‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 164 sur 198 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

COUUENT A ét& AHBNé

fiKit pour tombt-T duas des cmbùcfaee, et rien do oe tpU fnut pour préparer dea moyeos de réBlatsDoe. Def^ le 31 mai, il u'u plus appartenu, il a refusé constammci d'aiiiwrtciiir à aucuu comité, et lors même que lu Co^ veution l'a rappel''', uialgriS lui et par un vote epécisi, ■ Comité de Balut public, il d'h pas pensé à saisir cett {[arautie, et il a persévtTÙ dans son refus ; RobespiâM «ait bicH au«8i que, te jour or^ il portera au Comité <ll tuluL pabliu la qucHtioii coucurnant Danton, il y obtiaadn la m^joritii, car le sombre et inexorable Billaad-Varenna veut auatti atteindre Danton, et Carnot lui-même y ro» scntirii,... 11 C!>t vrai que le coup de guillotine quii ubuttu la ti?t« de Danton vaudra, pour la Itépublique, uni Imtaille perdue et une froiitii^rc ouverte; il est vrai tauà qn'iV force <ie eaorifier les plus valeureux Bohlat^ d'am cause, Tarmée épuisée doit rester sans forcer devant l'enuemi.... Mais Ilobeâpierri;, aveuglé par sa populariti^ par l'enceoe de bob entoura^j^ eût bien préparer, la veOl^ les perfidies du lendemain, et il ne parait pas porterpln» loin ses prévisions; les enseignements qu'il a constamment sous les yeux ne sont paâ m<!'mc suâisantâ jtour loi inoutrer <iuelles sont les défaillnncea de la popularité. Maintenant que la Révolution semble avoir renversé eee plus grands obstacles, maintenant qne des annt-es de volontaires plus aguerris et plus solides, mieux Dourn« et mieux approvisionnés, mieux dirigés aussi, offrent presqU chai|ue jour à leur patrie des nuccès nouveaux qui pi' missent lui assurer un «veuîr, Robespierre se croit bonune à supporter seul le poids de la situation, et il ne Tcàt aucun danger â sacrifier Camille Desmoulins, appelé i rallier toute la partie jeune, spirituelle et lettrée de la

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nation, à sacrifier également Danton, Thercule de la Révolution. Robespierre a le cœur trop sec, pour que quelque inspiration chaleureuse vienne au secours de son esprit étroit, et il ne comprend pas que l'isolement qu'il recherche sera sa faiblesse et sa perte; il ne s'en apercevra que plus tard, au moment suprême, quand un des siens même, expression amère de la dérision du destin, loi dira : € Le wmg de Danton te monte à la gorge. t>

En attendant, il a les jouissances d'une domination qui semble consacrée par une popularité vraiment considérable. Désintéressé dans les questions d'argent, appelé Pincorruptiblej non sans quelque raison, car son âme ne s'est jamais souillée d'une inspiration vénale ou cupide; de mœurs et d'habitudes régulières, il est en droit, du sentiment de tous, de s'élever contre les corrompus et les dissolus, et, sous ces rapports, il commande une considération personnelle que Danton n'a pas possédée. La société des Jacobins, qui, dans ses évolutions, a suivi bien plus qu'elle n'a influencé les diverses phases de la Révolution, est à Robespierre, bien à lui, et tous les Jacobins célèbrent à l'envi ses vertus dans la ville et les faubourgs. Il les gourmande au besoin, et ils supportent de lui ce qu'ils ne souffriraient d'aucun autre. Il est le seul qui, au milieu d'eux, ait jeté au loin, à travers la figure des auditeurs, le bonnet rouge qu'on venait de lui placer sur la tête, et qu'aucun membre du Comité de salut public n'avait voulu porter. Robespierre se dit bien sans-culotte, il est vrai, mais c'est seulement au figuré, car il ne prêche pas d'exemple, il reste homme de haute tenue, tel que ses collègues du Comité de salut public^ et, ainsi qu'eux, conservant toujours à son usage là

