Tome 11. — SX
croyant probablement beaucoup d'raprit, qaî s« aonl à supposer, cbog? toujours difliciie, peat-ètre impai àooDDBitre, qa« Barère, abordant la tribuue, avait' dÙGooTB dons sa poche, l'uu ea faveur du comité, L't en fureur de Robespierre. Mais les aotetire (1a i BMcrtioa oiit été aasez étourdis pam ae {uu E'^pera L{Ti'an tt;I pruirwlé, prnticttbie pouron h«niiue parlaïAlai, en aou uoni per soniiel, ne l'est pas le moâis da !■ pcinr nu rapporteur parlant oii nom d'un coioité et •! tant, i\ Ift tribune, des propoaitiana que ce comité via formuler.
Or le Comibi de salut public avait arrètié au prtjB dècretporlaDtnupprcaBioiiimm^édiatedes grades 3upéri de la garde nationale, et eiigagciiat la responsabilitâj •oubelle du maire (t de i'a^eat national daoa Isa tnia qui pouiralout survenir. ,
C'est ce projet, qne Bar^e était chsTgû de &ûeââlf qai fut voté immédiatement, et qui, exécnté sur leehfl [.loiivait désorganiser la forœ publique et coniiêqai ment dùsarmer rinaurreclion, air la Convention n'a' aucune force pour la défendre et Bavait quel esprit aaiii Paris.
Le comité faisait voter aussi uoe proclamation, rédi avec beaacoap de ménagements, dane laquelle on sen besoin, pour la Convention, de conquérir l'esprit prf Elle invoque tous lee grands intérêts qui font âk même l'opinion personnelle, pour se rallier à In repréfl tation nationale, sans acception de personnes ou de pi
£Ile ne dissimnle pas que le danger est d'autant f grand que l'opinion est ébranlée et qu'une partie eitoy^ens se laisse conduire au précipice par l'ascendunl
Quelques réputations : « Citoyens, leur dît-fl, voulézk tous perdre eii un jour six années de réroltition, de? < sacrifices et de courage?. ; . La Convention ne cessera ^ pas un instant de veiller aux droits de la liberté « publique. Elle invite donc les citoyens de Paris à l'aider € de leur réunion, de leurs lumières, de leur patriotisme, « pour la conservation du dépôt précieux que le peuple k français lui a confié; qu^ils veillent principalement sur « l'autorité militaire, toujours ambitieuse et souvent i usurpatrice. La liberté n'est rien dans les pays où le k militaire commande au civil. Si vous ne vous ralliez à k la représentation nationale, les autorités constituées' « sont sans subordination et les armées sans direction. »'
Cette proclamation votée, c'est Vadier qui reprend la ' parole, qui appelle Robespierre un tyran, qui revient i l'affaire de Catherine Théot, qui raconte des détails.
Tallien l'arrête, pour ramener la discussion à son vrai point : ce n'est pas Robespierre, c'est Tallien, encore, quî obtient la parole, et, moins dialecticien même que Vadier, il se livre à une déclamation si absurde qu'il ramène là- Convention au discours qu'elle a entendu, la veille, de Robespierre. « C'est là, s'écrie-t-il, que je rencontre lé fyratti; c'est là que je trouve toute la conspiration; d pui^ il fait suivre cette idée du souvenir du 10 août, de la peur' et de la disparition de Robespierre pendant trois jours . . .
Sans doute, l'enjeu que ces hommes apportaient dans là lutte explique l'ardeur qui trouble leurs idées, mais il n'est pas moins curieux de constater que pas un de ceux mêmes qui de sont plaints de la séance des Jacobins n'a' petisé à dire tout simplement, ou a oublié que l'accusation èfvait sa base nette, claire, indiscutable, dans la proposi-'
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tifiD formulée [lar Ilobespierrc, acceptée par le* Jaco et publiquement aiTétt'Cj de marcher but la Conveiitifl d'ext-cnter eur elle un 31 mai et un 2 juîu.
