Tome II
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et OD bat (livereement expliqua. Sou rapport soulevait li voile avec une extrême prudcncu, détailluît avec un mil œeHarti tons Its iacotivéuimitji de cet ùtraoge mouvccucill inspiré aux esprits, et il en montrait les dangi-rs m m luti;;»)^ pftt«iiie dont la imture eUe-iuî-mo révèle le gnai beauiii de luûaagcnicuts '.
Kuucliû (dg Mantt;»), (!videiiinit>i)t perdu si la CoDvcntioC ne le plaç&it en quelque Horte bous bh protectiau, DVvtut pa» humuie & ùtre eu re^te de ruses et de reasouraes à'i^ prit a?ec 60D aucieu ami qui le poursuivait »i vivement;: il se garda bien de répondre à sou appel et d'aller fain juger, par la suciétù des Jocobiuâ, le» actes du commi*- Baire de la Convention. Etablissant une sorte de conflit d'attributions qu'il n'était pan dittîoile de faire admettre par la Uouventiou, u'e»t ù la Convention elle-naéme qu'il s'adresfla, et c'est sur (iademuudequ'el]edécréta(23 m<«* sidor) que les Comités de salut public et de eùretô g^âf nie feraient, daua le plus bref dùl&i, le rapport du opénV" tious de Foucbé dans les divers départements qu'il avait parcourue en qualitt- de représentant du peuple. Foiiché Be donna ensuite la aalisfaotiuii d'écrire à la eoi.'îété dvs Jacobins qu'il la priait de suspendre son jugement jusqu'à ce que les cooiités eussent fait leur rapport.
(t) Dans une pareille circunslaocc, le camilë a. pense que les mœurs lalaienl mieux que les luis, et c'est aux mirurs des ripabilcaiiiti, c'est k la sagesse des bons citoyens de Paris que la Oinlention nalfooale se conlie. La doreuse civique est le meilleur arlicls de dOtrel, pour proscrire cea banquets prétendus frateruels, el dant ce mouieot la l^onveolion ualiuiiale renvoie l'exécution de ce diatt moral au tribunal rijvoluliunnairc de l'opinion publique.
(Datère, Rapport à la Canvtntton )
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Le décret qu'il avait fait rendre portait une blessure ; sa lettre ne pouvait qu'envenimer la blessure. Fouché, si grand artiste en fourberie, n'a pu s'y tromper, et il ne manquait pas d'ailleurs d'intérêt & apporter son concours à creuser un fossé entre la Convention et la société des Jacobins, animée du souffle de Eobespierre.
Celui-ci ne l'a pas assez vivement senti pour lui-même, car il a pris la parole à la lecture de la lettre de Fouohé, en séance des Jacobins (26 messidor), et ne parait pas même avoir songé à l'isoler de la Convention.
Il a bien excité les Jacobins, dont un frère déclinait la compétence, parce qu'il se sentait coupable des crimes qui lui étaient reprochés. Il a bien accablé Fouché de tontes les invectives que les scélérats peuvent mériter, même à cause de sa triste figure, présentant visiblement le crime; il a bien fait, aux autres proscrits de son esprit, l'injure de les placer en sous-ordre après Fouché : « J'ai c pu être lié avec lui, parce que je l'ai cru patriote; € quand je l'ai dénoncé ici, c'était moins à cause de ses € crimes passés, que parce qu'il se cachait pour en comr € mettre d'autres, et parce que je le regarde comme le n chef de la conspiration ^2/^ notes avons à dé/ouer, j> Mais, entraîné dans le piège tendu, si Robespierre n'ose pas contester directement la compétence de la Convention pour examiner les actes de son commissaire, il veut établir qu'un bon citoyen ne balance pas à paraître devant ses concitoyens, et va jusqu'à dire : « Fouché prend pour c prétexte que sa dénonciation est renvoyée au Comité € de salut public; mais oublie-t-il que le tribunal de la « conscience publique est le plus infaillible ? ï> Il va sans dire que le tribunal de la conscience publique qui est le
coKXENT A. -^ri Ajosi
ptas infÎEiillîble, c'est la société des Jacobins; anssi ajoatc t-il : € J'appelle ici Foucbé en jugement; qu'il réponde ( a qa'ïl diae qui, de loi ou de nous, a soutenu plus digni a ment les droits des représentants du peuple et fondre^ « avec pins de courage tontes les factions ? » L'sccna Fouché continuait à faire défaut, et l'accQBateur conti nuait ses menaces et ees maladresses.
