‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 180 sur 198 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

- l'abolitioD de la peine de mort, sauf ^mif et faux MBignats. i

€ La Duit vitnae, une jiartie des insargvs, totu | tîgii^B, sbaudo&iiùreat U Couti^dUod, les uns attemll le lendemain, lea antres croyant leur triomphe complfl « On»e heiirw et demie. — Il ne reste dans la n que Itié pitu Hmii-8 de-t insnrg<w, mais moins uiiial leur tmluur a'e»t di«Htp^e \vs l'ezc^ de la fàttgl Tooa, oonventionavls et ûineutiem, couverts de ton notra de poussière et asphyxia par un air ioiéot i aasombrit lea Inoipen d'éclairage, saocombeot aotm IniMitndc.

< Minuit. — Boiaxy d'An^laA a repris la présidence; chef du bataillon de la Bntte>deâ-Muulios reprend Tofl eiie ; on a loianÀ à dessein le couloir gauche libre pa que lea inaur^^, voyant une iâsue, fussent moins dispai A soutenir une lutte désespérée. On croise la baîunueti «t on poQMe t^ideœeati la foule Burpriae vers la pdl laisRi'e libre. Vice la Conren/ian.' A bas Ja Monttufnef 1 alors ThibaudcHU, liicho tout-à-l'henre, crieploa hautqi tous; puis Tallien : i 11 ne faut pas que le soleil se loi et que les Bcélérata exist«nt encore. »

« VoiU le mot de la situation : ProJUontf et, de &i la Révolution est définitivement vaincue. C'était i malheur que la Révolution en f&t réduite à une insumi tioQ contre lea restes de la représentation natioDal mais ce malheur n'ntait pus le seul : ces gambadeurs' ceH royalistes ne âe contentant pas de la victoire.

« Mais, le rappel ayant été battu inutilement, le goi veroement eut recours au tocsin. Ce qn'on obtint enfi oi fut le ouncioars principalement des habitants de

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section Lepelletier et de la Batte-des-Moulins (deux sections royalistes) ; les autres étaient en majeure partie pour l'insurrection, sans y prendre part, et beaucoup de gardes nationaux portaient à leurs chapeaux : la, CamtittUion de 93 et du pain!

€ Les insurgés, fatigués, et croyant au succès résultant des décrets obtenus, avaient regagné leurs sections ; mais, le dernier état de choses connu, Tinsurrection est de nouveau tentée, 2 prairial, au bruit du tocsin, et, cette f(Hs, avec rintention avouée non plus de se borner à des exigences vis-à-vis de la Convention, mais de la remplacer.

€ Un comité d'insurrection s'établit à l'hôtel-de-ville, sous le nom de Convention nationale du peuple souverain, La Convention a, pour elle, les mêmes bataillons ; quant aux autres, la plupart des gardes nationaux résistent Icmgtemps à l'excitation de retirer de leurs chapeaux rinscription : Du pain et la Constitution de 1793.

< Les sections de la Butte-des-Moulins et Lepelletier marchent sur le faubourg Saint-Antoine, mais, au lieu d'une foule désordonnée, ils aperçoivent les bataillons de Popincourt, Montreuil et des Quinze-Vingts, font demitour et regagnent le Carrousel.

€ Ils sont suivis des trois bataillons qui viennent prendre position contre la Conventiou.

€ Cinq heures du soir. — Des canonniers des autres sections passent aux insurgés.

€ Sept heures. — La Convention est dans la consternation. Interviennent alors des gardes nationaux sans armes; mais cette agglomération populaire, mise en mouvement par la misère, autant que par l'effet d'instigations

mnltipliàes, n'était pM animée de la HcrreoBe exaltat| dtf msaBen révolutiouiiain'i^ il'iiatrefoifl. La fatigue' rebntait pronipUitiii'nt, et elle écoutait sans oolî-re { cotiBcils contraires box escîtatioDS qui loi avaient I {nvndro le» arruen.

