‹ Études sur la situation intérieureChapitre 9 sur 25 · BH · texte numérisé non relu

BH

La coinmuiie possède 4493 tètes de brebis. Les gasius contenaient 4026 tsebetwerts de blé d'hiver et 497 tsebetwerts de blé d'été.

Dans rantomnede 1H42, on avait semé 1 437 tsebetwerts de grains d'hiver. En printemps 1S43, 3340 de grains d'été.

Kn fait de fabriques, on comptait mie distillerie, une brasserie, une fabrique de vinaigre, deux teintures de toile.

Le terrain des colonies, par le \oisinagc du Dnieper, est couvert de collines. L'eau faisant défaut sur les hauteurs, on a établi les villages dans de petites % allées et (\i:s ravins. Les villages de Kronwcrde et d'Kiiilagc sont admirablement situés le long de quelques rochers et sont près du fleuve.

Le sol est fertile et demande peu de culture. Néanmoins le climat, le changement fréquent de température et surtout la sécheresse (rompent souvent les meilleures espérances. On a besoin de (i chenaux pour labourer un terrain nouveau, de 4 dans la seconde année, de 2 dans la troisième et les années Mii\antes. Le froment \ieut mal, néanmoins on le cullnc par ce qu'il se vend à des prix élevés el souvent le triple du seigle. En lMï), on achetait 1 tsehetwert de froment 15 à 17 roubles assignats, de seigle 5 à 7, d'a\oine el d'orge 5 à (>. La main-d'oeuvre étant chère, on ne labourait alors pour le seigle qu'une fois en faisant deux récoltes* ; car on laissait mûrir les grains à l'excès, afin d'obtenir une seconde récolte par les grains qui tombaient. Le bas prix du blé amenait les habitants à entretenir des basse-cours immenses. Ou ne remonte pas le Dnieper à cause de ses cbutes, et il s'ensable de plus en plus à la descente. LVIè\e du bétail

*) En 1811», la journée d'un omricr était de JJ roubles assign., pendant la moisson de 2 roubles as^u. , la nourriture non comprise el qui se donnait à part (le roulde ashign. équivalait alors à 10 sgr. . Un ouvrier mat.-on ou charpentier recevait 2\ roubles assign. el la nourriture, le maître 5 roubles assign. el toujours la nourriture.

fournit donc seule quelques avantages, et ses produits s'écoulent d'autant plus facilement que les Russes et lesTartares du voisinage, sans adopter eux-mêmes la préparation de la viande, du beurre et du fromage particulière aux Allemands, en préfèrent cependant les produits à tous les autres.

Sans posséder des forêts proprement dites, les colons se procurent le bois de construction et même de chauffage dont ils ont besoin, dans une Ile boisée du Dnieper qui leur appartient, et par des plantations qu'ils out établies dans les vallées et les ravins.

Autrefois, le melon leur tenait lieu de tout autre fruit: aujourd'hui, ils ont de jolis enclos d'arbres fruitiers.

Dès 1>>19, on a fait la remarque que depuis 1790, époque où Ton avait commence à cultiver le pays, les hivers étaient devenus de plus en plus rigoureux. Jadis, on n'avait pas besoin de faucher du foin pour la nourriture du bétail pendant l'hiver. Les animaux passaient alors la mauvaise saison en plein air cl trouvaient de l'herbe en tous lieux.

Les 17 villages forment une commune collective sous une seule administration qui reçoit et gère les revenus de l'agriculture communale, du péage du Dnieper, des fermes, de la brasserie et de la distillerie. Ces villages ont un magasin communal, une société d'assurance contre les incendies , deux églises et une école dans chaque \illage. L'hôtel de ville et le siège d'une sorte de mairie collective, présidée par ce que l'on appellerait ailleurs un bourgmestre, se trouvent dans le village de Chortilz. II est assisté d'un secrétaire qui sait l'allemand et le russe.

