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Taf gét, potir qui ces mots signifiaient trop M ne «ignîfiaient pas assez ; Befgasse, qui trotivait qn'trn tel tUatêf était blessant potir les classes privilégiées; Ghapdiét'y rarooat breton, qni présentait une variante à la prdp<H sition de Sieyès, demandaient qne les députés se qoàB** flussent : les Béprésentantê dé la NaUm fran^edss^ liffoterMM f>étijléè.
UaloQôt} plus habile que sincère, maintenant tonJooMr au profit du Clergé et de la Noblesse un caractère et tttt pouvoir particuliers, ne récusait pas une dénominatiélk attestant que l'Assemblée représentait non la natidiiy mais la majeure partie de la nation, et n'avait pas \B droit d'imposer ses décrets à l'autre partie composée éB la Noblesse et du Clergé ; mais il acceptait même la déïi6« mination de Eeprésentants du Peuplâj parce que, pùllt lui, une telle qualification n'absorbait pas celle de Béprésentants du Clergé ou de la Noblesse. '
Cette argumentation, plus singulière que sérieuse, n'étdi pas seule à embarrasser la question. Ce n'était pas aêi^ett de la variante apportée par Chapelier à la formule de Sieyès; un autre, un avocat du Dauphiné, Pisou é» Gkdand, inventait à son tour une variante à la formule de Chapelier, et demandait qu'on se constituât en ÂMênMée léffUime et (Kt{i^ dês Représentante ds la nation jfrançaiêèj d'autres encore présentaient des formules bien moîâi ooncises et bien moins restrictives que celle de 6ie;fèB| et, brochant sur lé tout, Meunier proposait sans hésitatiM dd prendre la dénomination à' Assemblée légitime des Repfé* èènianiê de la mafeure partie de la nation^ agissant m Fààêêneê de la mineure partie.
Produits de la sottise ou de la perfidie, peut-être di
iTATSTOâr^BAUX DE ITtt I0&
Fine al àe l^tre, p^rce qu'il n'est pas difficile àd oom«> presdre que la concision est mie condition néoessaîre de taatft dénomination, les efforts divers et inattendus accnmoléfl contre la formule si simple proposée par Mirabeau Tont jeté dans nn grand étonnement, il Ta iToué lui-même. Peut-être ont-ils été pour lui oomme une lérélation des pensées dissolvantes qui devaient se glisser dans les délibérations de ce Tiers-État, qui ne pouvait, sans trahison, oublier qu'il représentait ezdusi-^ moant les droits et les intérêts nationaux. H est certain tont ail moins que Mirabeau a compris que la résistance ^^ qprouvait avait sa source dans le désir de s'isoler de h «ose populaire, qui était pourtant la seule force de ces pitqjFablea dogmatiseurs, dont les sophismes nous çni lihi tant de calamités. Mais Mirabeau n'était pas homma i oublier une situation pour ménager des masques. Aussi fcat^ii l'entendre suivre cette sorte de gens jusque dans le fend de leurs pensées, et leur exposer la question dins sa vérité implacable.
Ecoutons-le donc, leur répliquant : a Je vous ai dit, et c je vous ai exprimé de la manière la plus forte que les € deux ordres qui veulent s'isoler du peuple ne sont rien, c quant i la constitution, tant qu'ils veulent être € étrangers au peuple ; qu'ils ne peuvent avoir une € Tolonté séparée de la sienne, qu'ils ne peuvent ni i s'assembler, ni exercer un veto, ni prendre des résou € lutions séparées. Voilà le principe sur lequel ma € motion est fondée, voilà le but où elle tend, voilà ce € que, à moins de s'aveugler volontairement, tout homme
t de cens y trouvera ,
f On a cru m'opposQr le plus terrible dileinme, en disant
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< qne le mot peuple signifie nécessaireinent oa trop oa € trop peu; que, si on l'explique dans le même sens qœ € le latin popidus, il signifie la nation^ et qu'alors il € a une acception plus étendue que le titre auquel aspire
< la généralité de l'Assemblée ; que, si on l'entend dans
< un sens plus restreint comme le latin plebsj alors il
< suppose des ordres^ des différences d'ordres, et c'est li « ce que nous voulons prévenir. On a même été jusque
< craindre que ce mot ne signifiât ce que les Latins
< appelaient tulgtiSj ce que les Anglais appellent mobj ce
< que les aristocrates, tant nobles que roturiers, appellent
< insolenmient : canaille. A cet argument, je n'ai que
< ceci à répondre : c'est qu'il est infiniment heureux
< que .notre langue, dans sa stérilité, nous ait fourni
< un mot que les autres langues n'auraient pas donné
< dans leur abondance ; un mot qui présente tant d'ac*
< ceptions difierentes, un mot qui dans ce moment où il € s'agit de nous constituer, sans hasarder le bien public,
< nous qualifie sans nous avilir, nous désigne sans nous « rendre terribles, un mot qui ne puisse nous être contesté
< et qui, dans son exquise simplicité, nous rende chers à
< nos commettants, sans efirayer ceux dont nous avons c à combattre la hauteur et les prétentions ; un mot qui c se prête à tout : qui, modeste aujourd'hui, puisse agrandir c notre existence à mesure que les circonstances le rendront c nécessaire, à mesure que par leur obstination, par leurs € fautes, les classes privilégiées nous forceront à prendre € en main la défense des droits nationaux, de la liberté
< du peuple. Je persévère dans ma motion et dans la « seule expression qu'on en ait attaquée, je veux dire la € qualification de Peuple français. Je l'adopte, je la
