ET SES CONSEQUENCES
qni était Teiinemi, et de l'Assemblée dont la majorité illogique même abandonnait la Bévolution à Fennemi. Une Assemblée ainsi méconnue pouvait se laisser entraîner aux extrêmes de la pente sur laquelle elle venait de s'engager, mais elle n'en eut pas même le temps, car, au moment de la résolution de la section des Quinze- Vingts, le tocsin se faisait entendre dans le centre de Paris, se répandait, sonnait enfin dans les faubourgs ; les bataillons s'assemblaient, et les sections averties nommèrent leurs conmiissaires.
C'est à deux heures du matin (nuit du 9 au 10 août) que ces conmiissaires se trouvent réunis à l'hôtel-de-ville. Leur premier soin est de déposer l'administration départementale et communale, et ils organisent l'insurrection. Selon le mot de Danton, dont le souffle les inspire et dont l'audace fortifie leur courage, le 20 juin ayant été une menace incomprise, le 10 août doit être la réalisation de la mesure du 20 juin.
C'est ainsi que fut instituée la Commune insurrectionnelle \ c'est ainsi que la Révolution, toujours en péril depuis le 14 juillet 1789, livrait un combat qui était bien un combat entre deux régimes ennemis, dont l'un devait exterminer l'autre.
Les forces insurrectionnelles proprement dites, ou les combattants, se composaient des fédérés, parmi lesquels se faisaient remarquer les bruyants Marseillais, des Cordeliers et de leurs adhérents, d'environ 5.000 hommes descendus du faubourg Saint-Marceau, et d'environ 15.000 hommes venus du faubourg Saint-Antoine.
Comme il est dans la tournure de notre esprit, quand nous parlons des grands événements passés, de rechercher
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par quels moyens ils auraient pu être évités, nous ne nous retenons guère sur cette pente, et, injustes envers les vaincus, tout autant que sont plats les adorateurs du succès, il nous arrive souvent de trouver mauvais tout ce qui a été fait et très-bon tout ce qui n'a pas été fait.
Aussi s'est-on peu préoccupé des causes vraies du 10 août, et beaucoup des moyens de défense pratiqués par Louis XVI. On a critiqué la toilette même de Louis xvi, eomme si un roi, un tel jour, la chevelure en désordre et les habits fripés, ne devait pas tout aussi bien parler au cœur de ses défenseurs, qu'un roi d'opéra bien poudré et bien frisé.
On s'est donné la satisfaction de comparer la placidité du roi et l'énergie de la reine, comme si Louis xvi avait eu bien du mal à posséder plus de jugement que l'altière Marie- Antoinette. On l'a suivi à cette revue dans laquelle il a jugé sainement d'une situation perdue, et on lui a fiiit le reproche de n'avoir tiré aucun profit des forces qui s'éloignaient de lui, et dont une partie lui répondait par des huées.
Les stratégistes, dont beaucoup se croient habiles alors même qu'ils sont ridicules, ont trouvé quelquefois que le roi eût dû ne pas attendre l'attaque, prendre l'offensive, charger et disperser l'insurrection ; mais, avec le peu de forces vraiment solides dont il disposait, il eût été un extravagant s'il les avait divisées pour les porter aux difierents points par lesquels rinsurrection pouvait déboucher. H était de bon sens de les garder aux Tuileries, d'y attendre l'attaque dans les conditions si favorables de la défensive, d'une disposition locale et de bâtiments qui décuplaient la défense.
ET SS8 GONB^QfOENGES 388
On a era qiie> si le plan de Mandat s'était exécuté^ ks iuBargés du faubourg Saint-Antoine auraient été pris et extenninés entre deux feux ; mais au succès de ce plan, s'il manquait une chose, c'était la principale, les deux feux pour exterminer les fisiubouriens, car, révénement Ta prouvé, ces deux feux étaient bien plutôt disposés à tirer sur les Suisses que sur les Parisiens.
Les Suisses étaient en effet la seule force sur laquelle Louis XVI pût compter. Soldats mercenaires et étrangère^ ils avaient moins à rechercher s'ils se battaient contre une cause juste et nationale qu'à montrer leur valeur, et les en&nts de l'Helvétie n'ont jamais été accusés de manquer de courage. Aussi les Suisses ont-ils été, i vimi dire^ les seuls et énergiques défenseurs des Tuileries. Retranchés aa nombce de mille dans le château, ils y ont soutenu les attaques de l'insurrection et ont même réussi une fois à la repousser.
