‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 59 sur 198 · Tome I. — S · texte numérisé non relu

Tome I. — S

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€ Bav cet iffliour «de rhumanité, sxa ces éians des «oldats « fraoçaiSy qu'ont compté ks lo^nbres de la législataire n qui ont voté pour la déclaration de guerre^ let voilà € ikotre réponfie aux calomnies de Madsat? » Bien gw applaudi comme toujours, peut-03BL voir dans cette parole de Yergniaud autre chose qu'une vaioo déclamation? Cette raison donnée d'une déclaration de guerre de con^ séquences aussi considérables ne donne-t-elle pas la plus triste impression de la valeur politique de l'un des Girondins les plus remarquables ? Le nom de Marat, jeté en cet endroit, ne change en rien la raison des choses t œ n'était pas Marat, c'était le bon sens public qui avait condamné la conduite des Girondins. Tout le monde sent en effet que des hommes sérieux, vraiment politiques, doivent juger les situations telles qu'ils les ont sous les yeux, doivent tenir compte du connu pour pénétra l'avenir inconnu et s'assurer au moins les probabilités avant de courir les chances. Des esprits enthousiastes si l'on veut, mais certainement aventureux, pouvaient seuls, en avril 1 792, faire preudre à la France l'initiative d'une guerre dont l'enjeu était le j)lus considérable qu'une nation puisse jamais y engager.

Robert Lindet y résistait avec d'autant plus de raison, qu'il pouvait, tout aussi bien qu'un autre, apprécier l'élément d'insuccès naissant de la situation intérieure, son propre département étant alors au nombre de ceux où la contre-révolution dévoilait avec le plus de violence ses machinations et annonçait plus nettement des soulèvements.

Néanmoins les Girondins persévéraient avec plus d'ardeur, d'âpreté même, pourrait-on dire, que de véritable

eutboBBiasme^ 4iui8 fenr prcjet de guerre, et, peii ac^pu* leux comme d'habitude dans le choix de leura arguments, ilg pouBsèirent T^^udace jusqu'à signaler nettement cosom^ c des amU de la ccuTy les agitateurs opposés à laguerre; > procédés calomnieux et vraiment au service d'une mauvaise cauae, aussi Robert Lindet se tint*i} coQBtapi<* ment à récait des hommes qui y avaient eu reco9r9.

La déclaration de guerre à l'Autriche, acte d'entraînélaent et de légèreté heureusement rare dans les Asjsemblées délibéraiates, plus p(»rtées à la paix qu'à la guerre, no^ sans raison, fut votée à une grande majorité, les opposant^ se trouvant réduits, par tactique politique vis-à-vis de rétrauger, ou à apporter leurs voix à un vote qu'ils blft- Qud^t, ou à masquer leur opposition sons le voile de l'abstention. Quelques députés seulement donnèrent un vote complètement négatif. Condorcet fut chargé 4'expli^foer à la nation et à l'Europe les raisons de la guerre, et il le fit dans une sorte de manifeste élevé, calme, ^'adressant avec art à rintelligeuce des nations, offrant à leur appréciation la forme du gouvernement français, l'injustice de la prétention des princes étrangers à y exercer un droit de regard, et l'inanité des faits d'actualité dont ils se faisaient un prétexte. Le travail de Condorcet est d'ailleurs comme un monument national digne d'être reproduit sous les yeux des nouvelles générations : « Chaque nation, dit-il, a seule le pouvoir de se « donner des lois et le droit inaliénable de les changer. . . . < Vouloir le ravir par la force à un peuple étranger, c'est « se proclamer l'ennemi du genre humain I La natio^ € française devait croire que des vérités si simples seraient c senties une ligue a été formée contre son indé-

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c pendance rAssemblée nationale a d'abord

€ demandé quel était l'objet de ce concert entre des c pnissances si longtemps rivales, et on lui a répondu € qu'il avait pour motif le maintien de la tranquillité € générale, la sûreté et l'honneur des couronnes, la

€ crainte de voir se renouveler les événements —

€ Mais comment la France menacerait-elle la tranquillité € générale, puisqu'elle a pris la résolution solennelle de € n'entreprendre aucune conquête, de n'attaquer la liberté