OÔUKKNT A ira AXESi

calotte courte comme un aristocrate de l'ancien régia)& Robespierre est donc bien t-U-igné de ces geoB f&iBaut da patriotisme dan h leurs tUliirea et daus leurs accootrementfi , et, eoigneus de lui-même, coneervaiit le costume, les formes et les maDières du haut Tiers, la bourgeoisie reconnaît eu lui un des siens. Quand il fait mffmfl sa Fête â CÊlre suprême^ dont les esprits médiocres et superficielM peuvent rire à distance, il rattache à lui jusqu'aux débrU du clergé qui y voient un acbeniinemcot, QQ retour vers les avenues de leur culte, et les partifiaos aveugles d'un culte officiel doivent reconnaître leur matirc en Robespierre. Il n'oublie pas de se faire le pla» poHiiible le dispensateur de toutes choses, partout, dans le gouvernement ; il a autour de lui une clientèle dévont* Knfin, symptôme dont ou aurait tort de négliger l'enseigncmeiit et de ne ])as voir la portée, les femmes, qui d^ cernent aussi lu popularité, accordent la leur A Robespierre; à l'heure même de s» diate, malgré sa médiochti personnelle, sa vanité qui se montrait partout ft les fautes si répétées qu'elle lui faisait commettre, Robespierre était certainement l'homme le plus populaire et le plus puissant de la situation. C'est triste à dire, mais un homme, et l'homme qui s'appelait Robespierre, était devenu en quelque sorte la personnification de la Bée^ lution elle-même.

Mais le Comité de salut public? Lui qui a la prétention d'avoir a régularisé des tempêtes et conduit des orages, » qui a réellement vaincu les dominateiuii de la terre, n'at-il accompli ces grands travaux que pour être à la discrétion d'un dominateur intime? Quelques membres dn comité sont souvent en mission, allant personnellement

partout où les nécessités du moment exigent nne action dont le secret doit être gardé dans le comité; quelques autres de ses membres sont absorbés, la nuit comme le jour, dans les immenses travaux de l'administration dont ils ont la direction; beaucoup d'entre eux se sentent comme entraînés dans un courant que l'imprévu seul semble désormais pouvoir arrêter. Robespierre a son bureau de police et son tribunal révolutionnaire, direction importante pour lui, mais facile, qui lui permet de ne négliger ni l'Assemblée, ni les Jacobius, et d'assister à toute délibération générale du comité à laquelle il apporte un intérêt quelconque et sur laquelle il veut peser. Son importance grandit encore de ce que le comité doit éviter les déchirements intimes, au moment où il se sent amoindri; de ce que, dans une situation que la victoire rend chaque jour plus rassurante, on croit avoir moins besoin de lui, et de ce que, autour de lui, les médiocrités, peut-être incitées, commencent à dire qu'elles pourraient bien, à leur tour, faire partie du comité de salut public. La loi de prairial, qui donna de nouvelles bases au tribunal révolutionnaire et qui devait jeter l'épouvante au sein de la Convention elle-même; cette loi dont l'art. 10, ridicule s'il n'était odieux, porte avec cette emphase pi;opre à Robespierre : « Nul ne pourra traduire personne au tribunal révolutionnaire, si ce n'est la Convention nationale, le Comité de salut public, le Comité de sûreté générale, les représentants du peuple commissaires de la Convention et l'accusateur public du tribunal révolutionnaire, T> la loi de prairial n'est l'œuvre que de deux membres seulement du comité, et pourtant, rédigée par Robespierre et présentée au vote de l'Assemblée par

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Coutbon, elle montre au comité quel déâsigneux es- TaliisHeiir U a dans son propre eein; maïs ce comité aait aQi:<>6i que l'envahisseur gagne une force contiitlurable » suivre et diriger ploa encore i^u'à inspirer ce sentiment public qu'exaspère la guerre faite à la QévolutioD, et qui exige toutfiB les violences pour la sauver.

