CHAPITRE XX
RÉACTION THERMroORIENNE
Pourquoi la France ne put avoir une ère de paix après le 9 thermidor. — Le parti Tallien. — Le Comité de salut public sauve la France. — On le désorganise. — Ce qu*a été le troisième comité. — Répressions nécessaires en Vendée. — Honteux traités de la Jaunaye et de la Prévalaye. — La chouannerie. — Terroristes réactionnaires.
Dans l'intérêt de la Bépubliqne^ de la Bévolation et de la France, qui ne méritait pas de sortir du terrorisme pour devenir la proie des intrigants et des proscripteuis
^'^actionnaires ; dans les conséquences naturelles de Tévénenient, le 9 thermidor ue devait pas être une révolution.
Sans aucun doute, il devait être le signal d'une évolution, mais d'une évolution pnulente, d'une distension graduée, menée avec sagesse et fermeté, avec patriotisme, par les comités qui Tavaieiit préparé, pour marcher, sans soubresauts, vers la situation normale d'un gouvernement régulier.
La Convention elle-même et son gouvernement devaient gagner en dignité, en sécurité aussi, à modifier les procédés révolutionnaires. Par la pro})re liicheté de sa majorité, que rendaient toujours compacte les votes serviles de ces misérables gens qui composaient la Plaine, la Convention
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avait été trop frappée, et trop de ses membres venaient encore de courir un danger sérieux, pour que les représentants ne voulussent pas enfin assurer, par de nouvelles mesures, leur indépendance et leur sécurité personnelle. Trop de citoyens aussi avaient été facilement et inutilement atteints, et le Comité de sûreté générale avait trop abandonné la liberté civile aux passions et à l'ignorance de ses agents de tous les rangs, pour que la Convention ne profitât pas de Toccasion de ramener, dans Faction de ses polices, plus de réserve et de justice ; et d'ailleurs,
< la victoire, disait Barère, qui avait toujours l'œil sur
< nos armées, vient de marquer l'époque où la patrie peut <c être indulgente sans danger, et regarder des fiiutes « civiques comme effacées par quelque temps de détende tion. ]^
Dans ces paroles se trouvait le mot vrai et sensé de la situation.
Mais on n'avait pas à cette époque, autant qu'aujourd'hui, l'expérience, devenue trop complète pour la France, des réactions politiques et des tableaux hideux qui les accompagnent : ici, des misérables qui passent du parti vaincu au parti vainqueur, et qui se croient des habiles, parce qu'ils sont impudents ; là, des prescripteurs qui rachètent des persécutions passées par des persécutions contraires; d'un côté, des dénonciateurs qui cherchent la satisfaction de passions mauvaises, ou le bénéfice d'un zèle sans oonscience ; d'un autre côté, des calomniateurs dont la bouche, pleine d'ordures, vomit sa bave même sur les morts.
Après le 9 thermidor, on eut de tout cela, même dans la Convention, et peut-être dans la Convention plus que