‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 144 sur 198 · LA BATAILLE DE BRÉCOURT · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE BRÉCOURT

Qu'on ajoute à de telles dispositions les excitations de tous ceux ayant pignon sur rue^ comme on disait, ayant boutique ou magasin, ou quelque chose à perdre à ce que la ville fût exposée à être prise de vive force; qu'on y ajoute aussi un conseil municipal dont la majorité s'était Bentie plus opprimée qu'heureuse de l'insurrection, et qui trouvait qu'à cette heure il était temps de songer à écarter les dangers qui menaçaient la ville; qu'on y ajoute également tous ces hommes qui n'avaient rien fait contre ime insurrection ayant la force publique et ne reculant pas devant les moyens, qui sentaient la puissance lui échapper et qui allaient actuellement sur les pas de portes^ dans les rues et les carrefours, déplorer les malheurs qu'on avait appelés sur leur ville, pour une cause qui n'était pas la sienne, — malheurs qui, s'y on n'y prenait garde, allaient s'augmenter de la politique prise par les autres villes, puisque, au milieu de l'insurrection, dans la toute-puissance de l'insurrection, le district de Verneuil n'avait pas hésité à proclamer son acceptation de la Constitution; puisque Louviers n'apportait aucun secours ; puisqu'il fallait prendre son parti de l'abandon de Pont- Audemer lui-même, qui, malgré ses administrateurs et malgré qu'ils eussent soustrait les exemplaires de la Constitution aux assemblées primaires, venait de recevoir cette Constitution au bruit du canon et au son des cloches — et l'on comprendra que Buzot ait pu dire que l'opinion publique avait changé en vingt-quatre heures; mais il s'est trompé, car c'est l'explosion qui s'est faite en vingt-quatre heures.

Le désordre se mettant partout dans la ville, et Puisaye, ^mme tous les autres, ne pouvant plus faire exécuter

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