Tome I
INTBOD0CTION 19
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borner mes notes, quand j'ai roùln rechercher et examina» les actes et les faits auxquels de tels hommes ont participé; Travail bien difficile pour moi, par plus d'une raisoûi mais attrayant pour tout homme sans parti pris sur le$ renommées, qui veut les apprécier par lui-même, qui repousse du pied tout aussi bien les plaidoyers intéressés que les faiblesses complaisantes, et qui découvre avec fermeté les falsifications historiques. Je Fai fait souvent au hasard, parce que je me préoccupais plus et de lA vérité et de la moralité des actes que de leurs aûteursi hommes ou parti. Mais je Tai ûiit aussi avec cette conviction que les recherches historiques ont souvent besoin des connaissances pratiqués des hommes qui ont travaillé les affaires, parce que rien n'est si faux qu'uno relation qui a pour but seulement des discours, des acteft officiels ou des documents dont on ne recherche pas lu pensée secrète ou l'application raisonnée.
n est vrai que nous avons à peu près tous une tendancei à croire que tout a été dit et publié sur la Révolution et les événements qui l'ont suivie.
Cela vient de ce que, depuis 1789, la France a été Vobjet de plus de publications de toutes sortes que jamais aucune nation et aucune époque n'ont pu et ne pourront, probablement en faire naître : sans parler de la polémique^ l'une des armes d'un grand combat entre deux régimed exclusifs, dont l'un ne veut pas mourir, et dont l'autre veut vivre à son tour. Qui pourrait dire combien il s'est produit de plaidoyers intéressés décorés du nom d'histoir^ combien de pamphlets ou de panégyriques, combien d'œuvres d'artistes amoureux de la forme plutôt que de la fidélité de la narration ; combien de récits égarés par
DîTBODXTCTrON 19
des docmnents mentenrB, falsifiés ou incomplets, combien
même de spécolations de librairie ou d*intrigae I
Et pourtant Thistoire de la France depuis 1789, et qui n'est autre que l'histoire de la Révolution dans ses oscillations, n'est pas encore complète : c'est à peine même si la France parvient à se reconnaître dans les principaux fidts d'une Révolution faite par elle et pour elle, mais parfois exploitée contre elle, par de grands aventoriers qui ont réussi à personnifier en eux-mêmes ce dont ils étaient en réalité les plus cruels ennemis.
Llûstoire de la Révolution, soit dans son ensemble, soit dans ses détails, souvent écrite par ses adversaires, ne sera jamais entièrement rectifiée par les renseignementâ dn temps, encore moins par les mémoires des acteurs dus les événements, et la clef de bien des incidents restom perdue pour toujours. De grands exemples en peuvent donner la certitude : Mirabeau, la grande voix de 1789, éteinte trop tard, aprèit des traités à prix d'argent, Mirabeau, auquel les secrétaires ne manquaient pourtant pas, gêné peut-être par ses procédés personnels, est mort eomme sur un théâtre antique, avec des accents d'un «itre âge, mais n'a pas laissé un seul mot qui puisse sérieusement servir de conducteur dans rappréciatioû d'événemente dont l'enchaînement au moins n'a pu lui échapper.
