DÉTAILS PRÉCÉDANT LE 14 JUILLET
Prudences du roi. — Départ de Necker. — Forces morales de Paris. — Camille Desmoulins. — Le buste de Necker promené. — Contre des coups de sabre, le prince de Lambesc reçoit des coups de pierres. — Panique du jardin des Tuileries. — Les gardes françaises viennent diriger finsurrection. — Les troupes royales se replient. — Nécessité d'une révolution. — Paris s'organise. — Création de la garde nationale sous le nom de milice parisienne.
On a vu les provocations et les complots avortés de la cour, au mois de juin ; on a vu la séance royale du 23 juin, qui n'avait réussi qu'à donner naissance à la séance de la salle du Jeu de paume ; on a vu également les combinaisons militaires du roi, qui n'avaient eu pour résultat que d'établir une solidarité entre la société civile et les soldats français ; on a vu enfin la royauté s'engager dans la dernière ressource d'écraser la nation sous le poids des armes des soldats étrangers ; c'est sa dernière combinaison et elle la suit, mais Paris aussi la suit de l'œil.
Bien de ce qui caractérise une conspiration n'a manqué dans l'action de la cour : la combinaison, le plan, le nœud, les préparatifs, l'embauchage de soldats douteux par les plus grandes dames de France, la reine et la duchesse de
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PoligDac, conduites par un prince de sang royal qui les avait décriées naguère et qui devenait leur cavalier, enfin la fixation du jour de l'exécution, et cette exécution, avec la soudaineté et les précautions des gens qui font on coup de main.
Nous revenons au 1 1 juillet.
Le roi et la reine n'avaient pu vivre depuis longtemps Bans concevoir quelque inquiétude de la conduite ténébreuse, au moins équivoque, de princes de la maison royale qu'on avait pu considérer sans trop de témérité comme des prétendants ruinant moralement la branche aînée, pour s'y substituer à l'occasion. Rien d'étonnant donc en ce que, à la veille d'une action décisive, Louis xvi eût voulu prendre ses précautions contre les éventualités pouvant favoriser des compétiteurs.
Si le comte d'Artois, déjà compromis vis-à-vis de la nation, ne présentait plus aucun danger aux yeux du roi, celni-ci retint prudemment auprès de lui Monsieur, comte de Provence, et, dès le commencement des troubles, ordonna au duc d'Orléans de coucher au château, à Versailles.
Il ne paraît pourtant pas que Necker se soit douté de ce qni se pratiquait et s'exécutait df^ à auprès et autour de lui.
U dînait, il était à table avec sa femme, sa fille et quelques invités, dont faisait partie l'archevêque de Bordeaux, alors président de l'Assemblée nationale, quand le comte de la Luzerne vint lui remettre un ordre du roi. C'était une lettre de bannissement, l'ordre de sortir du royaume en toute hâte et en secret, de manière à ne plus être sur le territoire de France au bout de vingt-quatre heures.
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Necker garda le secret vis-à-vis de ses convives, visà-vis de sa famille elle-même, bien décidé à obéir promptement, pent-être heureux de cette issue à des embarras et à une position fausse, dont il lui devenait difficile de sortir convenablement pour sa réputation et sa popularité, n conserva du sang-froid et de la prudence : ce ne fut qu'au bout d'un certain temps qu'il prétexta d'un mal de tête pour faire une promenade en voiture avec sa femnie. U dirigea sa promenade plus loin que l'extrémité de l'avenue de Saint-Cloud, et ce ne fut qu'à une lieue plus loin encore qu'il ordonna au cocher de lancer ses chevauX| et de se diriger rapidement sur Saint-Ouen, près Saint- Denis, où se trouvait sa maison de campagne. Il 7 resta i faire des préparatifs de départ, jusqu'à six heures du matin, et il la quitta pour se rendre à Bruxelles, en suivant la route la plus courte pour gagner la frontière.
Au même moment (12 juillet au matin), on affichait dans Paris de grands placards ordonnant de par le roi aux citoyens de rester chez eux, et leur défendant de se rassembler^ A quelle occasion de telles affiches ? On ne pouvait le deviner, mais les Parisiens comprenaient bien qui était menacé quand ils voyaient les affiches les avertir de l'arrivée des troupes et quoique, de par le roij cette arrivée de troupes fût indiquée comme une simple précaution contre les brigands. On savait dès alors que c'est le langage habituel des faiseurs de coups d'État, des usurpateurs, des oppresseurs et des criminels d'Etat.