€ Les t«utativefi du ^rile« uationaux parlemeataii obtinrent immôdiatemoiit un deuii-succïïa ; on annoi bieotAt à la Convention que len citoyens armés dv» in partis ^-taient diepoecs & fratcrniBer, et l'on propusa qi oonformi^iiient aux d'^sîro de ceux qni av^ent entama pacification, dix luembres de rAssemblée fassent i ngaéa pour achever l'ieuvrc conciliatrice

« Huit heures, — Les conventionnel» disigafa . rendent sur la place <in OarroHael, ee dispersent parmi) inaurgi'M . , . Six ouvriers Bont nommés poar accompogi le« députés parmi leurs eollèçiiea. Ils sont inlnnluitl titre de pi^titionnaires, et reproduisent les demandes dft Teille : da pain, 1» Conetitution de 1793 et râsrgid ment des juitriotes. Vcniicr, qui préside, lit le df-cret pr mulgimot les lois organiques de la Constitution de 170 J\ promet l'examen des autres points, invite les délégD il la séance, leur donne l'accolade fraternelle. On accon de nouveaux gages : l'élargissement de prisonniers. I nouvelle eu est transmise, reçue avec joie. La foule re titue les canons enlevés aux conventionnels, et regagi les faubourgs.

■ MiÛBjle SprairiaJjOnapprendquelaOjaveutionJM nne comédie; que des troupes sont mandées, plosiea bataillons de ligne et trois mille hommes de cavalerie; c munit d'armea la jeanesse dorée, et, le 4 prairial, le g néral Kilmaine a, bous son commandement : 1 bataille

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de la jeunesse dorée, des détachements des sections de la Butte-des-Moulîns, Lepelletier et des Champs-Elysées deux cents dragons, des canonniers (section du Mont- Blanc) ; Yemier et Courtois marchaient avec eux.

€ Au point du jour, sans bruit, la colonne part du Carrousel, suit les quais, parcourt la rue Saint- Antoine et s'engage dans le faubourg ; rencontre quelques rares habitants, arrive à la barrière du Trône et fouille la maison de Santerre, pour s'emparer de Thuriot et de Gambon, qui n'y étaient même pas. (Yemier et Courtois!. . ..)

« Au retour, cette colonne se trouve enveloppée de barricades; on leur ouvre les barricades pour qu'ils se retirent. La jeunesse dorée veut s'emparer de deux canons, alors le combat va s'engager. Kilmaine, qui se sent perdu par leur imprudence, leur ordonne de restituer les canons. Ils s'exécutent, et, par punition, les jeunes gens sont obligés de défiler par un étroit passage dans les barricades, sous le coup des quolibets.

< Il est dix heures et demie. Mais Kilmaine reçoit des renforts de cavalerie et d'artillerie ; on met la main BUT l'arsenal; de grandes forces se massent d'un côté, prennent position de l'autre; il y a, pour l'Assemblée, certitude de succès : alors elle institue une commission militaire de cinq membres.

c A quatre heures, le mouvement militaire préparé depuis le matin s'exécute; des propositions de paix sont rédigées et confiées à des parlementaires munis de saufsconduits pour l'Assemblée, mais les délégués n'y sont pas admis Lâche dans le danger, cette majorité devenait féroce dans le succès. :»

Que ae passait-il donc aa sein de 1& CoDveotion, Jt dant cette grande ug'ilutiou de la rae? Un vent Rwihetu- «t de pruecriptioD soufflait aur elle.  la sg delà iirvfflièrejtMiriiiJe de prairial, la eurexcitfttioQ dM ^Tiuidfl. l.«A Train amix do 1« liépabliqoe, ses partît trop ardeoU sont toiubm duns le piège qn'on leur ttHidn, et la Convention des Thermidorien.'», la Oï TAutton de la Plaine, de Gi>tt« Plaine si abjecle qui a I loDt le mal par ne» lAcliet^, cette Convention, qal maintenniit du courage sans danger, en profite aver ■ rn^e iiuiuwlL^rée. « 11 s'agit dVloigner les représeiitan terrorietes on non, qui, quelle que soit l'exagi^raUon < leur opinion, on mAme à canne de cette exagération, M pleins de d*:TOliomeiit A. la lii^vnlntion, et, par leurs liai tudefi, leur abnégation, leur diisintére?sement et leur p pularité, xont un dangur pour les intrigant<«. Aussi i demande que Bourbutte, Goiyon, Albîtte aîné, Dura MHent arr6té«1 Et l'on voté aan« éconter; on apenrl Hdvnir et, de connaître; il est j)lu8 commode de frapp <*atiB entendre, et Bourbotte, Dnroy, Duquesnoy, so déon-Héa d'arrestation (ce qui voulait dire la mort).

