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afllenn, et fit la motion d'une adresse au roi, pour le prier de fiûre retirer ses troupes des environs de la salle des séances.
La motion de Mounier, bien accueillie, allait être suivie de la désignation de la députation au roi, quand survint un incident dont l'importance eifaça tout l'intérêt de la discussion engagée.
Le matin, l'ordre du Clergé tout entier s'était assemblé dans sa salle particulière, et on 7 avait délibéré sur les déclarations royales. La minorité en avait profité pour remettre tout en question, en s'emparant de l'annulation prononcée par Louis xvi et de la réglementation qu'il vmt ordonnée ; mais la majorité, voulant maintenir la ?didité de sa précédente délibération et n'obtenant rien de rénergique résistance de ses adversaires, déclara qa'elle se retirait pour aller se réunir aux Communes.
La démarche de Larochefoucauld et de Juigné, à Marly, laprès du roi, pour le déterminer à un coup d'autorité, avait eu pour objet tout directement d'apporter un obstacle à l'action des prêtres ayant formé la majorité, et, par un effet contraire à celui attendu, cette majorité s'était élevée à 151, nombre des ecclésiastiques qui se retiraient de l'assemblée de leur ordre.
D'un autre côté, si ceux qui y étaient restés étaient encore au nombre de 132, il arriva qu'au moment où Larochefoucauld faisait voter un arrêté d'exécution des déclarations royales, il ne se trouvait plus que 118 votants : autre élément de décomposition, le comte Dolomien, chanoine dauphinois, et l'abbé de Saint- Albin, de la même province, tous deux opposés à la vérification des pouvoirs en commun, restant sur cette question avec la minorité,
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déoluraient qae, eette première formalité accomplie^ ils «xécateraient lee dispositions de leur mandat, qai leof défendait de laisser le Clergé se constituer en ohambrt spéciale efr séparée.
Plus d*nn était dans le même cas. Si un honune oomma Boisgelin^ Tarchevéque d^Aix, s'était fait élire en acceptant un mandat qui lui prescrivait la réunion, et se serrait da ce mandat tout directement en sens contraire et avec un lèle trop peu désintéressé, il s^en trouvait d'autres, tfop peu scrupuleux, dont la conscience devait être alannéa d'une telle infidélité, et le moment n'était pas éloigné où ils se sentiraient à Taise de retrouver les 151 réunis aux Communes.
C'est Tarrivée de ceux-ci au sein de FAssemUée nationale, où ils apportaient la majorité de leur ordre, qm avait interrompu la délibération sur la motion de Moimier. Us n'en étaient plus seulement à la simple vérifloation en commun; ils déclaraient demander la vérification immédiate de leurs pouvoirs, pour délibérer sur ce qm s'était passé dans la séance royale. Aussi ne trouve^t-on rien de plus pressé que d'accomplir la formalité de la vérification.
Le lendemain (25 juin), l'intervention de l'élément révolutionnaire, qui pouvait seul d'ailleurs sauver l'Assemblée des projets déjà connus dont elle était l'objet, activa la décomposition du parti de la résistance dans lea députés de tous les ordres.
Neeker, refusant d'assister à la séance royale, avait dû jouter sa démission. Le bruit de cette démission s'était déjà répandu dans cette foule, qui s'est, on l'a vu, livrée à une si importante manifestation vis-4^vis de lui. Il
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«mit mémo £Ula capituler deyant une telle dcmonstntioii,
it le roi e^était trouvé assez heureux de se soustraire au
danger tn autorisant Necker à calmer la oolàre populaire
par rasaurance qu*U resterait ministre. Mais Pagitation dea
espriti n'eu continuait pas moins^ et Ténergie redoublait
dfM la population en raison de ce que le moment
paraissait plus décisif. Le 25, la réunion de la majorité
dxL Clergé était immédiatement connue ; la résistance de
la mii^orité Tétait aussi^ quand Juigné sortit H passait
dana Topinion publique pour s^entendre avec le comte
d^Artois, le prince de Condé et le prince de Conti, txo^
lenta adversaires de toute réforme ; on savait d'ailleura
mÊk démarche à Marly, et on connaissait ses efforts pour
impoaer la volonté du haut clergé au bas clergé. La
colère qu^il excitait se manifesta rudement à sa sortie : sa
TCHtore fut un instant arrêtée, et U n'échappa & l'émeute
que par la présence d'esprit de son cocher, la vigueur et
la vitaeae de ses chevaux; mais rentré chez lui, déjà
épouvanté, éperdu, il vit bientôt la multitude envelopper
sa demeure, et le charger d'imprécations; l'arrivée de
gardes françaises et de suisses, loin d'abattre l'efiferves-»
eence, redoubla la colère, et on ne savait bien ce qui
sllait en résulter, quand Juigné céda aux remontrances
de ses domestiques, probablement effrayés aussi, et le
mouvement fut calmé par la lecture d'une déclaration
dans laquelle Juigné s'engageait à se réunir à l'Assemblée
aationale. Il envoya ses pouvoirs à Gicé, son collègue,
mais l'Assemblée les lui renvoya, sa démarche n'étant
que le résultat de la contrainte.
