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Transport . . 547,394 roubles ass.
312 pouds 20 livres de fromage . . 2,807
771 „ 20 „ „ jambon . . . 3,038 e) Produits divers:
554,000 briques, le millier à 25 roubles
assignats 13,850
51,119 poêles à frire, le millier à G0
roubles assignats 3,007 „ „
352 livres de soie, la livre à 10£- roubles assignats 5,280 „
68,116 jeunes arbres fruitiers . . . 5,638 „
fruits vendus 2,819
Total pour 1842 . 583,893 roubles ass.
En considérant les Ménnonites de ce pays comme une société dont les biens auraient été mis en communauté, et en supposant que les premières nécessités de la vie aient été satisfaites, on obtient pour cbaque habitant 46 roubles 11} copeks assign. ou 14 thaï ers de revenu. C'est là certes un résultat satisfaisant et qui fait bien augurer de l'aisance dont jouit ce peuple.
Pour les besoins de la commune, les Ménnonites s'imposent eux-mêmes de certaines redevances. Nous avons parlé plus haut du salaire des anciens et des secrétaires. Chacun fournit ensuite une quantité déterminée de blé au magasin communal. Le 1 Janvier 1843, il y avait 5212 tschetwerts de blé d'hiver et 833 tschetwerts de blé d'été. En outre, et en y comprenant les agneaux, il y avait 8220 brebis, qui, en 1842, avaient fourni 437 pouds 15 livres de laine, vendues 11,025 roubles. Le fermage des distilleries d'ean-dc-vie donnait à la commune un revenu annuel de 15,316 roubles asssign. Le revenu total pouvait être d'à peu près 30,000 roubles.
Je nie suis un peu étendu sur celle colonie niénnonilc paicequ'elle prouve en faveur des moeurs du peuple aile-
m and. de son amour de 1 ordre, de son zèle et de sa persévérance. Gouvernement et nation, toot le monde pourrait v apprendre. Ce qui a été oblena sur les rives de la Malut-cbiMJ.j, fait voir qae le défrichement de la steppe est possible, et que ne deviendrait pas la Russie du Midi* si ce *y sterne unirait par prévaloir?
Le 27, je me rendis avec M. Kornies dans une de grande» fermes administrées par son fils unique et qui est marié. Sur le terrain qui touche à la limite de celte habitation, se forme une nouvelle colonie dont le sort a été des plus singuliers.
Pendant la reformatiou . un ecclésiastique de Zwickaa, du nom de Hutter. fusei^na une doctrine théologique assez semblable à celle qui fut proclamée plus tard par Ménno Simonis avec lequel, toutefois, Hutter n'avait aucun rapport Il était en correspondance de lettres avec Thomas Munzer, et un jour, il atait avec lui une entrevue. Cependant Hutter ne voulant pas d'un christianisme qui se fonderait par le feu et le glaive et répudiant les armes, ainsi que Ménno. ne pouvait tomber d'accord avec Munzer. Il semble n'avoir connu aucun autre réformateur de son temps. En 1540, on le voit à bi télé d'une petite commune dans le Nord de la Bohème. Exilé de cet endroit, il s'établit non loin d'Inspruck où, à ce qu'on dit. il fut brûlé vif dans la suite. Cependant sa doctrine lui survécut et ceux qui la professaient, émisèrent, lors de la guerre de trente ans, en Hongrie; poursuivis par les jésuites qui, en 1752, opérèrent parmi eux des conversions nombreuses, ils se fixèrent à Houcharest. Pendant la guerre des Turcs, entre 1770 et 1775, il* prièrent le comte Humjanzow de leur accorder un établissement eu Hussie. Il leur assigna ses terres dans la Podolie, où ils se trouvaient à leur aise sa vie durant. IMus tard ces terres avant passé en des mains étrangères, ils sollicitèrent un terrain de la couronne auprès du mi-
nistre des domaines. Alors M. Kornies fut chargé de les aider à s'installer sur la Malotschnaja dans le voisinage des Ménnonites. Singulier sort en effet qui les a rapprochés, après deux siècles de migrations, de leurs compatriotes et coreligionnaires. Lorsque je les vis, ils n'avaient que deux années de séjour en ces lieux, et déjà ils avaient fait une bonne récolte.