Après quelques heures de halte, nous partîmes poulies colonies ménnonites situées sur la Malotschnaja, à HO ou 90 vers tes vers le Midi. Vers le soir, nous atteignîmes

un \illagc qui en fait partie, Halbstadt, dont un des riches habitants nous accueillit au»c une cordiale hospitalité. Le lendemain, 24 Juillet, c'était un dimanche, nous nous rendîmes au chef-lieu Orlow, qui se trouve à une lîeue de distance. Le senice divin ayant précisément commencé, je m'empressai d'aller à l'église où je \is la première fois les cérémonies du culte ménnoiiite. La salle, car l'église n'était pas autre chose, n'a\ail pas d'ornements. Une estrade pour le prédicateur eu place de l'autel, des bancs ordinaires le long des murs. Après un chant antique et luthérien, le prédicateur commença le sermon. Les Ménnoniles n'ont pas de prêtre njanl fait sa théologie; la commune en nomme un d'olïicc parmi ses membres , et celui sur lequel tombe le choix de ses frères, ne peut s'y refuser. Il ne reçoit d'appointements que lorsqu'il est dénué de ressources et que la charge l'empêche d'exercer une autre profession. Celte circonstance me fit admirer la facilité d'élocution du prédicateur que nous entendîmes. Son sermon n'était évidemment pas préparé, car, par une transition naturelle, il m'mI à parler de nous autres étrangers. Il dit, que nous leur apportions des paroles d'amitié de la patrie, que nous étions tenus prendre connaissance de leur situation afin d'en rendre compte à leurs frères de l'Allemagne. Knlin, il nous souhaita du bonheur pour notre voyage et engagea la commune à joindre sa prière à la sienne. Ce discours correct, simple et touchant, prononcé, sans emphase et sans fausse déclamation, par un membre de la commune, par un laïque, prouve de nouveau, que la vraie1 parole de Dieu n'a que faire de subtilités scolastiques, de recherches laborieuses. C'est le principe utal du christianisme, inhérent même aux aberrations de ce que l'église condamne* comme hérésie, qui l'inspire; ce sont les traditions chrétiennes qui la conservent. Elle n'a besoin ni d'ornements ni d'ambages. Klle émeut et entraîne, parcequ'elle est pure dans la naïveté et forte dans son onction naturelle.

Au sortir de l'église, nous finies la connaissance d'un des Allemands les plus remarquables et les plus inléres-

ni

sauts qui habitent la Russie, Jean Kornies, qui avait quitte tout jeune, au commencement de ce siècle, la Prusse occidentale pour s'établir avec ses parents sur les rives de la Malotschnaja. Sans avoir jamais fréquenté une école, un bon sens naturel, une grande rapidité de conception et un amour inné de toutes les bonnes et les belles choses lui ont fait deviner, pour ainsi dire, les connaissances nécessaires à sa position, et joints à un coeur excellent, lui ont donné une inOuence prépondérante sur l'esprit de ces concitoyens. Si Tidée venait à l'empereur de Russie de le nommer gouverneur du pays, il ne serait pas déplacé dans ce poste élevé. Mais, ayant conservé dans ses moeurs toute la simplicité de son origine, il ne veut pas sortir de sa sphère et accomplir ce que tout paysan ménnonile promet lors de son baptême, de ne pas aspirer à régner et de se refuser au service militaire. Sans rang et sans titre, distinctions que sa religion lui défend d'ailleurs d'accepter, il exerce une sorte d'empire spontané et incontesté sur les Ménnonites, ses frères. Le gouverneur de toute la nouvelle Russie, l'excellent prince Woronzow luimême, n'entreprend guère rien concernant l'administration du pays, sans consulter préalablement notre paysan, Jean Kornies.

Après avoir passé la journée à examiner, jusque dans les détails les plus minutieux, cette colonie, nous allâmes le lendemain, 25 Juillet, visiter le village tartare no g aï d'Akcima situé dans le voisinage, cl où M. Kornies voulut bien nous accompagner. Quel fut mon étonnement, lorsque je vis un village entièrement allemand et construit d'après le modèle de la colonie ménnonile. C'est M. Kornies qui avait appris aux Tartares de bâtir de la sorte, en les y aidant de sou mieux. On me dit que, graec à lui, un grand nombre de villages habités par près de 17000 Tartares, avaient suivi cet exemple. Nous rencontrâmes une députation de Tartares encore nomades, qui vint lui dire: „Tu es le père de notre peuple: viens, sois notre père à notre tour, et assiste-nous comme tu as assisté les autres.44

Les maisons de ce village Étaient presque toutes régulièrement et solidement baltes. Elles avaient des cheminées et étaient entourées d'une cour formée. Deux peupliers et de petits parterres de fleurs se trouvaient a droite et a gauche de lu porte de la maison. Les vergers contenaient un grand nombre de beaux arbres fruitiers. Des charrues, des herses et des voitures étaient amoncelées, d'après la coutume méiuionitc, dnns la cour dont un des angles servait d'appui à un monceau de briques de Fumier, rangées dans un ordre parfait et destinées au ihnulfugc.