On comprend difficilement, à distance, la dominatioD d'un homme, quand elle se montre avec une étendue si démesurée, quand on n'essaie pas de ee rendre compte de •C6 canBes;on ne peut pourtant éviter de la constater, puisque, pour juger de son étendue, il suffit souvent d'nn peul document. 11 n'est pas même besoin de rechercher d c'est avec une entière exactitude que, pour peindre la diininution de Robespierre, on a rapporté le mot de Fouquier-Tinville à quelqu'un qu'il menaçait du tribunal révolutionnaire: < Hi Robespierre lèvent, ta y passeras. >

N'y a-t-il pas même, dans le Moniteur, un article ineéf tant comme chose toute naturelle la toute-puissance de RoljfspiiTre? Piins iluiik'. quand la Friincc lisait de telle* lignée dans le journal officiel, celui qu'elles concerDÛeot pouvait se constater à lui-même, aveo la aatisfaction d'une vanité heureuse, que personne ne doutait ptoa de rétendue de sa puissance; mais on ne s'expliqae pas qu'il n'ait pas compris plus tôt que la conscience pabUqne devait s'en indigner un jour ou l'autre, et que, soit tôt, Boit tard, l'occasion se présenterait de le forcer i en pendre compte.

Il ne comprend pas d'abord cette marche si natorelle des choses; il ne comprend pas que le sentiment de la conservation personnelle peut an moins déterminer ses collègues à rechercher les moyens de mettre la Con-

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yention à Fabri des proscriptions : œ dominateur ne comprend rien, rien, et, bien an contraire, ses exigences grandissent, car il ne se contente pins de demander la tête des membres de l'Assemblée, il lui faut bientôt la tête des membres du Comité de sûreté générale. Quand le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale sont réunis en commun pour les questions qui rentrent dans leur compétence, Robespierre demande en effet de nouvelles arrestations dans la Convention. Et qui donc ? . . . Ce n'est pas seulement Fouché (de Nantes), avec lequel il s'est brouillé, et Lecointre (de Versailles), un de ses adversaires personnels, et Tallien, et Botirdoii (de l'Oise), qui ont fait une avanie publique à des espions de son bureau de police, et Barras, que tant de vices raii*

tachent naturellement à eux Il est probable^

quoi qu'en ait dit Moïse Bayle, que la majorité des comités eût sacrifié, au besoin d'éviter une crise, deux ou trois hommes déconsidérés, comme Tallien, Fouché oïl Barras, que le Comité de salut public avait rappelés de mission pour des causes qui n'avaient rien de Commun avec l'amour de la patrie. Mais Robespierre s'en veut

faire livrer d'autres encore C'est Legendre, dont il

a eu pourtant le bénéfice de la lâcheté; c'est Dubois*" Crancé, auquel la Convention tout entière a foi, par une cause ou par une autre; puis c'est Thuriot, le patriote désintéressé dont la voix est écoutée avec faveur, alors même qu'elle n'obtient pas ce qu'elle demande; c'est même Cambon, oui, Cambon I Et cela ne suffira pas, car il faudra que les comités livrent des membres des comités, Vadier et Voulland. . . qui ont contrarié sa police, il est vrai, mais qu'il ne peut pas accuser même dd

OOHHEKT A tri iXKSÛ

tlibleBee, car c'est bien de duret*!', au contraire, qn'on est

en droit d'accuser le Comité de sûreté générale AL!

BÎ le mot de BarC-re n'est pas vrai comme expression réellement prononcée, il est bien vrai comme appréciotiot ;

c Ce Mobe^ierre est ingatiaèlef » Faut-il donc

I p'étoniier, non que dea hommes comme Robert Lîndet, mais que des hommes comme Billaud-Vareanes et Collot d'Herbois, des hommes qui sont comme ou roc que riwi n'émeut, sentent la colore s'emparer d'eux et apportent une résistance énergique. Camot a bien contribué i frapper Danton et ses amis, mais il est devenu inqiutl Biir les restes mutilés de la Convention; à la senle exception de Coutlion, car Saint-Jnat est absent, tout le Gomilé de salut public comprend la portt^e de cette sorte d'épuration, qui doit aboutir logiquement A ne laisser debout sur les débris de la Convention détruita, qu'un eeiû

homme escorté de quelques séïdcs Pour la premito

ibis, les deux comités sont unanimes pour refîiser les arrostîitiotis deniar]di''uiï, et ririflneofe de Robesjiierre sur ces comités, pour avoir été trop tendue, s'est brisée. . .

Mais il se juge trop indispeusable pour ne pas croire i la nécessité, pour eux, d'un retour vers lui II ne repanlt ni aux délibérations générales des comités, ni aox délibérations du Comité de salut public, et il attend des avances. Elles ne manquent pas, car le comité craint les déchirements, mais Robespierre conserve des exigencei telles, qu'il faut bien que le comité prenne son parti dels situation qui lui est faite.