Pourtant, Juigné se présenta lui-même à la séance suivante, en déclarant que Vamaur de la paix l'amenait
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aa milieu de rAssemblée ; Baillj, tout heureux probablement qu'un tel ennemi rendit enfin les armes, ne lui ménagea pas les éloges ; quoiqu'on vit toujours Bailly, peut-être par simple habitude d'académicien, décerner trop volontiers l'éloge, on trouva qu'il était allé trop loin, en disant à Juigné que sa présence était la dernière couronne qui manquât à ses vertus.
n est de vérité qu'à ce moment, Juigné n'était plus qu'un grand retardataire. Depuis quelques heures, sous la pression peut-être des orages qui grossissaient, la lumière s'était faite, même dans les rangs de la minorité intraitable du Clergé descendue à 118; elle ne se tenait même plus à ce chiffre : sept s'en sont encore détachée dès le 25 au matin ; un autre quelques heures après ; Telleyrand, le trop célèbre évêque d'Autun, et Dutillet, évêque d'Orange, le lendemain à l'ouverture de la séancei et à la suite immédiatement quatre autres, puis un, pois
deux Ne comptons plus, et laissons cette minorité
de plus en plus infime s'agiter dans l'impuissance, avec la prétention d'être la représentation du Clergé de France, et descendre jusqu'au ridicule en nommant des fonctionnaires sans fonctions, tel cet abbé Montesquiou qu'elle élisait promoteur en attendant qu'il devint ministre de Louis xviii, comme preuve vivante d'un grand malheur pour la France et d'une grande insulte pour la raison publique. Mais la Noblesse n'avait peutêtre pas tort, tout en prêtant à rire, de traiter sérieusement la petite portion du Clergé s'opiniâtrant dans la résistance, car cette petite portion n'était plus elle-même qu'une réunion d'une cinquantaine d'archevêques ou d'évêques, dont pas un n'était plébéien, et de prêtres
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tÊgÊaàmtioM dUes^inteiei ont dû amener de moyette^ dlMbitadeB et de ûéceeeitéa de cotûmtinicatioûs fréqiMtttei it rapidei entn Faria et Yenaillee. Auasî PAri« TeftMt^ tHtHÎl immédiatement le eotit]*e-cottp de totit ce ipm Tenailles éprcmvait, les detut villea étamt d^aillettfft tàXi nAme diapaeoa poUtique^
Le prcget de eéanoe royale^ commenté de mAme ft Parié it i Yersailles^ a^ait allumé davatitage eneor e les eepriti dms ces deux villes^ et il est bien certain qne le gmitef «« ument avait craint Tarrivée des Parieiens i Vefsailleei piiiiq[n'il avait fait occnper la route par tont oe qu'il mut de troupes disponibles, la cavalerie placée en avant 4e Baint-Oond, l'artillerie au pont de Bèvres et TiU'fimterie derrière.
Pendant oes longues heures qui avaient précédé, aceomp^gné et suivi la séance royale, Paris, au Palais-Bcfjal nrtoot, qui ne désemplissait pas, avait vécu de la Vie fibrile des révolutions ; un mot, un seul mot provocateur, parti de l'Assemblée nationale, j eut retenti comme plus tard le canon d'alarme. Le mot n'avait pas été dit, nais le sentiment n'en avait pas manqué au roi et à la ooor, encore impuissants à opposer une foroe armée sufB" itate pour dompter l'explosion de Topinion publique et obligés de calmer provisoirement la colère du peuple.
