‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 158 sur 198 · Tome H. — S · texte numérisé non relu

Tome H. — S

oaupiibleri, mii>>i qu'il fallait aiisai atteindre les il

é axTvli.-», ceux ()iii avfiieut pris les onnc^ c clief» de légion ou capiUiDvit. Le Uoiiiitt* de salut pahlk, tui-u>Aine, De tmuTaît à répoadre à eu plaintes (|ae[Br U THp^x;! de« oniminsairea, avec quelque» mt-na^mnenb I>our eus. Il «igtmla tardii-enieut, on le aut, l'ioeoM* patibilibé U'g&le ttloni île K-ure fcmctione de oommisssîm dans lefi départi'uieuts dont iU étaient les députés, et tlsn luisita dcTÙier les incoiiTéni«ntB. La mesure, plna adoucie encore, prise vis-à-via du coniiuiseaire membre do Comité de oalnt public, qu'où ne rappelait pas prt'-ciai-iuetit, maif auquel ou dounait un collègue, n'en étftît pua ininD* ^ûruiâcatjve'.

t Comitô de salut public offrit immédiateineDt i xay et à Doutiet une mission aux srméeB, Duroy ù l'ariui-e Uhin, maJA deux nemnines ne a'-^taient pud écoulécn, que le Comit/> de salut publie, d'ailleu» entralué par la BÎtuutiuu si terrible du mouK'^t, CL^dnit ii de tiouTaUfli plaiutee, et r^pelait de nouveau Dnroy, décidément ttop modéré.

C'est à son retour à la Convention que Duroj » été la cause occBaionoelle de l'une des séanoeB les pins m^oifrrables de cette époque.

(1) VouB am euToyé Duroy et Bonnet dans les départements de l'Eure et du Caliados ; quoique ces députés soient patriotes, cependant ils ont fait sentir, par leur conduite, combien est sage le dénretijai porte que les membres de la ConTenlion ne pourront être envoyé! commissaires dans les départemeots qui les ont députés. Je tobs propose de les rappeler et d'adjoindre Oudot à Liadet.

[Rapport à la Cunvmlion, par Dartre, pour le ComUê de taii public.)

ha I^BBSSiON DAKS L8 OALtADdS 403

Sans auCQB doate^ Daroy savait^ comme tout le monde alors, qu'une foule d'anciens nobles s'était réfugiée aux armées, et qu'il s'en trouvait parmi eux qui ne demandaient pas mieux que de profiter de toutes les occasions de compromettre le succès de nos armes; mais il savait aussi que beaucoup de plébéiens remplissaient le même rôle. La qualité de noble ou de non noUe n'importait donc pas à ses yeux pour donner ou retirer des épaulettes, et pour autoriser l'oubli des services rendus. Or les dé* fenseurs de Yemon, dont l'arrivée subite sur le plateau de Brécourt avait occasionné la déroute de l'armée insui^ rectionnelle, étaient commandés par le chef de brigade Humbert, ancien noble; Cherbourg avait été conservé au gouvernement par le général Tilly, ancien noble aussi; et Humbert et Tilly, sur le motif de leur origine, loin de recevoir de l'avancement, n'obtenaient pas de conserver seulement leur commandement et en étaient privés. H parait certain que Duroy en éprouva un sentiment de mécontentement auquel il ne fallait qu'une occasion pour se produire.

Or, à la séance du 24 septembre 1793, alors que Duroy revenait de l'armée du Rhin, il entend Ure une lettre du ministre de la guerre, annonçant que le conseil exécutif a fait des nominations et des destitutions. Parmi les no* minations se trouve celle d'un jeune honmie nommé Delmas, chef du 1^ bataillon de la Corrèze, qui s'est di»» tingué depuis le commencement de la campagne, et que Duroy juge patriote et intrépide, mais encore incapable d'être élevé au grade de général en chef de l'armée du Bhin; parmi les révocations, se trouve celle du général Landremont, le commandant en chef de cette armée, ayant

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rendu de grands services, dit Duroy, et possédant la confiance du soldat.

Duroy s'élève contre ces résolutions précipitées, et demande le renvoi de la lettre du ministre au Comité de salut public, pour en obtenir un rapport. Sa demande est appuyée par Génissieux, et il reprend la parole pour insister. Il devient vif même, mais vrai, quand il dit qu'il ne suffit pas d'avoir fait la révolution à Paris, pour avoir acquis les connaissances nécessaires à un général habile, qu'il ne faut pas priver nos armées d'officiers qui, pour avoir le malheur d'être nés nobleSj n'en sont pas moins € mns-culoûtes. :d

Le mot excite des murmures, mais Duroy continue, et il raconte la situation faite à Humbert et à Tilly; puis, élargissant sa proposition, l'élargissant trop, il demande que le conseil exécutif ne puisse suspendre, destituer ni remplacer les généraux, qu'après en avoir donné les motifs à la Convention.

Duhem voit naître une difficulté insoluble, et il propo;^e, j)()ur transaction, un système de tableau des généraux, mais en écartant les noms, et en prenant la question sous cet as{)ect général que, jusqu'à présent, en conservant des nobles aux armées, la France a été constamment victime de la trahison, et que, par les nominations nouvelles, elle est exposée à être victime de Tignorance. Quand on est })lacé entre deux écueils : la trahison et Tignorance, il faut choisir le moins redoutable, l'ignorance qui {>eut se corriger chaque jour, et on arrivera à trouver parmi les lieutenants-colonels, et même les capitaines, des hommes patriotes et instruits qui remplaceront les généraux periides.

