‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 181 sur 198 · MORT DB DUROY · texte numérisé non relu

MORT DB DUROY

néanmoins qne la coalition thennidorienne va mettre en arrestation les denx membres non incalpés, mais désignés, quand nn de ces vigoureux qui sont braves sans danger, et qui vont toujours très-loin quand un grain de eable ne les arrête pas, en désigne d'un seul coup une douzaine dont il déclare voter l'arrestation. Ce sont Bobert Lindet, Jean*Bon Saint-André, Youlland, Jagot, Slie Lacoste, Lavioomterie, David, Oarnot, Prieur, Dubarran, Bernard (de Saintes).

< En vain un membre veut fidre remarquer que de telles mesures seraient un beau jour pour les émigrés; on le sait bien, et on ne le laisse pas continuer.

c En vain d'autres membres, étonnés d'entendre repro» duire le nom de Bobert Lindet, réclament pour celui qui a sauvé dix départements, au nom du Calvados en deuil s'il était mis en accusation, au nom d'administrateurs, de municipalités, de fonctionnaires, d'accusés qui lui doivent la vie; l'énerg^mène qui s'appelle H. Larivière s'empare de la tribune : il ne formule aucun fût, c'est vrai, mais il accuse B. Lindet d'être hypocrite, de faire de gracieuses grimaces, d'avoir trompé sur son compte; il dit que, s'il a sauvé le Calvados, c'est qu'il était trop habile pour fisùre autrement. D ne s'agit pas, pour lui (il ose l'avancer), d'examiner des faits, mais de prendre une mesure politique; puis il déclame facilement contre les assassinats, les massacres. Il réclame Id foudre du salut publiCj et vote l'arrestation.

« Faut-il s'étonner, à la suite de ce discours, que l'im-» pureté ait débordé ? Lehardy a osé dire ceci : < Si le léc gislateur devait s'arrêter à des fidts particuliers, je c dirais, à la décharge de R Lindet, qu'il a sauvé toute

HOBT DK DOBOT S77

il encore parler à la conscience de ses I riuve cette note, de sa main, à 1b stùte

['parées pour ea. défense : n Je fns

L miBaion dans le Calvados, parce gae,

iljt:spit:tTe, j'empêchais qn'on j ût tomber la

1 ftdéniliateB. Il me traita de SerpetU du Marais,

lourd'huî, je suis poursuivi comme terroriste! a

ragiasait bien de conscience, alors I Qu'on

I archives, qu'on y lise, entre autres pièces, ces nières concernant Duroy. Quelle rédaction! Et l'esprit reste douloureusement stupéâé après B lecture :

ARRÊTA DE lA COMMISSION HIUTAIRl:

{Copie lilliraU)

I Les ciloiens qui ToudroDt asister a La Séance de la Commiasion I m'* demain ne finurront monter Lescalier, ni entrer dans Le Vesr tibnlc avant que Loficier des grenadiers de garde près elle en ai < reon lo'rdre dn président.

t Lee dépatéa ne pourront recevoir le personnes qa'îls ont été ■ utliorlsé sTOir que jusqna 9 heures et Lesportes des Salles prece- « deates celles ou ils sont détenu Seront fermé jusqua Lheare de € Lonrertore de la Séance.

25 frairvà, séance tenante.

Le président de la Gommisatoa, M. J. GiprrAiNB.

PROCÈS-VERBAL DU 29 PRAIRUL AN ni

Extrait :

• Romme, Goujon, Diiqucsnoy sout ■ morts des coups qu'ils se wat donnés. >

t Duroy, Soubrany et Bourbotte étaient enan-e existants. Ces trois

•< onl M à rimlanl r

•t t'ejKtJileur pour subir tftir j^

t Si-jnA : M. J, CwitAiNH, vice-président. — VcbdI adjudant-gËnérsl, — T&ijcet, cher-d'rscaairen. pAiinB, ca|»lalae de cavaierie. — Dbmllb, nli lAire. — KouHiËBB, secitUire général. •