Danton, ce colosse révolutionnaire, tocsin de la Révolution, centre de l'action violente, audacieux sous l'impression du moment, plein de colère dans la lutte, oublieux le lendemain des combats de la veille, sans rancune et dédaigneux des vengeances personnelles, ayant les entraînements d'un viveur qui veut jouir et les passions
ardentes de la place* publique, trop insouciant de sa vie, de sa réputation elle-même pour être soupçonneux, peutêtre fatigué non de l'action qui était dans son tempérament, mais de persécutions qui n'étaient pas dans son goût; Danton, homme à frapper un grand coup et même à^ laisser faire les affreux égorgements de septembre, mais: à éprouver des nausées devant les grimaces judiciaires de; Fouquier-Tinville, cet agent servile et bas de Robespierre t Danton, qui a eu la main presque partout jusqu'à l'heure où il a voulu modérer le mouvement, et dont l'entourage, n'avait pas de secrets pour lui, parce que, ami sûr et fidèle, il inspirait une confiance qu'il n'a jamais trahie f Danton, qu'une certaine intempérance de langage, plus que ses actes, a fait accuser sans preuves de peu de scrupules dans quelques questions d'argent, mais que Ton? n'a jamais accusé d'avoir manqué à une parole donnée ; Danton, que ses facilités peut-être trop larges, son cara<S' tère heureux et ses préférences pour une république* moins Spartiate que conforme au tempérament de soil pays et de son époque, avaient mis en relations avec des hommes de toutes les classes, de tous les rangs, de presque toutes les sectes, et certainement mieux renseigné que tout autre, Danton n'a rien laissé pour l'histoire,; et a probablement enseveli avec lui les plus grands enseignements, quand il est tombé pour n'avoir pas sa ruser avec d'anciens amis, ni se priver de sentir lu pairie ' 90U8 la semelle de ses souliers, ' •
Lafayette, cette grande popularité française, inventeur ' de notre drapeau national, et qui a manqué parfois Tocca* ^ sion heureuse pour la France d'être le Washington de sa "* patrie; qui n'a pas toujours bien apprécié, puisqu'il a été ^
INTRODUCTIOîJ 21
u souTent et si fticilement trompé, mai» qui a assiste anx derniers efforts d'un régime qui tombait, et à tous les mouvements d'une révolution qui se faisait; qui a possédé ks mystères de nos deux premières assemblées nationales, et peut-être aussi quelques-uns de cette cour qu'il a essayé de sauver malgré elle, alors même qu'elle ne dissimulait pas toujours sa haine pour lui, et qu'elle Fentonrait d'embûches ; Lafayette, qui a été longtemps partout acteur ou témoin, qui a vu naître et grandir les hommes de la Révolution, ne les a pas livrés à l'histoire ; il n'a laissé que quelques notes fautives, réminiscence des commérages du parti Feuillant, et qu'il n'a pas contrôlées, pois quelques documents épars que des mains pieuses ont rassemblés ; mais il est de vérité que Lafayette n'a presque rien laissé pour l'histoire, quoiqu'il ait vécu longtemps, quoiqu'il ait traversé d'autres grands faits historiques, et ne soit mort qu'au milieu de notre génération en lui léguant à défendre le principe de liberté.
Ce qui vient d'être dit touchant Mirabeau, Danton et Lafayette, n'a été dit et ne doit se comprendre que comme exemple, car on peut l'appliquer à un grand nombre d'autres hommes ayant rempli un rôle important dans k Révolution. La plupart de ces hommes faisaient de Thistoire, et ne l'écrivaient pas ; sans parler de ceux qui, spectateurs serviles, comme les hommes de la Plaine, ont habillé après coup leur funeste lâcheté, il est certain qu'il V a eu des hommes de la Révolution qui ont écrit, et dont les récits ne nous sont pas parvenus. Pour les uns, leurs écrits, dispersés comme eux-mêmes au milieu des tempêtes politiques, sont perdus irrévocablement; pour
d'autrea, la prudence, rintérét du moment, leur ont commandé quelquefois de détruire leurs papiers ; pour d^autres encore, appartenant en assez grand nombre à une noblesse plus ou moins authentique, ou. bien à la haute bourgeoisie, leurs familles, dont les vues ne s'étaient jamais élevées plus haut que la conquête et le partage des meilleures positions nobiliaires et privilégiées, avaieni; conservé leurs préjugés et leurs rancunes contre une révolution qui avait si naturellement dépassé leurs espé^ tances égoïstes, et elles ont sacrifié sans scrupules les documents historiques arrivés en leurs mains.
