‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 167 sur 198 · Tome IL — 3Q · texte numérisé non relu

Tome IL — 3Q

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lait BobMpterre son fil« t-hén. Mais c'e£t enoota * •ocasioo (le parler de lui-nit^tnc, de fair« entendre, oofl il 1« dil, les crû de riiiitoc«tiGe outragùe, de ùûvts le blew de e«8 services ù !« Curiveutiou, qu'il k dr-fisa liU péril de M vi«, vi d'éUblir l'oppressioa dont il victime : « Qui saîâ-je, moi qu'os ttccuae ? deinaode-t « lin enclave de la litierté, un ninrtyr vivant ile la Hl 4 l)li<{iie, la victime autiuit que l'elmemi da crime. 1| * lee fripoQB mViiCrogent ; les actions les )diu loâ^

< reuteB, les plus légitimes de la part deti ttutres, H « doi crimes pour moi. Un bomme est calomnié dèe ^ t me connaît ; ou pardonne À d'autrââ leurs forfkîM^ a me fait, à moi, un crime de mon zèle. Otei^moil 4 conscJenoe, je eiiii< le plus malheureux des honuM « je ne joui» pas même def droits de citoyen. Que d»

< il ne m'est poe même permis de remplir Itt de^

< d'un repr{'?»entaJit du peuple, s , Lee unis de Danton, de Camille Deamoaliii8> de 1

lijipeaux, de Hérault de Sédiellea sont là, avec une i cune au oœur, et se gardant encore de rappeler un s venir qui accuserait d'une likhe complicit*- la ckajd dont ils ont besoin d'obtenir le vote, mais ils ne troai pas que, jusque-là, Uobcspierre ait subi l'oppressiou i il se plaint. Les conventiouuels dont la tète est ei^i dans le débat n'ont pas pins de raison de couBÎdérer ! bespierre précisément comme un opprimé.

11 a parlé dans le sileacv: ses lamentations n'ont i personne , ses attaques n^ont été récbaufféeâ d'alK aiguë d'approbation; c'est dans le silence aussi «pi*ii sume ses reproches contre le gouvernement : a Di» « qu'il existe nue conspiration contre lu liliert*'- publiq

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a. qu'elle doit sa forôe à une coalition criminelle qui in- <r trigue au sein même de la Convention; que cette coa- € lition a des complices au sein du Comité de sûreté

< générale et dans les bureaux de ce comité, qu'ils do^ a: minent; que les ennemis de la Bépublique ont opposé

< ce comité au Comité de salut public, et constitué ainsi « deux gouvernements; que des membres du Comité de € salut public entrent dans ce complot; que la coalition, € ainsi formée, cherche à perdre les patriotes et la

< patrie, d

A côté du mal signalé, il feut bien indiquer le remède proposé. Robespierre a déjà produit son programme aux Jacobins, mais s'il n'est pas aussi explicite à la Con-> vention, s'il y voile davantage son projet d'unité de gouvernement, ses idées n'en sont pas précisément détournées : <L Quel est le remède à ce mal? Punir les traîtres, a: dit-il nettement, renouveler les bureaux du Comité àg a sûreté générale, épurer ce comité lui-même et le su- « bordonner au Comité de salut public; épurer le Comité « de salut public lui-même, constituer le gouvernement « sous l'autorité suprême de la Convention nationale, a qui est le centre et le juge, et écraser ainsi toutes les

< factions du poids de l'autorité nationale, pour élever « sur leurs ruines la puissance de la justice et de la « liberté. Tels sont les principes. S'il est impossible de <K les réclamer sans passer pour un ambitieux, j'en cona: durai que les principes sont proscrits et que la ty-