Bobespierre persiste à ne plus reparaître aux délibérations du comité. On a dît, et c'est une erreur, que, dés oe moment, il s'est mis en dehors du gouvernement.

Napoléon, dont les aasertions ont d'ailleurs assez souvent besoin d'être contrôlées, a donné du relief à cette erreur, soit par souvenir de ses anciennes et heureuses relations avec Robespierre jeune, soit à cause de la considération qu'un dominateur inspire toujours à un autre dominateur : c Ils ont tout jeté sur Robespierre, a-t-il c dit, à Sainte-Hélène; mais celui-ci leur répondait, avant « de périr, qu'il était étranger aux dernières exécutions ; € que, depuis six semaines, il n'avait pas paru aux € comités. D Cette assertion doit être réduite à cette proposition, que Robespierre ne pouvait plus faire arrêter des députés, car, pour tout le reste, la situation restait dans sa main conmie précédemment. Il n'avait pas donné sa démission de membre du Comité de salut public ; il ne paraissait plus aux délibérations générales, il est vrai, mais il avait conservé la direction de son bureau de police et du tribunal révolutionnaire, et il avait sa loi du 22 prairial, que ses fidèles lieutenants, Dumas et Fouquier-Tinville, ne laissaient pas tomber en désuétude.

S'il s'était contenté d'une puissance partagée, il aurait pu rester longtemps en cet état et par la crainte qu'il inspirait et par le désir du comité d'éloigner les causes de déchirements ; mais il a entrevu l'amoindrissement et il a entendu Couthon se plaindre publiquement que l'on ait dit déjà : Robespierre a'ttse, Robespierre doit frapper un coup pour se relever de l'échec que la résistance des comités lui a fait éprouver, et il se prépare.

Il jouit d'une grande popularité. H peut compter sur la Commune, sur la plupart des sections aussi, il est sûr des Jacobins et il a à sa disposition le commandant et les officiers de la force armée, tout ce qu'il faut, à une médio*

ivité même, pour réaseir à faire wie journée. Avec moins, beanconp ninins, DimtoD eu eût fait une, mais Robespierre n'est pas Danton.

On voit bien qu'il la prépare cepe^idtuit et qn'U h prépnre en se posant comme tonjours en horome <^/irâiif; c'est im mot qui lui plaît, qn'il s'applîqoe chRqac foi» qne sa volonté propre rencontre pour obstacle la vcdontf d'aatrni; il en perott parfois ridicule, niaia il faut bien enppofier que le mot lui a rénssi et qu'il a m sonr^nt autour de lui des gens pour s'apitoyer sur son innocenet opprimée.

C'est la base de son discours aux Jacobins, dans U séance du 13 messidor an u (1" juillet 1794). Il b'cd prend à une faction, \» /action des inf/it/ptmtii, qoi ne doit avoir d'autre nom que celui de amtre-riTolittionnaîrr, parce qu'elle tend i égorger les dL'fLiiBeimi de la patrie : ■ Le premier devoir d'un bon citoyen, dit-il, est de U

< déaoncer en publie. Je ne prendrais pas la parole « contre elle, si elle n'était ]ias devenue assez puissante « pour essayer de mettre des entraves h la marcbe «lu t gouvernpment. » Il la peint dans ees affreux coraplotg et dans ses procédés, qui sont ceux employés jadis par les Brissot, les Danton, les Hébert, les Cbabot et tant d'autres acélérata. Elle n'attaque pas les comités en maisse, mais des membres en particulier et elle se croit assen forte pour diriger eea coups contre la justice nationale. et calomnier le tribunal révolntionnaire et le décret concemant son organisation, a Quant à moi, ajonte-t-il,

< qtiek|De effort que l'on fasse pour me fermer labondie, « je croîs avoir autant de droit de pailer que du temps àes c Hébert et des Danton. Si la. Providence a bien voohi

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< m'anracher des mainB des Msassins, c'est pour m*en'>- € gager à employer utilement les moyens qni me restent € encore. ^ Ceux qui défendent la patrie ont à combattre les assassins et les calomniateurs; les assassins et les calomniateurs, agents de TAngleterre et de la tyrannie, répètent contre lui à Paris ce qui est imaginé à Londres : c C'est ainsi que Ton absout les tyrans, en attaquant un € patriote isolé qui n'a pour lui que son courage et sa