I.e maître de l'habitation, un Tiirtaro, remarquable de force et de beauté et qui était le maire du village, recul M. Kornies avec une cordialité respectueuse et nous introduisit dans sa maison. Arrangée à peu près comme celle des Ménnoniles, son ameublement était moins cossu, cependant les ustensiles de ménage y étaient en nombre suflisunt et on u'y voyait pas de signes de pauvreté. Notre hôte consentit à nous montrer les femmes dans

leur costume national , condescendance dont il fallait tenir compte à un Musulman. 11 sortit et revint après un quart d'heure avec ses trois femmes habillées à la tartare, ayant la bouche, comme toujours, hermétiquement voilée. Elles étaient jeunes, petites, grasses, sans répondre toutefois à nos idées de beauté et de gentillesse.

D'ici nous partîmes pour une métairie appartenante h M. Kornies qui Ta fondée. Le long de la route, nous vîmes de lui des plantations et des pépinières dans le meilleur état. Une entre autres , de chênes et d'ormes, placée sur un ancien tumulus (Kourgan), bien que particulièrement exposée aux vents de la steppe, offrait un bel aspect. La métairie dont je viens de parler, a plusieurs milliers de dessat. de circonférence: les bâtiments sont tous construits à neuf et en briques, l'élève du bétail est excellente et comprend des bêles à corne de la Prusse occidentale et des brebis améliorées. Un des côtés de la cour est formé par la lisière des plantations et des pépinières. On trouve ici toutes les espèces d'arbres possibles. Chaque espèce a trois champs, un pour la semence, l'autre pour la transplantation, enfin un troisième pour les arbres en place. On vend les jeunes plantes des deux premiers champs. Toutes les espèces importantes paraissaient bien venir, le bois feuillu toutefois mieux que les sapins. C'est le frère de M. Kornies qui se trouve à la tète de tout cet établissement.

Plus on vit avec les Ménnonites, et plus on comprend leur vie intime et relevé par l'amour du prochain. Bien différent de la politesse cérémonieuse des paysans russes, tendres à l'excès quand l'eau de vie leur est montée à la tète, le caractère de nos Allemands, un peu gauches, un peu raides et rappelant sous ce rapport encore la mère patrie, les porte d'autre part à s'entr'aider, à se surpasser en bienfaits mutuels, en un mot, a pratiquer la doctrine de l'évangile dans ce qu'elle a de plus pur et de plus élevé.

C'est pourquoi l'égalité la plus parfaite règne parmi les membres de cette communauté. L'agriculture étant

pour eux un devoir religieux, tous ne peuvent être que paysans. Toute autre profession se subordonne au travail de la terre. Leurs préposés et leurs prédicateurs euxmêmes sont et demeurent des agriculteurs.

C'est pourquoi aussi les rapports du maître au serviteur sont plutôt ceux dans lesquels se trouvent ailleurs les pères et les fils. Ce qu'il me fut donné d'observer des procédés de M. Kornies envers le valet de ferme qui conduisit notre voilure, m'en fournit un exemple frappant.

Sur la remarque que je lui en fis, M. Kornies me répondit: „Chez nous, les iils mêmes des paysans riches entrent pour quelque temps eu service chez un de leurs voisins. De là cette situation particulière de la servitude qui en devient plutôt une école qu'un métier. Un de mes frères plus jeunes était mon valet de ferme pendant quelque temps, et je le garde comme économe. Nous payons à nos valets et à nos servantes 30 à 70 roubles argent de salaire, ce qui se compense tôt ou tard sans nuire à personne. C'est ainsi que le pauvre lui-même peut amasser une petite fortune, défricher une de ces terres incultes, qui abondent dans le pays, établir une petite économie rurale et souvent devenir paysan-propriétaire. Aussi n'cst-il pas rare de voir les filles des paysans riches épouser le valet de ferme, fut— il de beaucoup moins fortuné qu'elles. Tenez, ma fille à moi peut épouser qui bon lui semble, se prît-elle à aimer un valet pauvre, mais honnête et laborieux."

