‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 148 sur 198 · RECTIFICATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

RECTIFICATIONS HISTORIQUES

braves qui se sont signalés par leur sang-froid, leur courage ou leur valeur. Si les compagnons de Puisaye ont eu le droit d'élever des plaintes contre lui, s'ils ont pu rechercher quels sont ceux, qu'il ne nomme pas, qui oût été des traîtres et des lâches, ils ont vu aussi qu'il ne se montrait pas avare d'éloges, et que chacun pouvait recueillir sa part de gloire. Il explique même la terreur panique du campy et il n'hésite pas, en faisant intervenir la nuit qui n'est pourtant venue qu'à son heure, à déclarer cette terreur panique « naturelle pour une troupe qui est surprise par la nuit, d

Tels sont bien en raccourci, mais résumés aussi fidèlement que possible, les deux documents signés de Puisaye , datés de la Bivière-Thibouville et de Lisieux, destinés l'un au général en chef, et l'autre à l'assemblée centrale.

Mais Puisaye avait avec lui, à côté de lui, l'un des présidents de cette assemblée. Bougon, et plusieurs de ses membres, tels que les commissaires civils Louis Caille, Lenormand et autres. Us ne vont certainement pas laisser tromper leurs collègues et se rendre complices des récits mensongers de Puisaye.

Pourtant, si le général Puisaye a semé si largement l'éloge dans les rangs de son armée, il n'a pu oublier l'héroïsme et les hautes vertus civiques des commissaires civils. Aussi leur a-t-il fait une belle part, une part aussi large que la sienne propre, dans le courage déployé pour arrêter la panique, et ils ont comme lui épuisé tous les efforts; enfin, a: unissant à la sollicitude de l'administra- € teur, le courage du guerrier, ils ont animé par leur « exemple, soutenu par leurs discours, et consolé par <K leurs soins paternels, d

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On doit croire qne c«s chants élogîeux, eotonDé^ a rhonnenr des commissaires civUe, n'ont pa les détonnw do leurs devoirs et les porter aa mensonge, noa envenlt pablic, mais vis-à-vis de leurs propres collêgnea de !'••semblée centrale. Je l'ai cru aussi JDmja'aa moment trà j'ai appris que ces récits fantastiques, qne ces mensonget andacicux, que ces éloges sc&udaleox, étaient (ont aosà bien l'œuvre des commissaires civils que de Poîsaye hiimAme, une rédaction faite en commun. L*annotsteur de Vaaltier a en eÉFet révélû rexistenee d'une lettre particnii^re, envoyée par Bougon, de Lisieus, à Wimpfen, qoi était resté & Caen, dans laquelle il le presse de se rendre & Lisicux, et il lui dit qu'il loi écrit sa lettre s pend&nt qœ 4 l'on transcrit le message officiel que nous venons de c rédiger pour l'assemblée générale et pour vous, i An milieu de ce^ gens-là, on est parfois obligé à &ire rép^ ration, même à Puisaye.

Maie iU ee sont pourtant ménagé nue consolatioii à laquelle les partis ont donné im concours qui lui&assiire im Buccès dont on ne se serait pas douté alors.

Dans le compte-rendu rédigé par Foisaye e^ les ooifrmissaires civils, quand oa avait parlé de la retrmtt déaordamée de l'armée soi Pac7, on avait glisaé œ mot : 4 l'armée ennemie en fusait autant de son cdté. > '

Le Ëm&ron Wimpfen n'eut garde d'examiner l'asacrtion et il s'empreaea d'écrire : < Ces deux années font diacnne volte-face et chacune se sauve de son côté. >

Un peu pins tard, nn aker ego de Wimpfen, son aide de camp, nommé La Barberie de Saint-Front, qui se croyait bien digne de son patron probablement, et qui H prêtait à des rôles de compai:ses dans des rôles de comédies

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bien propred à donner le niveau moral de Ton et de Tantre, ne s'est om sans doute que spirituel quand il a écrit et imprimé, sur Taffaire de Brécourt, à laquelle il n'était pas et n'avait pu prendre sa part de fuite comme

les autres : c Le Calvados vit l'armée fuir devant

€ le peu de forces que la Montagne avait rassemblées à c Yemon au moment où l'armée dite parisienne fuyait € de son côté; de manière qu'il eût fallu que les deux € armées eussent fait le tour du monde pour se retrouver € depuis. »

Telle est pourtant l'origine d'un mensonge très-impudent, glissé pour la première fois dans le compte-rendu si incroyable âibriqué à Lisieux, ramassé, reproduit, colporté avec assez de persévérance, pour qu'à l'époque actuelle encore on ait parfois imprimé, faute de contrôle peut4tre, que les deux armées avaient fui.

n &ut pourtant bien ne pas se contenter de dire l'origine du mensonge, quand tout en démontre jusqu'à l'absurdité.

