ET SES RESULTATS
ment à Paris, mais partout en France, que Louis zvi, à bout de moyens et d'expédients, voulait sortir de Paris, se retirer pour réunir des forces et revenir écraser la Révolution. L'émigration s'était faite déjà avec l'entraînement de la mode ; le roi n'avait plus auprès de lui que le comte de Provence, qui depuis l'affaire Favras ne comptait probablement plus s'asseoir sur le trône; le roi avait fiât déjà des tentatives d'évasion, le comité des recherches de l'Assemblée avait constamment l'œil sur les Tuileries , et l'Assemblée elle-même faisait surveiller le roi; il était devenu ime sorte de prisonnier jouissant des içparences de la royauté, mais enfin un prisonnier.
Pourtant, lorsqu'il réalise son projet de fuite si maladroitement, avec tout l'attirail d'une grande famille, les difficultés d'une lourde berline, portant huit ou dix personnes, traînée par six chevaux, nombre princier, et tout ce qui peut attirer l'attention des petites villes qu'il va traverser, l'Assemblée, s'exposant au risque d'exciter en France un inmiense éclat de rire, proclame niaisement que : « le roi et une partie de sa famille ont été enlevés c cette nuit (20-21 juin 1791), par les ennemis de la chose € publique, p
CTontinuant l'inutile et stupéfiante supposition de l'enlèvement du roi et de sa famille, l'Assemblée, sur la proposition de Regnault, ambitieux vulgaire et légiste à l'esprit étroit, envoie des courriers dans les départements pour arrêter ceux qui ont effectué <l V enlèvement, d
Mais quand l'intendant du roi, Laporte, se présente et dépose un long mémoire contenant les propres déclarations de Louis xvi; — quand, au milieu des reproches adressés à la nation, à l'Assemblée et à la ville de Paris,
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OD y voit le roi protester contre la Constitotion «k déclarer la forme de gouvernement établie mMMM m ifl^ même, plus ricieuse encore par se$ ecatêes; — quand le ni déclare ne pas penser qu^il soit possible de gnMamet n royaume dum :n grande êtendyspar les moyens MakHsfm r Assemblée nationale^ tels quils existent angaurdhd;'^ quand il i\joute : « D'après tous ces motifs et TimpoMÎ* (C bilitéoùle roi se troure d'opérer le bien et d'empêdbff c le mal qui se commet^ est-il étonnant que le roi ait c clierché à recouvrer sa liberté et à se mettre en sftntt € avec sa fiBUOiilIe ? > — quand, après avoir expliqué ainfl ses griefs et son départ, il termine par cet ordre «0 ministres : < Le roi défend à ses ministres de signer «s- K euu ordre en son nom, jusqu'à ce qu'ils aient re^ NI < ordres ultérieurs; il enjoint au garde du sceau de le lô € renvoyer dès qu*il en sera requis de sa part > — >••• Alors ? . . . Ob ! alors encore, une grande assemblée daiif laquelle il y avait néanmoins des hommes de sens ifc d'esprit, dont la plupart se tenaient probablement i l'écart et regardaient, continua à proclamer la fuite dH
roi un enlèvement !
Quel jour pourtant ! Avec uu peu d'abnégation personnelle, de patriotisme et d'intelligence d'une situation politique, quel heureux événement ! Cette dynastie, véritable boulet que la Ri'^volution traînait au pied, et aY« laquelle la France savait qu'elle ne pouvait plus marcher cette dynastie n'occasionnait pas une nouvelle révolutii» s'en allait, laissait la place libre ! Quel coup de fortou' pour la Révolution î Désormais, république ou monarchi constitutionnelle, qu'importe! Philippe d'Orléans ofl même tout autre, qu'importe encore ! Un pouvoir exécutii
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bomcgène avec elle, ayant les mêmes intéréta, défendzm Il Bérolntioii et dirigera le mécanisme de ses institua
tkais ICeds nos, non, c'est trop simple et trop beaa,
etcejoiir-li, aa contraire, Tégoîsme et la bêtise hnmaine le gont entendus pour décréter les malheurs de 92 et de 93, car ces malheurs sont les fils naturels, nécessaires delà Constituante de juin 1791.
