‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 159 sur 198 · LA R]£PBE88I0N DANS LE CALVADOS · texte numérisé non relu

LA R]£PBE88I0N DANS LE CALVADOS

douloureasement en France, et c'est à peine si Ton avait essayé d'en dissimuler l'impression sons le sentiment de légitime orgueil que les français mayençais inspiraient à leurs compatriotes.

Mais Condéy vaincu par la famine, avait au même moment ouvert ses portes à l'ennemi ; maïs aussi Yalenciennes, après avoir subi un bombardement de quaranteet-un jours, et reçu cent cinquante mille projectiles de siège, avait fait sa capitulation sur les menaces et les violences des habitants.

Des revers aussi marqués, frappant l'esprit public coup sur coup, avaient bien pu l'égarer dans le soupçon et l'injustice, et, suivis d'autres revers sur les frontières, puis dans la Vendée, accumuler les reproches et les récriminations.

Deux représentants. Cochon et Briez, étaient commissaires à Yalenciennes, lors du siège et de la reddition; mais Briez était de Yalenciennes, y avait sa famille, et pouvait être fiicilement soupoonné d'avoir cédé à des considérations locales ou secondaires.

Dans cette situation assez fausse, on peut être facilement l'objet de ces phrases creuses, ronflantes, qui ne prouvent jamais rien, qui sont parfois ridicules, mais qui enlèvent presque toujours les esprits sous l'impression du moment. C'est ainsi que les honmies d'esprit pouvaient rire de Robespierre se posant en foudre de guerre, grossissant sa voix, qui ne s'y i)rêtait guère, et disant à Briez : « Celui qui était à Yalenciennes, lorsque Ten- <r nemi y est entré, n'est pas fait i)0ur être membre du € Comité de salut imblic. Ce membre ne répondra jamais < à cette question : Ètes-vom mort? Si j'avais été à Va-

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€ lenciennes dans cette circonstance^ je n'aurais jamais (L été dans le cas de vous faire un rapport sur les événe- <E ments du siège; j'aurais voulu partager le sort des <r braves défenseurs qui ont préféré une mort honorable < à une honteuse capitulation, p

Si Robespierre eût été à Valenciennes, on ne l'y eût pas aperçu, plus qu'on ne le rencontrait à Paris, quand la poudre parlait, et sa manie de faire entrer sa personne dans toutes les questions rendait sa phrase maladroite et ridicule. Elle était néanmoins interrompue à chaque mot par les applaudissements de la Convention, quoique les paroles venimeuses de cet homme fussent d'une injustice atroce, car on ne pouvait pas, sans lâcheté, appeler honteuse la capitulation d'une garnison qui, prise après quarante-et-un jours de bombardement, entre les violences d'une population éperdue et l'ennemi extérieur, en a en** core assez imposé à celui-ci pour obtenir de sortir avec les honneurs de la guerre et de revenir libre dans l'intérieur de la France. La Convention avait raison de ne pas autoriser les capitulations, elle avait tort d'applaudir à de misérables phrases.

Mais Briez, mis dans la nécessité d'expliquer sa conduite, de rendre compte du siège, de faire comprendre les circonstances de la reddition de Valenciennes, servait bien les projets de ceux qui, pour arriver à l'organisation constitutionnelle du pouvoir exécutif, se plaignaient des malheurs arrivés sous l'administration du Comité de salut public.

La séance du 25 septembre, si fertile en enseignements, si importante par ses conséquences, a commencé par une escarmouche entre le jacobin Couppé (de l'Oise), qui

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préeentait, aa nom de la commîseion des sabsiataoces, des dispositions sur les denrées, et Thnriot, qui lea oomiMtttait et présentait des dispositions contraires, qn^il fidsait admettre, sans qne Conppé essayât de loi répondre.

Thuriot, s'attaquant anx nns, disait : € Sojea-en sArs, € citoyens, pour qne le peuple soit beorenx, il fiint que € le commerce ait tonte sa vignear, et cenx-là sont bien € criminels, qui veulent feure croire à la nation qu'elle € ne peut arriver à la félicité, si Ton ne conpe toutes c les branches du commerce. » Thnriot, s'attaqnant i d'autres ajoutait : e: Ceux-là sont bien coupables ans»,

c qui veulent lui faire abjurer (au peuple) tous

€ les principes de la philosophie; qui veulent persuada € au peuple que la philosophie et la liberté 8<mt inoooH c patibles. > Etait-ce nne réponse à Bobespierre^ qm fidsait, de protestant et de pkilosophej le 07110071216 de troAtre?

Mais Thuriot, que ses opinions si nettement réfwiUi^ caines mettent à Fabri du soupron, donnait à sa pensée un bien autre essor, quand, avec un courage et une indépendance que beaucoup n'avaient plus dcjii, il attac^uait avec tant de vigueur des hommes sans principes et sans morale, des désorganisateurs intrigants, que la Convention avait l'imprudence de laisser grandir, et qui allaient bientôt former une sorte de parti, a Citoyens, disait-il, « nous avons renversé les intrigants qui voulaient ren- « verser la République. Va\\ bien! nous renverserons ausM

« le parti des coquins et des scélérats La liberté

« est l'ouvrage de la morale, et elle ne peut être con- « servée que par elle. Loin donc de ses autels, les hommes < qui n'ont d'autre hommage à lui présenter que du

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c sang Si nous souffronB qn'à côté dxi temple des

€ lois, le crime s'y combine impunément, si Ton rend € sans effets les décrets les plus salutaires, la postérité € déchirera les pages de Thistoire qui rappelleront Totre € existence, v

Ceux qui vont s^appeler les hébertistes ne seront pas seuls à avoir l'œil sur le trop indépendant Thuriot.

Quand Grasparin et Thuriot, malades, avaient été obligea de se retirer du Comité de salut public, ce comité avait eu rhabileté de proposer et de faire consacrer la nomination de Camot, dont les connaissances militaires devaient lui être d'un si grand secours, et de Robespierre, qui n'avait encore été d'aucun comité, mais dont l'influence grandissait dans l'Assemblée, aux Jacobins, dans l'opinion publique. Elle était déjà telle que le comité n'eût pu résister aux attaques, si Robespierre avait été parmi les assaillants.

Ce jour-là, le Comité, et probablement la Révolution avec lui, ont été sauvés d'une crise par l'intervention de Robespierre, tout autant que par l'habileté de Barère.

On avait accueilli toutes les propositions de Thuriot, même celle qui avait pour objet de remettre aux mains du comité d'instruction publique la rédaction d'une feuille qui, sous le titre d'Instructions moraleSj aurait pu parler chaque jour à Paris et aux départements.

Un député demanda que, pour compléter les mesures proposées par Thuriot, on donnât lecture d'une lettre venant des représentants à la frontière du Nord, et dont Duhem avait copie; c'était arriver plus directement à la question d'existence du Comité de salut public.

Cette lettre fut lue ; elle n'était pas consolantej selon

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