Outre les Suisses, il y avait pour défendre les Tui* leries, gardées il est vrai par douze pièces de canon, mais auxquelles d'autres pièces de canon pouvaient répondre, 900 gendarmes, anciens gardes françaises qui avaient été pour quelque chose dans le 14 juillet 1789, et qui étaient peu disposés à le laisser biffer par lé roi, les Autrichiens et les Prussiens, en 1 792. Il y avait aussi des « cavaliers habillés en noir, l'épée au côté, y> courtisans plus aptes à perdre les dynasties qu'à bien les défendre dans un danger sérieux. Quant à la garde nationale, dont l'esprit était en général si bien attesté par le vote de quarantesept sections, on n'a jamais pu élever à plus de 2.400 les gardes nationaux disposés à défendre les Tuileries, et on n^a jamais pu affirmer que beaucoup d'entre eux eussent
dérioale et nobiliaire, sous la protection de rEorope coa-
Qoand il se réftigiait si tardivement au sein de TABsemblée, 0Ù9 chef de famille, il abritait les siens, il se donnait l'apparence d'un yaincui sauvant sa personne et recherchant une dernière protection pour sa couronne. Ceux mêmes qui lui ont donné trop tardivement aussi le conaeil de chercher sa sécurité au milieu de la représentation nationale, ne se sont pas contentés, fanfarons de lâcheté, de dire, quelques jours après, qu'ils avaient vu dans la fÎBtfnille royale d'utiles otages valant des légions contre l'ennemi ^, et on en entendait un prononcer, au milieu des vainqueurs du roi, cette parole au moins singulière : Ukm tradidi wbis.
n est tellement dans les habitudes que cette légion d'hommes à broderies, à épaulettes, à passementeries, à costumes de toutes les couleurs, qui tapissent le palais d'an prince dans sa puissance, l'abandonnent dans l'adyer* site, que nous nous sentons vraiment touchés, et que nous éprouvons une sorte d'enthousiasme, quand nous voyons d'anciens serviteurs d'une monarchie la suivre déchue et dans l'exil
Les vainqueurs, eux, ont souvent trop d'amis : s'il y a tant de gens qui oublient leur drapeau vaincu, ce qui est une des conditions les plus misérables du cœur humain, il ne &at pas s'étonner qu'il s'en trouve tant aussi pour applaudir au succès. N'y en a-t-il pas qui vont jusqu'à se décerner le mérite du succès, après lui avoir même opposé des obstacles ? Des Girondins l'ont bien montré.
(1) Rooderer, Observations du il août.
ET SES CONS^lTENOES 38?
Il est très-vrai que, par leurs actes, leurs procédés,
toute leur conduite politique, ils avaient contribué, et
pour beaucoup même, à préparer le 10 août; mais quelque
nécessaire et salutaire qu'ils Paient proclamé plus tard,
c^est sans droit qu'ils s'en sont attribué la réalisation avec
une assurance qui n'aurait pu convenir qu'à un sep}
d^entre eux, l'aimable Duoos, qui, lui, pensait moins à se
décerner l'éloge, qu'à jeter partout des paroles de conci-r
liatioa sincères comme son cœur. Quant à Pétion, maire,
qni voulait personnellement la déchéance du roi, qui se
prêtait à tout ce qui pouvait préparer une insurrection et
en assurer le succès, Pétion, arrivé au moment décisif,
avait eu soin de se faire placer en état d'arrestation par
les insurgés^ pour mettre sa responsabilité à l'abri. Bar-
baroux lui-même, qui avait si souvent sonné le tocsin de
l'insurrection, venait de recommander la prudence à ses
Marseillais, n'était pas venu à leur rendez-vous, et ceux-ci,
repoussés par les Suisses, n'ont été secourus que par
Danton, qui, en apprenant l'échec des Marseillais, avait
ramené une grande masse de peuple sur le lieu de la lutte
et avait peut-être décidé de la journée, quoi qu'en ait dit
Brissot, que le mensonge a trop attaque et déprécié, mais
qui savait mentir aussi avec une rare assurance.