AuBHÏ Rubeitpierre a beau jeu, s'il peut obteoir la pM mais, ce jour-là, lui qui s'est toujours plaint d'f'tre opp <iuuud tuut le luoude résistait à sa seule volonté, il b une véritable oppression de la part d'une majorité burll qui veut le fTap[>er sans le laisser parler. II n'est gnèl droit de s'en plaindre, car on fait aujourd'Imi, ixmtrlt à la Convention, ce que les Jacobin? ont fait hier ] lui ; on copie aujourd'hui, contre lui, ce qu'il u fuit oogl contre Danton, car c'est lui qui a emp^chi^' la CoaveU d'entendre Danton, Mais, n'importe d'où ils vienntd ' qui ils atteignent, de tels procédi'S ne donnent jsfl satisfaction à la cousclence humaine.
Robespierre s'agite pour user de la parole; il s'occni vainement à la tribune, et, quaod il va pouvoir pb quelques mot«, au milieu du bruit, la cloche da pr^ contribue à couvrir ea voix; c'est vainement aussi q s'adresse ii la Plaine, qui l'a ai souvent éconbi avec « plaisance, qu'il caresse par un éloge, à laquelle il i « C'est ù vous, hommes pura, hommes vertueux, c'a TOUS que je m'adresse, et non aux brigands: > ce d plus là qu'un appel désespéré, et la Plaine n'a pas l'ha tude de se rattacher à un homme qui tombe.
La voix de Robespierre, que d'ailleurs l'émot étrangle, n'a jamuis eu assez d'ampleur et de portée p dominer une assemblée en tumulte. U est du reste di une bien étrange Uluaion, s'il croit qu'on ramène instao némeut à soi une assemblée eu cet état, et partie à < extrémités si ôloignées; il s'égare évidemment; il v»
vient, il monte à la tribune, en descend et y remonte, sans jamais pouvoir se faire eirtendre.
Mais il faut pourtant une conclusion à ces divagations furieuses d^hommes si indécis et si absurdes à la fin, après avoir été, au commencement, si mesurés, si progressivement agressifs, et s'être si opportunément fourni la réplique, qu'on pourrait croire à un programme sagement combiné, exactement suivi. Enfin le représentant Louchet fournit la conclusion en criant : ce Je demande le décret d'arrestation contre Robespierre. j> C'est plus simple, mais Lozeau est sur le point de ramener la confusion en voulant donner raison à l'arrestation : <i: H est constant, crie-t-il à son tour, que Robespierre a été un dominateur; je demande, par cela seul, le décret d'accusation. > — Louchet s'écrie de nouveau: <i: Ma motion est appuyée; € aux voix l'arrestation ! ]» — Et d'autres crient aussi : € Aux voix r arrestcUion ! T> Et l'arrestation est enfin décrétée, aux cris de Vice la Liberté! Vive la RéptibUque! dit le Moniteur.
Mais les autres? Saint- Just, Couthon? Us sont aussi décrétés d'arrestation, et c'est logique; mais, pour Couthon, une des raisons de Fréron, c'est que Couthon veut € monter au trône. t>
C'est descendre à la bêtise ; mais ce qui n'appartient plus à la sottise humaine, ce qui est ignominieux, c'est la manière dont a été décrétée l'arrestation de Robespierre jeune et de Lebas.
On peut bien croire que le Moniteur^ dès alors le journal des fidsifications et des mensonges officiels, a été arrangé de la manière la plus favorable aux vainqueurs devenus mattres de toute l'action gouvernementale. Ils ont pris
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do reste toat leur temps pour ctia, car la séaaoa
8 thermidor n'cet pas comprise an a" du Moniteur
9 thermidor, qui De contient que du rempilsâagc et tnA de petits vers. Le n" du 10 contient également bîx oohj slrophfJ! do petite vers, une portion de la si-ance é$ et la portion îasignitiant^ des comptes-reodas d'adreq et de pétitioiui; mais, quant à la portion importante. Moniteur renvoie à un prochain numéro, pont fi tfsxactiludc. Une partie de la sûance du 9 elle-iuêm& importante, ne paraît que dans le n" du 11.
