‹ Études sur la sociétéChapitre 15 sur 41 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

J'ai lu , monsieur, le fragment de vos Études sur la société^ que vous avez bien voulu me communiquer, et je l*ai lu avec beaucoup d'intérêt. Non que je n'eusse bien des objections et même des objections presque fondamentales à faire à quelques-unes de vos idées. Je ne crois pas, par exemple, à la séparation, pour ne pas dire à l'opposition que vous établissez entre l'état de nature et l'état de société, la loi morale naturelle et la loi sociale. Et les conséquences de ce dissentiment se retrouveroient dans les plus lointains développemens de votre principe. Mais, en dépit de mes objections , je suis frappé de la moralité^ de la lucidité et du bon sens qui régnent dans votre travail , et je le crois tout à fait digne d'être publié , non-seulement pour votre satisfaction à vous, mais pour l'utilité du public. Je ne pourrois vous promettre de le lire en entier, le tems me manqueroit; mais, lorsque je retournerai à Paris l'hiver prochain , si vous me faites l'honneur de venir me voir, nous causerons du fond même des grandes questions qui vous occupent , et peut-être cette conversation aura-t-elle pour vous quelque intérêt.

Croyez, monsieur, que je suis très-touché des sentimens que vous voulez bien me témoigner, et recevez l'assurance, etc.

GUiZOT.

Val-Richer,9mail854

XXTI LETTRES.

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