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défends, je la prodame par la raison qui fait la combattre. Oui, c'est parce que le nom de peuple n'est pas assez respecté en France, parce qu'il est obscurci, couvert de la rouille du préjugé, parce qu'il nous présente une idée dont l'orgueil s'alarme et dont la vérité se révolte, parce qu'il est prononcé avec mépris dans les Chambres des aristocrates, c'est pour cela même que je voudrais, c'est pour cela même que nous devons nous imposer non-seulement de le relever, mais de rennoblir, de le rendre désormais respectable aux ministres et cher à tous les cœurs. Si ce nom n'était pas le nôtre, il fiiudrait le choisir entre tous, l'envisager comme la plus précieuse occasion de servir ce peuple qui existe, ce peuple qui est tout, ce peuple que nous représentons, dont nous défendons les droits, de qui nous avons reçu les nôtres, et dont on semble rougir que nous empruntions notre dénomination et nos titres. Ah! si le choix de ce nom rendait au peuple abattu de la fermeté, du courage. . . .mon âme s'élève en contemplant dans l'avenir les heureuses suites que ce nom peut avoir ! Le peuple ne verra plus que nous, et nous ne verrons plus que le peuple ; notre titre nous rapel-
lera et nos devoirs et nos forces
Représentants du peuple, daignez me répondre :
Irez-vous dire à vos commettants que vous avez repoussé ce nom de peuple ? Que si vous n'avez pas rougi d'eux, vous avez pourtant cherché à éluder cette dénomination qui ne vous parait pas assez brillante ? Qu'il vous faut un titre plus flatteur que celui qu'ils ont conféré? Eh! ne voyez-vous pas que le nom de Beprésentants du peuple vous est nécessaire, parce
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c qa*il TOUS attache le peuple, cette masse imposante c sans laquelle tous ne seriez rien que des individus, de c fûbles roseaux que Ton briserait un à un ? Ne TOjezc vous pas qu^il vous faut le nom de peuple, parce qu'il € donne à connaître au peuple que nous avons lié notre c sort au sien, ce qui lui apprendra à reposer sur naos
< toutes ses pensées, toutes ses espérances. Plus kabilea
< que nous, les héros bataves qui fondèrent la liberté de
< leur pays prirent le nom de Gueux ; ils ne voulurent c que ce titre, parce que le mépris de leurs tyrans avait c prétendu les en flétrir ; et ce titre, en leur attachant c cette classe immense que Taristocratie et le despotisme € avilissaient, fut à la fois leur force, leur gloire et le c gage de leur succès. Les amis de la liberté choisissent c le nom qui les sert le mieux, et non celui qui les flatte c le plus; ils s'appelleront les Remontrants^ en Amérique ;
< les Pâtres^ en Buisse, les Gtieuxy dans les Pays-Bas ; c ils se pareront des injures de leurs ennemis, ils leur € ôteront le pouvoir de les humilier avec des expressions « dont ils auront su 8*honorer ^ "p
Mirabeau avait frappé juste, et, comme on l'a vu souvent depuis, les hommes qui se sentaient mis au pied du mur, ocHnme on dit, sans avoir une arme sérieuse à opposer, eurent recours aux murmures, aux cris et au tumulte. Cette sorte de gens, qu'on est en droit d'appeler des traîtres, qui cherchent toujours une transaction avec l'ennemi, pour arriver à satisfaire leur ambition personnelle, ne pouvaient pardonner à Mirabeau de leur en fermer la porte. Il les menait dans une voie dans
(1) Mirabcftii, ùiscotirs aiut ÉtaU-Généraus. (Sétnoe du 16 JQii 1789.)
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iâqutUe il Cdlait vainore STec la nation, on tomber avec He; o^éteit engager nn trop gros enjen, et ils étaient certains d'ailleurs de Tappui de la plupart des bourgeois posseesems d'une particule, et qui se erojaient bien BoUes, et de presque tous oes détenteurs de fonctions ^ eonlSsraient la noblesse.
Lea uns et les antres, rejetés éleotoralement, en 1780, dans les nmgs du Tiers-État, en faussaient Pesprit et rintérAt, et la présence de ceux élus par leur ordre peut expliquer i notre génération ce phénomène que les députés de cet ordre, au lieu d'une unanimité qu'on pourrait raisonnablement leur supposer, ont rencontré parmi leurs pairs des résistances tenaces sur les questions les plus simples et les plus fondamentales.
Mais Mirabeau n'était pas facile à intimider, et, an lieu de reculer devant les clameurs, il reprit la parole pour s'écrier : c Si ce morceau de mon discours est coupable, c je ne crains pas de l'ayouer; je le laisse signé de ma c main sur le bureau ! ]^
Au milieu des formules présentées, s'en trouvait une d'im député dont le nom est resté presque inconnu, quoiqu'il soit le véritable parrain de nos grandes et véritables assemblées parlementaires. Cette formule est celle de LegTBJïd, avocat du roi au bailliage de Châteauroux, député du Berry, jetée au milieu du débat comme une transaction, significative comme une grande institution, concise comme toute idée qui s'impose.
La véritable portée n'en fut probablement pas comprise de tous ceux qui venaient d'attaquer Mirabeau avec tant de violence, mais elle fut évidemment comprise de Sieyès qui, quel que fût son amour si exclusif pour ses œuvres^
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se rallia à la proposition de Legrand, en essayant, il est vrai, de se l'approprier et de ne pas en laisser le mérité à son véritable auteur.
La formule de Legrand a été votée à une majorité de 491 voix contre 90, et à partir de ce moment (17 juin 1789), il n'y eut plus d'États-Généraux ; les députés vérifiés ne furent plus seulement les députés des Communes, toutes les dénominations ou députations particulières n'eurent plus qu'un nom de convention et sans portée : la réunion des élus de la France s'appela V Assemblée nationale.