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Le débat s'élargissait, et prenait les proportions de tout nn système à adopter ou à repousser.

Quelques mots de Billaud-Varennes, à propos du général Houchard, compris dans les destitués, indiquent la nécessité de ne pas exiger l'autorisation préalable de la Convention et de se borner à une approbation postérieure ; mais il précise la situation, et dégage la responsabilité du conseil exécutif en déclarant positivement que la mesure a été combinée avec le Comité de salut public.

Cela ne suffit pas, paraît-il, et Jean-Bon Saint-André, autre membre du comité, se montre préoccupé des dangers de la trahison et soutient que le devoir du gouvernement, quand un général est soupçonné, est de s'assurer de la personne de celui-ci, avant même d'approfondir sa conduite.

Duhem reproduit la concession qu'il est prudent d'éloigner de l'armée tous les anciens nobles, mais il pense qu'il y a lieu de soumettre la liste de leurs successeurs à l'Assemblée, afin de savoir si des intrigants ne veulent pas remplacer des traîtres. La Convention vote, et elle renvoie la lettre du ministre au Comité de salut public pour qu'il en fasse un rapport le lendemain. C'est un échec pour le comité.

Est-ce que les plaintes si naturelles de Duroy, à propos de la question personnelle de Humbert et de Tilly, si mal récompensés de leurs bons services, auraient fait éclore quelque grosse question, dont, absent qu'il a toujours été de la Convention depuis bientôt trois mois, il ne connaissait ni les mystères, ni l'importance ? Peut-être bien.

Il doit être vrai, nécessairement vrai, parce que c'est dans la nature des choses, que le mouvement si marqué qui s'était manifesté pour l'acceptation de la Constitution

406 LA nfPBESSION DANS LB CALVADOS

de 1 793 avait pour cause non pas seulement le caractère nouveau et démocratique de cette constitation, mais encore le désir d'entrer dans les voies régulières d'un gouvernement réglementé par des institutions.

Mais on a vu quelles proportions la crise avait prise i cette époque de septembre 1793. La Convention était alors le seul lien de la révolution et de la France, peutêtre même le seul lien social, et son départ, en on tel moment, laissait la France en proie à l'émigration, à la co^ lition européenne, à la guerre civile; la France était perdue, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

Pourtant les royalistes ou les modérés, on les appellera comme on voudra, ne manquaient pas de tirer parti des sentiments qui avaient présidé à racceptation de la Constitution. Ils ne voyaient pas pourquoi TAssemblée, élue pour faire une constitution républicaine, perpétuait son pouvoir quand cette constitution était votée et acceptée, et elle n'avait pas le droit après tout de s'imposer an pays.

D'antres, plus dangereux, an milieu de Paris, par leur républicanisme qnelquefois exagéré, mais non suspect, quoiqu'ils eussent probablement dans leurs rangs comme toujours des ennemis déguisés, apportaient leur (Concours à cette tactique, en demandant tout au moins l'application partielle de la constitution à l'organisation du pouvoir exécutif. C'était briser le Comité de salut public qui formait bien l'unité, l'action, la puissance et le seul moyen de succès de la Convention luttant contre les partis et la coalition étrangère ^

(1) Placés en dessous de la Convention, ils auraient voulu écarter son autorité incommode, qu'ils rencontraient aux armées, dans laper-

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Les généraux, Tarmée, sea défaites réoentea étaient une occasion d'attaques que le comité devait saisir Ini-mème pour vider un débat qui pouvait peser sur ses propres résolutions. Par une singularité qui se reproduit assez souvent dans les débats politiques, les réclamations de Duroy atteignaient les bureaux du ministère de la guerre, et ces bureaux y trouvaient précisément une occasion de renouveler leur combinaison tendant à l'organisation d'un nouveau pouvoir exécutif. Les réclamations de Duroy étaient englouties dans un débat d'une bien autre portée; de ses protégés, Humbert et Tilly, il ne fut plus question, et leur nom ne fut plus même prononcé, bien que les noms d'autres généraux, de Honohard notamment, aient été souvent jetés dans la discussion.

Cette étrange discussion, si indirecte comme forme, si grave au fond, se compliquait de rintervention de Biiez en réalité heureuse pour le oomité.

La reddition de Msyence par les représentants Merlin et Rewbell, les généraux Dubayet et Elléber, et son héroïque garnison, qui avaient tant excité l'admiration de Tennemi, et qui, dans la situation la plus désespérée, avaient obtenu une capitulation les laissant à- leur patrie, avec armes et bagages; la reddition de Mayence avait retenti

sonne des représentants et, à Paris, dans le Comité de saint publie. Les représentants en mission ne leur Laissaient pas exécuter les mesures réTolutionnaircs avec toute la violence qu'ils désiraient y mettre; le Comité de salut public, réglant souverainement toutes tes opérations suivaut des Tues plus élevées et plus impartiales, les oobtrariait sans cesse, et il était, de tous les obstacles, celui qui les gênait le plus; aussi leur \enait-il souvent à l'esprit de Taire établir le nouveau pouvoir exécutif d'après le mode adopté par la Constitutimi. {Thi^rSy t«ne v, page Sf79.}

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