Il faut savoir que M. Kornies n'avait qu'un fils et une fille, celle-ci Agée de dix-huit ans, non encore baptisée, jolie du reste et riche, à ce qu'on disait, d'un million.

11 v aura naturellement chez les Ménnonites, comme partout, des inégalités de fortune et de position, de l'orgueil amené par les richesses, et d'autres défauts inhérents à l'humanité fragile. Les habitants de Chortitz notamment paraissent quelque peu dégénérés à cet égard. Mais ce sont là des exceptions qui confirment la règle.

Nous dînâmes chez AI. Kornies. La nourriture était saine et en tout celle des ménage> allemands. Le vin,

comme le reste, était le produit du pays. Les plats et les ustensiles rappelaient les moeurs antiques. Le repas ne fut partagé ni par la femme de M. Kornies, ni par sa fille, la première ne quittant pas la cuisine oh elle préparait le dîner, 1 autre nous servant debout, suivant la coutume traditionnelle de l'Allemagne.

Le 213 Juillet, M. Kornies nous accompagna dans les autres colonies allemandes, habitées pour la plupart par des paysans wurtembergeois. Inférieures à celles des Ménnonites quant à l'aisance, Tordre et la moralité, elles semblaient dépérir pendant quelque temps. Néanmoins, elles se sont relevées dans ces dernières années, et dans quelques villages, on voit même se répandre une sorte de bien-être relatif.

Nous visitâmes ensuite le village de fiogdonowka, habité par des Douchoborz, ainsi que je l'ai rapporté au premier volume, où j'ai raconté celte excursion avec une certaine étendue.

C'est à M. Kornies que je dois sur la colonie des Ménnonites les notices de statistique qui vont suivre.

L'établissement de Chortitz ayant parfaitement réussi, 347 antres familles ménnonites résolurent, en 1803, d'émigrer de la Prusse occidentale pour la Russie. Le gouvernement de ce dernier pays leur assigna un espace déterminé de terres sur la Malotschnaja. Les premiers colons fondèrent 17 villages en 1804 et en 1805. D'autres étant continuellement survenus de la Prusse occidentale , la population augmenta rapidement, et entre 1806 et 1822 s'élevèrent 16 nouveaux villages auxquels s'ajoutèrent onze depuis cette époque jusqu'aujourd'hui. Le dernier remonte seulement à quelques années.

A ces 44 village?, le gouvernement accorda l'usufruit fie 90,812 dessat. de terres. Mais nos industrieux colons en louèrent en outre 4^,440 dessat. à leurs voisins, aux Tartarcs, aux colons allemands, aux Malakans etc. Enfin, l'empereur donna 3500 dessat. dans un luit particulier, de sorte que tout le territoire, comprend 14*,758 dessat. ou à. peu près 20-J lieues carrées. Ce territoire était habité, en 1S>S, par 5521 âmes masculines et en 1842, par 6334 âmes masculines et 0227 Ames féminines, en tout par 2517 familles. 1041 de ces familles s'adonnaient à l'agriculture, 938 fournissaient des ouvriers à la journée, 53>* exerçaient le commerce ou des professions industrielles. 84 personnes, enfants ihs colons, étaient en service les uns chez les autres. On employait enfui 242 ouvriers russes.

Le sol que la colonie de 1803 devait défricher, était dénué d'arbres, mais fertile. Voulant imiter en tout leurs frères de Cbortilz, les colons avaient apporté des chevaux, des voilures chargées des lits, thm meubles et des ustensiles nécessaires, puis, tant de brebis et de bêles à corne, qu'eu traversant la Pologne, ils étaient forcés, en vue de la nourriture de tout ce bétail, de se diviser en plusieurs colonnes. Kn fait d'argent , ils n'avaient que faire des avances du gouvernement: plusieurs d'entre eux avaient 10 à 12,000 ducats en or, et les 347 familles réunies pouvaient disposer de 150,000 ducats.