Le Comité de salut public, intéressé même à refaansad l'éclat des armées frani;uises, ne ponvait les laisser soS le coup du dédain que Bobespierre avait marqué à la tli bnne des Jacobins. Barére, Tbabile et fécond rapport«ni do comité, saisissait les occasions de répondre, et il 1( faisait en établissant, à la tribnne de la Conveotioï (30 messidor), que la valeur de nos armées marchait plu rapidement que la com[>ogition des bistoriens, ou mênri les discours des orateurs, ]raisqu'en ce moment le comiti n'avait pas le temps, pour ainsi dire, de rédiger le compt» rendu des victoires. B'ïl parlait atisei du goorememEsl révolutionnaire, il ne s'occupait pas, comme ailleurs, ai l'identifier avec le tribunal révolutionnaire; il ne nommail pas même celui-ci, et peignait celui-là avec ses nécessita et ses résultats, en larges traits (2 thermidor) qui n'4taieut rien aux succès militaires restés stériles, si l'intérieur n'avait pas aussi ses euccès sur les ennemis de li Révolution : « Les victoires militaires renversent quelqua « soldats et détruisent l'effroyable mécanique des rois] < mais les victoires morales renversent la royauté et SM « odieuses institutions. Nous aurions beau triompher àt s la politique extérieure, de quelques hordes étrangères:, c si nous ne triomphons pas des ennemis domestiques et « des passions de l'intérieur. Quand vous avez mis i
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a Tordre du jour la justice et la probité^ ce ne sont pas <i ces deux mots que vous avez mis à Tordre du jour, a: mais la justice qui a ses preuves et la probité qui a son a caractère. Ce n'est point un décret pompeux que vous € avez proclamé^ mais des vertus républicaines dont vous <L avez voulu ordonner la pratique et recommander les a bienfaits. >
Sans aucun doute, la tribune de la Convention et la tribune des Jacobins ne se déclaraient pas ennemies, mais on sent qu'elles se répondaient. . . .
Du reste, Barère, qui parlait au nom du gouvernement, ne Tabaissait pas devant ses ennemis, quand il s'écriait : € Le gouvernement révolutionnaire est un bataillon carré € qui se développe contre toutes les factions et tous les « crimes ! t>
Robespierre, de son côté, n'abdique pas : <r Pour moi, « répète-t-il aux Jacobins, quoi qu'il puisse arriver, je € déclare aux contre-révolutionnaires qui ne veulent € chercher leur salut que dans la mine de la patrie, « qu'en dépit de toutes les trames dirigées contre moi, je € continuerai de démasquer les traîtres et de défendre € les opprimés. j>
Mais, parmi les révolutionnaires qui entendent ces paroles, combien se rappellent en avoir entendu de semblables, quand il avait voulu se débarrasser de ces enragés appelés hébertistes et de ces modérateurs appelés Danton ou Desmoulins ! Combien en ont même conservé un ressentiment, car Hébert, le misérable Hébert, a eu aussi ses partisans! Et ils sont maintenant confondus dans cette société des Jacobins, dont le corps suit la tête, et dont la tête s'inspire de Bobespierre.
Or, il n'y a plus moyen de reculer; le secret, si lai| tempa ctich6 )nu- le Comité de salât public, de la Airiât que Iva vxif^ect ()« Robespierre ont aiuenée n'est |di on secret pour personne, Pt, ione peine de reomicer pM toqjonrB à sa prétentioa de se constîtaer, preeqne M contre tODB, le ri.-git1«t«Qr de la Révolntion, il faut qt^ renverse les demiei^ obstacles et qu'il ait raison il
L'iotion, préparée lentement, trop lentement, itpé
gix «cutfùucs, s'engage donc; elle e'engege, Kobespïeill Conthon et Saînt-Jnst oon8t4tU'''R en l'iat de minori^ dans le gouvernement; elle s'engage en prenant la fins de ce qui R'eHt &it contre les Girondins : c'e^t la eofi commvnoéo de la pression exerce sur la Convention n 31 mai.