< rannie règne parmi nous; mais non que je doive le c taire, car que peut-on objecter à un homme qui h € raison et qui sait mourir pour son pays ? Je suis fait € pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le

c temps a'eat point eueore arriva « pourront nervlr impunément la

Saus doute il y h du vague ou [ ces propuaitiunii. On u l'ouipm c mautie de puuilioD des lruUre«; a qui peut faire l'objet d'un vote nation du Comité de ellreté géuén public semble quelque chose d'd qoi existe di'^i, le Comité de sali gouvorneni«nt et étoudant «ou brauchea de l'administration publi gonvernenient à l'autorit* suprè c'eHt ^guleucut ce qui existe déjA, qa'une pr^cauUou omtuire de c attribuer le guavernemL-nt par la ( 8e dt-gagc nettement du résumé ^ui, dunjs les habitudes mêmes qui ' leurea de la Convention, derut immédiat, c'est la proposition d comités pour les épurer.

ai personne, si Coutbon, son Robespierre lui-même ne demanda sur cette proposition et sa mise craignent son rejet.

C'est en effet un silence noui maia complet, qui est la «eule cueille tout aussi bien la fin que son trop long discours, et ses pr meut reçues. Il a devaut lui une a qui n'obéit plus.

Fourtaut aucune réprobation ni

fc^

Cime mesure n'a répondu à des propositions d'nne consé-^ quence si considérable. Cenx dont la vie même dépend du vote n'en sont pas assez sûrs pour le provoquer et semblent ne pas oser aborder la question; s'ils voient combien la difficulté est grande dans une assemblée où tout le monde se tait, se regarde et attend, ils n'ont de ressources que dans ces petits moyens indirects qui tournent une difficulté. Ainsi Lecointre (de Versailles), guetté comme une proie par Robespierre, sait bien qu'un ajournement est souvent funeste aux propositions, mais il ne demande pas, du moins d'une manière directe, l'ajournement lui-même; ce qu'il demande, c'est l'impression d'un discours qui est long, qui contient tant de choses que beaucoup de membres, sans en manifester la pensée, voudront le revoir, tout en trouvant commode de ne pas se prononcer immédiatement.

Bourdon (de l'Oise), au lieu de laisser rendre un vote sans signification, pose la question sur un terrain plus chaud, en s'opposant à l'impression, et en demandant que le discours soit renvoyé à l'examen du Comité de sûreté générale et du Comité de salut public.

Barère, qui voit peut-être la difficulté grossir, qui craint peut-être aussi un résultat trop net, se range à l'avis de l'impression pure et simple, par raison de publicité dans un pays libre, où la lumière ne doit pas être aous le baisseau.

Couthon en profite, pour provoquer un vote approbatif du discours, un vote très-approbatif, dont il ne dissimule pas le sens, qui est néanmoins plus facile à obtenir qu'un vote immédiat des propositions de Bobespierre, mais qui peut engager l'Assemblée dans la voie de ces

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8 tnraxiDOB

pTopOKittons. 4 J'ajoute, dit-il, on ameudement qn c l'air trto-fuible, L*t qQe je regarde comme très-eérin K il faut que la France, qne la plus petite commn u sache qu'il e«t ici des hommes qiti ont le courage •I dire la vérité tout entière; il faut que Ton sache qiw a grande majorité de la Convention sait l'entendre et' t prendre en considération. Je demande non-senlemc d que ce discours soit imprime, mais aussi qu'il soit t H royé à tontes les communes de la République, < ■ quuud ou a osé demander qu'il fût renvoyé à l'exam a dee deux comités, c'était faire uu outrage à la Ca « veutioti nationale, car elle sait sentir, elle sait juger.

1)b reste, et A propos de l'imputation d'avoir entrv le Comité de salut public, Couthon, qui ]irofîte, dit-il, < l'occasion d'épancher sou âme, ajoute : a Je suis de oo " qui ont parlé contre «piclques hommes, parce que je 1 » ai regardés comme immoranx et indignes de si^ a dans cette enceinte. > •

Couthon est. écouté, apjirouvé même, et, quand i pusse au vote, la majorité adopte la proposition de Co thou. La majorité revient donc à Robespierre, et, par i effet habituel, une fois engagée dans cette voie, elle marchera plus nombreuse et plus compacte. Les advt saireH de Robespierre sont perdus, s'ils n'entrent p avec chaleiu- dans la lutte, et s'ils ne parviennent pa& dominer une situation si dangereuse.