Il HQtHt pourtant de lire le Moniteur, et d'avoir qoela coupréheuHÎou de ces choses, pour ressentir un« ïni gnatiou profonde contre certains entraînements des \ Benibléen.
Mais, luisei, pourgnoi Ilobuspierre jeune se perm«l de protester contre ce qui frappe son frère ? Parmi I gens qui viennent de se plaindre d'un dominatcor <fa ils ont été les oomplaiBauta serviles, tant qu'ils ne Vç pas cm rcdoutahlo pour eux-mêmes, il y a d'antres d minateurs que l'on verni bientôt no reculer devant aucu lAclieté, et la majoriti; elle-même de cette Assemblée di B<i dire que ses votes complaisants sont les premiers les principaux complices de Robespierre; et tonte vc qui revendiquera, même indirectement, une telle eoaxf. cité, sera une voix importune.
Néanmoins, qu'a dit Robespierre jeune? Il ii'«gt p vrai, et, avec un peu moins de légèreté, on l'aurait on pria par l'étrangeté de la phrase elle-même, qu'il ait di 4 Je partage les crimes de mou frère, unissez-moi à loi! Le Moniteur lui-même rapporte ainsi ses paroles : < < < suis aussi coupable que mon frère, je partage ses yerto
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c je âemAnde aussi le décret d'aoeosatioQ contre moL f
Quant à Lebas, aa moment da décret d'arr<»t«iîoQ contre Bobespierrey c'est eneore.le Manit/ewt qui le dit, il s'est écrié : c Je ne yeux pas partager Topprobre de co € décret ; je demande anssi Parrestation. »
L'oâre de LebaSy de le comprendre dans Taocusation dirigée contre son ami, et Toffire de Bobespierro jeone de partager le sort de son frère, ont été acceptées. • ,
Que, dans un élan du cœur, un ami, un par^nt^ réclament une telle solidarité, on y doit voir un mouvement généreux qui ne peut que relever la valeur morale de l'humanité; mais, il faut le dire parce que o^est vrai| qu'une assemblée ait la grossièreté de prendre au mot une pareille offire^ on j doit voir un mouvemettt de sauvagerie. . .
Cq)endant, Robespierre continue i s'agiter au milieu d'une assemblée qui ne veut pas le laisser parler. Qu'es* père-t-il dono ? CoUot d'Herbois se met à faire un Icmg discours, assurément bien inutile, et, quand Robespierre l'interrompt, les cris A hh barre f A la iarrê / se font entendre, et, après bien des hésitations, il est enfin d la iarre*
II n'a même plus droit à la tribune ; il n'a plus son siège de représentant; c'est définitivement un accusé, qui entend sortir de la bouche de CoUot une soîte d'acte d'accusation bourré de fitits sans valeur dans un aussi grand débat.
Bientôt, les accusés sont conduits devant le Comité de sûreté générale, qui se met i verbaliser, à interroger, à faire ces procédures politiques dans lesquellea les vainqueurs et les maîtres ibnt toujours giîmaeer Ift jnatiGB»
t TBmODOE
Pnis le cnraité les livre box gendarmeB pour en fi ri'piirtitioii dans diverses prisons de Paris, qai ni jias trop étonn^eB, à noe pareille époqne, de recen telahi'MeB, mnindont Vnn^ refuse pourtant de ne nA sur Robespierre.
Depnis la rp«istaD(!e qn'il a rencontjve an CoHBl (taliit public, chaîne pas en avant que Robespierre' lui & fulevÀ nn den avantages de sa poeiticin. Le maintenant arr^U!', nctnisi''. 11 i>oiirra vtro, il sera p lilement arqnitt''' par le tribunal révolationnaire, aa pn'ssion extérienre: mais sa puissance est détruite^ mai» dans le gonvemement, dans lee comités, ds Convention.
