GENS ÉLECTORAL
€ politique, dogmatisant avec audace et ignorance, parce € qu'elle était réduite à des théories ^. :d
Ou bien, en remontant encore, et en se reportant même au moyen-âge, il semble qu'en 1790 on est revenu à 1302, au moment de la convocation des États-Grénérauz par Philippe-le-Bel, et alors que, traitant de haut une plèbe avilie, on ne lui souhaitait la bienvenue qu'en lui reconnaissant le droit de défendre la patrie et d'en supporter les charges. La haute bourgeoisie, heureuse de traiter d'égal à égal avec un ordre privilégié, repoussait le plue qu'elle le pouvait ces classes humiliées dont elle était sortie, et ne les trouvait bonnes qu'à faire une révolution à son profit.
On était revenu tout au moins à 1614, et la daaseï substituée à la noblesse, ne voulait pas qu'il y eût rien de commun entre elle et < des enfants de cordonniers et savetiers. :d Qu'on change quelques noms, et on sent lee mêmes hommes et les mêmes procédés que sous les régimes disparus.
Avec cette diflférence qu'aucune portion de la bourgeoisie ne pouvait revendiquer théoriquement ce droit contesté que la Noblesse faisait reposer sur la conquête, et que la Révolution de 1789 avait été une révolution nationale et une conquête faite par tous et pour tous; il est pourtant vrai, et malheureusement vrai, qu'en 1790 une portion bourgeoise, une partie du Ïiers-Etat, composée en général de parlementaires, de fermiers généraux, de partisans, d'officiers de justice ou de finance, était en réalité à la petite bourgeoisie, aux artisans, aux laboureurs, à tout le
(1) Thiers, Révolution^ t. vi.
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menu peuple, oe que, depuis les premiers Êtats-Gfêuéraux de 1302 jusqu'aux derniers États-Gfênéraux de 1614, la Noblesse avait été au Tiers-État tout entier.
Aussi s'explique-t-on bien que, quoique surexcitée davantage par la question brûlante du veto, l'attention publique ait été vivement sollicitée aussi sur les conditions de rélectorat. Au milieu de tant de questions excitantes,on ne s'est pas préoccupé alors du mode électoral des deux d^rés, pourtant si vicieux, et qui est si propre à &QS8er les élections, dont les citoyens ont tant de mal à obtenir la sincérité avec des législations plus favorables. Mais toute l'ardeur publique s'est reportée vivement sur la question de l'électorat, puis de l'éligibilité ou marc JPargentj mot venu de la quotité du cens elle-même.
Indépendamment d'hommes comme Dupont (de Nemours), on voyait aussi Barère, Buzot, Pétion, repousaer toute autre base électorale que la population; ils déclaraient la base territoriale mauvaise, tout à la fois comme variable de sa nature et comme contraire au principe de l'égalité des citoyens : a: Ce sont les hommes et non les choses, disaient-ils, qui font l'État, les lois et l'administration. :d
Robespierre, de son côté, ne laissait pas échapper l'occasion de démontrer les vices d'application du système Rectoral qu'on s'efforçait d'imposer à la Révolution.
Tantôt, il révélait que, par suite d'une conversion de la taille et de la capitation en impôts fonciers, la plus grande partie des Artésiens, ses compatriotes, se trouvait privée des droits de citoyen, et il devait en être ainsi à peu près partout où le fonds de terre était en même temps possédé seulement par l'église, le prêtre, le couvent ou la