Son origine, c'est Puisaye, qui ne prêterait qu'à rire si son compte-rendu n'était le produit d'une collaboration commune, parce qu'en le voyant reporter à la nuit la surprise de. son armée, à sept heures d'après-midi, le 13 juillet, on suppose avec raison qu'il dormait très-profondément déjà, au château de Menilles, pendant que ses soldats cherchaient leur général, et qu'il ne s'est réveillé que le lendemain pour rejoindre les fuyards à Evreux; il est vraisemblable qu'il n'y a pas appris que la petite microscopique armée de Vemon eût fui, puisqu'il s'est empressé d'évacuer Evreux lui-même, dès le 14, quoique Evreux fût déjà à 35 kilomètres de Yernon. Quant aux

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commissaires civils, ils n'auraieDt pas répondu à l'héroisme qu'ils s'attribuaient bien volontiers, s'Jle avaient positivement vu fuir les ennemis dont ils se sauvaient enitaômee.

WÎDipfen et son aide de camp, Ijv Barberie de Saint- Front, (lui profite pour parler ainsi de Brécourt prédsérncnt lu où un homme da pœur se serait abstenu, n'étaient paa & Bri-court et ont affirmé ce qu'ils ne savaient ]>» «t ce qui en définitive n'était qu'une absurdité.

Nul homme sensé et de bonne foi ne pourra Jamais s'expliquer en effet que les défenseurs de Vernon, qni en lont sortis pour 8ur{)rendre le cam])emeut ennemi, aient tui sans cause, à la ^"ue de ce campement, lltt s'en sont Approcliés sans être enteudua ni apen;'us, quoiqne l'on eût vu, soulevant la poussière, les quelques éclairears que Vaultier a appelés des hussards rouges ; ils sont arrivés jusqu'à portée de canon, sans que le camp lee ait vus B^afittra du coDon en batterie : ils ont tiré un coup, deox ' oonpe, quatre coups, ou même trente on quarante si l'on vent.

Jasqn'aloK ils n'ont en aucune raison de fuir, apparemment; l'armée insurrectionnelle n'arrive pas sur les assaillants, ne &it pas un seul mouvement vers eux pour les repousser ; apparemment encore rien ne pousse l'esprit d'aucun d'eux à la fuite. Mais l'année insurrectionnelle, étonnée, effrayée, terrifiée jusqu'à la panique, se sauve à la débandade, les uns du côté de Cocherel, les autres du côté de Facy. Qui donc osera dire que ceux de Vemon, voyant cela, ont pu se sauver ? Peut-être étonnés d'abord de rencontrer si peu de résistance, ils ont dû rire de ce troupeau pris de vertige, mais voilà tout !

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n est vrai que Yaultier, qui a lu qu'ils avaient fui et qui était étonné que les insurgés n'eussent pas été poursuivis dans leur déroute, trouve là une explication qui lui manquait. Plus d'un avant lui s'était étonné aussi, avec plus ou moins de sagacité, de la facilité que la troupe de Puisaye avait eue pour se sauver de Brécourt à Pacy, de Pacy à Evreux, et d'Evreux à la Rivière-Thibouville, en vingt-quatre heures !