C'est le vieux Vadier qui prend la parole, et accepte premier la lutte ouverte par 1^ accusations pw^ées p Robespierre. Vadier est le président, ou l'un des pri] cipaux membres du Comité de sûreté générale, et c'esti nom de ce comité que Vadier maintient que Oatheiii

» THHKMIOOR 471

Théot a ftût de sa maison le centre d^nne conspiration; it annonce de nouveaux renseignements tirés de documents qu'il appelle des docimients inpnenses, et il affirme € que d cette femme avait des relations intimes avec la ci* c( devant duchesse de Bourbon, avec Bergasse et tous lea € illuminés. i> Quant aux opérations de oe comité, les commissaires populaires qu'il a institués ont déjà jugé sept à huit cents affaires, dans lesquelles ils n'ont trouvé qu'un patriote sur quatre-vingts, oe qui piouTa que ce n'est pas le patriotisme qui a été opprimé, comme l'a dit Robespierre, mais l'aristocratie qui a été poursuivie. Enfin, entre les deux comités, loin de la situa» tion affirmée par Bobespierre, il 7 a une confiance mu^ tuelle,

Cambon s'écrie t c Et moi aussi, je demande la parole;

< je me présente dans la licel i» Puis il jpstifie ses opéra^ tions financières, parle des calculs que Robespierve lui a supposés, et dit qu'il serait peut-être &cile de le faire con«* venir qu'il n'a rien £iit pour les connaître. Accusé pour un dernier décret sur les rentes viagères, il retourne ru-» dément l'attaque, à laquelle les agioteurs sont seuls inté-» ressés 1 « Ils pourront, dit-il, fournir des matériaux poov

< faire des discours; mais, ferme à mon poste, j'auvai a toigours le courage de dénoncer tout oe qui me parai- <r trait contraire à l'intérêt national. » Devenu agressif vis-à-vis de Robespierre, à l'égard duquel on s'est t^na jusqu'alors dans une si grande réserve, Oambon termina par cette attaque directe : <( J'iû méprisé toutes les at^ a: taques; j'ai tout rapporté à la Oonvention. Il est <( temps de dire la vérité tout entière : un seul homme <( paralysait la volonté de rAssemblée nation^d; cet

n homme twt eelni qni vient de faire le discoure ; c'e«t € Ilol«)B[>ierre. p

I IlobcHpierre, dréonecrt*^ par cette réponse, qa'îl troiiTB , ansi^i inintelligible qu'extrBonlinaîre, ne parait plus se rati]>eler que, daua son diHcoun*, il a fait dn probe CaniboQ un fripon, et déclare ne pas <c ntta(|uer les inU'utiuus de Canibon. » Il avoue qu'en /ait de fmancea, il ne 8'e«t

JanuiM viAl,' de. cette partie, et c'est par deo considérations générale» sur Ie« princijies qu'il a cru apercevoir que les idées de Cambon no «ont i>m favorables à la Révolution. Intervient alors le rude Bil Inud- Varennes, qui veut que le discours soit examiné avant d'être envoyé aux comités, qui vent aussi que les deux comités mettent leur conduite en évidence. U réjwnd à quelques faits, et RobciipierTe l'interrompt pour dire que ce n'ewt pas le comité en masse qu'il attaque, et pour réclamer la liberté de dire son opinion. Mais Billaud reprend qu'on en a imposé à la Convention; il cite quelques fàita et ajoute : a Robespierre ' n avtiit raison, il faut nrradier le manque, sur quelque « visage qu'il fie trouve; et, s"il est vrai que nous ne « jouissions pas de la liberté des opinions, j'aime mieux « que mon cadavre serve de trûne à un ambitieux, que < de devenir, par mon silence, le complice de ses forfait8.> Panis, qui se croit du nombre des proscrits désignés, interpelle Robee]iierre et Couthon , les force à s'expliquer sur la liste que Robespierre a faite. Celui-ci manque de netteté : il s'est présenté à découvert, il n'a flatt^! personne, il ne craint personne, il n'a calomnié personne; il n'est pas question qu'if blanchisse tel ou td.