Afin de bâtir les villages avec régularité, on donna 40 toises de largeur, en laissant 14 toises d'espace entre toutes les deux cours.

Le gouvernement leur accorda une franchise d'impôts de dix ans et les dispensa pour toujours du service militaire. Chaque famille d'agriculture reçut 05 dessat. à cultiver. Du territoire de 96,* 12 dessat. concédé par la couronne, 68,052 sont partagées entre les familles actuellement établies, et 2N.769 en sont réservées pour les colons futurs. Enfin, de ces 08,052 dessat., 26018 sont utilisées comme champs de labour, le reste sert de foins et de pâturage.

Quant aux impôts, les Ménnonites paient: 1) en guise d'obrok, 4 ■ copeks arg. pour chaque dessat., plus quelques prestations en nature au montant de -J copeks par dessat.; 2) comme taille personnelle, 60 copeks arg. pour chaque âme masculine ou féminine capable de travailler, et cela depuis Tâge de quatorze ans jusqu'à celui de soixante.

Ces impôts, on le voit, diffèrent de ceux usités dans les autres parties de l'empire. Je penche toutefois à croire que le gouvernement, réclamant, comme à l'ordinaire, la taille et l'obrok d'après le nombre des âmes de révision, laisse aux Ménnonites la faculté de répartir cette somme entre eux suivant la règle indiquée, et de payer le total au trésor public. C'est l'administration du cercle qui, tous les ans, fixe les impôts, les perçoit et les délivre à la caisse de la couronne. En 1842, de 6434 âmes masculines, 314 jouissaient encore de la franchise de dix ans et ne payaient pas d'impôts.

On prélevait 30 copeks arg. sur chaque foyer pour les salaires de f Ancien, du secrétaire etc., enOn 14 copeks arg. sur chaque âme capable de travail pour l'entretien des plantations communales.

Il y avait 1779 maisons ou plutôt métairies; car les Ménnonites ont conservé cette coutume des habitants de la Prusse occidentale, de réunir l'habitation, la grange et les étables sous un seul et mémo toit, en ce sens que deux ailes de bâtiment, formant un angle droit, sont réservées, Tune à l'habitation et en partie aux étables, l'autre à la grange. De ces 1779 maisons, il y en avait

en pierres 52

„ briques 157

„ briques non cuites 1240

„ bois et torchis . . . 209

„ bois 121

Tuileries pour les toits 3 (en 1842, on y avait cuit 51,119 pièces et vendu 43,119, le millier à 60 roubles assign.; en 1844 furent cuites 62,400 pièces qui ne couvraient pas les demandes).

Volume II. 12

Tours à chaux 1

Teintureries . . 12

Foulures .... 3

Draperies ... 1. (En 1844 furent fabriqués 0431} arschins de draps, que l'on vendit 36,561 roubles assign. et qui ne salisGrent pas les demandes).

En ce qui concerne les maisons communales on comptait

Bailliages 3

Bâtiments destinés aux usages pieux . 9

Ecoles 47*)

Bergeries 4

Brasseries 2

Voici le tableau des artisans:

— Charpentiers

— Tourneurs

Horlogers .... 12

Menuisiers ... 35

Tonneliers ... 3

Tailleurs .... 25

Forgerons . .

Maçons . . .

Serruriers . .

Relieurs . . .

Meuniers . . .

Fabricants d'huile

Cordonniers Tisserands Charrons .

Cordicrs .

Potiers d'étaiii Boulangers Brasseurs .

Teinturiers

Pour le bétail, il y avait en 1842:

Chevaux . . 0,021 (parmi lesquels 5609 de trait, le

reste se composait de poulains ou était destiné à la vente; en 1*44, il v en avait en tout 10,086\

Bêtes à corne 12,353 (parmi lesquelles 5B50 vaches k

lait' de race allemande; en 1844, on comptait 13,611 têtes.

*) En 1842, l'école fut fréquentée par 197C5 enfants. On ne trouve guère de Ménnonile qui ne sache lire et écrire. Il est inutile de rappeler que dans chaque maison on voit la bible, un livre de chants d'église et d'autres ouvrages de piété.

Brebis . . . 97,908 (103,030 en 1844).