Mais cette remarque, qui prouverait tout au plus que les vainqueurs n'ont pas su rendre plus désastreuse la fuite de leurs ennemis, ne peut venir que de la confusion faite entre les défenseurs de Yemon et le corps d'armée qui se rassemblait à Mantes. On oublie toujours que les forces de Vernon, qui n'avaient encore rien de commun avec celles de Mantes, ne se composaient que des quatre cents volontaires parisiens, sous le commandement du chef de brigade Humbert, des cent volontaires arrivés alors de la ville des Andelys et des Yemonnais en état de porter les armes; que ces forces étaient déjà trop peu considérables pour se partager la poursuite d'un ennemi quatre fois plus nombreux qui se divisait, les uns vers Cocherel, à l'ouest de Brécourt, les autres vers Pacy, au sud de Brécourt, et d'autres encore au hasard, selon l'expression de Yaultier.

n est vrai que, le résultat ime fois connu, on constate facilement que, puisque le gros de l'armée insurrectionnelle n'arrêtait pas lui-même sa ftiite à Pacy, les forces vemonnaises eussent pu occuper Pacy et conquérir une gloire sans danger.

On sait cela après coup, mais, sur le moment, le chef de brigade, dont la seule mission était de défendre Yemon,

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et qui n'avait de forces que celles ô peine Boffie&Tites pmn oette misgiou, s'ûtait montré assez audiusieiix, nvec qudquee centaines d'faomniGs, en quittant nue défensire ptotectrioe et en montant, & l'attaqoe de plus de denx mille hommes bien pourvu» en cavalerie et en artillerie, «ut le plateau de Brécourt. Devait-il, arec quelque bou Beac, descendre aussi but PacVj et s'exposer à ce qne les chaeseurs de la Brctr>che et les volontaires, pouvant ee rallier sur la route de Cocherel, ou au moine et sî facilement bu [Kint de Cocherel, se plaçassent entre lui et Vcmon, qni n'était plus défendu, on revinssent eui la petite armée de Vernon et la missent entre leurs feux et ceux venant de Pacy.

Oe double danger l'ivW, il n'était pas sûr que l'armée iQHUrrectionnelle, qui n'avait laissé que deux canons à Brécourt et qui en avait entraîné dix sur Pftcy, n'eût paB un peu calmé sa panique par une course de 5 ou 6 iâlomètreB. Or, pour qui a connu Pacy, il est de toate éndcLce qu'un rniHicr iriiunimes nynnt dix pièces de canon étaient plue que suffisants pour avoir promptement raison et fiùre on rude exemple des sept on huit cent« extravaganta qui «nraient voulu leur prendre Pacy.

Qaoi qu'on en ait dit, ou par défant de loyanté, on pu dé&nt d'étude de la question, il n'y a pas tme raînm Bériease dans la remarque que les défenseurs de VernoD D*ont pcis poursuivi l'armée de Puisaye en fuite.

Mais je ne sais si, après avoir ramassé l'assertioii de ces trois faniîuons qni s'appelaient Puisaye, Wimpfen et Saint-Front, on ne s'est pas crn dans la nécessité d'assigner nue direction à la fuite imaginée des forces vemonnaises. L'armée insurrectionnelle s'était sanvée à

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Pacjr et Cocherel, et de là à Evreox, pnis d'Evreux vers la Blvière-Thibonville; mais où s'était sauvée rarmée vernonnaise ?

Les trois inventeurs ont laissé probablement par prudence la question dans le plus grand vague et il fallait y suppléer. Il eût été ridicule de dire que ceux de Vemon avaient ftd à Vemon : ils étaient chez eux, ils étaient sortis de la ville pour tenter une surprise et ils y étaient rentrés ensuite; quoi de plus naturel et quoi de moins propre à couvrir par un ridicule la ridicule déconvenue des fortes têtes de l'insurrection normande ? On ne peut pas, et on a raison, &ire rentrer à Vemon, qui est au nord, les Vemonnais de Brécourt, ni les diriger sur la Seine, qui, sans pont alors depuis Vemon jusqu'à Mantes, barre tout passage dans son cours du N.-O. au S.-E. ; on ne peut pas plus leur donner la direction de l'ouest : c'est les faire courir après ceux qui se sauvent et les diriger à la prise d'Evreux ; on ne peut pas les amener à Paoy, dans leur fuite, ce qui serait tout aussi absurde, et c'est ce que l'on a fait pourtant, sans s'en douter et &ute d'avoir consulté ime carte de l'époque et d'avoir connu les accidents de terrain.

n n'y avait donc qu'une seule direction à assigner à la ftiite des Vemonnais, et cette direction pouvait les conduire à Versailles ou à Mantes. Aussi a-t-on dit tour-àtour qu'ils avaient fui à Versailles et qu'ils avaient fui à Mantes. Versailles était préférable, uniquement parce qu'il y avait plus loin : 72 ou 75 kilomètres.