D est remarquable que le mouvement, ses préparatife, ses combinaisons, soutenus par l'action populaire, se sont faits et se sont accomplis en dehors et môme à l'insu des hommes qui ont longtemps passé pour en avoir été les instigateurs ou les acteurs. On peut trouver la main des Cordeliers dans l'action préparatoire, mais nulle autre ; on aperçoit dans le combat le bataillon des Marseillais, moins ses directeurs habituels; on y aperçoit aussi quelques
Bretons, mais la masse, la grande masse se compose de Parisiens; et, parmi les noms révolutionnaires déjà connus, un seul peut se rattacher au mouvement du 10 août, c'est le nom de Danton, qui était dans ce mouvement, quand, la veille encore, tous les autres éprouvaient au moins de l'hésitation.
On peut y ajouter celui de Camille Desmoulins, qui paraît avoir suivi son ami, mais c'est tout. Marat, un exterminateur, ignorait ce qui se préparait et ne prévoyait nullement une journée comme celle du 10 août. Du moins, si l'on en croit Barbaroux, dont, il est vrai, les assertions ont toujours besoin d'être contrôlées, Marat, avec lequel il était encore en relations suivies, le pressait de l'emmener à Marseille le 1^ août, le 3, le 7 et même le 9 au soir. Robespierre de son côté s'est absenté de Paris le 9, et il n'est pas probable que ses amis de la société des Jacobins l'eussent laissé partir, s'ils avaient eu, sur les événements, les mêmes causes de prévision que les Cordeliers.
Quant aux chefs de la Gironde, on ne croirait pas à la profonde ignorance des événements dans laquelle ils vivaient, si nous n'avions des révélations irrécusables laissées derrière eux. Ils ne savaient pas même la réunion des sections et les délibérations qui y avaient été prises ; ils n'ont rien connu, et n'ont commencé à comprendre que lorsque Louis xvi et sa famille se sont réfugiés au sein de l'Assemblée; Vergniaud n'a jamais hésité à avouer que, pour ce qui le concernait, il savait bien qu'il devait se livrer un combat entre le peuple et la tyrannie, mais qu'il n'était pas dans le secret de l'insurrection; qu'il avait entendu le tocsin, et qu'il s'était rendu à l'Assemblée. U existe aussi une lettre de Guadet, dans laquelle,
ET SES consiSquences 389
rendant compte des événements, il dit : <i II avait été € difficile, au moins à ceux qui n'étaient pas dans le € secret, et j'étais de ce nombre, de voir autre chose, « dans ce mouvement, qu'une insurrection populaire. . • « Bientôt, nous apprîmes que l'attaque du château avait « été l'exécution d'un plan bien lié et bien concerté avec
< les quarante-huit sections de Paris Ce plan a
« parfaitement réussi, et tu verras, par les pièces que je « joins à ma lettre, si cela est heureux pour nous. C'en « était fait de la liberté, sans la journée du 10 août ; je
< n'y fais pas de doute d
Etrangers au salut de la liberté, les Girondins n'ont pas moins voulu en avoir le profit comme parti, et ils ont pris les ministères par décret : c'est à peine si, effrayés des réclamations et des clameurs qu'ils excitaient, ils ont accepté, dans ce nouveau cabinet, un seul homme de la révolution du jour, imposé par le peuple, et auquel ils ont laissé le ministère de la justice, c'est-à-dire le moins important en ces circonstances. Danton a été, en effet, le seul de ces ministres qui fût en droit de se servir de cette expression révolutionnaire : Un coup de canon rrCa porté au ministère.
Sans doute, s'il restait des hommes superficiels, habiles à saisir les apparences et à les orner de l'éclat de leur imagination, ils ont dû voir dans l'événement, inattendu pour eux, qui leur livrait tout-à-coup une royauté vaincue, dont ils devenaient la seule ressource, un coup d'heureuse fortune, leur apportant tout à la fois les satisfactions de la vanité dont ils n'étaient pas assez exempts, et les joies et la puissance de la protection sur une monarchie désormais en tutelle entre leurs mains.
