RECTIFICATIONS HISTORIQUES
délibérations relatives aax affaires du conseil général de TEure et rétracter les adhésions données aux différents arrêtés des corps administratifs, tant par elles-mêmes qae par leurs commissaires. Les sections ne pouvaient être plus explicites.
Les représentants et l'armée de la Convention pouvaient faire leur entrée dans Evreux, comme ils la firent effectivement le 16 juillet.
Pourtant, si vives que fiissent les démonstrations, elles ne pouvaient cacher entièrement une situation au moins douteuse : l'abstention d'une portion contre-révolutionnaire qui affectait de ne voir dans ce qui se passait qu'un échec passager. La retraite de l'administration départementale avec l'armée insurrectionnelle et l'enlèvement des papiers administratifs, des armes, munitions et approvisionnements; l'enlèvement de la caisse du département, des onze cent mille livres que n'oubliait pas Puisaye; le bruit répandu que l'armée insurrectionnelle se reformait au-delà d'Evreux, tout concourait à éveiller l'attention des représentants qui disposaient de forces si restreintes et dont une partie même ne les avait pas encore rejoints. Il fallait improviser une force qui ne permît pas la résistance et une démonstration qui étouffât le foyer de l'insurrection dans l'Eure.
Robert Lindet et Duroy firent sonner le tocsin, et, à ce lugubre appel, les populations se levèrent comme un seul homme en colère. Elles étaient armées de tout ce qui pouvait servir d'armes, de fourches même. On a évalué à 40.000 hommes cette force improvisée, dont les deux représentants eurent un instant le projet de former un camp auprès d'Evreux, projet immédiatement inutile, car