L'idée d'indiquer Versailles a-t-elle pu venir de ce que s'y trouvaient des chasseurs qui s'étaient évadée de la ville d'Evreux, pour ne pas entrer dans l'insnrreo-

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tïon 4 laquelle leurs officiers livraient leur riment? Mais ces chasseurs, évadés d'Evreux, U est vrai, par I* chcinio de Veraon, ne sont pas allés à Vernon, n'ont pas fait partie des défenseurs de Vernon, ee sont rendus i VerstiilleH selon l'ordre du ministre de la guerre ; ils j étaient depuis dix-neuf ou vingt jours, depuis raffaire ie BrétX)nrt, et il anrait fallu trop de bonne volonté vraiment (JOur les supposer dea fuyards de cette journée.

Poiu-tant ou a désigoé cette ville, et c'eat un des plus grands tours de force ([u'on se soit permis, car pour supposer que la petite armée de Vernon a ftii à Versailles, il faut supposer en même temps non pas seulement qu'elle est descendue dans la vallée d'Eure, pour aller chercher, à plus de 30 kilomètres de là, l'ancienne roule royale, appelée route de Bretagne, en communication avec Verswlles, mais encore et nécessairement que cette petite année, victorieuse et en fuite, ae soit sauvi-e en courant sur les talons des véritables fuyards, les suivit pendant S ou 6 kilomètres et entrât derrière eux à Pacy, pour ee sauver, par la vallée de l'Eure, des fuyards qui descendaient aussi dans la vallée de l'Enre.

On ne conçoit rien de plus niais. . . .

Aussi d'autres, moine maladroits, se sont crn les habiles, quand, rejetant la fiiite à Versailles, ils ont supposé la Alite à Mantes. H était si naturel que les Veraonnais en fuite se sauvassent à Mantes, où se trouvut la portion déjà rassemblée de l'armée de la Convention ! . . , ,

Mais eux-mêmes n'ont pas réfléchi qu'il était bien plus supposable que les forces vernonnaises, se sauvant, seraient tout simplement redescendues sur Vernon, ei

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fuyant par le chemin libre, et seraient rentrées dans Vemon, d'ailleurs si facile à barricader.

Ils n'ont pas plus réfléchi que, pour indiquer la ftiite sur Mantes^ il fallait supposer aussi une partie des absurdités dans lesquelles étaient tombés ceux qui avaient inventé la ftiite jusqu'à Versailles, car les Yemonnais, fuyant de Brécourt sur Mantes, auraient dû gagner la route conduisant à Chauffeur, tête des routes se dirigeant vers Mantes, et ils auraient ainsi fui, pendant 4 à 5 kilomètres, sur les traces mêmes des insurgés qui se sauvaient d'eux.

Il faut avouer que les inventeurs de ces absurdités, qui se croyaient bien spirituels en supposant la fuite des vainqueurs, auraient* été plus habiles de sacrifier l'idée, qui leur paraissait si plaisante, d'une course jusqu'à Versailles on Mantes, et de se réduire à supposer non une fiiite des Vernonnais, mais leur dispersion dans les bois, dans les buissons, dans les ravins, dans les campagnes, n aurait été encore difficile de s'en rendre compte, d'en indiquer la cause, et d'expliquer la présence de Lindet, le lendemain, à Vernon même, d'éviter enfin ces points de difficulté qui escortent le mensonge presque toujours et si naturellement ; mais au moins les menteurs ne se fussent pas exposés à être pris en flagrant délit d'imposture. Puisaye paraît y avoir pensé; un mot, un seul mot il est vrai, autoriserait à croire au dessein chez lui de diriger son assertion en ce sens, mais il le pouvait moins qu'un autre, le général de la déroute de Brécourt étant assez intéressé à ce qu'on ne fît pas de raisonnements sur les circonstances de cette déroute.

