‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 155 sur 198 · Tome U. — S · texte numérisé non relu

Tome U. — S

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même lieu. Ce fut alors i|ue Buzot, Pi5Uon et Bwb*roux trouvèreut tnlîii quelque mois de tranquillité relative, caclii-s par le perruquier Tro<]uart, un dâ eei hummee simples, dévoués au malheur ju!>qu 'à Théroïsme, et dont uu duit toujours bénir le uom saus accoptios de parti.

Mais Valady et Louvet, ponrcbaseéa, tmqnéa, désee» péraiit d'écliapper aux poursuites tenaces de Tallicn, ont Toula tenter le hasard, au Lasard miraculeux, au milieu de populations malveillautes, eona pitié pour les fugîtits, perce que ceux-ci leur paraissaient des ennemis de la H«'pnl>lique. Ou sVst bien eflbrcé depuis, par esprit de parti, de vouloir donner à la France de cette époque anf valeur politique qui u'apparteuait qu'à quelques localitëB, ou peut-^tre môme quelques petites fractions; mais qu'en lise Buzot prodcrit, ayant parcouru, au milieu d'iiicidents divers, de grandes diatances, depuis Paris jusqu'à Evrenx, ' depuis E\-reux juâqu'ù Cueu, depuis Cacu Jusqu'à Brest et QiiiiiiiK-T, ilcjniis Quiiiiper ju.-^qii'i'i Saint-Emilion, l'ouest et le sud-ouest de la France, et on le Tem, découvrant l'esprit des populations, se plaindre que U Gironde ait été trompée par ses amis des départemente, que la France abandonne les Qirondius, et réBomer non sans amertume, et comme avec dédain, l'opinion publiqiM par ces mots qui ne sont pas à leur place sous sa plome : c Les bonnes gens croient à la République comme ils « croyaient autrefois aux plus inexplicables mystères du « papisme ...» Mais c'est tout précisément parce qu'ils croyaient ainsi h. la République, qu'ûa n'ont apporté aucun concours aux insurrections qui mettaient la République en danger, qu'ils les ont laissées s'affaisser sur

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elles-mêmes en général, et qu'ils ont fini par montrer de la colère contre les auteurs vrais ou supposés de ces insurrections.

De l'esprit ardent même des populations qui les environnaient, résultait un plus grand danger pour Louvet et Valady essayant de s'évader. Louvet a pu, sous la protection et en compagnie d'un voiturier de roulage, gagner Paris, s'y cacher, pendant qu'on le cherchait ailleurs, et y attendre d'autres jours pour produire de déplorables écrits et donner le scandale d'intimités flétrissantes. Valady, moins heureux, a été saisi, et a payé de sa tête sa tentative de fuite.

Tallien avait donc raison : les proscrits étaient à Saint- Emilion; seulement on ne concevait plus bien où pouvait se trouver leur refuge.

n y a pourtant les grottes de Saint-Emilion, des carrières qui n'ont pas été fouillées, parce qu'elles sont inhabitables, mortelles, et qu'on n'a pas supposé, peut-être à tort, que des êtres humains aient pu y faire leur résidence ; mais des proscrits sont des hommes à miracles, et on peut tout supposer quand il est question d'eux. Il feJlut donc explorer les mystérieuses retraites des grottes et des carrières.

On prit des hommes dévoués du bourg de Sainte-Poy; on prit aussi, à Libourne, un détachement d'un bataillon arrivant de la Vendée ; on eut soin de partir de nuit, et, quand on arriva, € au point du jour, toutes les carrières, € la ville de Saint-Emilion et toutes les maisons de « Quadet et de sa famille furent investies, sans que perc sonne se fût aperçu de l'arrivée des forces, d

Aux carrières donci Mais ces &oides carrières sont

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si dangereuses, que ceox qui j sont entrés c en sortent glacés 9 et pouvant à peine parler. »

Pourtant la difficulté a été prévue Aussi art-oQ

amené des chiens. . . . En chasse, les chiens I En chasse d'hommes I . . . Les chiens n'ont rien trouvé dans les profondeurs des carrières.

Mais les proscrits sont à Saint-Emiliou !