Porcs . . . 4,575.

11 y a proportionnellement moins de bétail dans les colonies de la Malotscbnaja que dans le district de Chortitz. La population est deux fois plus considérable dans les premières ; mais le territoire est plus grand de 3} fois et le bétail l'emporte seulement de 2|. C'est la nature différente du sol qui explique cette diversité. Les terres sur la Malotscbnaja sont plus fertiles et favorisent par conséquent l'agriculture ainsi que la vente des grains, à laquelle le voisinage de la mer vient d'ailleurs en aide. A Chortitz, c'est le bétail au contraire qui, pour ces motifs, doit être en excès.

Voici de quelle manière on cultive la terre. Les ebamps achetés par les colons et qui leur appartiennent en propre (48,446 dessat.) sont abandonnés à la disposition des agriculteurs. Mais les 65 dessat. assignées par la couronne à chaque habitation (en tout 68,052 dessat.), sont communales et, depuis 1838, ont l'assolement des quatre champs qui y est régulièrement introduit. De ces 65 dessat. 25 sont réservées au labour, et tous les ans on en destine les deux tiers pour le blé, tandis qu'un tiers reste en jachère ou se plante tout au plus de pommes de terre. En automne 1842, on avait semé 1599 tschelwerts de froment d'hiver et au printemps 1843, 13,402 tschelwerts de froment d'été. Les prairies et foins varient d'étendue de village à village. Chaque cour en a 6 à 10 dessat. Pour les foins, le paysan est libre d'en faire des pâturages privés ou des champs de labour. Le reste du territoire constitue le pâturage communal et le nombre des bestiaux que chaque paysan peut y conduire, est légalement fixé. Il varie de 25 à 30 têtes pour chaque paysan, en comptant deux poulains ou génisses, quatre porcs ou veaux et six brebis pour une béte à corne.

En fait d'instruments aratoires, il y avait, en 1842, 1518 socs à charrue, 2317 herses, 2775 voitures et 89 machines à battra les grains, mises en mouvement par des chevaux (ces machines prouvent les progrès de l'économie

rurale;, 42 pour couper la paille, dont 38 à chevaux et ta quatre autres à bras d'hommes.

Les Ménnonites, opposés de leur nature à toute routine, aiment à introduire des améliorations sages et justifiées par la pratique, dans toutes les branches de l'économie agricole.

C'est ainsi qu'il y a quarante ans, à leur arrivée, les arbres faisant entièrement défaut, ils employaient comme matériaux de chauffage la paille, les roseaux, le burjan •herbe élevée de la steppe) et des briques de fumier; tandis qu'aujourd'hui, leurs propres plantations commencent à leur fournir du bois de chauflage. C'est ce qui les a engagés à se servir du fumier pour l'engrais et à augmenter de la sorte la fertilité du sol , en diminuant les jachères. Kornies (dans son traité sur la situation de l'agriculture des Ménnonites etc. inséré au journal du ministère des domaines de la couronne, année 1843) assure qu'en 1843, les champs des colons qui avaient été fumés, ont donné une récolte quatre, cinq et même six fois plus considérable que les autres. Autrefois, les mauvaises récoltes étaient fréquentes ; maintenant, il n'y en a plus eu depuis dix ans. La culture du froment surtout, qui venait fort mal. ainsi que nous l'avons vu pour Chortilz, a augmenté considérablement, de sorte qu'en 1H42, elle était de 1547 dessat. plus forte que dans les années précédentes. En général, dans cette même année de 1*42, 2000 dessat. avaient été gagnées à la culture. Ou a commencé à entourer les champs de haies d'arbres, surtout de mûriers , pour les protéger contre les intempéries de Pair. Terme moyen, on récoltait dans cette année, du froment 7 grains, du seigle 12, de l'orge 9, de l'avoine, qui n'avait pas réussi, 7*). On payait le froment 14 roubles assign. le tschetwert [à Berdjanck, sur la place 17; le seigle 3J, l'orge 4 roubles 2J

") En 1844, le froment avait donné 9 J grains, le seigle 11J-, l'orge 11, iVnoinc 5. Alors le froment ne valait que 10 roubles

astigri. le isrholwcrl.

copeks, l'avoine 3{. Les Ménnonites cultivent beaucoup de pommes de terre, même pour la nourriture des bestiaux. Les Russes du voisinage les ont imités en ceci, et c'est surtout H. Kornies qui a introduit les pommes de terre chez les Tartares nogaï, qui en ignoraient encore l'usage en 1838.

