ESQUISSE
SUR BDZOT & BONNEVILLE
Acte de naissance de Buxot. — Begistred de l'église/ 8#iiLi actes d*état civil. — Nicolas de Bonneviiie. — Son portrait par Charles Nodier. — Caractère de Buzot.
Le 1* mars 1760, en réglise de Saint-Nicolas, une
des neuf paroisses de la petite ville d'Évreux, qui ne manquait pas plus de couvents d'hommes ou de femmes, qne de paroisses , se faisait le baptême d'un enfant, et l'acte qui en était dressé constituait l'état civil du nouveau-né.
n n'y avait pas alors d'autre moyen d'avoir un état
dans la famille, car les enfants, non baptisés à l'église
catholique, de même que les juifs et les protestants, étaient
privés de filiation légale. Mais on sait combien étaient
obscurs, souvent même incomplets la plupart de ces actes.
En Normandie, où l'esprit de procédure, plus répandu
peut-ttre dans le clergé qui ne cédait jamais rien de ses
l'rétentions, devait au moins fournir des idées de régu-
34 ESQTTISSE SUR BUZOT
Presque au moment où Buzot venait de naître y filf d'un procureur de la paroisse de Saint-Nicolas d'Évrem^ un autre procureur demeurant à quelques pas de là| flfc sur la même paroisse, avait aussi on fils, né seulement treize jours après Buzot, et auquel on donnait le XQta|M| . prénom de Nicolas. Nous voulons parler de NieolM de Bonneville, dont Charles Nodier, dans ses Saupenkm^ét ^ portraitSy devait un jour reproduire les traits dispnnÉw^ bizarres au moins, qu'il a retracés ainsi : c C'étaii le : % cœur le plus simple et le plus exalté que j'aie ooniis , " i; do ma vie, avec une imagination de thaumaturge, xaiiÊ'X, ^ science de béuédictiii, une £iconde de tribune. JBoAi f crédulité de fenmie, une éducation d'homme du momélt^ < et des mœurs d'homme du peuple. j> 09:^'
Bonneville, devenu le protégé de d'Alembert, jii8qii!U|; * la mort de celui-ci en 1783, s'est fixé i Paria, s'y --^^^
imprégné de la littérature de l'époque ; il a été Vvai électeurs de Paris en 1780, et il est le premier qm demandé alors l'organisation d'une garde bourg comme il est aussi un des premiers qui aient osé aQoeplM|;^ i un tel moment la lourde et dangereuse tâche de TapipBia^, ^^ yisioimement de la capitale. C'est le même Bonnft qui a fondé la Bouche de fety avec la çoUaboratii^ Vabbé Fauchet à ce journal ; c'est le même auspi envoyé après le 10 août commissaire du pouvoir cutif à Bouen, avec les pouvoirs les plus étendus, a des horreurs de la famine cette ville importantei, vi< dès alors des odieuses combinaisons qui se sont é sur les blés, pendant la Révolution.
Enfants exactement de même âge, fils de deux côU^i^agii dans une même compagnie, rattachés par une sembldw^
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angine, un Toisiniige de la plos étroite proximité, de mèmea ëaàeê et plus tard de mêmes tendances politiques, il HmUe que Bnzot et Bonneville, comme deux frères jmnemx, ont dû vivre d'une sorte de vie commune , ifut &it retrouver Pun , quand on cherchait l'autre. Il l'en est lien pourtant.
Ssi-œ que Buzot, ami sûr, dévoué, sachant fidre des ■crifioeB d'intérêt personnel, non d'idées, était homme i ne jamÛB appartenir à personne ? S'il a rencontré dea obéiasant fEuûlement à ses inspirations, il en a ly près de lui, d'un caractère à la hauteur de atk fnpte indépendance. H parait certain quHl en était ainsi ^ Bonneville; il en était ainsi également de quelquea Mtna que nous aurons l'occasion de rencontrer.
Boiot, désintéressé, ne recherchant pas les richesses, (tait plntàt fier, orgueilleux même, et avait aussi et malkvmncment un esprit dominateur que le soupçon était kn dé modifier.
D'un caractère sombre, il avait contracté et suivi constamment des habitudes retirées qui ne Pavaient pas iMoupli aux frottements de la vie. Pour lectures, nourri CBoore de ses classiques des premiers ans, il les avait fait Kfze préférablement de Montesquieu, et aiussi de Mably et de Rousseau, qui ont été, dans Tesprit de la France linque tout entière, l'idée organique de la Révolution, mme Voltaire avait été l'idée critique de l'ancien Rfime. Four distraction, il promenait ses pensées dans Us avenues de cette foret d'Evreux qui n'était pas alors cornue aujourd'hui un taillis parfois descendu à un améttgement de dix ou douze ans, mais une véritable et ^Ik forêt dont l'aspect était rendu plus imposant encore