‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 25 sur 198 · DECLARATIONS ROYALES · texte numérisé non relu

DECLARATIONS ROYALES

dérision ; une dérision presque aussi efiFrontée que Ta été le 20 décembre 1803 (28 frimaire an ^n), la Constitution consulaire du général Bonaparte, qui semble rœuvre de quelque farceur de corps de garde, destinée à être promulguée sur les tréteaux de la foire.

Le côté sérieux des déclarations c'est que, en leur supposant tout succès, en supposant la France contrainte à rester sous le joug qu'on rivait pour elle, il en pouvait sortir la dissolution de la nation; car, Louis xyi le perdait trop de vue, le grand objet de la convocation des États- Généraux, qui était de rechercher les moyens financiers, de créer des ressources à une monarchie dont le trésor était ruiné depuis si longtemps, se trouvait entièrement manqué. La dette était partout, et les efforts de Louis xyi en faveur des deux ordres usurpateurs et privilégiés ne pouvaient parvenir à soutirer de l'argent da milieu d'une nation que la disette assiégeait. Sans argent, la machine s'arrêtait, et en s'arrêtant elle se détraquait

Si nous continuons à marquer le côté sérieux des deux déclarations royales, dont le sens ne devait échapper à personne, nous voyons clairement que l'homme des vieux régimes, l'homme des iniquités, des exactions et des oppressions féodales venait de se manifester. Le maître faisait entendre ses ordres ; il notifiait son ultimatum aux réformateurs et à la France : c'était la guerre déclarée entre deux idées contraires, deux intérêts opposés, entre une monarchie et une nation. Qu'on le veuille ou non, qu'on feigne ou non de ne pas le comprendre ou de l'oublier, Louis xvi a nettement et irrévocablement posé une question formidable dans ses deux déclarations du 23 juin 1789. Elles recelaient nécessairement ou la

consolidation de Tabsolatisme, escorté des privilèges du Clergé et de la Noblesse, ou une révolution accomplie par une nation s'étant crue un instant aux termes de ses maux, rejetée brusquement dans le désespoir, et poussant enfin le cri de l'époque : les grands sont grands parce que nous sommes à genoux ; levons-nous !

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