Au mitien de ces récriminations, il n'est plus assuré, hantaiu, agressif comme dans son discours. Il a trouvé,

dans le Comité de salut public, une résistance plus grande qu^il ne Tavait supposé ; il trouve actuellement la même résistance dans la Conyentiopy et son influence s^y éteint. Le succès obtenu par Couthon est remis en question, et paraît compromis. H voit ainsi ses propositions aboutir à quoi ? Au renvoi très-significatif de son discours à l'examen des comités dont il a demandé l'épuration. Il s'en plaint en signalant lui-même que là se trouvent précisément les membres qu'il accuse. C'est alors que, de toutes parts, il est sommé de nommer enfin ceux qu'il accuse. Déconcerté, il répond qu'il persiste dans ce qu'il a dit, et déclare qu'il ne prendra aucune part à ce qu'on pourra décider pour empêcher l'envoi de son discours ; puis il commet la faute de joindre l'action à cette réponse, et il quitte la salle, il déserte le terrain.

Il suffit ensuite des raisons banales d'une détermination ordinaire, et d'une évolution que Barère fait avec sa facilité habituelle. La Convention, qui a donné la majorité à Couthon, ou, pour être plus vrai, à Robespierre et à son discours, rapporte le décret.

La Convention telle qu'elle est composée échappe à Robespierre, et une telle séance, qui pouvait perdre ceux qu'il a faits ses adversaires, l'a mis en quelque sorte en dehors du gouvernement et de l'Assemblée.

Mais il est remarquable que, malgré les excitations de Cambon et la situation si énergiquement marquée par Billaud, dans une assemblée qui a si facilement sacrifié ses membres, nul n'a encore osé insinuer l'idée d'une mesure quelconque ayant pour objet de mettre cette assemblée à l'abri des combinaisons de Robespierre, et Robespierre dans l'impossibilité d'agir contre elle. A cette heure

Hï

«noore, une tentAtive faite contre Robespierre 0 llilMe« JaoobîiiK jKviivait uiiener nne explosion, H eiploeioti, cV-tait la dictature remiBe aax mains de B piprre.

11 e»t rnmarqiiable anaiii qno le rote de la C'onva ne vn )ia» mi>mc jtifxjii'il tnuictiooDer le reovoi dem uux comité» : usp^ou de trausaction encore, le diai n'est («e frappô d'nne mise en snspicion par nn d ordonnant koii examen; seulement le décret pnr \»(JC OoiivontioD «e l'était poiir ainsi dire approprié, e«t port«: 1m ehoaes se retrouvent toat eimplomcnt où étaient avant les accusations et les propositions de Bl pierre, maio le duminateur n'a rîen obtenu de QolU (jni lai cnnci'>daieiit tout autrefois.

KolK-spierre a ptjnlu l'tvidemment nne grande poi dans t'AsHeiublâti, mais octts position est f^mnde a à l'extérieur, si grande, qu'elle peut reconqiv'-rir le ta qu'il a falla oéder. La société des Jaoobina le sent, é ne di'Hespt^re pas do pouvoir exercer nne pression i forte pour luncner l'As-iemblL-e il mutiler sa nouvelle joritij et à sanctionner les exigences de Robe8pitjrr&

On ne «e demande mAnm pas s'il est bien prudent, i une séance trés-ttîgniScative, de n'en \>ae laisser aVte l'effet, qui est mauvais, sans aucun doute, mais qui pas encore désastreux ; ou a trop l'œil sur lea force dehors pour ne pas se faire encore illusion sur les i tances du dedans.

La Convention a à peine levé sa séance, qu*el]< traduite en quelque sorte à la barre de la société Jacobins, on elle ne trouve, on s'en doute, absoloi aucun défenseur.