Revenons donc à la vérité simple des choses. Si les

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forces de Vemaa en sont soriieB, si éHes n'ont pas attendu Tattaqae qui allait être dirigée contre la ville, si elles <mt épié les mouTements de lenr ennemi, si elles se sont glissées inaperçues auprès de lui josqu'i portée de osnon, et ont réalisé la surprise qu'elles avaient préméditée, c^esl apparemment qu'elles s'en promettaient on succès quelconque; ce n'est donc pas de ce succès en loî-mème qu'on peut raisonnablement supposer qu'elles aient été étonnées, mais seulement de sa facilité et de son étendna

Elles sont rentrées à Vemon, comme on l'a vu, et elles ont fait ce qu'elles devaient raisonnablement fidre; le seul reproche qu'on puisse leur adresser, c'est, i^rès une victoire si facile, d'avoir voulu, elles aussi, faire croire de leur côté à une bataille plus sérieuse, permettant de fiûie rimer, comme toujours, lauriers avec guerriers.

Les récits grossissant toujours, les nouvelles de la bataille de Brécourt, arrivées jusqu'à Mantes, y <mt jtfÎB, comme succès, les proportions que la déroute prenait sa contraire en toute réalité vers Evreux.

C'est à Mantes, distant de 25 kilomètres de Vemon, que, dans la nuit du 13 au 14 juillet, Robert Lindeta reçu la nouvelle inattendue et du mouvement de Tarmée insurrectionnelle dans la direction de Vernon, et de la déroute de cette armée.

H n'y avait que deux ou trois jours que Lindet et Duroy se trouvaient à Mantes, peu de jours aussi que le général Sepher et Fadjudant général Boulanger s'y trouvaient également.

La petite armée de la Convention y était en formation; ce jour-là, on attendait l'arrivée du régiment de ligne d'Armagnac, dont il ne vint qu'un bataillon ; on attendait

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aussi Tamyée d'un oontingent de Parîs^ d'un bataillon et d'un escadron de Seine-et-Oise^ qni ne se trouvèrent pas encore prêts.

On ne pouvait encore que surveiller les routes qui débordaient dans la direction de Mantes, mais la défiûte des insurgés à Brécourt simplifiait les difficultés encore grandes de la situation à Mantes»

Bobert Lindet en saisit et voulut en assurer les conséquences ; il courut immédiatement de Mantes à Yernon, laissant au général Sepher Tordre de venir Ty rejoindre le même jour.

C'est de Yernon, le 14 juillet, qu'est datée la première dépêche officielle et rendue publique de Bobert lândet sur la campagne de Normandie. Cette dépêche se ressent encore des exagérations guerrières des vainqueurs, mais elle réclame vivement l'envoi de contingents pour profiter de la disposition des esprits et étouffer immédiatement le foyer de l'insurrection.

Déjà, dans cette dépêche, adressée au président de la Convention et non au Comité de salut public seul, Bobert Lindet laisse percer des appréciations qui lui serviront plus tard et à protéger son département, et i sauver des coupables : les habitants du département de l'Eure ont supporté l'oppression et le joug de l'insurrection, il est vrai, mais seulement parce qu'ils n'avaient pas d'armes, et ils n'avaient pas d'armes parce qu'ils s'en étaient dépouillés pour armer les combattants du Rhin et de l'Escaut. Dans une autre dépêche du même jour, Lindet, qui a dit, dans son discours à la Convention, qu'on préparait une Vendée en Normandie, et qui sent la portée de ses paroles pour les personnes compromises^

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l'atténue et se rectifia lui-mûine en glissant dans sa iéptchu l'id^'e qu'on ne peut pas toul-à-fait confondre l'anuiîe de Brécdurt avec l'armée de la Vendée.

Assuré de la BÎtuatioii des choees à Vernon, il envoie B& dépèche. Mais les Vernonnais veulent faire reconnaître le terrain ; on visite le champ de déroute.

Maie aussi Robert Lîndet a trouvé à Vernon la nonvelle (jue rarmée de Puisaye ne s'est pas turrètée à Pacy et a continué sa fuite vers Evreux ; il court immédiate' ment à Pacy, où il trouve les habitants dans l'allégresee, et occiipi's dtjA A organiser la réception des représentsub et de l'armée de la Convention quand ils arriveront. Mais, encore a Pacy, il a la nouvelle prématurée de l'év»cuation d'Evreux ; il organise un service d'éclaireura pour s'assurer des choses vers Evreus, et retourne à Vernon où il doit se retrouver avec Duroy et le général Sepher.