Une pétititH) ent le premier engin de la bataille : cD cet suggérée par (Jouthon aox Jacobins, c J'iavitt c dit-il, mee coUdgnee à préeenfcer lenrs réftexions i 1 « Convention nationale. Elle est pure, elle ne se laisser € jMtint subjuguer par quatre ou cinq scélérats ; quant
< moi, je déclare qu'ils ne me sabjugneront pas. Qnan a ila disaient que Robespierre était usi; ils disaient aiia
< que j'étais paralysé. Ils savaient pourtant bien que c rt n'était pas mon cœur qui était paralysé ; jusqu'à ee qtt a le poignard l'atteigne dans mon corps débile, il ne ser c pas une minute sans se mettre en ébullition contre le
< scélérats et les traîtres, »
Aussi, ce que la pétition demande, c'est la juste punitiM des intrigant-a, des fri|)ous et des traîtres, Lee pétitionnaire «ont des patriotes purs, cjui viennent dénoncer à la Ooo restioc les compliAn excités par les étrangers et dépose
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dftns fion sein led eollicitudes du petiplie. d'est l'étranger qui a imaginé de mettte en opposition rindolg^noe cri^' minelle arec la justice impartiale^ et qtd Toudhiit que des conspirateurs impunis pussent assassiner les patriotes et la liberté : <t Bepréseutants du peuple, dit^u à la Oon?Bn«
< tion, ô'est la justice que vous avca mise à Tc^rdre du
< jour et non l'indulgence t tous savez que l'indulgeuce € augmente l'audace des conspirateurs .... La justice € fera trembler les traîtres, les fripons, les intrigants i € elle consolera, elle rassurera l'homme de bien« «. * % Il € n'y aura de ligne de démarcation qu'entre le crime et
< la vertu . . • AvecVous, ce peuple vertueux, confiant, € bravera tous ses ennemis ; il placera son devoir et sa € gloire à respecter et à défendre ses représentants « jusqu^à la mort. ]>
 distance, cela peut paraître une simple déclama^ tien, mais c'est de la déclamation que tout le monde a oomprise A l'instant, si non pour une menace, du làaoins pour l'indication de conditions d'une portée ooneidérable«
OoUot d'Herbois, qui préside la séance de la Convention le jour où la pétition est apportée à la barre (7 thermidor), laisse sans réponse les pétitionnaires, et donne la parole à Dubois-Orancé, attaqué personnellement par BobespîeriB aux Jacobins. Dubois-Crancé ne parle ni de l'accusateur, ni du lieu de l'accusation, mais prouve, par des dates nnêmes, la mauvaise foi de raccusatiou.
Puis Barère, au nom du Comité de salut public, monte aussi à la tribune^ Il ne paraît pas s'occuper plus de ki pétition que des pétitionnaires ; il fait même une allusion que Robespierre peut prendre pour un compliment, s'il n'y yoit pas un moyen de le combatb-e par ses propres
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armes. Barère ne yeut pas parler aujourd'hui des armées il se borne à annoncer qu'on a de bonnes nouvelles d l'armée de Sambre-et-Meuse, et obéit au comité qui ven s'occuper seulement d'éclairer les bons citoyens sur l situation actuelle de la République et à rintérieor et vis-à-vis de l'étranger : « Hébert, avant d'être pun € de ses forfaits, disait souvent, dans ses feuiUes € il faut un nouveau 31 mai; Hébert avait raisoi € pour son système. Il faut, au parti de l'étranger, da € convulsions violentes dans l'intérieur, des troubles dant € Paris, de la division parmi les représentants df « peuple. . . Hébert n'est plus, mais son esprit vit encore € ses partisans se sont cachés, mais leurs maximes cir- € culent toujours; il faut donc se détourner un instanl « de la route de la liberté pour les combattre, et les deoi € comités se sont réunis pour présenter au peuple françaû € un état comparatif de notre situation, le 7 thermidoi € de la seconde année républicaine, d Après ces paroles, BariVe d/'vcloppe, en effet, le tableau comparatif de cette double situation, d'une nianirre telle, que, tout en faisant ses réserves sur raj)pr<''ciation d'hommes et d'événementa divers, on est obligé de reconnaître, à quelque j)arti qu'où appartienne, (jue, sous la main de la Convention, la Révolution, tant de fois en j)éril, s'est consolidée, et tjue la France, envahie d'abord, a <,M*andi en Europe.