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La société des Jacobins a bien danB son sein quelques cœurs généreux, mais, têtes ardentes, ils se laissent entraîner facilement aux résolutions extrêmes ; elle en a d'autres qui fbnt de la puissante société un instrument de leurs combinaisons personnelles; elle en a aussi, et on en a eu la preuve parles révélations de la Restauration, qui, agents de l'étranger et de Témigration, font leur métier en poussant aux déterminations qui peuvent accumuler les crises.

Donc, il ne ftiut pas attendre de la société des Jacobins autre chose que la colère, la surexcitation dans la colère et une action furieuse. Ceux qui l'animent, résolus à des moyens d'attaque violente contre des adversaires qui se réduisent toujours à la défensive, se feront suivre fSeusilement par la société et toutes les forces qui s'y rattachent.

Quand Robespierre arrive à la séance des Jacobins, il trouve les esprits animés déjà des résolutions les plus menaçantes. Quand on lui fait relire le discours que la Convention avait approuvé d'abord et qu'elle vient de repousser par l'annulation d'un décret, ce long discours de deux heures, au lieu d'être un réfrigérant, est couvert d'applaudissements frénétiques. Quand Robespierre fait le récit des attaques inattendues dont il a été l'objet dans la Convention, et quand, triste et abattu, il annonce que le discours réprouvé est son testament de mort, parce que la ligue des méchants est tellement forte, qu'il ne peut espérer de lui échapper, il trouve autour de lui plus que des consolations : il rencontre des encouragements chaleureux à la lutte et un dévouement sans réserve à sa cause. Puis, peut-être surexcité lui-même par l'enthousiasme qu'il inspire, il trace nettement un programme. Il

i'adrcBse aux Jacdbina et, en s'ddreflaftnt à eux, il jifirij i^videiomeut à toutes les forces insurrectiounelleH qu l'tiri» peut receler : « Si^parez, leur tUt-i], lea faomma « fuibles d'avec les uiôolmiite; délivrez la Convention dei « Bcék-rata qui l'oppriment, ruudez-lui le serviœ qu'elll « attesid de tour, cnmme au 31 mai et au 2 juin, iht- < chez, «auTez encore la liberté ! Si, malgrt; toun oei « cflortd, il faut succomber, eh bien ! mes amis, vou8 me t verreîi boire la ciguë avec cjilrae. b

ïiaa» les esprefifiionH chaleiireaseB de dévouement qm lui ri^]K>ndeiit, Robespierre peut reconnaître la viix qû lui dit i < Je. la boirai avec toi.' t> C'est la voix de Tuna des grundcH gloires de la peinture française, du gnai artiste qui a produit le StVjfKnt du Jeu de Paume-, qm % ét^ l'ami de Marat, celai de Hobespierre, et qui deviendn pourtant baron de l'Kmpire, pour des toiles pins compliûsantes que véridiqucii, ce qui uc serait facile & concilier qu'autant qu'on admettrait pour parfaitement exact U mot de M™ de Stin'l appelant Bcmaparte : liobespierre à chcral '.

L'enthousiasme des Jacobine, excité jusqu'à la fureur, ne fi'arrOtcra certainement devant aucune raison. Quand Couthon, homme de précaution, mais qui a l'imprudence de la révéler, annonce qu'il a la liste des députés qui viennent de voter contre Robespierre et demande qu'on expulse de la société des Jacobins ceux de ces votant» qui en fout partie, Collot d'Herbois, que rien n'épouvante, essaye bien de faire entendre (juetques paroles, mais il est bientôt obligé de faire retraite au milieu des couteaux,

(t) DiTid.

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tandis que d'autres députés sont attaqués et battus d'un autre côté.

La majorité de la Convention est donc plus engagée qu'elle ne l'a cru d'abord. 11 faut qu'elle se tienne bien, car Couthon a sa liste.

