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d^nn démenti, d'ane rétractation et d'un abaissement de pouToir. L'nrgence elle-même dut lui paraître grande , puisque, devant la résistance qu'il rencontrait à ses désirs, il se résigna (27 juin) à écrire une lettre pour presser la réanion < sans délaij d dit-il.
Cette lettre ne fut pas suffisante; les féodaux, dévoués aa Toi, l'étaient encore plus à leurs privilèges; il fallut les mettre dans le secret de la situation , en leur disant que, pour le moment, il j avait intérêt, les députés du Tiers- Etat étant monarchistes, à jeter au milieu d'eux un élément puissant par la position et la fortune, et apportant son intrépidité dans la discussion et son contingent ée Toix dans le vote ; en leur représentant aussi que ce mojen de peser sur l'Assemblée n'était pas exclusif de l'emploi de la force armée, et que des ordres étaient déjà domnés pour rapprocher de Pans et de Versailles les r^iments qui en étaient trop éloignés. Néanmoins les fiodaux résistaient encore, lorsque le comte d'Artois, le plus opiniâtre et le plus borné des opposants, leur envoya ime lettre, leur conseillant lui-même la réunion, parce qu^one plus longue résistance de la Noblesse mettait la vie même du roi en danger. Cela ne suffisait pas encore : le furieux d'Éprémesnil, le vicomte de Mirabeau, frère du grand orateur, et qui fut appelé Mirabeau-Tonneau à cause de sa goinfrerie et de son obésité ; Cazalès aussi, étaient disposés à toute outrance, celui-ci déclarant nettement ne pas se préoccuper du sort de Louis xvi, et vouloir préférer la monarchie au monarque.
C'est à ce moment que le duc de Luxembourg, qui présidait la séance, rompit toute délibération. Il se leva et jetant autour de lui un regard douloureux: « La personne
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< du roi parait en périls i*écri»-f>-il; qui de nouB pourrai! « hésiter? 1» Et il entraîna sur ses pas la petite assembléai il laiasa dono ces quelques furieux, et se joignit à In minorité du Clergé qui allait faire aussi sa réunion areo rAssemblée nationale.
CellcH^i était à peu près déserte, quand la minorité du Clergé et la majorité de la Noblesse, ayant à leur tâke Tune le cardinal de Laroohefoucauld et Tautre le duo de Luxembourg, arrivèrent dans la salle des séaneee^ On alla chercher Bailly, qui vint recevoir les deux ordcts. Larochefoucauld dit seulement : <r Kous sommes ù6n^ f duits ici par notre respect et notre amour pour le roi, f nos vœux pour la paix et notre zèle pour le bien
< public. > Luxembourg ajouta à son tour : <c L^ordr^ dm « la Noblesse a arrêté ce matin de se rendre dans la salla c nationale, pour donner au roi des marques de son rea^ c pect, et & la nation des preuves de son patriotisme, i C'était peu, mais il ne fallait pas demander davantage à des hommes dont Torgueil, plus exoité encore par la violence des jours qui venaient de se passer, subissait une grande humiliation. Bailly voulut probablement panaev leurs blessures; il montra beaucoup d'effusion et de sen^ sibilité : le bonheur de ce jour était tel pour lui, que l'sgitation qui accompagne une joie vive ne laissait paa à ses idées une liberté suffisante pour répondre digne»* ment; mais sa joie elle-même était une réponse. <r Ce jour f sera célèbre dans nos fastes, ajoutait-il; il rend la (x. famille complète; il finit à jamais les divisions qui € nous ont tous mutuellement affligés, n
Tout au plus pourrait-on dire que, transportant dana une assemblée politique les formes et le langage d'une
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icadéime 9 dont les membres s'admirent toujours mutuel* lement en publio, Bailly se laissait trop entraîner à Texa» gératîoB du compliment; il était néanmoins un homme grave, dont la parole derait être acceptée comme sérieuse; maÎB en ce cas, déception de la naïveté et des illusions, BaQlj dut éprouver de Tétonnement lorsque, quelques benres après, il vit ces nobles, comme des entraves jetées dans rAsaemblée, tourner ses formes en dérision, affecter de ne pas prendre plaœ, circuler, aller et venir, former des groupes debout, derrière le président, afficher les aUnrea de tapageurs et d'indécents, et bien plus, quand, qrant