Ce n'est que dans la journée qu'arriva de Versailles à Paris la première nouvelle de l'exil de Necker et de la formation d'un ministère d'hommes décriés, sans scrupules et violents. On voulait si peu y croire d'abord que
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le premier qui apporta la nouvelle faillit être jeté à Teaa comme émissaire de fausses nouvelles.
Mais quand il n'y eut plus à douter, Tagitation devint oonsidérable; ce jour étant un dimanche, l'agitation s'augmenta encore de la panique des promeneurs fréquentant le bois de Boulogne, les Champs-Elysées, les bals et les gnioguetteSy tous gens effrayés et rentrant à la hâte dans la ville conune poussés par les canons des Suisses, par les troupes de Bezenval et par la cavalerie allemande de Lambesc, venant prendre position à la place Louis xv.
Ce fut d'abord une consternation presque générale. Le broity qui était vrai d'ailleurs, que les farines seraient arrêtées pour soumettre Paris tout à la fois par les armes et la famine commençait à se répandre et donnait quelque chose de plus sombre à la situation présente. Cette classe nombreuse et encore influente d'hommes qui portent par mille raisons intérêt au crédit public ne vit pas dans les nouvelles résolutions de la cour un moyen de créer des ressources, et ravcnement du nouveau ministà*e lui parut au contraire comme une déclaration de banqueroute. Les familles appartenant à la Noblesse furent elles-mêmes effrayées plus que de raison, môme terrifiées, quoique Paris ne parût pas songer à elles. Elles ne pensèrent pas à donner quelque appui que ce fût aux projets du gouvernement ; elles se préoccupèrent seulement de se renfermer chez elles.
Mais l'atmosphère, déjà si sombre, se chargeait; il fallait qu'il s'en dégageât des éclairs et l'orage.
Le 23 juin, Louis xvi avait déjà déployé le drapeau de Toppression vis-à-vis de l'Assemblée et de la nation, brutalement, en maître qui veut être obéi. Il avait été obligé
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de capituler; il s'était même aplati pour retenir le terrain qui lui échappait; Paris avait donc Texpérience récente d'une telle tentative. On a vu que la deuxième n'avait pu se préparer sans que l'opinion publique s'en rendît compte et ne fût pas précisément prise aa dépourvu.
D'un autre côté, n'étaient pas seuls à fortifier et à soutenir l'opinion publique tous ces lettrés, ces savants, ces philosophes, ces amis d'une régénération qui étaient en si grand nombre dans Paris, et qui y exerçaient une légitime influence par leurs lumières et leurs talents.
Il ne faut pas oublier le journalisme, qui prenait sa place dans la nation. Au 12 juillet 1789, on était déjà loin, non comme date, mais comme cours des choses, du jour où Mirabeau avait vu un arrêt du Conseil essayer de lui arracher le droit de rendre compte par la presse à ses commettants.
Et la colère ! La colère, cette mauvaise conseillère de nos passions individuelles, gagne en noblesse quand elle est l'émotion de l'âme d'une nation qui veut se sauver de l'oppression et de la tyrannie. L'explosion de la colère nationale peut être plus ou moins rapide, mais il est rare qu'il ne suffise pas des simples causes pour la dégager de la consternation publique, de la stupeur même, qui est parfois le premier effet des attentats dont une nation se sent victime.
Par le titre même, les Révolutions de Paris^ Prudhomme et ses collaborateurs, lançant ce jour, 12 juillet, le premier numéro de leurjournal, marquaient déjà la situation; mais il ne pouvait y avoir un appel aux armes mieux compris que l'épigraphe de ce journal : « Les grands ne
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c 1101» paraissent grands que parce que nous sommes à c genoux; levons^naus ! t>
Il feut dire aussi que — tout l'atteste — l'esprit public, qui n'avait plus besoin de se former, s'était équilibré et avait gagné en résolution et en fermeté. Pour beaucoup, l'épigraphe des Révolutions de Paris, n'étant plus un enseignement ou une excitation, était un simple reflet de leur propre sentiment.