Les héritiers de la veuve de Duroj, par exemple, ont &it partie de ces familles, et il n'y a pas à s'étonneir quHl ne reste plus aucune trace même d'une simple lettre d'affaires, d'une correspondance que les missions d^ Duroy avaient nécessairement grossie. Les papiers de tels hommes étaient un dépôt dont la conservation elSà» rouchait singulièrement l'esprit de ténèbres. Les femmes ont beaucoup brûlé de ces papiers; le clergé y a aidi aussi, et dans toute maison où il a eu un pied assuré, il a suivi les habitudes d'autrefois et fait livrer aux flammes tout écrit digne de la mise à l'index. Que de documents disparus, que de renseignements détruite, pour toujours t
Parfois on se laisserait entraîner à penser qu'une sorte ^ de fatalité a pesé sur les documents les plus importante ,^ de la Révolution. Le sort de ceux que possédait nécee» ^ sairement Robespierre semblerait en autoriser la pensée' ^ superstitieuse.
Cette figure est l'une des plus saillantes de la Révo^ "" iution i je croie aussi qu'elle en est une des plus funestesi
INTBODUCTIOir 23
ou du moins, dans l'état de nos renseignements, on pent^ nni être accosé d'injostice, regretter que Robespierre, (tent on n'a pas même connu le but définitif, et qui était peut-être encore à en guetter ud, soit arrivé en réalité à personnifier la Hévolution. U Ta personnifiée à un tel point, que sa mort a été le signal d'une sanglante orgie réactionnaire et royaliste, comme vingt ans plus tard la diute de Napoléon a été le signal de cette terreur blanche qui a frappé moins encore de bonapartistes que de libé* nuz, de ceux mêmes sortant des abominables prisont d'Etat de l'Empire. U est vrai qu'une nation personnifiée en un homme ou en quelques hommes n'est pas dans des oonditions normales. C'est pourtant le malheur de la France, de la Bévolution, de n'avoir pu encore être dle-même et d'avoir été si souvent, et toujours à contre*» sens, personnifiée en des hommes à vues intéressées; mais elle perd aussi les enseignements de son histoire, quand ks documents possédés par ces hommes disparaissent arec eux, alors môme que les circonstances sont le plus fiiTorables à la conservation de tels documents.
L'exemple qu'on en retire du 9 thermidor, et concernant les papiers de Robespierre, est vraiment bien remarquable. L'esprit si personnel et si étroit de Robespierre l'a empêché de saisir à l'avance les conséquences de la mort de Danton et de Camille Desmoalins. Quand ils ne sont plus, sa vanité, le bruit de sa popularité, son influence BUT la Société des Jacobins, sa position dans le Comité de Salut public et au milieu de la Convention, l'empêchent de sentir le vide devant lui; il n'aperçoit pas des nuages se former, ou s'il en voit, le perfide est certain de les détourner sur la tête de collègues qui peuvent lui porter
ombrage. Mais voilà que c'est lui qui tombe inopinément en quelques heures ; ce n'est pas un homme préparé à oa danger possible, et faisant disparaître de ses papiers ceux dont il veut ensevelir le mystère : tout est là, chez lui, peut-être même les renseignements secrets qu'il n'aura pas voulu exposer à l'indiscrétion de ses bureauX| et concernant la police et le tribunal révolutionnaire dont il a conservé la direction jusqu'au 9 thermidor; il y a là des papiers d'État, et sa correspondance intime, qu'il faisait servir même à une action politique, hors de ses attributions spéciales. Il est soigneux, et il n'a rien sacrifié ; il semble au contraire avoir collectionné ; sa position, ses empiétements sur toutes choses l'ont fait détenteur d'une foule de docTuments, et il en possède qu'on eût supposé être ailleurs. C'est une masse de papiers qu'il laisse derrière lui ; mais tout cela tombe dans des mains telles que celles du représentant Courtois qui en est le rapporteur, mains partiales, parce que Courtois veut venger la mort de Danton, son cousin et son protecteur, mains intéressées, parce qu'elles se sont trop glissées dans des opérations que ilobespierre avait appelées des dilapidations, mains nécessairement infidèles, parce qu'elles ont exhumé plus tard des pièces qu'elles ne pouvaient posséder qu'au moyen d'une soustraction clandestine, et, à côté de Courtois, une foule de mains intéressées à faire disparaître les pièces les concernant se les approprient comme des dépouilles, se ménagent les moyens de renier leur passé, ou de vanter leur pureté mise à l'abri du contrôle, ou même de couvrir d'insultes l'idole qu'elles avaient encensée.