Néanmoins, l'ÂSBemblée n'est pes certaine, et % raison, d'avoir achevé sa tâche, et pourtant elle siU la eésnce et prend du repos, nn repos impmdeDt., J plîcablo, bien qu'elle maintienne son vote de la pe nence, et ne rentre ca s^nce qu'à sept heores du soi
Cependant, les Jacobins, qui ont suivi chaiidemei parti de Rnbospierre, et la Commune, qui lui est d'^vi Bont en permanence aussi. Le maire, Flenriot-L« l'ayan, l'agent national; Coffinhal, vîoe-préaîdenl tribunal n^volutionnaire ; Henriot, le commandant i force année, d'autres encore sont sur pied et con niquent le mouremen*.
C'est Henriot, qui nvaitenvoyé la gendarmerie à l'h de-ville, qui en prit un détachement pour déii\Ter R» pierre, encore an Comité de sûreté générale ; mais Hei est ivre, mauvaise condition pour entraîner un mo ment insurrectionnel ; ses cria, le long de la me S) Honoré, le pistolet au [wing, peuvent prêter au désoi
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mais ne peuvent appeler la colère contre un gouvernement; bientôt, Henriot et ses aides de camp, attaqués vigoureusement par des gens que dirige d*Ossonville, agent secret du Comité de sûreté générale, sont culbutés, garrottés et emportés prisonniers à ce comité, où Robespierre se trouvait encore.
Les nouvelles s^étaient succédé, à la Commune et aux Jacobins, toujours mauvaises. La résistance de la Convention, ses décrets et sa proclamation avaient excité la colère; puis l'arrestation de Robespierre, Couthon et Saint-Just, de Lebas et de Robespierre jeune, de Henriot aussi, avait provoqué l'exaspération. La Commune se met en état d'insurrection.
Elle fait sonner le tocsin à l'hôtel-de- ville et dans toutes les sections, et fait fermer les barrières de Paris; elle s'adresse aux Jacobins et aux sections ; elle nomme une commission executive et garnit de canons la place de Grève; des officiers municipaux vont aux prisons et délivrent les cinq prisonniers de la Convention. Les ordres de la Commune sont exécutés partout, et les sections s'ébranlent à sa voix.
Robespierre. Couthon, Saint-Just, Robespierre jeune et Lebas siègent à l'hôtel-de-ville, au quartier-général de l'insurrection, passent ainsi à l'état de rébellion ouverte et légitiment les décrets de mise hors la loi qui vont être rendus contre eux.
De son côté, Coffinhal, homme d'activité, de coup-d'œil et de résolution, prend avec lui deux cents sectionnaires, les dirige sur la Convention, s'empare des salles du Comité de sûreté générale et, le sabre à la main, délivre Henriot et ses aides de camp. Coffinhal ne se doute pas
cju'en rt-ndaul H«irk>t libre t-t aux mains d'au tel homme, d'à sort (muL-ûtre entier «le In jonniée mnlhoaroux. Mai» il vai à peu ] avait eu deux ou truis antres O flUcrtJiubait,
Hsnriot, mis hors la Igi par Vâm A la libcrtÂ, diapose sex cauonaiei te Hi'i^e de la Couvenliou et va ] boulcte, sans qu'elle ait ù ea dï matt-riel do n'oiniter à ea deatru<^ dans l'ÂRnoniblée, la panique et la iDuiiltià mûii»! Ic^ diiipositious mi riot, et la Conventiuu, la repr'Jeou< btlileraput. §e disperser et ee tonà
Uais Collot d'Herboia, ijoi a
reprend, ne place eur ean funteii
' direct dm boulots, et laisse sorti
bouohe Cl- dernier appel à ses i
a voici l'iîiabuit de mourir à notr
Cette assemblée, qui a piissé, dep imposant d'im grand débat., par ', est descendue par lea échelons du actes igQomiuieux, et voiU que homnie liéroîque, elle va se relev dans toute la majesto d'une grant Jamais l'histoire des guerres civ d'incideota inventéa trop souvan drauiatisôc par In fraude, n'a pré»
et de plus héroïque en m43me t«in; lable de Collot d'Herbois était d
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ses collègues et chacon d'eux, errant alors çà et là, retourne à sa place, s'y asseoit et attend.