Les belles pages de J. Cl»retie sur les Demùrs M» U^mrda, tout en ét&ut 1b récit d'un drauiË s&nglafl ■otit toutefois moins lugubres. Comtim rien ne pourtl Iw rendre comme expression et couleur, qu'on les lu et on 7 retrouvera, pour la regretk-r davantage peut-éti cette figure courageuse du coœiiatriote montagnard, ^ exécutéle premier des six qui n'avaient point réussi Aj donner la mort, ne put se défendre du regret de s'ôt manqué et dit, eu regardant ses maîns euchaînéai u Ces mains-là étaient-elles donc faites pour porter j chotues! » Mais 6on dernier mot, au moment 8aprême,fl an« parole de firat«mité : « Vive la Bépabliqne ! EmbrafiSt voiis; uiHfisez-vous ! c'crit le seul moyen de la sauver.

Quant à liohert Liudet, comme jl>eâucoup de s collègues décrétés d'arrestation, il parvint à se sonstrai à la fureur du moment; il se retira duiB Cmq, où il tais passer l'orage ; mais il devait encore être atile à aon pay on le retrouve ministre des finances en l'an vm. H nionr en 1825.

Elle était bien tombée, la grande Convention! S fureurs l'aveuglaient tellement, qu'elle ne s'apercevEÙt p qu'elle n'avait plus de popularité que parmi les ennen de la Révolution. « Aussi les dangers vont pouvoir menacer; elle ne voit pas que les armées qui font fiice l'ennemi murmurent de savoir que les agents de l'émigl

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tion font ainsi égorger les patriotes à l'intérieiir : quelque! drôles qni jonent à rimpoiftance s'imaginent bien d'aborder la tribune pour faire décréter cette formule monotxme qu'ils paraissent aroir affectionnée: € Telle armée oontinm à tien mériter de la pairie! » mais ils feignent de ne paD saToir que l'armée les appelle^ en ricanant s lee êwgee de JBarère.

i Malgré cela, et peut-être À cause de totit cela, oà poussé de plus en plus l'Assemblée Ters sa déconsid^ficMi. On bai apprend à ne pas crundre le corps électoral, parce que, bien que la Constitution si mauvaise de 1 793 ait été acceptée par le vote de la nation, et que les hommes scrupuleux n'en veuillent la révision que dans la forme légale, on lui fait envisager d'usurper la puissance nationale, de refaire elle-même la constitution acceptée, de se débarrasser du corps électoral en le détruisant. Ainsi cette Assemblée ira jusqu'à cet acte déplorable de gens, sans conscience et sans pudeur, qui se seront fait élire, fait donner un mandat par électeurs, et se serviront du mandat pour confisquer les droits des mandataires. Aussi toutes les hypocrisies sont -elles devenues possibles, faciles même, et passeront-elles pour de l'habileté dans une Assemblée ainsi tombée I

€ Malgré tout cela, le testament de la Convention nationale fut une loi d'amnistie, dont le 1^ article portait: A dater du jour de la publication de la paix générale^ la peine de mort sera abolie dans toute la République française. i>

On a plusieurs fois signé la paix, et l'humanité attend encore le cadeau que la Convention lui a promis . . .

Mais le peuple, a ce grand crucifié, d sait attendre, et

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il n raison : son nalut est dans sa foi; les immortels | cipes <Ie 1 789 ne peuvent pas périr.

Houneor à ceux qui les ont consacrés I .. . La, secendante est toujours péuible. . . Que les enfants 1 du di^partement de l'Eure saluent doue, dans leur Ifh avec reconnaissance, ce» trois noms qni leur appartieao Buzot, Duroy, Liudet, car, malgré l'expression si juri Louis Blanc, sur la Convention : — « Il est difficile d*i mer si elle exagéra le crime plus que la verta, oi vertu plus que le crime, > — il est on fait unique dei lequel tombent tous les autres : Elle a SAUvi France db l'invasion àiKANGÈiaE !

FIN DU TOUK SEGOi

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