolootaireH de l'menrrection. Tout le campement, qui n'a m rion venir, eot étonné, eflrayé ; il se croit eiirpria, pcrdn : le souffle iiiBpirateur ne vient de «aile part, poisqoe qnelqoeB-ans regardent de quel côté est le génénd, rt li'aper<.oivent que des gens effarés, tt (jae l'nn des »loneU, Leroy, egeaie de commander sans savoir se &tr« obéir, ni mhvia comment asseoir une résistance. Qnetqtifs sntrei, qui ont entendu du canon, pensentbien aox donse piècêB de canon qui sont \k, non chargées, paraîl-îl ; Ifs misKê M trouvent fermées à clef, et on brise les fennctarée; maie len hommes du train vantent sur leurs dievaux, paraissent vunJoir sauver leurs caissons et leur» piécfs, au iiioiiiii dix stir duuze, et les entraînent ; quelques ehueeurs de la Bretècbe courent i eux, poor emptchff leur faite, pense Vaultier, mais courent si bien après eux, qu'ils les suivent toujours dans lenr fbite, et qne, contrairement à l'opinion de Vaultier, et conformémoit 1 l'opinion dea spectateurs, on peut penser qu'ils finent avec eux.

On a bien dit que les fiers Bretons, que l'on appdk dans la circonstance les braves Bretons, sans qo'il j tA précisément lien, ont essayé de déployer leur conr^c^ mais ce n'est pas vrai ; les braves Bretons n'ont ni brâlé nue seule amorce, ni montré la pointe d'un sabre ou d'une bûomiette aux forces veruonnatses qui apparaissaient;

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les braves Bretons ont foi comme les braves Normands, sans attendre même que les assaillants, qui s'étaient annoncés par leur canon, eussent en le temps de parvenir jusqu'au campement. Tout le monde a fîd d'une faite désordonnée ; ce n'était pas une sorte de retraite, c'était une déroute complète, une déroute dans la panique, une de ces paniques effrénées, dans lesquelles tous entraînent tous, comme poussés par une rafale qui chasse une poussière d'hommes devant elle. En ces moments de ver* • tige, l'homme qui a conservé son sang-froid est forcé, par le raisonnement lui-même, à ne pas rester inutilement devant des ennemis que rien n'arrête plus, et les plus braves d'une armée qui se sauve ne peuvent la remplacer à quelques-uns devant xme armée qui s'avance.

Ceux d'Evreux, connaissant mieux le pays, se sont enfin orientés, ont rejoint à travers champs, par le plus court chemin, la route d'Evreux à Yemon, et ont passé la rivière d'Eure au pont de Cocherel ; & partir de Cocherel, ils se sont acheminés tranquillement vers Evreux où ils étaient avant la fin de la nuit, et sont rentrés chacun chez soi ; les chasseurs de la Bretèche ont suivi la même route, et sont ainsi revenus directement sur Evreux.

Les autres se sont enfuis par où ils étaient venus, redescendant le plateau et apportant leur propre panique à Pacy, qui était bien aise d'y aider, et c'est en suivant la route de Caen qu'ils ont aussi regagné Evreux, sans s'être arrêtés à Pacy, et sans y avoir livré conséquemment un seul de ces combats des 14 et 15 juillet, dont on a doté l'histoire.

Au lendemain de Brécourt, toutes les forces insurrectionnelles se retrouvaient donc au berceau de l'insurrec-

tion, n'ayant pas en uq seul combattant tné, et n'ar^t éprouvé d'autres égratignnres que celles que les fuyards avaieut pu se feîre aux buîsaona des champs.

Telle est dana toute sa simplicité, dans toute sa vérité, ce que l'on a appelé l'affaire de Brécourt, ia déronte de Brécourt, arrivée le jour et à l'heure même oii le couteau inintelligent, absurde, de Charlotte Corday, que tes Girondins de Caen ont été accusés avec si peu de raison d'avoir aiguisé, tuait Marat d'un coup qui devait blesser ftOBsi les malheureux Girondins de Paris.

Comme conaéqnence de cette déroute, on conçoit la terreur des hommes qui ont été les auteurs ou les directeurs d'une insurrection, ou mPme des simples notabilités d'une ville qui en a été le quartier général, qui se senteat vaincus, tombés à ia discrétion des vainqueurs et qui, n'ayant jamais parlé que d'extermination, craignent de Bubir la loi qu'ils avaient voulu imposer : une réaistanoe désespérée est dans la uature même de lear aitnation.

^laia une résisiuncc à Evreux était-elle encore possible au moment où nous sommes ?

Il est vrai que Puisaye se retrouve à Evrenz, que Bougon de Longrais, que les commissaires civils, que lea colonels et les commandante des volontaires, et tontes ces braves gens qu'on verra disposés à chanter leur héroïsme sur tous les tons, se retrouvent aussi à Evieux; il est vrai également, et c'est à prendre en plus sérieuse oonsidération, qu'au moment oit les fuyards de Brécourt rentraient à Evreux par un côté, tournant le dos k Paris, à un des bouts de la ville et se dirigeant vers Parie, entraient au contraire et un nouveau bataillon breton, et les chasseurs à cheval que Wimpfen avait tirés de Falaise.

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