déposé leurs pouvoirs pour la vérification^ ils j avaient annexé des protestations qui remettaient tout en vocation, soit quant au vote par tâte, soit même quant à la aixnpla vérification. Us s'appuyaient sur le texte impé* xatif, disaient-ils, de leurs mandats; quelques-uns même ka altéraient, paratt-il, comme un marquis d^Ambly^ député de la noblesse de Reims, auquel son propre collègue de députation, le marquis de Sillery, donnait un démenti par la lecture même de la pièce falsifiée ; ou conune un prince de Baufremont, qui avait signé au nom du bailliage d'Aumont une protestation également fausse, qui força Bureaux de Fusy , véritable député de ce bailliage, à révéler que ce Baufremont n'était même pas député* La première protestation qu'on rencontra fut celle de la noblesse du Poitou, puis se trouvèrent les protestarr tions d'un baron du Limousin, d'un duo de la Haute- Auvergne, d'un baron de Montfort, de deux nobles du }«ivemais, de toute la noblesse d'Amiens, de Caroassonne et de Brest, d'un noble de Paris, de la noblesse du Péri*gcxd, de la noblesse des bailliages du Berry, de Bigorre,
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du BaB-Limousin, de la Basse-Marche^ de la Bourgogne^ de Bagey et de Yerdun^ d'Evreux^ de Castelmoron, de Besançon^ de Nemours, de Coutances, de Limoux, de Bezanne, de la Bochelle, de Bhodez, de Olermont Et comme si ce n'était pas assez, plusieurs nobles se mirent i protester de vive voix, et donnèrent à l'Assemblée dans laquelle ils entraient un premier aperçu des troubles dans lesquels ils allaient jeter ses délibérations.
Pétion, Target, Pison de Galand envisageaient d'un œil différent les protestations. Rabaud Saint-Etienne les soutenait inmiédiatement nulles, refusant à des députés présumés, non encore vérifiés, la faculté de faire entendre des protestations contre l'Assemblée; lui seul ^semblait ne pas vouloir biaiser avec les hommes et la position qu'ils voulaient se créer, non plus de nobles luttant pour les profits de leurs titres, mais d'hommes scrupuleux, que leur conscience condamnait à suivre avec fidélité des mandats impératifs qui leur défendaient d'accepter tout autre mode de votation que celui par ordres.
La minorité du Clergé vint à leur secours et s'efforça de compliquer la question de nouvelles prétentions. Cette minorité prétendait avoir rédigé, avant sa réunion et an nom du Clergé, ce qu'elle appelait un acte de réserves, qui renfermait tout à la fois une adhésion aux déclara* tiens royales du 23 juin et une revendication de la faculté de s'assembler et de voter séparément. Le cardinal Larochefoucauld (l*' juillet) déposa cet acte sur le bureau et, conformément aux habitudes procédurières des prêtres de cette époque, demanda acte du dépôt. Le trait ainsi lancé, l'archevêque d'Aix, Boisgelin, vint, d'une voix entrecoupée, a-t-on dit, ajouter bénignement des
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paroles qui semblaient d'abord amoindrir la portée de l'acte, le réduire aux petits intérêts du Clergé, et préparer l'Assemblée i le laisser passer, mais qui arrivaient i invoquer le cri de la conscience et les ]ois constitutives de la monarchie ; i purler de la différence des propriétés et de la distinction des ordres, qui était probablement une propriété, et à déclarer les distinctions dans la nature de notre constitution. Sonmié de conclure en indiquant la conséquence pratique de son discours, Boisgelin se taisait; Bouche, compatriote de Boisgelin, lui précisait la question en lui demandant s'il était avec la majorité on la minorité; l'archevêque de Vienne voulait bienéviter xm embarras à son confrère, en jetant deux fois, à travers les interpellations, cette observation qu'il n'y avait plus de majorité ni de minorité du Clergé ; mais on insistait, et Boisgelin, semblant toujours parler au nom. du Clergé, se bornait à dire : <i: Nous n'avons pas protesté, c nous ne fidsons que des réserves, nous en demandons 4 acte, et nous ne demandons que ce qu'il est imposc sible de nous refuser, d
L'archevêque de Vienne réduisait de nouveau cette insistance à sa valeur, en ajoutant que ces actes étaient si peu avoués du Clergé, que la majorité déclarait n'y prendre aucune part.
