‹ Études sur la sociétéChapitre 24 sur 41 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ainsi , lors même qu'il répondait à des sentiments unanimes et secondait un mouvement naturel, le droit n'a pu échapper totalement à la loi de Thumanité. Il a changé rarement, mais 11 a changé.

Nous allons le voir bien autrement variable^ maintenant qu'il va lutter contre une impulsion de la nature, et que, forcé de choisir entre des vœux contraires , il fera prévaloir l'intérêt du plus grand nombre et sacrifiera celui de la minorité.

En effet, les sentiments de religion, de propriété et de famille ne sont pas les seuls qui soient assis au cœur de Thomme. 11 en est un autre moins puissant, moins respectable, mais non pas moins universel. C'est l'instinct de la violence.

Cet instinct est incarné en nous ; vingt siècles de civilisation n'ont pu l'effacer, et tous les jours encore, on regarde comme une honte de recourir à la protection légale pour venger une injure ; on tient à honneur de la venger soi-même.

Citerais-je des faits qui, dansées temps malheureux, n'ont eu parmi nous que trop de témoins oculaires ?

Lorsque, dans nos cités, sonne le tocsin de la guerre civile ; lorsque , arrachés à nos pacifiques habitudes,

nous devons charger notre épaule d*un mousquet, on lit d'abord sur tous les visages la répugnance et la tristesse. Mais comme le bruit des armes transforme promptement nos honnêtes natures ! comme la fumée du salpêtre nous a vite enivrés ! Quels cris de fureur pendant le combat , quels cris de joie après la vietoire ! Le lion mal dompté a retrouvé le flair du sang ; l'élément animal étouffe l'élément divin ; Tintelligence .épouvantée cède le pas à la violence.

Par bonheur^ chez la plupart d'entre nous^ cet élan ne dure pas ; cette mauvaise inspiration n'est qu'un éclair qui disparaît avec l'orage; rendus au calme , nous reconnaissons la suprématie de l'intelligence j et , dans les actes quotidiens de la vie , dans les travaux qui doivent nous conduire au bien-être , nous soumettons notre force à la direction de notre intelligence.

Mais cependant il ne manque pas d'hommes qui mettent plus volontiers leur pensée au service de leur bras que leur bras au service de leur pensée, je veux dire qui se sentent plus, capables de conquérir le bien-être par la violence que par le travail.

C'était d'abord tous ceux que la nature avait doués d'une grande vigueur musculaire et de très-peu de sagacité, lorsqu'un sauvage esprit d'indépendance les empêchait d'utiliser cette vigueur sous l'intelligence d'un autre.

Mais, depuis que l'industrie^ grâce encore à l'intelligence , a mis à la disposition de chacun des forces

artificielles biea supérieures à lar force humaine ^ on peut être partisan de la violence à meilleur compte. Il suffira de manquer d'intelligence ou d'être dominé par cet amour inintelligent de la liberté qui repousse le travail. La vigueur des muscles n'est plus nécessaire à Thomme de violence. Quelquefois , il y suppléera par le courage, par cette vertu à peu près solitaire de la force; il aura une certaine dose de cette puissance irréfléchie, toute physique, née le plus souvent de l'excitation des sens , qui domine en nous Tamour de la vie et hasarde notre existence dans une entreprise peut-être méprisable*.

Il y a donc des hommes en qui le goût de la violence est habituel et prépondérant. Eh bien, le droit pouvait -il répondre à ce vœu de la nature? Non. Il s'est dressé de toute sa hauteurcontre.ee barbare. Réprimer, supprimer la violence ; subordonner la force à l'intelligence, telle est la pensée génératrice de la société; c'est l'œuvre personnelle du droit, c'est sa propriété.

Que faire cependant de ceux dont les intérêts étaient ainsi sacrifiés , dont les capacités étaient si complètement méconnues ?

i. Loin de moi la pensée de médire du courage, je sais que l'on ne pourra de longtemps s'en passer ; mais je constate que cette vertu ne procède pas de Tintelligence, n'est point de la même famille que les autres vertus, et que la nécessité de la stimuler, de la glorifier, de l'avoir en honneur , est et sera longtemps un des plus grands embarras de l'ordre social.

DaOlT POSITIF. 29

Le droit devait y pourvoir. Il avait besoin d'une force imposante pour appuyer ses décisions, à l'intérieur, pour maintenir Tennemi au dehors. Lorsque ces honimés ont bien^ voulu accepter une discipline, plus absolue^ sans nul doute^mais moins minutieuse que la sujétion imposée par le travail , le droit a pu en employer un certain nombre. Je dis un certain nombre ,' parce qu'il n'a pu les. placer que dans l6s;rangs de ses cohortes , les postes supérieurs y étant, comme partout réservés à rintelligence qui n'a pas créé mais qui n'exclut pas le courage. Le droit peut même les utiliser presque tous lorsque vient à éclater une guerre sérieuse et prolongée.