Si donc de nombreux documents^ et d'une telle impor*
tanoe qu'ils semblaient devoir tomber nécessairement dans le domaine public, ont pu être ainsi volés, dis* perses, détruits, il ne faut guère espérer qu'on retrouvera jamais ceux que les circonstances ne protégeaient pas latanL
Mais des renseignements inédits, glanés çà et là, ou ressuscites par le hasard, pourront encore éclairer de temps à autre un fait ou un autre diversement jugé, et permettre des rectifications, comme il s'en est déjà fait sur l'histoire de la Révolution. Pour elle, plus encore que pour les autres grands faits qui ont marqué dans notre développement national, l'histoire est obligée de marcher par étapes à la conquête de la vérité.
Aussi, et quels que soient les mérites des historiens,
premiers en date, qui ont traité impartialement ce sujet ,
quelque reconnaissance qui leur soit due pour avoir les
premiers laborieusement et courageusement déblayé les
décombres qui recouvraient les traces véritables d'un
grand et légitime mouvement national, nous ne pouvons
le& considérer que comme des pionniers intelligents qui
ont ouvert la voie que d'autres géuLTations doivent pour-
?u:\Te pour reconquérir entièrement les saines traditions
du patriotisme et de la liberté. C'est ainsi déjà que les
travaux sur la Révolution ont paru meilleurs, rectifiés ou
plus com})lets à mesure que les nouveaux sont venus
s'ajouter aux précédents.
Il se passera donc encore beaucoup de temps avant que ron puisse se demander à quoi bon de nouvelles recherches ou de nouvelles études sur ce grand sujet.
Et d'ailleurs, il appartient aux enfants fidèles à la mémoire des pères de ramener constamment la Révolu-
tien à sa signification et, en dehors des accidents et d€ê orages y de constater avec persévérance son droit, sa hkk ralité et sa force.
La Révolution, c^est la réaction du principe de jnstioa et du droit humain contre les conséquences du fait bmtel et grossier de la conquête; c'est donc Textinction des privilèges et des distinctions. Le privilège, dépouillé d'avantages usurpés, c'est le citoyen confondu dan$ Im rangs d'autres citoyens, ses égaux; c^est donc la procla* mation du droit commun, idée sociale et humaine, saiiB laquelle les mois de nation et de société ne sont qu^mif misérable dérision.
Mais c'est aussi la liberté, car sans la liberté toii| retourne en arrière, reprend les vieilles formes et reproduit, par un enchaînement nécessaire, l'usurpation^ If privilège et l'oppression.
Dans l'esprit de la Révolution, l'idée de poaTob| ramenée à une expression raisonnable et honnâte^ fo réduit à une simple administration, restreinte à l'exécvh tion des lois, et par des agents responsables de lem , actes. Quoi de plus juste ? H n'y a que l'iniquité qoi y puisse s'en plaindre.
Politique dans ses formes, mais juste et humaine daM ses conséquences, la Révolution parait bientôt étroîli; ; et mesquine aux imaginations ardentes qui ne réSà*!^ chissent pas assez que c'est par les transitions qMï" les sociétés vivent et se développent, mais elle paiaM^' f<»midable , violente, aux hommes «du privilège et ê^l l'exploitation. '.. ^*
. Ces deux inspirations contraires, Tune plèbéiennei' l^aartre cléricale et nobiliaire, ne se sont pas heortéai^
*. ^ 4 '»; .iii»v * I'
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]» loMB^Det intéiéti inintéBJin fify ^Igoistes toigéKft^ ÉmleTâi pat ks irti&QM ^loi flûpt MDii paUtâfÉeii m floafcpiAtés à tobiâer Isf^aiide i^^ fsiiAffdMt ie iESà»-rÉIÉty ei dm petiim égliMii oo»# |Méci dlmpoftaiits afifeciant mia paioMhpr d*eÉprit q[o| éHWnwt 1» Ji%nMait^ Mit pfétaniu bûnrtM fofUitÊr à ^màm la ISei^-âtat, nt hm^m tout le leste cb la sana nom, même dans la vie politiqii^
flop fialitaB 4s^^ 4*'^ anonoder
iKimgea. Bk aomme eUça ont panr pfocéd& ib &iiiaar
hifBBiâfÊBy lia ioitîtalio&s et lea Ida, nona ]m a^ona
mon Tiieay ao milkn de notra génératipii mèaie, jet«f
lafipiiliii dana I^étMi^cmeni, fiiiod ailes ant d^mambié^
aapcdlt de leur politiqne frandnlensè, jnsqn^i na ftc^
fm ooMÉomît «?ant tonl le principe da liberté.