Mirabeau, plus incisif, et disposé d'ailleurs à profiter de toutes les occasions pour grandir l'Assemblée et constater son pouvoir, trouvait fort étonnant qu'on se permît de protester dans l'Assemblée contre l'Assemblée : « On < ne proteste pas, on ne fait pas de réserves contre la « nation, s'écria-t-il ; nul ne peut rester membre de € l'Assemblée nationale, s'il n'en reconnaît pas la sou-
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c veraineté, et T Assemblée elle-même ne peut pas déK« c bérer en présence de quiconque se croit le droit ^de c protester contre ses délibérations. Celui qui veut pro* c tester contre les votes de TAssemblée doit, pour en c acquérir le droit, commencer par se retirer. »
Et comme la délibération se traîne, parce que C3eiw mont<Tonnerre indique un terme moyen , que Pison de Galand en indique un autre, que Meunier se livre à dot distinctions contestées, et que Baillj objecte que ce n^est pas le moment d'engager cette discussion, Mirabeau reprend la parole, au milieu de ces misères de langage et d'esprit H apprécie Tacte d'abord : c'est moins une ré« serve, une protestation, qu'un ordre tràs^impératif que Messieurs de la minorité du Clergé prétendent intimer à PAssemblée, au moment même où ils se disent réunie à elle pour délibérer en commun. U laisse à deux membree de l'Assemblée de décider si ce ne serait pas manquer ^^ement à eux-mêmes et à leurs commettants que de recevoir un acte où des membres des Etats-Oénéranx proclament une volonté différente du vœu de l'Assemblée et destructive de ses arrêtés, <l tandis que, constate Mira- € beau, aucune puissance sous le ciel, pas même le € pouvoir exécutif, n'a le droit de dire : Je veux/ aux c représentants de la nation. »
Mirabeau n'obtint pas un vote aussi net qu'il l'avait demandé. On déclara bien ne reconnaître les actes de quelques membres du Clergé que comme un vœu particulier et individuel, mais on admit que les nouvelles décla<» rations du même genre qui seraient remises dorénavant demeureraient dans les mains des secrétaires, pour y être statué en même temps que sur les précédentes.
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Ce Tote, qui révélait une grande feiblesse, une ooncep» tion politique fort bornée, qui ouvrait Taccès à la reproduction d*une question épuisée, n'eut pas les conséquences ficheuses qu^il pouvait entraîner.
Bientôt il se produisit un scandale accablant pour les auteurs des ptotestations. On constatait d'un eôté que rarchevèque de Bourges avait allégué un mandat impératif qui n'existait pas, et d'un autre côté que Tévêque d^Angonlême avait poussé l'audace plus loin, en allégoant aussi un mandat impératif pour le vote par ordre, tandis que son cahier, voté à la majorité de plus de 3.000 eodésiastiques, imposait au contraire le vote par tête. Ces procédés si malhonnêtes d'un haut clergé impudent achevaient de perdre la question. D'ailleurs les événcmants en prononcèrent la clôture : les ordres étaient déaonnais réunis en un seul, et la délibération en commun des membres de l'AssemJblée devenait un fait irrévocable.