€ On propose d'arrêter Prieur (de la Marne), qui n'fl pour rien dans le mouvement, ainsi qne vient de l'i tester un enragA ^'actionnaire, Bourdon (de l'Oise), ■ cette proposition, non motivée, souffre peut-être diâicnlt Mais un royaliste de la Bretagne ae plaint, à propos t prairial, d'une commission établie, dans le temps, jx Prieur dans le FinistiTe, et nn cî-devant Jacobin du Ci vados, qui s'efforce de faire oublier par ga rage de ré* tion ea rage révolutionnaire, dit qu'un jour l'rieur a ain interpellé le président : u Je demande que tu mettes as

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« voix qae le peuple aura du pain, avant de sortir de c cette enceinte. ^ — Et Parrestation est mise aux voix Otf miUeu des plus vifs appldudissements. Le même décret est ensuite porté contre Bomme et Soubrany.

c Le Pbiîsidsnt. — On demande l'arrestation de Goi\jon. (Pourquoi? — Ce n'est pas utile à savoir.)

€ Goujon. — Je demande la parole.

€ Un grand nombre de voix. — Non, non, non! C'est un assassin I — Tout est dit La parole est refusée à Goujon n est décrété d'arrestation.

c U en est un, Albitte eâné ^, auquel on reproche d'avoir prêché la réconciliation, mais dans un sens équivoque : Vite une arrestation, en attendant le 23 prairial où il fut condamné par contumace.

€ Un inconnu demande l'arrestation de Lecarpentier qu'il appelle, à propos du 1^ prairial, le bourreau du département de la Manche. — Accordé.

c Un autre inconnu demande l'arrestation de Pinet, qu'il appelle à son tour, à propos encore du l*' prairial, le bourreau de la Biscaye et de la Guipuscoa. — Accordé.

c Un troisième inconnu demande l'arrestation de Borie, qu'il appelle, toujours à prqpoe du 1^ prairial, le dévastateur du midi. — Accordé.

« Un quatrième inconnu demande l'arrestation de Fayau, dont, à propos du 1^ prairial, cela va sans dire, la Vendée atteste encore les ravages. — Accordé; car il fallait bien qu'en ce jour d'ivresse réactionnaire, l'intéressante Vendée reçût un témoignage spécial de ten-

(1) Ce conventionnel appartenait à la famille de l'auteur; ordonnateur aux armées en 1812, il périt de faim et de froid à la retraite deRuBBie.

(Irciise. Toutes ces propositions sont BoocesBivement 1 critées au milieu des plus rifê applaudissenicnte.

< L'Assemblée a donc trouvé au moyen oomniodfi i frapper «es membres. L'ne mise ea jugement eiîge ( ÂlMicubt d'accusation, a quelque durée et n'oS're pas : BDorèa aaanrt'. L'Assemblée jnge par décrétai C'est facile. . . uQ décret est proposé, enlevé, rien n'eiit p) simple, et rien n'assure mienx une majorité que d'i ntoher muài deH adversaires ù leur» Kiéges. Ia Conni tion u maiut«nuDt, pour lu diriger, des honimeii doQ d'uue bien large conception et d'une bien haute mon Iit«!... I

•I Aussi c'est À la tribune m^me que, parfois, i dresse les listes. Un jour, ou a envoyé sept représenta^ BU fort de Uam I Un autre jour, du haut de la tribus Tallien, l'ancien terroriste, It! dictateur du jour, iiupron une liste qui en désigne huit ou dix, parmi lesquels il I est qui doivent bttuver Tallien d'une bien effrt^ble 4 gratitude. Ils sorout envoyés au fort de Ham par u décret «M ;>iVrf le>:ë. On appelle cela les condamner! Pam ceux ainsi frappée ae trouvaient ; Tburîot, du Comité d ealut public, justement influent dans la Convention, ( Cambou, l'inventeur du (jrrand-Livre, dont la probil et les lumières eu faisaient un homme « incommode, a-t-oD dit.

a Quand on est en si bonne veine, on peut bien cou tinuer; un nommé Lehardy est assez ignoble pourdt mander l'arrestation du bienfaiteur de sa famille, Bobei Lindetj en l'accusant d'être uu homme adroit, astnciecu Mais la mesure est comble : <i II n'a pas été question d lui, » crie l'un ; « il a suuvé mon département, > d

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Tautre ; c il a sauvé telle municipalité ^, » ajoute un troisième. >

c Déplorable tableau des contrastes I La réaction thermidorienne étant accaparée par le royalisme, on voit celui-d s'acharner sur Robert Lindet, pousser à sa perte et même profiter de prairial pour assassiner Duroy.