Quel tableau que celui d'une assemblée restée sans défenseurs et sans défense, mais qui se place à son poste pour recevoir en silence les boulets qui doivent la tuer !... Nulle assemblée auparavant, nulle assemblée depuis, n'a présenté un spectacle aussi imposant.
Cependant, Henriot a fait toutes ses dispositions ; les canons sont déjà pointés, quand quelques représentants, qu'il a laissé s'approcher et qui se sont glissés parmi les canonniers, disent à ceux-ci qu'ils vont se déshonorer, et leur apprennent que la Oonvention a mis leur commandant hors la loi. Henriot ordonne le feu, mais c'est de l'hésitation qui lui répond; il ne sait pas brûler la première mèche qui aurait enflanuné les autres; il laisse grandir l'hésitation, et les canonniers, envisageant la situation qui leur est faite, comprenant qu'ils ne sont pas les honmies d'un général, mais les enfants de la France, vont où le devoir et l'honnêteté les appellent et refusent de se rendre les complices d'un crime contre la représentation nationale. Tout ce que peut ou sait &ire Henriot, c'est d'emmener ses canonniers à l'hôtel-de-ville, et la Convention est délivrée du péril le plus grand et le plus immédiat qu'elle ait couru.
Elle regagne ainsi quelques avantages, et en profite pour nommer un de ses membres. Barras, commandant en chef de la force publique, et lui adjoindre des commissaires de la Convention. Elle fait aussi une mise hors la loi par un décret qui n'est pas nominatif, qui est d'une application généralisée, arme dont les coups sont trop aveugles.
Mais juflijn'A pri^aent la Convention, qui connaît resyint dex iiiection§ tt du Pitri», qui sait qne Robespierre y pw- «•dc nne inconteatablc majoriU-, n'a fuit auciiDe tentative, nucune dômarche auprès des sections. Seulement !e Comité fie sûreté générale avait lancé ses agents i1:iiltontw les direotioiie, donn le» «ectioDs, dans les tcruwi -. partout, sans qne la Convention ait para voaluir fsir^' ihitontatîvL- de ctt cAtt'. Elle «ait pourtant que les dectioa» «ont en ce moment d'une importance capitale, et ellete décide ejiiïn è. leur envoyer des représentant pour le» éclairer et 1*^» ramener an ^uvemeraent. Tout était là!
La Cummuuo les avait déjA appelées A elle. Chaque section avait nommé des commissaires, qtii s'étaient rendas à l'hûtel -de-ville, et les bataillons de plnsieun 8ectioii« occupaient déjà et pouvaient défendre la place de Griive. On peut remarquer qne, ne jngeant pent-4tre, pour le moment du moins, désintéressées dans le débat, Jea sections aristocratiques, ou tr&TaiUéea par le royalisme, n'ont fait dans ce mouvement aucune démonstration pour ou contre; c'est peut-être c^ qui a donné, à la Convention, l'idée de signaler les vaincus de thermidor comme des contre-rétolyiionnaires dont l'énergie de la Montagne avait triomphé.
Quoi qu'il en soit., et quelle que fût la popularité de Hobespierre, l'insurrection éprouvait déjà l'effet de la prudence de ses adversaires, qui avaient eu soin de conserver si longtemps, et même après la séance si agressire du 8, une attitude purement défensive, La querelle do Hobespierre avec la Convention n'était pas suiRsamment expliquée; les sections n'npercevaieut pas bien eu quoi la République était mise eu danger par la Convention,
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par les comités et par les Montagnards, qu'elles avaient, au contraire, Thabitude de considérer comme le rempart de la Bévolution et de la République.
