‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 69 sur 198 · L£S MASSACRES · texte numérisé non relu

L£S MASSACRES

On sent qu'il n'en est pas toat-à-£ùt ainsi, et qu'on est moins indifférent sur les circonstances, quand on se trouve en présence des assertions relativement modernes de ces tristes gens qui ont trouvé apparemment que les égorgements de Septembre n'étaient pas assez hideux par euxmêmes, et qui ont ajouté leurs inventions aux récits des témoins. Quels sont par exemple les esprits grossiers ou dépravés qui, longtemps après l'événement, ne se sont pas contentés que M"® Cazotte et M"* de Sombreuil eussent traversé un carnage d'hommes pour arracher chacune son père à la mort, qui n'ont pas compris tout ce qu'avait de rafraîchissant le tableau, peint par les témoins, d'une jeune fille intervenant au milieu d'une épouvantable scène de meurtre, se jetant au-devant des glaives qui menacent la vie de son père, et, par l'influence de ses larmes, de ses supplications, de ses grâces et de ses vertus, transformant une telle scène en tm triomphe libérateur; et qui ont trouvé l'occasion de charpenter là-dessus un gros drame, relevé d'un verre de sang bu par la jeune fille? ^

Les Girondins eux-mêmes n'ont pas manqué, après coup, de se faire les falsificateurs de l'histoire, mais en se préoccupant moins des faits que des personnes. Ils n'avaient certainement en vue que des adversaires qu'ils s'efibrcaient d'envelopper dans une responsabilité sinistre.

Aussi est-ce à propos de tels événements qu'il faut se pénétrer avec le plus de soin des hommes, de leurs actions, du cours de leurs idées et de l'étendue de leurs

(1) Conf. Pelticr, ii, 284; — Béwlutions de Paris, xiv, 423; — Maton de la Varenne, 353.

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