< vertu. y> Mais il inyite les bons citoyens à une vigilance infatigable : € Quand les circonstances se développeront, € continua-t-il, je m'expliquerai plus au long; aujour» 41 d'bui j'en ai dit assez pour ceux qui sentent ; ^ et, faisant allusion évidemment à sa position de membre du Comité de salut public et de directeur de l'administration de la police et du tribunal révolutionnaire, il termine en disant : c Si l'on me forçait de renoncer à € une partie des fonctions dont je suis chargé, il me c resterait encore ma qualité de représentant du peuple, € et je ferais une ^erre à mort aux tyrans et aux consc pirateurs. ,

Tels sont les premiers jalons de la lutte qu'il veut engager. H n'y a là encore que des déclamations générales et des lamentations personnelles; mais, si vagues qu'elles soient, elles ont déjà leur portée, puisque tout le monde en a la clef.

A la séance des Jacobins du 21 messidor, il ne jette pas encore au public la révélation dangereuse de sa rupture avec les comités; mais, dans les généralités dans lesquelles il se tient, on peut trouver des expressions qui montrent un point de vue particulier,

n établit les devoirs du patriote : n Le premier devoir

444 COMMENT A iré amené

« d'an patriote est de secourir les opprimés : quiconque ■ nianqne à ce devoir n'a pas même le sentiment du p»- « triotiame... De tous les décrets qui ont satiTé I» « lïépnblique, le plus soblime, le seul qai l'ait sirachév < à 1b corruption, et qui ait affranchi les peuples de I» a tyrannie, c'est celni qui met la probité et la vertn i c l'ordro du jour; si ce décret était esécut^^, la liiwit I « serait parfaitement établie,..!' Mais on détourne It* j yeux de desans les oppresseurs de riuimanîté, qui ne { manquent pas de faire des efforts [lour détourner l'attention de leurs crimes : ils calomnient le gonvememcirt ré^'oliitionn&ire pour le dissoudre, et ils flétrissent le tribunal révolutionnaire, pour que les conspirateurs respirent en pais. Il faut «ne excessive légèreté powr s'endormir BOUS les conapirations, et pour perdre un in^twit ce courage ardent (jui porte à dénoncer les conspirateurs. Qnand un complot existe, tous les bons citoyens doivent ce rallier pour l'étouffer. C'est chez les •Tacobins qn«, du» ' tous les tompp, les députés patriotes se sont réunis ptmT faire triompher la vertu. Si U tribune dea Jacobins eet devenue mnette depnÏH quelque temps, le sommeil qui y règne est l'effet d'un sommeil léthargique qui ne permet pas d'oavrir les yeux sur les dangers de la pataie. < Od c veut, dit-il, forcer ta Convention à trembler; on veut c la prévenir contre le tribunal révolutionnaire, et ti- € tablir le système des Danton et des Camille Desmonc lins. H faut conclure de là que le gouvernement répn- € blicain n'est pas encore bien assis, que des factions conc trarient ses efforts, que chaque individa peut encore M c dire aujourd'hui qne, si l'aristocratie triomphe, demain c il est perda; mais les scélérats ne triompheront pas. >

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Ce discours, sans ordre et sans précision, comme Robespierre le dit lui-même, et probablement à dessein, parait le discours d'un orateur luttant péniblement contre les difficultés du désir double et contradictoire de laisser deviner et de masquer sa pensée.