Les députés envoyés par la Convention trouvèrent donc un terrain assez favorable pour y semer d'abord de l'hésitation, puis pour faire admettre que la République n'était représentée que par la Convention. Les sections accueillaient avec faveur l'observation que, quels que fussent certains hommes, le vrai patriotisme défendait de mettre leurs prétentions personnelles en balance avec le gouvernement de la République elle-même. H faut bien le dire aussi, puisque c'est vrai, les fieiusses nouvelles et les assertions fabriquées aidèrent bien également aux déterminations des sections. C'est ainsi que le &ubourg Saint- Antoine se laissa enlever, sans examen, par la nouvelle que le sceau neuf des insurgés de l'hôtel-deville était un sceau à fleurs de lys, et que déjà on s'était présenté au Temple pour y pénétrer auprès des prisonniers : <i Aussitôt, dit Barère, avec sa désinvolture habi- « tuelle, que les représentants ont parlé des signes de
< royalisme trouvés à la maison commune, les sections
< républicaines n'ont fait entendre que des cris d'indi- « gnation. ^ d Des sections firent savoir alors, à leurs délégués à la Commune, qu'elles retiraient leur concours; d'autres rappelèrent leurs bataillons et leurs canons : la lutte pouvait encore durer, mais la Convention ne devait plus concevoir une crainte ou un doute sur son résultat.
Cette situation acquise, les députés de la Convention se rendirent à l'hôtel-de-ville. Ils trouvèrent bien encore,
(!) Barère, Rapport à la Convention^ iO thenuidor an u.
snr U placé de Grève, des coiioH des bataillons siBctionaaires, maii la (invention, et, an nom de 1> liyrw p»«tâage t-t reiivoyî-rent ta arm^e. Il était mtnnit (9 an 10 Unl've se trouvait évacuée. Biea 1 de-ville; la Conventiou pouvait nialtrefusf, alors m<>&iB que les et UbJraat dauit l'iut^rieur, ae aa «ituatiuii,
lia étaient ocru<'!)<, et A» l'appi pi^niitrait doJH dans la rialli; oà su br&Ia la cervi41e, Rulei^pîflf fifUétrc ot Uf fut i\\xv blessé; Coi qui ne le tuèrent pas, et nu geo fracaHAA la uiâckolrede RobeMpisi
Saint-Juat garda ce calme han pu niânie sur réch^aod. Qaaot la HHtinfiictidn de jctei' par la fen eu le mallieur de délivrer queiqu
Les prisonniers furent trensféi apr^ii, au Comité de sftreté génér eoMtraglant^e, y fut couché sur m Qui avaient été naguère bas et f venaient satisfaire leur curiosiW mai» recueillir le dédain de cet \ relevé dans la mort.
Les prisonniers étaient hors li malité banale, de constater seule les envoyer à l'écbufaud. C'est c expiation crnelle pour llobespierr
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de son hideux Ueutenant, Fouqtder-TinviUe lui-même, que la formalité fut remplie. Mais l'effroyable audace de Fouquier-Tinville n'était que symptomatique
Les exécutions ont été nombreuses, trop nombreuses, pour être le résultat d'une raison saine. Indépendamment de celles isolées et des poursuites juridiques, les exécutions faites sur simple vérification d'identité de personnes ou de fonctions, et comme résultat de la mise hors la loi par disposition générale, ont atteint immédiatement 105 personnes.: 22 le premier jour; 71 le lendemain, inutilement déjà, et 12 à la troisième fournée, selon l'expression de l'époque, et plus inutilement encore.
La Convention, comme étonnée de sa victoire, a bien eu la bonne idée d'empêcher la fête ordonnée pour honorer la mémoire des jeunes Barra et Yiala, mais n'a pu se dissiiiHiler assez les motifs de l'empêchement^ Il est vrai qae^ les têtes des prisonniers abattues, la Convention maintenait encore sa permanence.
Tels sont, dans un plan restreint, l'origine, le développement et la fin d'un grand événement qu'on a appelé le 9 thermidor, et qui occuperait, dans l'histoire de la Bévo- Intion française, une place moins* considérable, si, resserré dans ses proportions naturelles, il n'avait pas été détourné de ses conséquences propres, et exploité par les mains déplorables qui s'en sont emparées.