XXX LETTRES
Mais Tamour du bien, la haine du mal, sont des affections plus compliquées : on n'aime pas la société et la discipUne de la même manière qu'on aime la liberté ou la vie; illiaut, pour que ces sentiments se développent en nous et y dominent les affections primitives, il faut que la rsdson nous en fasse sentir l'excellence et l'utilité.
J'ai eu besoin de les désigner par une qualification distincte , et je les ai nommés des inspirations humaines.
Une objection doit m'être faite.
« Les sentiments, me dira-t-on peut-être, sont, il est vrai , un produit du raisonnement ; mais la raison est un don de la nature , et , à ce titre , les sentiments sont aussi des inspirations naturelles. »
Oui, Bans doute, car toutes les inspirations humaines sont des inspirations naturelles , mais modifiées par la volonté de l'homme, et c'est pour cela que je leur donne un nom différent.
Quel est, en effet, le signe distinctif qui sépare une œuvre naturelle d'une œuvre humaine?
Les matériaux qui composent une maison ont été produits par la nature ; ils ont été façonnés par la main de l'homme sous la direction de son intelligence; mais l'intelligence et la force nous ont été données par la nature, et cependant on ne dit pas qu'une maison est une œuvre naturelle : on l'appelle une œuvre humaine, parce que l'intervention humaine s*y manifeste. Cela suffît; on sait ce que cela veut dire, et personne ne comprendra par cette expression que l'homme soit Tauteur des matériaux, parce que personne n'ignore que l'homme est incapable de créer quelque chose.
Eh bien , la même distinction ne. doit^elle pas être faite dans l'ordre moral î