On cultive assez le lin. Dans l'hiver de 1842, près de 2571 personnes étaient occupées à filer et à tisser le lin.

Les plantes oléagineuses sont assez répandues. On voit surtout beaucoup de raves à huile provenant de Chine.

Les Ménnoniles ont même commencé à établir des irrigations, les seules du reste que j'aie vues en Russie, bien que tout l'avenir de ce pays dépende de l'adoption générale de ce grand moyen de progrès agricole. Au printemps de 1843, j'ai vu chez les Ménnonites 1384 dessat. de prairies arrosées par des irrigations que protégaienl des digues de terre. Aussi la récolte du foin s'était-elle aussitôt accrue du double.

Les Ménnonites plantaient aussi un peu de tabac. Le prince Woronzow leur a donné de la semence de tabac albanien qui vient très-bien. Pour les petits propriétaires réduits au jardinage, la culture du tabac pourrait devenir très-avantageuse.

Les arbres fruitiers présentent l'aspect le plus satisfaisant. On avait permis à chacun des 1041 grands propriétaires, de réserver une dessat. de ses champs à un verger, ce qui leur aurait permis de posséder chacun 500 arbres.

En 1842, il y avait 167,153 arbres qui portaient. On en plantait alors 25,608 nouveaux. En 1843, on grefTait 35,169 jeunes arbres et 39,512 en 1844. 11 y avait plus de 400,000 jeunes arbres fruitiers dans les pépinières. Au reste, la culture des arbres fruitiers s'étendait bientôt chez les Russes du voisinage, et notamment, comme je l'ai déjà dit, chez les Tartares nogaï.

Il y avait plus de 600,000 mûriers. En 1836, on obtenait 15 livres de soie pure. En 1842, 71 colons s'occu-

paient à celte industrie; ils obtenaient 6 poads 32 livra (352 livres de soie pare et dévidée, qui Tarent payée* sn place 10 } roubles as»ign. En 1843 où Ton comptai! cinq machines, on obtenait 14 pouds 20 livres. Mais l'industrie est dans son enfance; aussi la soie qui vaut ailleurs 14 i 17 roubles, ne se paie que J rouble assign. En 1844» 12!) familles adonnées à la culture de la soie, en gagnaient 23 pouds. La grande a (Taire de ces colonies et de la Russie méridionale en général, ce sont les plantations, parcequ'ellcs prouvent la possibilité de reboiser la steppe.

De petits essais entrepris en vue de cette amélioration, furent suivis de plantations régulières depuis 1834. Dans 30 colonies, les 857 économes destinent chacun à cet eflet \ dessat., dont \ pour des mûriers et le reste pour toute espèce de bois. En 1>>42, 103 de ces 42»} dessaL (052 morgens prussiens^ étaient plantées de 29 différentes espèces de bois. En tout, et sans compter les propriétés privées de M. Kornies, il y avait, en 1843, plus de 2,300,000 arbres.

La vente des produits agronomiques dominait, en 1842, les résultats suivants:

a) Grains, en tout 89,675 tsebetwerts, dont 1 5,507 tsebetwerts de froment et de seigle 208,708 r. ass. 082 „ „ pommes de terre . 3,388 „ „

bj Bétail dont

425 chevaux») 33,292 „ „

460 bêles à corne 20,660 „ „

15,048 brebis 64,480

cj Laine 7,002 pouds 15 livres . . 145,992**)

d; Produits du ménage:

7,412 pouds 20 livres de beurre . . . 70,874 ♦♦*)

Lattis . . 547,394 roubl. ass.

*) Les chevaux sont médiocres , tandis que les bétes à corne se sont récemment améliorées; aussi vendit-on, dès Tannée suivante, plus de 10,000 pouds de beurre et 500 pouds de fromage.

*•) En 1844, on vendit 7053 pouds de laine pour 189,476 roub. au.

"M En 1844, 10,151 pouds pour 81,000 roubles assign.

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