Quelques phrases sont néanmoins assez accentuées pour frapper vivement les esprits. C'est ainsi que, à une époque où le succès de nos armes, retentissant chaque jour, fait diversion aux projets des hommes qui sentent leurs querelles s'amoindrir de l'intérêt se reportant, si vif, sur ces armées de volontaires qui ont repoussé l'ennemi de notre sol national et sont allées planter leur drapeau victorieux sur le territoire des envahisseurs; c'est ainsi qu'on remarque Robespierre comme importuné de ces chants de victoire, dont un des effets est de consolider la puissance du Comité de salut public : <l La véritable victoire, a: dit-il, est celle que les amis de la liberté remportent c sur les factions ; c'est cette victoire qui appelle chez les a: peuples la paix, la justice et le bonheur. Une nation c n'est pas illustrée pour avoir abattu des tyrans ou eno: chaîné des peuples. i>

De telles expressions, d'une maladresse hors de tout bon sens à un pareil moment, ne montraient que du dépit du succès de nos armes et le désir de maniaque chez cet honmie d'amoindrir tout ce qui ne procédait pas de luimême; elles {l'indiquaient pas encore le but qu'il se proposait. On disait bien parmi ses amis, ses dévoués, tout autour de lui, qu'il fallait un nouveau 31 mai, mais on ne savait ce qu'il en devait faire sortir, et chaque mot de lui, pouvant y avoir trait, prenait l'importance d'une ré-» vélation.

iM OOHHKST A. tfrâ AMZSi

AoBfii nne de oes phrases a-t-eite doniiu^ < antrea. Elle h été la phrase à seuâHlion, la plirase r trice, étudiée, commeatée, retouiiiée en toua rciik par amis et ËQDâinis; il a dit que, « s'il roulait ^uivrtt le ty»-

< tj^nie perâde de ces hommes qui ne connaiaseQt poÎBt « la vertu, ou verrait les hommes de bien opprimés et c les iùtrigants relevant leur tête altîèïe; cenx-ci veulent c qu'il n'y ait ({ue des fripous, veulent persécuter It» c patriotes, ne cesseut d'appuyer eeux qui, comme Hif bert, veulent détruire la liberté de la Frauce, ainai q» • ceux qui, par leur luodérautisnie, veulent la ramener i c l'â^'lnvage ; ce» luonetres, ajoutct-il, dévouent en con!>^

< queuce à l'opprobre et aux tourments tout homme dont c iU redoutent r»ust«rit« dan mœurs et la aévôre probîU. « Le devoir du gouvernement est de remi-dier à cet abas. ç Pour remplir cet objet, il (aut qu'il ait beaacoop c d'unité, du sagesse et d'actiou. s

On a mis sept ou hait jours à reproduire et à intprûner ce disciiurs, peut-i-tre à le reUmclter : mois, par cela mtnie qu'il n'a été publié que pluaiemB jours après, et qu Bobespierre a eu tout le temps de le modifier, oa peut (troire qu'il ne s'est pas même borné k dire qa'il &lliit c chasser de la CoBvention tous les hommes corrompofl, > et que, s'il n'a annoncé aucune atteinte à l'existerace officielle de la Convention, il a assez manifest^nent, M semble, indiqué que son gouvernement devait être amené à l'unité. Aussi, et quelles qu'aient été exactement ks paroles prononcées par lui à la tribune des Jacobins, le 21 messidor, les comités ne s'y sont paa trompés, pe^ sonne ne s'y est trompé ; lui-même en a senti l'effet trop retentissant avant l'heure favorable, aussi a-t-tl voulu

les modifier, les amoindrir; et il a saisi l'occasion tout à la fois, aux yeux du public, et de protester contre l'imputation prématurée de renversement des comités, et de donner, à ses projets de nouvelle proscription, Tabri des comités eux-mêmes.

Dès le 23 (on est en messidor), il réalise cette évolution apparente. Ce jour-là, la société des Jacobins, à laquelle rien n'est jamais étranger, s'occupe de Lyon, et Robes«> pierre parle de Lyon, en parle longuement, et y trouve un exemple qui peut expliquer une théorie qu'il dit avoir déjà remarquée : Les patriotes défendent les patriotes, ne laissent aucun repos aux intrigants et aux traîtres, et les harcellent, et les combattent sans cesse; ceux qui font le contraire sont des aristocrate».