Il en était ainsi, bien certainement, pour ne citer entre tous que celui devenu le plus célèbre après avoir conquis dès ce jour-là une grande notoriété, d'un jeune homme de Tingt ans, bel érudit pétillant de verve et d'esprit, qu'on pourrait peut-être appeler le gamin de la Révolution, s'il n'avait laissé derrière lui des pages admirables de style, alerte et léger, ne résistant pas à l'entraînement de lancer un trait amoureusement ciselé, le trait fût-il mortel pour d'autres ou pour lui-même. Venu de Guise à Paris poiur être plus au milieu des événements, devinant, pressentant ceux qui partageaient davantage les ardeurs de son âme, il se trouva au Palais-Royal entouré p^r des amis de collège, des camarades, et là, au milieu de la foule, transporté par les sentiments civiques qui l'envahissaient tout entier, une table lui sert de tribune ; il y monte, ou plutôt il y est porté.
U bégaie, mais ce jour-là, il oublie son bégaiement, et Toilà Camille Desmoulins, devenu un orateur, un orateur en plein vent, un orateur révolutionnaire, qui jette un cri : Aux armes ! pour péroraison, et qui improvise pour signe de ralliement, pour cocarde, la couleur verte, parce que ce sont les arbres du jardin qui en fournissent l'approvifiionnement avec leurs feuilles.
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C'est donc an Palais-Boyal, faisant partie de Tapa* nage de la branche d'Orléans, que la scène se passe, sorte de présage de Tune des solutions que la crise pouvait avoir.
C'est de là que part le premier signal de l'insurrection^ ponr se répandre facilement dans la grande ville; c'est dd là aussi que part un groupe qui se rend à un cabinet de curiosités en cire pour y prendre le buste de Necker et le buste du duc d'Orléans, et les porter processionnellement par les rues et les places publiques, le groupe marcbant sur plusieurs files, armé de bâtons, de ferrements, de haches et de pistolets. Il semble, dès le prélude, que c'est le tableau d'un dénouement indiqué. H n'est plus questioii du comte de Provence; ses perfides et petites conspirationi de salon n'ont plus d'écho. Si l'on porte dans les rues le buste de Necker (le ministre de la situation), ce que Ton porte ausM, en même temps, c'est le buste d'un prince, il est vrai, mais du chef de la branche d'Orléans. La candi«* dature du duc d'Orléans au trône, déjà dans les idées de beaucoup, objet de l'action de plusieurs, Yen-cas royal, comme oi^ disait, apparaît comme posée publiquement, sans lui, arrière de lui : on ne peut dire que ce soit arrière de ses agents.
Là, apparaît aussi le prologue d'un drame sanglant. Le prince de Lambesc, à la tète de son régiment Hoyal- Allemand, tenant position place Louis xv, au bout des Champs-Elysées, aperçoit la procession traverser la place et vient au galop la charger à coups de sabre.
Ce ne peut être que par esprit de superstition qu'on a remarqué que le buste de Necker avait été brisé, mais qM le buste du duc d'Orléans avait éch&ip^é avec peùte
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coofB de falvedont il avait été l'ol3j)£cti£ Ge qn'U y a de plus positif c'est que, dans cette premiàre àiaergej ni^ garde française sans armes a été tué et que qoelqnes antres personnes ont été blessées.
Mais quelques instants de panique passés, un élémee^ inattendu, somme toute fort peu dangereux, est intervenu i (*(gt la multitode surexcitée se mettant à assaillir d'une 0céle de pierres Lambesc (et ses dragons. Lambesc c perd la tête, V a^-t-on écrit ; et ce qu'il 7 a de certain, io'est que o( prino^, se réfugiant, avec quelques cavaliers dana U jardin des Tuileries, s'y précipita sur un vieillard, nommé (Sianvet, maître de pension inofiensif, comme les iSsmmes, }f9 en£mts «t les promeneurs fréquentant le jardin âa9# r^if^midi du dimanche, et qui certainement n'étaient pfia €9ipore am courant de ce qui venait de se paaser .a« Psiaia-Boyal et se répercutait dans la ville. Les ooap9 4e $àbfre portés par cette brute qui s'appelait le prinoe dû Lsmbesc sur le vieux maître de pension ont créé la notoriété du priuce en France, et, plus d'un demi-siècle après, nous avons encore entendu couvrir d'exécrations son nom et son horrible lâcheté.
