‹ Études sur la sociétéChapitre 17 sur 41 · XX VIII LETTRES · texte numérisé non relu

XX VIII LETTRES

ration de nos facultés morales et l'inventaire du cœur humain.

Voici à cet égard ce qui m'a paru être la vérité. Vous noterez , monsieur, que ce travail n'est point une compilation. Chacune des doctrines qu'il renferme est sortie lentement et péniblement de mes réflexions , et j'ignore encore, je l'avoue, ce que ces doctrines ont de conforme ou de contraire aux idées reçues. Ce n'est point par un excès de confiance en moi-même que j'ai procédé ainsi ; mais c'est une sorte de vérification et de contrôle que j'ai voulu tenter.

J'ai donc reconnu que l'homme avait d'abord tous les instincts de la brute, instincts qui sont, les uns favorables, les autres contraires à l'état de société. Après avoir réduit ces instincts à un petit nombre d'affections élémentaires, je me suis occupé du don essentiel qui sépare l'homme de toutes les autres créatures ; j'ai cherché à définir et à analyser la raison.

J'ai dit ensuite, et je vous demande la permission de transcrire ce passage :

< La raison, ainsi qu^on peut le remarquer, n'est donc pas une • création de la même essence que les instincts , et Ton aurait tort de la confondre avec eux dans une seule nomenclature. -

€ Les instincts sont bien des volontés de la nature , volontés auxquelles l'homme résiste souvent , mais par lesquelles il semble quelquefois emporté malgré lui. La raison^ loin d'être une des volontés de la nature, est la force spéciale qui nous fut donnée par elle pour lutter avec succès contre ses volontés.

t En effet, cette éminente partie de notre intelligence, en exerçant sur nos affections innées son pouvoir de comparer et de juger, nous excite à les fortifier ou à les affaiblir, à les seconder ou à les com-

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