Mais, l'exemple une fois cité, à qui s'applique-t-il ? Il ne le dit pas précisément. Pourtant il se plaint, et de ce que le siège de Lyon a été trop prolongé, et de ce qui l'a suivi : On avait eu soin de faire évader Précy (royaliste, chef de l'insurrection lyonnaise) et tous les autres conspirateurs; la porte de Lyon leur a été ouverte au moment même où l'armée française y entrait, et ils sont sortie par la porte où était le corps d'armée que commandait Dubois-Crancé, qui resta immobile.... (l'un de ceux qu'il a voulu se faire livrer par les comités). A Lyon aussi, la vertu est en butte aux traits de deux factions qui, opposées en apparence, se rallient toujours pour persécuter les patriotes; l'un des auteurs de ces manœuvre» est connu, et le comité n'est pas sa dupe. H faut que Fouché (qu'il nomme enfin, et qui est aussi au nombre de ceux qu'il, a essayé de se faire livrer) se disculpe, aux Jacobins, des reproches qui lui ont été adressés.

r 448 COUHENT A ÉTÉ AMEHÉ

Htà» il est UQe autre cauâe de rimjtanlté des compîlateors de Lyon, c'eat qne la justice nationale n'a pas iti exercée avec le lie^é de force et d'action qu'exigent et que commandent les intérêts d'un grand peuple : remarqne qui non» semble aujourd'hui peu en rapj>ort avec les Bi'vérit^s exercées à Lyon, et qui contenait non pas seulement une attaque directe contre l'indulgence de Fouchâ, commissaire à Lyon, mais encore une attaque indirect* contre l'indulgence de Mariboa de Montault, commiss^ie avec lui, et contre celle d'un membre du Comité de saint public, Collot d'Herbois, également commissaire à Lyon.

Cependant Hobespierre se donne, ce jour-là, l'apparence d'un parfait accord avec le comité; il semble que ce qu'il veut, c'eat le comitô qui le veut : a Les auteurs des comc plot» dénoncés, dxt-il, n'aspirent qu'à immoler tous ïet

< patriotes, et surtout la Convention nationale, tUptiû € çuâ le comité a indiqué les vices dont elle devait » « purger, t II ajoute : a Nous demandons que la justice a ft lu vertu Irîomiilitiit, (jue riiiiioceiice ÈOÎt i>ais!b!e et c que la Convention mette sous ses pieds toutes les c petites intrigues, d II est arrêté que Dubois-Crancé sera rayé de la société, et que Foucbé devra venir se disculper.

Couthon s'écrie : < Tous les patriotes sont frères et

< amis; pour moi, je veux partager les poignards dirigés

< contre Robespierre. » Toute la salle retentît des cria :

< Et moi aussi / > Et Couthon fait décider que, le Builendemain (14 juillet), la société se transpori;era en muse à la Convention, non pas seulement pour présenter nue adresse sur cet anniversaire, mais encore pour demander ime fête publique à laquelle les Jacobins et les citoyens des tribunes assisteront.

Mais la démonstration s'est un peu modifiée, car les Jacobins, au lieu de se présenter en masse à la Convention, ne s'y sont présentés que par une députation; l'orateur de la députation y a célébré, dans le langage de l'époque, l'anniversaire du 14 juillet, y a bien reproduit la demande d'une fête civique avec la Convention, mais Louis (du Bas-Rhin), qui présidait, tout en poussant trèsloin dans le langage sa courte réponse, s'est abstenu de parler du projet de fête civique et s'est borné à inviter la députation aux honneurs de la séance, et c'est tout. Tout ? Non pas précisément, car on est au moment où les petites choses elles-mêmes sont symptomatiques. . •

La Convention venait de voter une fête civique fixée au 10 thermidor, mais une fête civique, à laquelle les Jacobins pouvaient prendre part comme tous autres, qui n'était pas provoquée par eux, qui ne les associait pas à la Convention, une fête digne des temps antiques, qui avait pour objet d'honorer la mémoire et du jeune Viala, enfant héroïque mort aux bords de la Durance, en coupant les câbles retenant les pontons que les insurgés marseillais franchissaient pour attaquer les patriotes d'Avignon, et du jeune Barra, que le ciseau patriote de David (d'Angers), grand artiste et grand cœur, a reproduit au moment où cet autre héroïque enfant, sommé de crier : Vive le roi! répond par le cri de Vive la Republiqtie ! et est tué en pressant sur son cœur la cocarde nationale.

D'un autre côté, Barôre préparait, avec les précautions les plus grandes, un rapport, sans décret, sur ces dîners de fraternisation qui occupaient et encombraient en ce moment les rues de Paris, et dont la reproduction toujours accélérée montrait aux plus clairvoyants des projets cachés

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