Cependant, il a bien fallu obéir à la nécessité ; il a bien &lla partir du principe de la souveraineté nationale et sWparer du pouvoir exécutif, à ce moment solennel où, devenue inopinément le seul lien social, l'Assemblée se trouvait obligée de s'emparer des affaires, par l'égoîsme mâme des intérêts. Il a fallu le faire sans hésitation, arec tttteté, avec activité, et l'Assemblée l'a fait.
Provisoirement au moins, il n'y a plus de monarchie, poisqpi'elle est partie, laissant sa protestation et empor* tint son drapeau, et que l'Assemblée constituante n'éta* Uitpas une autre monarchie. La France est en Repu- Uiqœ, puisque l'Assemblée nationale £ût fonctionner in conseil des ministres, et qu'à mesure que les heures i^éooulent, elle reçoit l'adhésion de tous les pouvoirs publics.
Un seul homme avait à ce moment une position fausse, qui loi rendait lourd le poids de la situation : c'était La&jette, qui, si la fuite du roi n'était pas expliquée clairement et dans tous ses détails, pouvait succomber malgré son innocence et sa loyauté sous les clameurs de partis divers. Si les xms accusaient durement sa pénétration et son intelligence, les autres l'accusaient môme de complicité dans l'évasion de Louis xvi, quand d'autres encore se préparaient à l'inculper quelques jours après
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d'un piège tendu à la crédulité du roi. Il semblait que Lafayette fût exactement un geôlier, et dût répondre de tous les cas touchant la personne royale. Révolutionnaire par raisonnement et par esprit de justice, royaliste par sentiment, adversaire politique de la cour, disposé à un dévouement chevaleresque pour les personnes, il semble avoir été dans la destinée de Lafayette, à cette époque, de toujours se compromettre, dans son ardeur parfois irréfléchie à sauver, malgré elle-même, une cour qui lui préférait les généraux autrichiens.
Mais parmi les hommes politiques de toutes nuances, à l'exception du parti de l'ancien régime, il s'en trouva plus d'un pour s'apercevoir que la personne du roi retenu à Paris pouvait être un frein aux projets qu'on machinait à l'étranger et considérer que Louis xvi, réussissant dans son évasion, portait avec lui aux puissances étrangères et à l'émigration un drapeau, et par cela même une force. Pour eux, comme pour tous ceux, si nombreux en France^ qui ont fait accuser la nation d'avoir manqué de fermeté d'esprit, parce qu'ils se laissaient terrifier par les événements qui déroutaient leurs prévisions, pour tous ceux saisis de peur (et on a dit que Robespierre en avait fiût partie), la situation était perdue, et les hommes de la Révolution étaient destinés aux vengeances de la cour et de l'émigration. 11 était clair que celles-ci allaient être bientôt ramenées par une coalition d'étrangers intéressés les uns à faire consacrer partout le principe de l'absolutisme, les autres à faire un dérivatif dans leur propre patrie, d'autres encore à profiter de la confusion pour réaliser leurs projets ambitieux, d'autres aussi à s'agrandir en enlevant à la France des morceaux de son territoire.
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Dans cette décomposition des groupes divers que la faite de Louis xvi jetait dans Tagitation, il ne faut pas oublier ces hommes, moins intéressants à étudier pourtant, gens d'ordre il est vrai, sages et honnêtes il est vrai encore, mais égoïstes et dépourvus aussi de sens politique, désireux d'être quelque chose, mais jaloux de leurs voisins, quand ceux-ci sont leurs égaux; hommes d'une naïveté qui ne répond pas à la prétention du peuple se disant lui-même le plus spirituel de l'univers ; ils s'étaient imaginé que Louis xvi deviendrait la clef de voûte d'un ordre de choses sans raison d'être, assurant pourtant la prépondérance à une classe sur les autres, et ils ne demandaient pas mieux que de voir arrêter le roi, de le voir ramené aux Tuileries et replacé sur son trône, y fût-il replacé malgré lui, et en prisonnier gardé et surveillé, mais bien nourri et traité royalement.