On a déjà visité toutes les maisons suspectes ; il &ut y retourner. Pas un coin de la maison de Guadet père qui n'ait été exploré; il faut l'explorer de nouveau.

Rien encore I On sait pourtant bien que des sept fugitifs, deux seulement, dont un a été pris, ont essayé de s'éloigner de Saint-Emilion et de s'échapper à travers les mailles du réseau qui les enlaçait.

La maison de Guadet père est l'aimant de ces hommes qui cherchent. Us y retournent encore sans plus de succès; l'un d'eux soupçonne l'épaisseur des murailles de pouvoir receler des proscrits I II examine le bas, le haut, il conii)are, et il croit que le grenier qui domine la maison a moins de longueur que le rez-de-chaussée; il s'en assure eu mesurant Tun et Tautre, et il trouve que le grenier est en eflet moins long. Y aurait-il une double muraille, là-haut? Au reste, dut-on raser la maison, on ne repartira pas de Saint-Eniilion, sans avoir approfondi les mystères de cette maison Guadet.

Le haut inspire quelque soupçon : à la toiture, d'abord I On monte, on enlève des tuiles .... Mais on entend armer un pistolet. ... Il y a (juelqu'un là. . . . Avec des précautions et des hommes, on verra bien.

11 y avait là eflectivement deux hommes : Guadet et Salles ; on les prit, on les conduisit à Bordeaux, et, le

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lendemain, ils avaient sabi le sort qui avait atteint Biroteau, Grangeneuve, Cussy et Valady, le sort qui était réservé à Guadet père, qui avait recelé son fils, à presque toute cette malheureuse famille Guadet, les femmes tout aussi bien que les hommes, qui avait recelé un parent et ses amis .... Tallien savait faire les choses.

Mais, par cela même, il comprenait bien qu'il y avait encore trois proscrits à Saint-Emilion ; qu'en n'épargnant aucune maison, et qu'en demandant à chaque muraille ses mystères, on finirait par capturer les trois, comme on venait de capturer les deux.

Un tel système de visites domiciliaires ne laissait plus une seule ressource à Troquart, qui gardait les trois; Louvet avait eu raison, le voisinage de Tallien était le plus dangereux, et il n'y avait plus rien à perdre à courir les chances de s'en éloigner, alors que l'hospitalité généreuse qui avait sauvé jusque-là les trois proscrits devenait elle-même un péril imminent pour eux et leur protecteur.

Ils durent l'abandonner précipitamment, la nuit, à travers des sentiers inconnus, emportant un pain et quelques provisions, dernière offre d'un homme riche de cœur et pauvre de ressources.

Au matin, ils ne se trouvaient éloignés de Saint-Emilion que de 4 kilomètres, soit qu'ils eussent entrevu des obstacles à leur marche, soit plutôt que, égarés dans un pays inconnu, ils aient tourné sur eux-mêmes.

On a eu la conviction qu'ils ont nécessairement vu dans la plaine une affluence de monde attirée par une cérémonie locale, dont ils ne possédaient certainement pas l'explication, et on a supposé qu'ils avaient cru que ce monde cherchait leurs traces.

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On aperçut ces trois hommes se n'-fugier dans an bois de ]iinH, et, un peu i)liifi tard, une femme, assez rapprodi^ d'uuû (U'toDatiou et accourant au bruit du coup de fea, trouva l'un des trois la tùte fracassée, respiraut etioorCi mais ne pouvant plus articuler un seul mot.

On prenait pour certain que c'était l'un des prosehts; mais lequel ? Ou lui trouva du linge dont la marque fit penser à Bnzot. Le mourant put encore faire un signe négatif, et on l'envoya jxiur le reste à Bordâaiix. C'était Barbaroux.

Quelques jours après, ou trouva, dans un champ de blé, deux cadavres à moitié dévorés par les h^tes sauvages: c'étjùt tout ce qui restait de Pétion et de Buzot. . .

Il u« manquait plus à la mort qu'un seul des sept Giroudiiis débarqués au Bec-d'Ambez, mais Tallieu et lui se retrouveront bientôt à Parie, l'un disant : jV<w omi Loucet, et l'autre : Mon ami TalUen

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