beamènp d'idées en cette lonnitla si aaccÎMt^
|i gnsda et ai Tïûe tout à la fo»^ il avatt lehai^s^
fnpra boràefir national et fixé la véritable et wdili
siBsion du drapeau de la France en j écrivant : Liberté j
ùràrtpubUe. Q suffisait d'avoir le bon sens et Thonn^eté
la laisser inséparables comme ils Pétaient les deux
tomes de la fonnule, car la chute de Tun d'eux entraine
edle de Tautre ; la liberté sans Tordre n^étant que Tanar^
êù/t, e'est-à-dire récraaement des plus faibles par les
pha forts, et Tordre sans la liberté n'étaot en réalité que
k despottsme , c'est-i-dire le silence et Tétouffement du
fnnd nomlnre par un seul ou plusieurs : la liberté sans
Periie, c'est une nation eu état continuellement révolu**
tîoQBsire, ou e^est même un peuple en délire; Tordre
la liberté, c'est une nation dépouillée de son honneur
; Tordre sans la liberté, c'est parfois P^rdir^ r^fwU
à Varsovie y selon réxpression trop naïve d'une célébrité qui ne fut qu'une médiocrité vaniteuse ^
Liberté — Ordre public ^ formule inséparable, dont le premier terme protège le second, c'est là ce qui est le propre du drapeau de 1789.
Cette formule est bien en parfait accord avec les prin-* cipes dont tant de gens parlent et s'emparent, sans jamais les appliquer.
Et même à l'époque actuelle, il semble parfois, tant ils sont dénaturés avec audace, que les principes de 178ff ont quelque chose de mystique, insaisissable pour le plus grand nombre, et ne peuvent se dégager des obscurités du passé que par les efforts de laborieux et patients investigateurs.
Pourtant, le petit écolier qui apprendrait à lire dans le cahier des électeurs de Paris, expression spontanée et comme par intuition des institutions réclamées par la France, et dans la Déclaration des Droits, votée par l'Assemblée constituante, saurait bientôt, lui, quels sont les principes de 1789, et il n'aurait pas à attendre un bien long développement de son intelligence, pour comprendre en quoi les principes de 1789 ont reçu leur application dans la Constitution de 1791.
Mais il y a des gens qui comprennent tout aussi bien et qui nient avec trop de résolution pour ne pas montrer qu'ils sont tout simplement désireux de soustraire ces grands principes à la vue d'une nation qui les revendique quelquefois comme un phare propre à éclairer ses destinées. H y a d'autres gens, effrontés falsificateurs de la
(1) Sëbastiani.
INTRODUCnoK • 29
kngiie elle-même, dont la science politique se borne i fubstitn» les mots aux choses, et qui , sur le code de la jdns odieuse lyrannie n'hésitenûent pas à écrire : Prinàpe» de 1789. Us sont à ces principes, comme serait i TOuwnôme nn homme qui vous embrasserait au visage, TOUS serrerait daog ses bras et tous poignarderait dans le dos.
Avec ces gens-là , il n'y a pas à discuter ; à leur couttet^ on perdrait sa propre dignité. Nul de nous ne eût même les engager à étudier les hommes et les faits de la Bérolution française , car une telle étude exige au moins le sentiment de Tindépendance , un peu de patrietisme, et la droiture du cœur et de Tesprit
Septembre 1868.