On en était là, quand s'effectuait la réunion du Clergé i l'Assemblée nationale, laissant la Noblesse dans l'isolement et dans sa minorité récalcitrante*
Un mouvement, simple question d'opportunité, se fiûsait pourtant dans l'esprit de quelques hommes de la hante aristocratie Ils étaient ébranlés par le danger d'une résistance si vive, réduite à ses dernières ressources, et ils
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sentaient le besoin de subir la nécessité du moment, sauf à dominer œs dangers plus tard par la force des armes. Dans Tanxiété qui les saisissait, ou la sagesse qui les dirigeait, ils avaient à lutter, il est vrai, contre Tardeur du comte d'Artois et des princes de Condé et de Conti, mais Louis xvi avait plus de circonspection que son jeime frère et que ses cousins, et il savait mieux user d'artifice, qi^and une difficulté ne pouvait être abordée de front. Des observations en ce sens, soumises respectueusement au roi par des hommes de la haute aristocratie, devaient être accueillies avec déférence : le duc de Larochefoucanld, sincère, généreux, n'y manqua pas et il n'est pas téméraire de croire qu'il se mit d'accord avec le roi sur la marche à suivre.
La minorité de la Noblesse, quoique composée en majeure partie d'hommes attristés de faire une scission publique avec leurs pairs, se détermina enfin à se séparer de la majorité irritée, imprudente ; mais ce ne fut pas sans marquer vis-à-vis d'elle l'espérance de meilleures résolutions, et en gardant les formes d'une certaine déférence. Elle ne pouvait plus même faire entendre sa voix au milieu d'hommes qui ne lui répondaient plus que par le tapage, ou d'esprits sans lumières, comme celui qui s'apitoyait sur les quarante-sept nobles de la minorité et disait d'un ton lamentable : <c Que je les plains I Voilà < quarante-sept familles déshonorées et auxquelles per- € sonne ne voudra plus s'allier. j> Cette minorité fit déposer sur le bureau une déclaration qui implique la pensée que le roi n'était pas étranger à leur résolution,
car on V lit : <c Nous reofardons comme un devoir
« indispensable de nous rendre dans la salle où se trouve
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c réanie la pluralité des États-Grénéraux. Nous pensons € qu'il ne nous est plus permis de différer nn instant de c donner à la nation une preuve de zèle, et an roi nn c témoignage de notre attachement pour sa personne, en c proposant dans les affSaires qui regardent le bien général € une réunion d'avis et de sentiments que Sa Majesté C n^arde conmie nécessaire dans la crise actuelle et € comme devant opérer le salut de l'État. »
La minorité de la Noblesse se rendit effectivement à l'Assemblée nationale, où elle venait, a dit pour elle C3ermont-Tonnerre, < travailler au grand œuvre de la r%énération publique. ^ Bailly répondit avec la courtoisie qui lui était habituelle; aussi avec un compliment spécial an duc d'Orléans qui était à la tête de la minorité, et qa'il appelait un prince illustre; également avec un compliment général qu'il adressait à tous les autres, qu'il ne nommait pas, mais parmi lesquels, outre Clermont- Toon^re, le duc de Larochefoucauld , Alexandre de Lometh, Bureaux de Pusy, se trouvaient des hommes qui devaient laisser de grandes traces de leur présence dans l'Assemblée constituante, comme Adrien Duport, le parlementaire de Paris, comme d'André, conseiller au parlement d'Aix et député de la noblesse provençale, et €(nmne les députés nobles du Dauphiné.
On reprenait la délibération et on en revenait enfin à la motion de Mounier, sur la présence des troupes environnant l'Assemblée, puis on arrivait au vote sur cette motion et on arrêtait qu'une députation de vingt-quatre membres, six ecclésiastiques, six nobles et douze élus du lîers-État, serait envoyée au roi, pour se plaindre de la présence des soldats armés , de l'interdiction d'entrée au
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public et de la privation pour rAssetnblée du droit dt réglementer elle-même la police du lieu de ses réunionai on pressait enfin le départ de la députation, quand le bruit qui $6 faisait au dehors appela toute l'attention des députés.
Les Yersaillaia revendiquaient aussi leur droit d'astis-^ ter aux séances de TAssemblée. Us s'étaient peu à peu grossis à la porte, rue du Chantier; la foule deveaait plus nombreuse et plus compacte; les derniers rangs pressant les premiers, ceux-ci avaient pressé les senti*» nelles et avaient fini par forcer la porte, s^ouvrir im passage, se précipiter par M et arriver jusqu'aux portes ds la salle même des séances. Par ce fait, les Yersaillsia à leur tour venaient de biffer une des dispositions édiûtéM dans la séance royale.