Ils habitaient des huttes de terre, mais ils étaient occupés à se construire des maisons, ce à quoi les Ménnonites les aidaient de leur mieux. Au reste, tandis que ces derniers rappellent les Frisons, tout chez les nouveaux venus porte l'empreinte du caractère de l'Allemagne méridionale.
J'allai voir avec M. Kornies l'Ancien de la commune, habitant une hutte de terre spacieuse et proprement tenue. Il me montra un manuscrit in-folio, commencé par Hutler et continué successivement par tous les anciens de la commune. Ce manuscrit renferme, outre des discussions théologiques, des notices curieuses sur la réformation et la guerre de trente ans. 11 va sans dire que ce livre est tenu par la commune pour une chose sainte. Néanmoins ils permettraient peut-être d'en prendre copie à quelque bibliothèque publique, si celle-ci voulait les payer convenablement.
Ces Ménnonites, frères Hutter etc., qui tous s'appellent de leur véritable nom amis du baptême, ont conservé leur type primitif, pareeque regardant les autres peuples comme non baptisés (car le baptême des enfants ne compte pas à leurs yeux), ils ne se sont mariés et ne se marient encore qu'entre eux.
A mon retour, je fis la connaissance dcl'Isprawick du village, Russe pur sang et ne parlant que sa langue. 11 me dit qu'à sa connaissance, jamais plainte n'avait été portée contre les Ménnonites et que ceux-ci n'avaient jamais encouru de peine ni d'amende.
Le 28 Juillet, je dis adieu à ces braves gens. M. Kornies m'accompagna jusqu'à Terpénie, chef-lieu des Dourhoborzi, où nous nous arrêtâmes quelques heures. Du
reste, j'ai raconté te séjour dan* le premier vol prêta* ouvrage, page .i-j. Apre» aïok terré U i M. k'irnic*. je le quittai pour me diriger ver» la lanj de terre qui sépare la mer Par es** ose de celle il Aidv.
Nom pa*sime* un grand nombre de Knrgi de Baba. Cependant, après avoir traversé la tille «l'A bertinskoi, je vis, non loin iln premier reluis que miroritrJmes, »ur une colline une rangée de pierres. C'était le tombeau d'un Saint oogaï-larUire. Long du 12' et large do €>', il avait la forme qne voici:
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„ll y avilit une fois un noble Tartare qui parcourait le pays avec une suite nombreuse. Arrivé \is-ii-vis de Mita Colline, il vil un homme portant sa propre l< -un bru ft courant à toutes jambes. Atteint par la viine, il tombe par terre. Su tète roule nu loin el
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A noire demande, si ces derniers guérissaient tous pur l'action bienfaisante du lieu, le derviche nous répondit naïvement que parfois ils demeuraient malades.
Le lendemain matin, nous atteignîmes la langue de terre dont je viens de parler. Elle peut être longue de douze lieues. Vers la mer d'Asow, elle forme une dune durable, haute de 20 à 60 pieds, et du coté de la mer Paresseuse, elle se perd dans un marais qui aboutit à cette mer si laide et répandant, en plusieurs endroits, une odeur infecte. Placé sur celte langue de terre qui, ça et là, n'a pas plus de 100 pieds de largeur, on voit les deux mers et au-delà de l'une, de la mer stagnante, s'élèvent au loin les crêtes des montagnes de la Crimée. Deux relais de poste interrompent seuls la solitude de ce lieu. Quelques chameaux conduits par des vovageurs tartarcs, nous rappelaient le voisinage de l'Asie.
Vers les huit heures, nous atteignîmes la forteresse délabrée d'Arabat, fondée par les Turcs dans la Crimée et au pied de la langue de terre. Le relais de poste qui la précède, comme presque tous ceux du Midi do la Russie, est tenu par un juif polonais parlant l'allemand. A un verste do ce relais, je vis une colonne de pierre, une Baba, la plus grossièrement taillée et partant la plus ancienne qu'il me fût permis d'examiner. Elle ne se trouvait pas sur une colline, mais dans un enfoncement de la steppe. En cet endroit, la roule tourne à droite vers la steppe qu'elle parcourt tout au long. Toutefois on voit du haut de chaque éminence les montagnes bleues de la Crimée. A gauche, nous vîmes pour la première fois la mer Noire, et vers les onze heures du soir, nous atteignîmes Féodosia. Nous y restâmes jusque vers la soirée du lendemain et arrivâmes à Kerlsch le 31 Juillet au matin. Le 1 Août, je pris le bateau à vapeur qui me transporta sur le rivage de la Mingrélie. Je reserve le récit de mon vojage dans le Cancase à un ouvrage que je pourrais publier plus tard, et la description de Kertsch et de Féodosia à un chapitre subséquent du présent volnme.
reste, j'ai raconté ce séjour dans le premier volume do présent ouvrage, page 385. Après avoir serré la main à H. Kornics, je le quittai pour me diriger vers la langue de terre qui sépare la nier Paresseuse de celle d'Asow.