On comprend la panique du jardin des Tuileries, le désordre et la fuite, au milieu des cris, des hommes, des femmes et des enfants, se précipitant pour sortir à toutes les issues du jardin et jetant aux alentours l'excitation 4éjà si ^ande ailleurs. Là encore retentit le cri Auz ^rmes/ ^e répétant successivement de rue en rue, de quartier en quartier.
Cea est fait ; il n'y a m^e plus, semble^t-il, aucun t^tmt moyen à espérer : il faut que la royauté écrase la nation, ou que la nation fasse courber la royauté.
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Quelques armes parurent dans les rues, rares d'abord, puis plus nombreuses ; et le tocsin, cette grande voix des insurrections, sonna bientôt dans toutes les paroisses de la ville et appela les multitudes sur le pavé. Comme toujours, en de tels événements, les ma^^asins des armuriers furent promptement enfoncés.
C'est le désordre à sa plus haute expression, mais bientôt ce désordre se régularise sous la direction des gardes françaises, échappés de leurs casernes, venant prendre place dans l'insurrection, et lui imprimer le mouvement.
Un détachement isolé de Royal-Allemand est attaqué, perd quelques hommes et se replie sur la place Louis xv, occupée par le régiment. Mais les gardes françaises, qui sont au nombre de douze cents, apprécient la position et jugent dangereux de laisser les troupes royales maîtresses de la place, des Champs-Elysées, de la tête de la route de Versailles, s'y fortifier peut-être pendant la nuit et y attendre tranquillement de nouvelles forces. Ce sont les gardes françaises qui indiquent l'expédition à faire de ce côté. Ils sont compris et suivis.
Il est onze heures du soir quand l'armée des insurgés se met en marche pour attaquer les troupes régulières. Où était alors le prince de Lambesc qui avait le commandement supérieur de ces troupes? On ne l'a jamais dit, mais il est certain qu'elles n'ont pas voulu soutenir le choc, que celles de la place Louis xv se sont repliées sur celles des Champs-Elysées, que toutes se sont repliées sur la route de Versailles et que, plutôt que d'accepter le combat, elles ont abandonné le terrain et sont parties sur Versailles.
Le plan étndié, combiné contre Paris se trouvait tonti-conp rompu, brisé ; toutes les autres troupes, se voyant abandonnées par leurs voisines et craignant d'être coupées, évacuèrent successivement leurs positions.
La nuit eût donc été relativement calme, si elle n'eût été éclairée par le reflet sinistre des incendies qui dévoraient les barrières de Paris, sans qu'on sût bien quelles mains les avaient allumés. On a eu l'expérience en France qu'à toutes les révolutions on brûlait les barrières, en haine de ce qu'on a continué si longtemps à appeler les gabelom. Pourtant, la nuit du 12 juillet 1789, alors que les forces loyales enveloppaient Paris et tenaient la tête des routes, les Parisiens, loin d'avoir intérêt à brûler les barrières, deyalent désirer les garder comme fermetures. Elles rentraient dans le système défensif de Paris, assiégé en qaelque sorte par l'armée royale, et les barrières brûlées étaient autant de brèches ouvertes au corps d'une place.
Dès la soirée du 12, les épouvantements d'une ville déjà en état de révolution, les frayeurs que suscitaient les bandes armées, mais pourtant déjà régularisées en partie et occupant divers postes, servaient merveilleusement ceux qui voulaient énerver le mouvement; deux courants s'établissaient : l'un, grossi par la crainte et la peur, poussait au désarmement et réclamait <i la paix; d l'autre comprenait qu'en un tel moment la paix c'était la soumission, la soumission c'était roccupation de Paris par les troupes royales, et l'occupation de Paris c'était récrasement de la nation. En réalité, pour tout homme sensé, la France était dans cette situation douloureuse, mais nette et claire, qu'elle n'avait plus absolument aucune autre voie de salut qu'une révolution.