€ d'aucun peuple ? — Sans doute la nation française

€ a prononcé hautement que la souveraineté n'appartient € qu'au peuple, qui, borné dans l'exercice de la volonté € suprême par lès droits de la postérité, ne peut déléguer € le pouvoir irrévocable ; sans doute elle a hautement « reconnu qu'aucun usage, aucune loi expresse, aucun « consentement, aucune convention ne peut soumettre « une société d'hommes à une autorité qu'ils n'auraient « pas le droit de reprendre : mais quelle idée les princes <i: se feraient-ils donc de la légitimité de leur pouvoir, ou <i: de la justice avec laquelle ils Texercent, s'ils regardaient « renonciation de ces maximes comme une entreprise « contre la tranquillité de leurs états ? — Diront-ils que <L cette tranquillité pourrait être troublée par les ouvrages, « par les discours de quelques Français ? Ce serait encore « exiger à main armée une loi contre la liberté de la presse, « ce serait déclarer la guerre aux progrès de la raison .... € On a parlé de tentatives faites par les Français pour <L exciter les peuples voisins à briser leurs fers, à réclamer

« leurs droits Ces tentatives eussent-elles été réelles,

<i: les puissances qui ont souffert les rassemblements de a: nos émigrés, qui leur ont donné des secours, qui ont

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c reçu leurs ambassadeurs, qui les ont publiquement c admis dans leurs conférences, qui ne rougissent point c d'appeler les Français à la guerre civile, n'auraient pas c conservé le droit de se plaindre, ou bien il faudrait dire € qu'il est permis d'étendre la servitude et criminel de € propager la liberté, que tout est légitime contre les c peuples, que les rois seuls ont de véritables droits. c Jamais l'orgueil du trône n'aurait insulté avec plus c d'audace à la majesté des nations I — Le peuple fran- « çais, libre de fixer la forme de sa constitution, n'a pu

< blesser, en usant de ce pouvoir, ni la sûreté, ni l'honneur

< des couronnes étrangères. Les chefs des autres pays ....

< voudraient-ils, parce qu'ils ont des sujets, empêcher « qu'il existât ailleurs des hommes libres ? Et comment

< n'apercevraient-ils pas qu'en permettant tout pour ce « qu'ils appellent la sûreté des couronnes, ils déclarent

< légitime tout ce qu'une nation pourrait entreprendre « en faveur de la liberté des peuples ?

« Ainsi ces prétendus motifs d'ime ligue contre la « France n'étaient tous qu'un nouvel outrage à son indé-

<i pendance Mais, disent-ils, le roi des Français

« n'est pas libre. Eh ! n'est-ce donc pas être libre que de

« dépendre des lois de son pays ? La liberté de les

« contrarier, de s'y soustraire, d'y opposer une force « étrangère, ne serait pas un droit, mais un crime !. . . . « — Cet insultant orgueil, loin de l'intimider (la nation « française), ne peut qu'exciter son courage. Il faut du « temps pour discipliner les esclaves du despotisme, « mais tout homme est soldat quand il combat la

€ tyrannie

< L'empire français, dans sa vaste étendue, n'ofiprira

âSè DfCIABATION DB éWÉÂRE A L'AUTRICHE

i fèû» à noG^ ennemis ^'une vékmté miiqtie, celle d i y&meie on dé périr tout entier avec la Constitntion € les lois. V

Cette âéciariatiott de gaerre, accueillie avec joie par les ^iàrtîs contraires qui en attendaient des résultats différents, à'effraya pas, et loin de là, la masse de la nation, qni n^en sefitit la gravité et n'en redouta les conséquences que ^elqnes semaines plus tard. Elle y trouvait provisoirement une satisfaction à ses instincts guerriers, si nobles ^uaild ils s'appliquent à la défense du territoire national, inais que la France a exagérés trop souvent jusqu'à les transformer en un stupide et grossier chauvinisme, qui feM toujours la honte et la perte des nations assez ii»eii6ées pour s'y laisser entraîner.

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