Mais leur empressement à s'emparer du gouvernement leur a ôté toute prudence, en même temps qu'il leur créait de si graves obligations. Leurs noms étaient devenus impopulaires dans Paris, et ils n'ont pas même pensé, entraînés dans une faute que les prétentions personnelles font souvent commettre, à composer leur ministère de noms inconnus ou nouveaux, pas encore meurtris des luttes publiques, noms qui portent moins ombrage et sont assez souvent une cause d'espérance pour tout le monde et, par cela seul, une occasion de trêve.
Les Girondins, maîtres de l'Assemblée en ce moment, rédacteurs des décrets, mais pressés par les députations qui se succédaient pour demander la déchéance, ont prononcé (séance du 11 août) non la déchéance proclamée par la prise des Tuileries, mais simplement la suspension provisoire, en attendant une Convention nationale, disposition que Vergniaud put expliquer aux députations arrivant à la barre. Mais ils ne se sont pas bornés là, et ils se sont montrés comme pressés de marquer, en un moment si peu opportun, une arrière-pensée de royauté et de royauté légitime, en un mot de copier (et l'invention n'était pas fort ingénieuse) ce qui s'était fait dans la Constituante après le retour de Varennes, pour remettre encore l'avenir de la Révolution aux mains de la branche royale, qui en était l'ennemie naturelle. Ces politiques peu sensés ont poussé l'inintelligence de la situation jusqu'à faire voter, séance tenante, par l'Assemblée, qu'un traitement serait accordé au roi pendant sa suspension, et qu'il serait procédé à la nomination d'un gouverneur du prince royal ! . . .
Quand on lit les documents de l'époque, et quand on se
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rend compte de l'état d'nne capitale qui a Toola renverser une dynastie, qui vient d'y réussir, qui sait que cette dynastie représente un principe ennemi et des intérêts contraires, qui sait que la Révolution est perdue si cette dynastie est sauvée, qui vit dans un champ de bataille, les armes à la main et la passion au cœur, on comprend bien que, dès le 1 1 août au matin, on ait pu se demander si l'Assemblée n'allait pas se faire chasser glle-même par l'indignation populaire, ou n'allait pas au moins provoquer le grand malheur d'une multitude venant lui arracher violemment des mains la famille royale, dont cm paraissait vouloir encore rétablir le trône brisé.
Mais, hommes désastreux qui n'ont vraiment jamais
BU que préparer des calamités, les Girondins, en laissant
croire si maladroitement à leur désir de conserver les tra^
ditions recales dans cette dynastie vaincue, lui ont ouvert
les portes de la prison dans laquelle elle allait finir si
misérablement.
Ils avaient la dynastie en leur possession, mais s'ils la ménageaient pour s'en fiaire un instrument, ils comptaient sans cette Commune insurrectionnelle qui était dans le moment l'idée de la Révolution, qui était même la Révolution armée, plus puissante qu'une Assemblée aux décrets tortueux et suspects, qui profita même de l'inhabileté de cette Assemblée pour se constituer la seule représentation de la Révolution, et y trouver un prétexte à ses actes d'usurpation.
La résidence royale, qui venait d'être assiégée, saccagée, n'était plus habitable pour ses hôtes habituels. Le roi et sa famille, se croyant d'ailleurs en plus grande sûreté sous la protection de l'Assemblée, furent logés d'abord dans les
chambres da couvent des Feuillants, siège de TAssemblée elle-même. Mais cette résidence et toute autre de même sorte n'était pas en rapport avec les besoins de la famille royale, encore moins avec la position d'un roi seulement suspendu provisoirement de l'exercice de son pouvoir, et les Girondins le comprennent si bien, qu'ils font décréter par l'Assemblée que le palais du Luxembourg, résidence du frère aîné du roi avant sa fuite, servira d'habitation au roi pendant sa suspension.