L'Assemblée, reconnaissant peut-être que le roi^ qui ne pouvait faire alors autrement, ne lui avait pas fenné lea portes à elle-même, heureuse de voir la Noblesse arriver aussi dans ses rangs, n'avait pas écouté favorablement ceux de ses membres qui venaient de soutenir que Ift députation était inutile, au moins en ce qui concernait l'admission du public aux débats; cette admission dépear* dant de l'Assemblée elle-même, tout aussi bien que les autres mesures de police intérieure, la motion de Mounier^ renouvelée par Barnave, votée par l'Assemblée, était un témoignage de déférence pour le* roi, et l'intervention dsi Yersaillais dut paraître au moins inopportune. L'Assemblée suspendit la séance et envoya Bailly, son présideati l'archevêque de Vienne, Clermont-Tonuerre et Pison ds Galand au-devant des envahisseurs. Les députés représentèrent à ceux-ci que l'Assemblée allait faire des démarches
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pour que la imblicité des séances fût rétablie, et eette ibale, qui ne s'était pas arrêtée devant la volonté du roi^ ni devant les baïonnettes de ses soldats^ se retira résignée devant la parole des délégués de la représentation nationale.
Pendant oe temps^ la réunion des électeurs préparait à Paris une manifestation qui valait mieux, pour assurer rezistence de l'Assemblée, que les promesses si faciles qu'elle sollicitait du roi. Les électeurs rédigeaient une adreaie pour féliciter leurs députés et adhérer à leur oon«> éaita. Thuriot, (}anilh, Garran, Saiut-Mérj, furent èkoisis pour présenter cette adresse à TAssemblée. Cette dépatation j fut admise le lendemain (36 juin), reçut un aompliment du président . et fut invitée à la séanee : premier exemple, qui n'a pas toujours été heureux, de FadxDission des députations à la barre.
Mais si les électeurs de second degré, simples délégués des citoyens de Paris, rédigeaient une adresse et envoyaient leur approbation à l'Assemblée, les citoyens de Paris pouvaient bien plus légitimement encore le faire. Aussi envoyèrent-ils neuf délégués porter à la barre une adresse rédig'ée avec énergie, mais aussi avec grand éloge pour les députés et respect pour le roi.
Pourtant, rien ne dit que les neuf délégués aient été invités à la séance, comme ceux des électeurs; mais s'il est vrai que Bailly ait remercié les citoyens de Paris, il n'a pas manqué de faire remarquer aux délégués que TAssemblée nationale avait cru pouvoir les admettre, quoiqu*ils ne fussent pas envoyés par une Assemblce régulière^ ment convoquée^ ce qu'il eût pu tout aussi bien dire aux déléguas des électeurs de second degré qu'il venait de
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recevoir quelques instants auparavant. Mais Baillj ne s'arrêta pas là; il ajouta : <c L'Assemblée nationale croit c devoir inviter tous les habitants de Paris à calmer f Faffitatian qtà pourrait a^élever dans le peuple^ et à loi < faire regarder la paix ooinsxiQ le premier moyen nécessaire c au travail de l'Assemblée nationale et à la régénération c du royaume. >
C'est le 26 juin que Bailly prononçait ces paroles énervantes ; il n'avait pas compris, à ce qu'il parait, pourquoi l'Assemblée n'avait pas été dissoute dès le lendemain, de la séance royale, pourquoi la dissolution s'était mise depuis dans les rangs du Clergé, pourquoi Louis xvi s'était résigné à garder Necker et en était arrivé rapide» ment à regarder la réunion de la Noblesse au Tiers-Etat comme nécessaire dans la crise actuelle. Quelque respectable que fiit Bailly, il faut bien dire que jamais, en. aucune circonstance, il n'a eu un instant, un seul instant, le sens d'une situation politique. Ce jour-là au moins, il aurait dû comprendre ce qui était si simple, ce que le roi savait si bien : que, sans le peuple et son intervention, cette Assemblée sur laquelle reposaient les destinées d'une nation serait chassée comme une cohue de rebelles. Quand Bailly fit ses recommandations aux Parisiens, Sieyès dut regarder Mirabeau avec stupéfaction, mais Sieyès aura répété mentalement ses paroles publiques du 23 : <r L'autorité qui nous a institués saura bien nous c défendre. ]p
H fallait d'ailleurs que ce fût bien évident, pour que, à quelques jours de distance, après avoir été si impératif à la séance royale, après y avoir promulgué des dispositions si décisives, le roi s'infligeât lui-même l'humiliation