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lA privai dêii marchatidg^ qui rempli«â&it à jpeti près IcB fonction» de maire de Parlé, les échevins, lô ptà&i'reur du roi et les autres officiers composant oô qti^oâ appelait le bureau de rhôtel-de^ville, étaient impuissante i empSoher le mouvement. A peine potiYaient-ils lui Aubsiituér quelques obstacles par des paroles illusoires, des promesses trompeuses ^ ou des atermoiements. Mais les exigences de la multitude encombrant Tbôtel-de^ville grandissaient en raison des obstades qu'on essayait de lui opposer^
Les électeurs de Paris apportèrent bien pour un instant une certaine force morale au bureau de rhôtel-de-ville, mais en prenant, si provisoirement que ce fût, selon leur langage, le gouvernement de la ville de Paris, ils faisaient rax-^mêmes œuvre révolutionnaire, et, placés en présence» du ïnouvement, ils durent lui faire aussi des concessionêy telles que la délivrance des armes qui se trouvaient à rhôteMe-ville et la convocation des districts de Paris.
Rien ne peint mieux que leur- premier acte officiel l'embarras dans lequel les avait jetés l'équivoque de leurs premiers desseins; c'est un arrêté pris le 12 juillet, à onze heures du soir, qui porto tout à la fois que t <t pôUf c tâcher de prévenir le tumulte, les dits électeurs ont c arrêté que les districts seront sUr lé champ convoqués, € et que les électeurs seront envoyés aux postes des citô-
< yens armés, pour les prier de supercéder, au nom dé € la patrie, à toute espèce d'attroupement et de voies de
< &it. >
La lecture de l'arrêté par des électeurs délégués, précédés d'un garde de ville, la nuit, à la lueur des flambeaux, par les carrefours de la ville, dut être dramatique, mais
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reste Mins efPiet yis-à-vis des prlncipaax attroupements et àm principaïuc postes : ceux de cent , cent cinquante , deux cents, on trois cents hommes armés, qui refusèrent de se séparer et de désarmer.
Les électeurs avaient bien pu, en confirmant les pou- Toirs du bureau de rhôtel-de^ville, lui donner une Sorte de consécration populaire, mais il n'avsit pu lui donner k confiance publique, qu'il ne pouvait trouver dans son origine et dans son personnel. Les électeurs montrèrent qu'eux-mêmes y croyaient peu, puisqu'ils créèrent un comité permanent dans lequel entrait bien le bureau de ITiôtel-de-ville, mais avec l'adjonction do vingt-deux citoyens de Paris, dont quelques-uns ont laissé leur trace dansl'bistoiré^de l'époque, tels que l'abbé Faucbet, Moreau de Saint-Méry, président des électeurs; l'ancien notaire Bancal des Issarts , cet ami intime du ménage Roland; Dosaulx, le doyen des électeurs, Ganilh et Nicolas de Bonneville.
C'est Bonneville qui, répondant aux frayeurs des uns, que les attroupements armes épouvantaient, et aux désirs des autres, qui voulaient défendre Paris des troupes royales, imagina de ramasser le projet d'institution de la garde nationale, proposé par Mirabeau et repoussé par l'Assemblée nationale. Bonneville crut, et on crut avec lui, qu'on pouvait se passer tout aussi bien de l'Assemblée, qui avait manqué de conception ou de courage, que du roi, aux projets duquel il s'agissait de résister, et la garde nationale se trouva créée sous le nom de milice parisienne, recevant pour premiers miliciens les citoyens déjà armés, mais répartis chacun dans leurs districts. C'était une garde nationale de 48.000 hommes qui était décrétée, formée
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par quartiers, et donnant ainsi seize légions, composéef chacune de quatre bataillons ayant eux-mêmes chacun quatre compagnies. Cette organisation, quoique improvisée, fut résumée immédiatement en un règlement très-soigneusement rédigé, et, très-certainement, si, dans Tesprit de Bonneville, elle signifiait ordre, elle signifiait aussi liberté : c'était la nation armée.
Néanmoins une telle machine ne pouvait être montée et encore moins mise en mouvement sur le quart d'heure, et les événements se pressaient. D'ailleurs, un marquis de la Salle et un marquis de Saudray, nommés asses inopportunément Tun commandant en chef, et l'autre conmiandant en second des nouvelles légions civiques, devaient rester tout naturellement impuissants, et il n'y avait rien de bon à attendre de l'action municipale du bureau de l'hôtel-de-ville.
Le comité permanent des électeurs était en ce moment le seul agent d'une autorité publique quelconque.