Telle est la journée du 14, le lendemain de Brécourt, pour Robert Lindet; maie sa dernière dépêche, heurense des évéui'iiK'ots ijuL se dévclojijiont, restitut.- li celui de lu Teille son véritable caractère en termes dignes de l'esprit élevé et do cœur honnête de leur auteur : a La retrute •I des rebellée, dit-il, poursuivis par la terreur et l'efiroî,

< paraît aux jeux du département la victoire lapIoBglo-

< rieuse, puisque l'objet proposé est rempli, et que Phnc manité n'a pas à s'affliger du succès de nos armes. »

Le même jour, les habitants de Vernon s'étaient réunis en assemblées primaires, avaient procédé à l'acceptation de la Constitution, et avaient arrêté de ne pas se cmtenter de célébrer leur délivrance avec leurs défenseurs présents à Vernon, mais d'y ajouter ce qu'ils réalîsèrent plus tard ; la solennité d'une députation de la ville de

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Vemon allant officiellement remercier sa fidèle amie, la ville des Andelys.

Robert Lindet et Duroy, les deux représentants, et la petite armée de la Convention se rendaient le 15 à Pacy, alors même que leur artillerie arrivait seulement à Vemon.

Les représentants venaient d'envoyer une estafette portant une adresse au conseil municipal et aux habitants d'Evreux. Elle annonçait à la ville d'Evreux que les représentants s'y présenteraient en amis, qu'ils précéderaient de leur personne toute force armée, et porteraient avec eux la vérité sur les événements et la liberté pubHque.

Mais, tout aussitôt l'évacuation d'Evreux par l'armée insurrectionnelle, la commune s'était réunie et s'était empressée de prendre un arrêté portant que des délégués se rendraient immédiatement auprès des représentants pour les inviter à venir à Evreux avec leur armée.

Lindet et Duroy allaient rentrer à Pacy, quand ils rencontrèrent ces délégués, missionnaires d'une ville probablement alarmée du rôle qu'elle venait de remplir, anxieuse des conséquences qu'elle allait en supporter et disposée peut-être, c'est souvent ainsi, à racheter les démonstrations précédentes par des démonstrations contraires. On peut croire pourtant que les insurrecteurs avaient exercé une grande pression sur la ville; on a vu leurs procédés, et les délégués du conseil municipal surtout, qui avait plutôt subi qu'accepté l'insurrection, et dont le maire avait été réduit à prendre la fuite, devaient être sincères quand, en abordant les représentants, ils leur exposaient : ce qu'aussitôt qu'ils ont été libres, par la retraite précipitée de la force étrangère qui avait usurpé

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U pnisaanoe publique, » les citoyena d'Evreax avwenf bxtC'U-- d'envoyer aa-tlevant de l'urmiie pour l'aBsorer i^a'elli: ternit reçue avec fratemit*;; que les àtoyent d'Evrcux avaieut souffert impatiemment le joug qn'oD leur avait itnpoité, et que a le premier acte de leur liberté recouvrée avait été celui par lequel ils avaient déclaré qu'il» demeuraient couât&miaeDt unis et att&cb'Js à 1a Btipublique et tk l'Âseemblée nationale. » Les repréfientants s'empree aèrent de répondre que les Ëbroîciens ne devaient voir dans l'armée de la Convention que dea frères et ia amis, des libérateurs voulant embrasser des homineB libres comme eux.

Ces paroles, qui promett^ent paix et amitié, selon l'expression des traités diplomatiques, à tous ceux qui ne voudraient pas la guerre, étaient sccneillies avec bonhear par des délégués généreux qui venuent de plaider avec tant de succès la cause de compatriotes qui les avuent méconnus eux-mimes ; mais, reportées dans Pacy, die» calmaient aussi sa nincune contre Evreux, dont le* volontaires étaient venus faire l'occupatioa avec lea farces insurrectionnelles. « On s'est expliqué sur tous les éTéaec meata avec la confiance et l'effusion de l'amitié; l'alléc gresse publique s'est manifestée par les plus vives ao- « clamAtions; aux discours, aux questions presfiées, ont « succédé les embrassements et les sentiments d'attacb*c ment et de fraternité '. n

Cependant, et presque à la même beure, les sections de la ville d'Ëvreux s'assemblaient et dressaient un acte pv lequel elles déclaraient formellement rapporter toutes 1k

(1) Rapport à la Concenlion.

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