n n'a jamais manqué d'hommes de cette trempe dans k bourgeoisie française, si recommandable par son origine et son travail, mais qui a si peu d'élévation et de sens en politique ; qui se complaît parfois en de si tristes commérages; qui croit s'élever quand elle sert d'instrument aveugle à des intérêts aristocratiques étrangers aux siens ; que nous avons vue, si récemment encore, méconnaissant toute expérience, obéissant aux excitations d'hommes sans patriotisme, pleins de rancunes et de vues personnelles, manquer l'occasion d'exercer une puissante et salutaire action dans un gouvernement de véritable liberté, se jeter sottement dans une réaction sans motifs, et même sans prétexte sérieux, et réussir à gaspiller d'abord et à faire détruire ensuite, d'un seul coup, sa propre influence. Quand on réussit à empêcher la liberté pour tous, on arrive iné-
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vitablement à perdre la sienne; ce n'est plus qu'une question de temps ou d'occasion.
£n 1791, il 7 avait, dans la haute bourgeoisie pBîu sienne, des esprits, peut-être plus spéculatifs que pratiques, qui acquéraient chaque jour l'expérience que la Révolution ne pouvait se concilier avec la dynastie régnante, et qui en désiraient une autre, fût-elle d'origine même étrangère^ puisque Philippe d'Orléans ne ralliait pas autour de son nom une adhésion assez étendue et assez consistante.
Mais il 7 en avait aussi qui allaient déjà jusqu'à croire qu'il n'7 avait plus d'autre moyen de sortir d'une position fausse et périlleuse, que de recourir nettement au gouvernement républicain.
Cette opinion, simple sentiment chez beaucoup, avait ses adhérents dans l'Assemblée, et parmi eux se distinguait Buzot, qui trouvait l'occasion heureuse, et 7 voyait la démonstration de l'inutilité de la monarchie après les tiraillements qui en avaient fait reconnaître le danger. A cet égard, il n'éprouvait pas, comme quelques autres, les inconvénients de l'incertitude ou de l'hésitation, car son aversion pour la cour comprenait même le duc d'Orléans, qui n'était pourtant pas encore devenu Philippe-Egalité, et qui n'était pas encore souillé d'un vote de mort auquel sa position personnelle, honnêtement sentie, lui commandait de rester étranger.
Quant à la masse de la population parisienne, probablement fatiguée aussi des dangers sans cesse renaissants, dont elle faisait remonter la cause à Louis xvi, elle n'éprouva pas une grande inquiétude de l'évasion du roL n est réel que la population parut laisser aux seid# ^
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hcnnmes politiques le privilège de l'agitation, et que révasion lui parut un incident préru depuis longtemps, et par cela même moins émouvant. La population demeura calme et marqua de l'indifférence plutôt que de la curiosité, même sur les suites de l'évasion.
n n'en était pas de même à l'Assemblée, où, à côté des mesures bonnes, sages et promptes, prises pour répondre SQx nécessités du moment, on voyait parfois se produire une triste défaillance d'esprit, et où d'ailleurs une foule de membres en se démenant dans le vide entretenaient l'animation. Le 22 juin au soir, l'Assemblée recevait la communication d'un projet d'adresse au peuple. Ce projet d'adresse se croyait habile, et, descendant jusqu'à une absurdité qui finissait par devenir grossière, il osait encore dite: € Le roi et la famille royale ont été enlevés le 21 de œ mois. > La lecture de ce déplorable document était à pdne terminée, que tout-à-coup les cris II est arrêté! Il est «mâS^/ jetaient l'Assemblée dans une agitation immense. Les fayards, qui avaient traversé Sainte - Menehould, non plus même avec six chevaux et une voiture, mais avec onze chevaux et deux voitures, précédés et suivis de deux courriers habillés de couleur chamois, et escortés d'un détachement de hussards ramassé en route, — insuffisant pour défendre l'escorte, mais ayant ce qu'il &llait, à un tel moment surtout, pour inquiéter les populations, — les fuyards, qui, ayant des passe-ports pour Francfort, avaient dit à Clermont qu'ils allaient à Verdun, eiqui,au lieu d'en prendre la route, s'étaient ouvertement dir%é8 sur Varennes, étaient effectivement arrêtés à Yarennes même. Ramenés sur leurs pas, ils commençaient ce lagabre retour, plein d'angoisses, au bout duquel ils