La séance des Jacobins est une dernière sommation, sommation violente, sans merci; la Convention est prévenue que les tentatives avortées aujourd'hui seront reproduites demain, mais reproduites après une nuit passée à en assurer l'exécution, et alors que les Jacobins seront en permanence réelle tout aussi bien que la Com* mune elle-même.

Ainsi se fait la transition du 8 au 9 thermidor. Saint- Just, qui était à l'armée, s'est rendu à Paris, et j est arrivé depuis quelques heures. Minorité dans le gouvernement, avec Robespierre et Couthon, ce qui les a fait appeler les triumvirs, il aura son rôle dans l'action qui a pour objet de leur livrer le gouvernement.

Sinon comme procédés, du moins comme résolution froide et courage sérieux, Saint-Just était à la hauteur de son rôle. Animé d'un grand sentiment de soi-même, portant sa tête comme un saint-sacremerUy selon l'expression de Camille Desmoulins, auquel il l'a fait payer cher, avec cruauté, Saint-Just n'est jamais arrêté par un scrupule et est habile à enlacer dans la calomnie les adversaires qu'il veut perdre. H aime la Révolution, la République, et rêve la destruction de toiis les vestiges des vieux régimes; il est sincère et vrai quand il dit que, pour les hommes comme lui, il n'y a de repos que dans la tombe; probe dans les questions d'argent, comme presque tous les hommes de cette époque, calme, imperturbable,

c'eut nn joune homme taiilé Â I*i incomplet k laisse sans druilnri ^irive d£ ressort et de coup-<l'«a jiûte» de 1» ttitnmc.

C'est A lui <]n'est i^clme la tâcl e du lu CuDVOiitiun. Il ocoD Itunt! iH>ur y lire nn diBcours dai qu'il u'iippartieut A aiifuii pxrti, pour lui, comme pour plusteursa larodie Taqu'ieDiie, Q tiédare fi 1m cause» et Ida motifs dv divîai prime duii» le niimie «eus que R

Mus i i}«ii]<! n<t-il liiiiisi^ voir eat interroiiipD jiar Tallien, fioufl il'dnire, et que «îlui-ci, qui était cuU!«tnt« lu position prise par EU « Bit-r, dit Tallieu, un mijiitbï i est isolé, a prouoacé un discod c Myonrd'bui un autre fait la « enwire s'attaquer, aggraver l s précipiter dans l'abîme. Je de t L'U titre ment dt'chiré. »

Ces mote sont virement appls en remettant sous les yeux Je parties du tableau de la eéimc ncoDte que Saiut-Just avait p communiquer son discours, et n'i raisons après les grandes.

Taliieu a-t-il déconcerté Sui Saint-Just?Certainementnou; i ifk tribiure, ^u'il a «boidée pour 1':

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et dans prévision; il conserve toute sa sérénité, mais il laisse ses adversaires s'emparer de la tribune et la conserver pour s'y montrer à leur tour de plus en plus agressifs. Saint-Just ne reparaîtra plus à la tribune.

c Je demande que le rideau soit entièrement déchiré, » avait dit Tallien, et Billaud-Varennes avait profité immé«diatement de ces mots pour demander la parole pour une motion d'ordre aussi.

Billaud peint une situation à son tour, en disant à la Convention : <( Vous frémirez d'horreur quand vous « saurez que la force armée est confiée à des mains parri* € cides, quand vous saurez que le chef de la garde natio- « nale a été dénoncé au Comité de salut public, par le « tribunal révolutionnaire, oomme un complice d'Hébert « et un conspirateur infâme. »

Billaud se rend propice à l'Assemblée quand il excite aa vanité, car les assemblées ont aussi de ces misères; il lui dit donc : <c Vous frémirez quand vous saurez qu'il <i est un homme qui, lorsqu'il fut question d'envoyer des € représentants du peuple dans les départements, ne € trouva pas, sur la liste qui lui fut présentée, vingt € membres de la Convention qui fussent dignes de cette € mission. »

