Tome II
rinaorrection était bien tuée dana l'Eure, et Poisajv D'essaja pas de s'arrûter â la Rivière-XbiboaTÏUe et d^ occaper lo poste inattaquable qu'il aviût pnHendn J coon^tre.
Le département de l'Eure était donc conquis, selon !« expreaeioiis de l'époque, à la liberté et & la constttation : a Cette conquête n'a pag coCité de aang, écrivait l'excellent Uobert Lindet; elleeera plus aolide et plus doraUe que les conquêtes des dévastateurs du inonde. >
Il ne faut pas faire exception pour Louviers, car 1«B administrateurs de ce district, mettAUt de l'empressement dans leur résignation, ne se contentèrent pas alors de faire niie rétractation ; ils envoyèrent à Paris une députalicai qui, admise à la barre de la Conveution, le 21 juillet, protesta tardivement, mais énergiquemeut, du dévouement de toute cette administration à la Convention nationale et du sa fidélité à l'unité et à l'indivisibilité de la République. i
Du reste, les deux représentants commissaires àva VEnre apportaient eux-mêmes tous leurs soins tm mesurea de conciliation. Ua publiaient avec tout l'éclat possible le décret du 26 juin et facilitaient lea rétractatioiiB qui devaient exonérer les auteurs les plus directs de l'in- Burrection des terriblea conséquences de leurs actes. Ce n'était pas vainement que le nom d'armée de pacification venait d'être donné à l'armée de la Convention dans l'Eure. La ville elle-même avait le profit de la politiqoa modérée de Lindet et de Bnroy, car la Convention avait retiré, pendant l'insurrection, à Evreux l'administratioa départementale, pour l'accorder à la ville de Bemay, rt l'administration du district, pour la donner à la ville de
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Vemon; on ne pouvait pas dire que ces dispositions fussent injustes, et pourtant Lindet et Duroy, malgré l'intérêt qu'ils portaient à Bernay et malgré les mérites de Vemon, réclamèrent de la Convention le rétablissement des administrations à Evreux. La Convention accueillit la demande pour l'administration départementale, elle résista pour l'administration du district; et ce he fut que plus tard, et peut-être même par le consentement désintéressé de Vemon, qu'Evreux récupéra, mais enfin récupéra l'administration du district.
Quand on se reporte aux terribles luttes de l'époque, aux colères qui en résultaient, aux dangers de toutes sortes qui s'accumulaient sur la France et menaçaient ses destinées, à la nécessité d'une énergie sans repos; quand on considère l'insurrection appelée l'insurrection du Fédéralisme dans l'Ouest, son moment et sa portée, ses procédés violents, ses menaces retentissantes de mort et d'extermination de ses adversaires, on trouve digne de remarque non pas seulement la modération du langage et des actions de Lindet et de Duroy, mais la modération de la Convention elle-même, qui n'a eu jamais que des paroles d'approbation pour ses commissaires, et a toujours ratifié leurs actes conciliateurs. Est-ce parce que la Convention jugeait qu'elle pouvait alors être modérée sans danger ? Est-ce parce que Lindet et Duroy, protecteurs de leur département, atténuaient les fautes et calmaient les colères? On pourrait le croire, mais il faudra constater plus tard que le même système de bienveillance a été appliqué au Calvados.
Du reste Lindet et Duroy ne perdaient aucune occa- . sien de constater, aux yeux de leurs collègues, la nouvelle
et raeaunmte situatiou de» choses. Quand par exemple tes sections de la ville d'Evreus, réunies en assemblées primaires, votaient l'acceptatioD de la ConstitutioD, ils A-mpressaient d'en informer la Conveation et de loi faire remarquer que le vote avait en lieu à l'unsnimité.
Ponitant, et du milieu des excitations de l'épotjue, des événements qui se pressaieut toujours et qui allaient se surcharger si malheureusement de l'exécrable trahison accomplie à Toulon au profit des Anglais; dn miliai d'une lutte qui n'avait pus seulement pour s'alimenter, et devenir pins nrdente, les soulèvements du Midi et h siège de Lyon, quartier général dee émigrés et des congn''gauiste9 militants; du milieu de l'atmosphère oragense de Paris, secouée par tant de causes d'ébranlement : l'insurrection des départements, les menaces contre la ca^tale, les revers des années, la difficulté des subsistances, la mort de Marat, la croyance h un système d'assassinat trop répiiudue pue ceux qui s'en effrayaient et par ceux qui y voviLiciit ww. nicntire: de ce milieu qui s'embrasait de nouveau commençait à poindre, au sein même de U Convention, un esprit de vigueur et de vengeance que les gens comme Chabot n'étaient plus seuls à manifester.
C'est ainsi que, pour ce qui concernait Evreax, Lacroix (d'Eure-et-Loir) s'était opposé au rétablissement des administrations et avait fait repousser les demandes de Lindet et de Duroy, au moins quant au district. Maia c'est ainsi également que, sur la proposition de Lacroix, qui n'avait certainement pas, lui, ni l'austérité des mœurs, ni le désintéressement personnel de l'adverBaire qu'il voulait frapper, fut rendu le décret qui ordonna la démolition de la maison de Bnzot, située au milien d'Ëvrenx,
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et rérection sur son emplacement d'une inscription portant : Ici a demeuré le scélérat Buzot qui avait conspiré la perte de la nation française: tradition des temps ténébreux et des brutalités monarchiques, que la Convention eût bien fait de laisser dans les tristes souvenirs du passé; incident qui a peut-être autorisé, dans l'esprit pourtant si sceptique de Louis xvm, la satisfaction vulgaire qu'il s'est donnée aussi à son tour, en 1816, de prescrire malgré la loi et la Charte, par une simple et illégale ordonnance, la démolition de la maison où était né Robespierre.