LE 20 JUIN, PRÉFACE DU 10 AOUT
Tous les partis espèrent en la guerre. — La République s'impose aux esprits impartiaux. — Manœuvres coupables de deox généraux. -^Habéleté du rd à la journée di» 20 juis. — Les Girondins exploitent le 20 juin. <*- Le veto sur tous les décrets demandés. — Irritation des difl'érents partis. — Le baiser Lamourette. — Reprise des hostilités. — Fête de la Fédération. — - La guerre civile menace de servir d'auxiliaire à la guerre étrangère. — Décret proclamant la patrie eu danger. — Les Girondins font des avances au roi. — Comment le roi les accepte. — La France paie leur mécontentement.
On ne fat pas longtemps à juger de l'étendue du danger ^^8 lequel on venait de se jeter avec plus d'entraînement lue de raison. Les révélations de la nature de celles faites \^T Montgaillard, dans ses Mémoires, montrent seulement l'impression ressentie à l'étranger; mais le même sen tinrent s'est produit sans retard dans la publicité en France, car le journal ultra-royaliste de l'abbé lloyou n'a pas h^ité à manifester tout aussitôt sa joie et ses espéi^ces en ces termes bien significatifs : « Bientôt les trompettes de la noblesse française entonneront à leur tour l'air : Ça ira! > La situation générale empruntait à la déclaration de guerre une nécessité plus grande encore
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qae précédemment, et dont les Jacobins eux-mêmes semblaient ne pas s'apercevoir.
Les Feuillants se croyaient arrivés aux affaires, parce que l'armée, dont le rôle s'agrandissait, leur paraissait, par l'un de ses généraux surtout, pouvoir les imposer. Les Girondins, de leur côté, sentaient que leur propre rôle exigeait qu'ils pussent reconquérir les ministères, pour que la guerre ne se réduisît pas à une misérable comédie, servant de prologue au grand drame de la conquête de la France par les armées étrangères.
Avec le roi et la cour, les uns et les autres étaient dans le faux, et ils aidaient à la perte du principe qu'ils croyaient servir et que leur amour du pouvoir devait compromettre.
L'heure devenait solennelle, et, quelle que fût l'obstination des esprits plus prévenus que sagaces et éclairés, il était désormais certain qu'il fallait que la monarchie f&t renversée sans retard, ou que la fortune fût perdue. Cette alternative était claire pour Robert Lindet, tout aussi bien que pour les Cordeliers, quoique les Jacobins s'élevassent avec violence contre tout projet de République.
Conserver la dynastie de Louis xvi en de telles circonstances, c'était perdre la France par pure niaiserie. Il était et trop tard, et trop tôt, pour que les orléanistes pussent songer à présenter leur candidat comme un sauveur de la Révolution. Les quelques hommes politiques qui pensaient à un prince étranger osaient à peine bégayer un nom. Repousser la République en ce moment, c'était s'agiter dans l'inconséquence, dans le faux et dans l'impuissance, et c'était attendre, au milieu de stériles déclamations, les