La Convention est indignée, et Billaud, faisant un pas de plus, nomme Robespierre, s'en prend à lui directement et dit l'usage que celui-ci fait de son bureau de police pour faire arrêter les meilleurs patriotes et organiser l'espionnage des représentants voués à la mort. Billaud reporte au décret du 22 prairial, œuvre de Robespierre seul, la scission dans le comité, et l'accuse, de plus, d'avoir remis l'exécution d'un tel décret à des mains impures*

480 fl THKRMIDOB

Billaud ne défend plus le comité' des attaques de Rohi pierre ; c'est Hobesiiierre qu'il accuse et qui le détenoj à poâcr enfin cette terrible altematiTe : < Tout 0 m'a fait voir l'aliîme creusé sons nos pas. Il ae faat p4J hériter ù le combler de nos cadavres, uu à triompher C traîtres. > I

Robespierre s'élance à la tribune ; il est nusoDoMl qu'accusé directement, iiersonuellement , il puisse l poudre, mais vu le redoute encore a^^ez pour t^toufl B& voix âous les clanieurti. Il avait bien lui-tnéme an redouté Danton, pour ciupiîobcr qu'il fût entendu .»

Tallien s'empiire de nouveau de la tribune et dit : c ■ c demandais tont-à-l'lieure qu'on déchirât le voile; \ « viens d'apercevoir avec plaisir qu'il l'est entièreœoa s que les conspirateurs sont démasqués, qu'ils senl K bientôt anéantis, s

U'est alors, i ce moment, qu'a eu lieo la Bcène de TalUi et do poignard qu'il avait apporté, scène un pea r«ia^ velée de Marat et de son pistolet. Donc TaUieo, qui a, faudrait être naif pour ne paa le croire, prémi-dité, arrangi étudié la Bci'ne de son poignard, qui s'en est muui comm uu acteur, qui sait ce qu'il dira et qui a soin de ne pi oublier les instruments de sa représentation, montre c poignard et s'écrie : a; J'ai vu hier la séance des Jacobint « j'ai frémi jwur la patrie; j"ai vu se former l'armée di s nouveau Cromwell, et je me suis armé d'un poiguai* a pour lui percer le sein, si la Convention national « n'avait pas le courage de le décréter d'accusation. »

Mats, en formulant sa proposition, ce n'est plue Robes pierre, mais seulement Henriot, commandant de la foro ftrmée, qne Tallien fait décréter d'accusation.

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Le Moniteur^ arrangé deux jours après, dans un sens favorable aux vainqueurs, bien entendu, se borne à noter de vifs applaudissements, ce qui n'est pas précisément donner, à la scène du poignard, ce grand relief historique dont on a voulu amuser les badauds. Il y avait encore des hommes d'esprit dans la Convention, et ces scènes d'un goût faux, qui appartiennent aux fiûseurs médiocres, et que méprisent les grands maîtres de la tribune, finissent souvent par le burlesque, sort qu'elles méritent, et peuvent compromettre la cause qu'elles croient servir. Mais, parmi les amis de Eobespierre, très-rares dans la Convention, il ne s'en est pas trouvé un pour faire la parodie de Tallien et de la scène qu'il venait de représenter.

Mais Billaud, de son côté, demande l'arrestation de Dumas, président du tribunal révolutionnaire, et de deux autres, et elle est décrétée. Delmas demande Tarrestation des adjudants et des aides de camp d'Henriot, et elle est décrétée.

Voilà la Convention enfin entraînée, et rien ne l'arrête plus dans ses votes.

Aussi, c'est en vain que Robespierre essaie encore d'obtenir la parole : les cris couvrent sa voix, et quand on voit entrer Barère, qu'on sait apporter un projet de décret du comité, c'est Barère que, de toutes parts, on appelle à la tribune.

H n'est pas rare, quand on étudie l'histoire, de rencontrer la bêtise produisant de ces assertions qui sont tout au plus dignes d'être repoussées du pied. Il y en a eu beaucoup de telles, dans bien des histoires de la Révolution.

Ici encore, sur cet épisode même, il y a eu des gens, se

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