Nous passâmes un grand nombre de Kurgans dénués de Baba. Cependant, après avoir traversé la ville d'Asbertiiiskni, je vis, nun loin du premier relais que nous rencontrâmes, sur une colline une rangée de pierres. Celait le tombeau d'un Saint nogaï-lartarc. Long de 12' et large de 6', il avait la forme que voici:
ji pi «le la itatioi ■
A cent pus plus loin et à ini-côte d'une colline sortirent d'une liullc de (erre deux derviches tartares qui venaient nous demander l'aumonc. L'un d'eux, qui parlait le russe, nous raconta la légende suivante, rappelant Tort celle de St. Denis:
„ll y avait une fois un noble Tarlare qui parcourait le pays avec une suite nombreuse. Arrivé vis-à-vis de cette colline, il vit un homme portant sa propre tète sous son bras et courant à toutes jambes. Atteint par la caravane, il tombe par terre. Sa tète roule au loin et laisse échapper un écrit constatant la sainteté non équivoque du voyageur acéphale. Là-dessus on érige en son honneur un monument et un Metscbet dont voici les ruines. C'est en ce moment un lieu de pèlerinage très-recherché, surtout pour les bestiaux malades."
À notre demande, si ces derniers guérissaient tous par l'action bienfaisante du lieu, le derviche nous répondit naïvement que parfois ils demeuraient malades.
Le lendemain matin, nous atteignîmes la langue do terre dont je viens de parler. Elle peut être longue do douze lieues. Vers la mer d'Asow, elle forme une dune durable, baute de 20 à 60 pieds, et du côté de la mer Paresseuse, elle se perd dans un marais qui aboutit à cette mer si laide et répandant, en plusieurs endroits, une odeur infecte. Placé sur cette langue de terre qui, ça et là, n'a pas plus de 100 pieds de largeur, on voit les deux mers et au-delà de l'une, de la mer stagnante, s'élèvent au loin les crêtes des montagnes de la Crimée. Deux relais de poste interrompent seuls la solitude de ce lieu. Quelques chameaux conduits par des voyageurs tartares, nous rappelaient le voisinage de l'Asie.
Vers les buit heures, nous atteignîmes la forteresse délabrée d'Arabat, fondée par les Turcs dans la Crimée et au pied de la langue de terre. Le relais de poste qui la précède, comme presque tous ceux du Midi de la Russie, est tenu par un juif polonais parlant l'allemand. A un verste de ce relais, je vis une colonne de pierre, une Baba, la plus grossièrement taillée et partant la plus ancienne qu'il me fût permis d'examiner. Elle ne se trouvait pas sur une colline, mais dans un enfoncement de la steppe. En cet endroit, la route tourne à droite vers la steppe qu'elle parcourt tout au long. Toutefois on voit du haut de chaque éminence les montagnes bleues de la Crimée. A gauche, nous vîmes pour la première fois la mer Noire, et vers les onze heures du soir, nous atteignîmes Féodosia. Nous y restâmes jusque vers la soirée du lendemain et arrivâmes à Kertsch le 31 Juillet au matin. Le 1 Août, je pris le bateau à vapeur qui me transporta sur le rivage de la Mingrélie. Je réserve le récit de mon voyage dans le Caucase à un ouvrage que je pourrais publier plus tard, et la description de Kertsch et de Féodosia à un chapitre subséquent du présent volume.
J'interromprai pour un moment ma relation par trois notices ducs à mon séjour chez les Ménnonites et surtout à l'obligeance de M. Kornies. Elles s'étendent
1) sur la colonisation et les colonies de la Russie.
2) sur les tombeaux de la Russie du Midi, lesKurgans et les colonnes de pierre (baba) qui les surmontent.
3) sur les moeurs et le caractère national des Tartares nogaï.