(1) Cette municipalité était celle de Gonches, compromise dans Taffaire du Fédéralisme. Elle était très-certainement royaliste *, tandis que la population de cette ville était patriote. De là des luttes ardentes, jusqu'à mettre Tautorité locale dans la nécessité de tirer d*ETreux et de faire marcher sur Couches la garde nationale, la gendarmerie tout entière, des chasseurs et deux pièces de canon.

Il en résulta l'arrestation de six personnes, que Ton a toutes désignées sous le nom de « la municipalité de Couches. • La translation eut lieu à Paris, et elle fut, pour Robert Lindet, l'occasion d'une inter- Tcntion qui fut le salut des prisonniers. Le commissaire du gouTernement ayait, selon son droit, sauvé en masse ; le membre du Comité de salut public allait sauver en détail. Les accusés sont à la barre, il trouve dés prétextes à l'ajournement ; ses farouches collègues comprennent qu'il ne faut pas engager une lutte avec un membre du gouvernement si nécessaire dans le moment présent, car Paris et l'armée pourraient bien manquer de pain si un pareil homme venait à disparaître.

Cinq ou six méchants provinciaux valaient-ils donc tant de peine? Non, non. Il parut plus simple de les acquitter, et de renvoyer dans sa province cette municipalité de Couches, source de tant de désagréments. Les royalistes de Couches étaient sauvés : ils ledevaient à la résolution tenace de Robert Lindet, qui savait bien d'ailleurs que la justice et la République n'en souffriraient pas.

* Son chef, nommé de Fougy^ d'un royalisme zélé, s'autorisa des souvenirs de la municipalité de Couches pour faire substituer un anoblissement régulier à sa noblesse supposée. Il n'obtint pas tout-à-fait satisfaction, parce que, singularité si l'on veut, ses lettres patentes d'anoblissement étaient revêtues de la dernière signature qu'eût donnée Charles x, au moment de son coup d'Etat, et que, devant être entérinées par la Cour royale de Rouen, la tentative qu'il fit do les présenter fut repoussée par le parquet, les conditions énoncées dans les lettres patentes n'étant plus en parfaite harmonie avec le nouveau régime.

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c Mais, conBolation des lâchetés et des tnrpitadei cette époque, an moment où Robert Lîndet, tombé di puissance, se défend contre la perfidie, une yoix, pouvait n'être pas sans écho, s'élève .... C'est la mi cipalité de Conches qui demande qu'on n'ait pas Vis\ tice de sacrifier son sauveur. . . .

c L'Assemblée d'ailleurs devait être à bout d'haleini Toutefois, à la séance du 5 prairial, elle décrète que représentants poursuivis seront jugés par une commiss: et dans les lieux où ils se trouveront. Le 8, le cynii du crime continue. Panis l'éprouve, puisque ces sim] mots : c Point de barbarie, mes collègues I » suffisent j motiver son arrestation; aussi, à la séance du 9 praû le repos semble avoir donné de nouvelles forces aux ] sécuteurs. Lehardy (toujours le même) prend la pa et dit : € Je dénonce ici comme conspirateurs très-d gereux Jean-Bon Saint-André et Bobert Lindet... Gktumon, dans un langage haineux, demande une oc mission de neuf membres, une espèce de cham ardente contre les df'putés. Lehardy cite comme exem les sections (jui ont ùtr autoris<'es à se })urger,

Mi II. Larivière, Thomme des royalistes, qui ne peuv I)ftrdonner à Camot d'avoir battu les Vendéens et chu les armées ennemies, réduit la mesure aux membres comités de gouvernement, et, par uue allusion plus dire à ceux qui ont usé de leur droit en repoussant à la Imne Taccusation contre Collot, Billaud et Barére, e avance imi)udemment cette théorie qu'un discours \ nonce ù la tribune sullit pour motiver comj)lètement i arrestation.

« Carnot répond quelques mots, et il est probfi

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