La Convention vote l'impression de ce séduisant compte-rendu et en ordonne l'envoi à toutes les communes, puis elle s'occupe de décrets d'atlaires, et les Jacobins sont repartis à peu prés comme ils étaient venus.
C'est une action en<^a<^ée néanmoins, encore avec circonspection, par Robespierre, mais avec plus de circons-
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pection encore par ses adversaires. Ils Tont constamment attendu, et n'ont jamais commencé Tattaque. S41 a déjà perdu quelques avantages, c'est à lui seul qu'il le doit, car c'est lui qui s'est isolé des comités, de leurs délibérations générales et de leur action.
Mais, la lutte ainsi engagée, il faut la suivre, ou j renoncer entièrement. Robespierre n'y renoncera pas, et, dès le lendemain, fort de l'expression manifestée par la pétition, il montera à la tribune et y prononcera un discours longuement préparé pour dénoncer une conspiration contre la liberté publique, en signaler la racine au sein de la Convention elle-même, accuser de complicité le Comité de sûreté générale et même le Comité de salut public, et demander la punition des traîtres, l'épuration des comités et la constitution de l'unité de gouvernement, sous l'autorité de la Convention.
La combinaison a bien son agencement; mais il faut tenir compte aussi de ses adversaires, tenir compte également du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale, tenir compte en outre des conventionnels qui savent que leur tête est l'enjeu de la partie qui s'engage. On ne peut leur supposer assez d'ineptie pour n'avoir rien compris dans tout ce qui se préparait, et n'avoir rien préparé pour résister à l'attaque.
Dans le langage de cette époque, le mot conspiraticn n'était pas, autant que de nos jours, synonyme de complot avec la résolution d'attaque et d'action avec commencement d'exécution pour changer ce qui est. Mais, en tenant compte même d'une modification dans la valeur du mot, il ne faut pas qu'on s'y trompe et qu'on se laisse égarer par des phrases plus déclamatoires que vraies, qui ont
1 11 a eu dot:
La
atROfiS ]tarfoi!t de Tuiru croire & aO organtH^H contre BobpsiJÎcrre, et ( dur. Qaei que soit le 0 thumiiiloi ootuiéquenceii, qa'oa le regrette il serait inju»t« de ne vouloir n cette vWb^ si «iinple, que Robe et que son iif^ressioii a êiè prépti wt devenue OâBCZ notoire, pour qu de coUHpiration ne pai$Ro Hrt diri qui ont flû t\ naturellement se l Be couliner pour «c d»'fcndre.
Que dire aussi do rks plates nil le 9 thpmiidor des amours de Tall
Cp grand l'-vil'neineiit se fdt ftccon bomme h la r/'putatiou di.'tc8t«bl« comme la rcputution et les soutit y a priii sa part, il n'avait guûi enconro^ementA de ea. maltresse, i^lnit an nmnlire lic cous dont exiger rurrfstntion ; alors que, ] 4Q0 pour les autres, il s'agisstût tué! Alors que pour lui, encort le dau<;er (Huit plun grand dans u pna encore appris à pardonner ai fVifions ! . . . Aloriî que Moïse Ba; dvi C^miti- de sflret^ gi^nérale, t ne soutenait Tallien. que pour ne dt«imer davantage la Convention
(I) Talllro a commis tant lie crimes ( a'cu aotisenerait pu une; ses vois
Cabarrus et ses semblables se préparer à étaler leurs grâces, déshabillées en grecques antiques, devant la capitale, et qu'on ne les introduise pas dans Thistoire sérieuse d'une telle époque et d'hommes entre les mains desquels les événements procèdent d'une source si sérieuse elle-même!
grand nombre, et les preuves en sont si certaines, que Taiiien, accusé autant de fois qu'une de ces tôtes renaîtrait, n'en conserverait aucune. Le comité a plus de pièces qu'il n'en faut, tu le sais; tu nous en as remis toi-même ; mais il suffit qu'il ait été attaqué par Robespierre pour que nous ayons gardé le silence. Les circonstances exigent que, quels que soient les crimes de ceux qui paraissent Montagnards, il n'en soit pas poursuivi un : c'est un mur dont nous ne voulons pas arracher un moellon, quelque salpêtre qu'il soit, car, à la moindre brèche, le mur tomberait.
(Sénart, Mémoires, page 152, paroles de Moïse Bayle.)