En cela, ils étaient en parfait rapport de sentiments avec Louis xvi, qui, toujours roi dans son esprit, écrivit à Vergniaud cette lettre du 1 1 août dans laquelle il réclamait lui-même un nouvel asile et la sûreté qui lui était due. Sans se dire navré comme il avait dû l'être de l'aspect des délibérations auxquelles il avait assisté, il parlait dans sa lettre bien moins en roi qui vient de tomber, qu'en souverain qui pardonne pour n'avoir pas trop à punir : a: Dans le tumulte, disait-il, d'une séance aussi < orageuse, si déchirante pour ma sensibilité, si outra- € géante pour la dignité de la représentation nationale, (flc je pense que le Corps législatif s'occupera de calmer « refifervesceuce populaire. Je ne demande point justice € du grand attentat qui me force de venir avec ma c famille me placer avec confiance sous l'égide des « délégués du peuple ; il y aurait trop de coupables à « punir, pour penser qu'un grand exemple intimidât les € pervers. Les travaux de l'Assemblée exigent qu'on me « choisisse un asile où je puisse trouver la sûreté de € ma famille, et jouir moi-même d'un bien que l'univer- € salité des Français attend de votre sollicitude, d '*;tfT'j
Le décret affectant à cet objet le palais du Luxembourg,
ET SES consiSquences 393
mal accueilli pour la signification que le sentiment public y attachait, ne donna lieu néanmoins qu'à une seule rédamation officielle, celle de la section des Otuttre-NatianSy iumonçant que les souterrains qui se trouvent derrière le ILoxembourg inspirent des inquiàudes ; mais TAssemblée jrépond par un décret qui ordonne de prendre toutes les xneBures convenables pour fidre cesser toutes les inquiétnides relatives à la sûreté du roi. De part et d'autre on se comprend, mais on ne le dit pas.
Pendant ce temps, Eœderer écrit à l'Assemblée pour être autorisé à fidre lever le scellé apposé au Luxembourg BUT les effets de Monsieur, et faire préparer le logement du roi et de sa famille. L'Assemblée s'empresse de rendre un décret conforme à cette demande.
Ce nouveau décret est tout aussi bien compris que les précédents, et on sent que l'Assemblée, qui se voit devinée, qui perd à chaque instant ce qui lui reste d'autorité, veut encore biaiser.
Mais la Commune, qui a autant de compréhension que les Girondins, qui sait aussi trouver des prétextes à mettre à la place des raisons vraies, qui a la poli&e dans ses attributions, qui dit tout haut que ses devoirs lui imposent l'obligation de répondre de la garde du roij la Commune dit qu'elle doit rester maîtresse de ses moyens, et elle trouve meilleur d'avoir le roi à sa disposition, que de le laisser à la disposition des Girondins. Elle ne veut pas le leur laisser aux mains et s'exposer à ce qu'ils en fassent un instrument en le réservant, ou en réservant son fils à un nouveau trône dont ils seraient les protecteurs et les maîtres.
En conséquence, la Commune envoie un de ses membres
à la barre de PÂSBemblée, pour lui dire, au nom du Oon- Beîl géûétal : « qu'il a ctu que le bâtiment du Luxembourg € n'était pad un lieu sûr, qu'il j avait plusieurs issues € dérobées, que les murs qui environnaient le jardin € étaient trop bas, et qu'il serait difficile aux citoyens « auxquels serait confiée la garde du roi et de sa famille « dé répondre de leur sûreté ; enfin que le Conseil général < a cru que la maison du Temple serait beaucoup plus m commode et plus facile à garder, et qtie le roi y serait € beaucoup plus en sûreté que partout ailleurs. »
Questions redoutable^ que personne n'abordait, et auxquelles on voulait pourtant donner indirectement une solution dont on comprenait l'importance ; il s'agissait vraiment de savoir qui aurait la disposition de la famille royale, et si, en parlant de la garde du roi, on voulait veiller à sa conservation, ou se saisir de sa personne.
L'Assemblée, qui cherchait des atermoiements, se trouvait néanmoins forcée dans ses retranchements, par la conclusion si directe et si claire de l'officier municipal venu, au nom de la Commune, à la barre des pétitionnaires. Comme on ne pouvait rien attendre que du temps et du retour des esprits à plus de calme, elle crut avoir gagné beaucoup à un moyen dilatoire inventé par Brissot : <L J'observe à l'Assemblée, dit-il, que la commission (L extraordinaire fera demain un rapport relatif au bâtice ment qui doit servir de logement au roi et à sa famille, « et aux moyens de veiller à sa sûreté ; je demande donc o: q"ue la proposition du pétitionnaire soit renvoyée à la <r commission extraordinaire, d
Et l'Assemblée de se sauver de l'embarras de la solution par cette porte de renvoi à la commission !