C'est chose merveilleuse , en effet, que de voir comme, en temps de guerre, des hommes qui avaient végété jusque-là sur les derniers degrés de l'échelle sociale , ont tout à coup pris leur élan , trouvé leur sphère , et sont devenus des citoyens précieux pour la patrie. . •

Mais la guerre n'est pas l'état normal de la société; la guerre est un temps d'arrêt et de deuil pour le progrès. Il y a donc, surtout quand règne ,1a paix , des natures violentes ou paresseuses qui se trouvent directement froissées par l'ordre établi. De là une lutte sourde, des révoltes individuelles et quelquefois générales, contre lesquelles il a fallu organiser une répression énergique et vigilante. /;: :

' Cette répression était d'abord toute la loi pénale; mais , plus tard , le droit a dû sévir contre l'intelli-

gence elle-même. On a souvent essayé de rapporter à une cause unique les dissensions qui partagent les hommes. Les uns y ont vu la guerre éternelle de la pauvreté contre la richesse; les autres, celle de la liberté contre la tyrannie. Ces deux distinctions sont justes tour à tour; elles correspondent aux deux passions suprêmes de Thomme : Tamour du bien-être, et celui de la domination. Si Ton se reporte du but aux moyens, on peut les résumer en regardant la lutte comme perpétuellement engagée entre le droit et la violence.

J'ai dit que la violence et le droit n'étaient autres que la force et Tintelligence. Je ne prétends pas pour cela que tous les forts soient dans un camp et tous les intelligents dans Tautre. Il y a dans les deux partis bon nombre de transfuges; mais je m'attache à la pensée qui les domine ou les dirige. Je place en tête du parti légal ceux qu'on appelle les heureux du pouvoir; ceux qui^ dans tous les temps ^ sous tous les gouvernements; dans les monarchies comme dans les républiques, qu'ils aient nom Louis XIV ou Richelieu, sont appelés par leur haute capacité à conduire les affaires publiques et tiennent , de fait y les rênes de TÉtat.

Derrière eux sont les hommes de guerre. L'armée ne dicte pas sa propre volonté; on ne peut l'appeler un agent de la violence. Elle ne fait qu'obéir à l'intelligence qui gouverne la société; c'est le bras de l'autorité, c'est un agent du droit.

Viennent ensuite tous ceux qui^ ayant des situations ou des biens placés sous la garantie du droit , comprennent qu'ils doivent l'appuyer et le soutenir, soit qu'ils se trouvent dans les premiers ou dans les derniers rangs de la hiérarchie^ soit qu'ils possèdent un mince pécule ou de vastes propriétés.

11 faut y ajouter encore ceux qui ne sont rieui qui ne possèdent rieUi mais qui^ dans la loyauté de leur âme, jugent l'ordre social équitable et se sentent capables de parvenir , de prospérer, en suivant les voies tracées par la légalité.

Voilà les forces dont dispose le droit. C'est la na-tion presque entière. C'est une armée puissante, nom* breuse , bien commandée , bien disciplinée ; mais elle traîne après elle une longue suite de bagages ; mais son arrière*garde compte beaucoup d'intelligences qui ne peuvent ofTrir au parti qu'un appui moral, et qui, dans un jour d'action, lui seraient un embarras plutôt qu'un secours.

Les partisans de la' violence se reconnaissent à un point conmiun de ressemblance. Us ont tous, pour le bien-être ou la domination , un amaur hors de pro« portion avec les facultés naturelles que le droit laisse à leur usage.

Tels sont d'abord les hommes que j'ai signalés tout à l'heure. Chez ceux-là, les désirs sont bornés, mais les moyens légaux d'y satisfaire le sont encore davantage* Capacité nulle, répugnance pour un travail quotidien « méthodique, régulier; aversion profonde

contre l'intelligence , aversion qui se manifeste à Tégard de ses œuvres par Te génie de la destruction ; en un mot, haine instinctive contre la société à qui ils se sentent sacrifiés.

, Après eux, je citerai une classe d'hommes qui ne manquent pas aussi manifestement d'intelligence, mais qui , trop épris du bien-^tre ou trop pressés d'en jouir , tantôt ont rapidement dévoré leur patrimoine et noyé leur avenir dans un océan de dettes; tantôt dédaignant les routes lentes et sûres qui mènent à la fortune, se sont lancés dans des entreprises téméraires , aléatoires , où ils ont englouti leur honneur quelquefois, leur crédit toujours.

Trahis par llntelligence , ils ont tendu la main à la violence. Les uns espèrent ^ cacher leur désastre dans la ruine universelle; les autres, n'ayant plus ri^n à donner au hasard, jettent pour dernier enjeu leur vie de peu de valeur sur son terrible tapis vert. .

Enfin , je reconnais encore dans cette tourbe con« fuse quelques hommes d'unie caj)acité réelle, sérieuse, mais non supérieure à celle qui fait la puissance de l'autre parti. Ceux-là étaient certains de s'élever sous la protection légale ; la société est leur empire ; tôt ou tard ils en auraient été les élus. Pourquoi- ont-ils dédaigné les avantages qui leur étaient assurés ? Pourquoi ont-ils déserté le drapeau du droit ?

C'est qu'ils sont dévorés d'une ambition sans patience et sans mesure; c'est que, nouveaux Césars, ils n'estiment que la première place , et prétendent

l'occuper d'un seul bond. Ils se sont attachés à la fortune de la violence , ils se sont mis à sa suite , parce qu'ils savent bien que si elle parvenait à renverser l'ordre social , elle ne pourrait se passer d'eux pour le relever.

Leur nouveau système est déjà tracé. Ils ne croient peut-être pas le premier mot de ce qu'ils préconisent; mais ils ont la conviction profonde de leur mérite ; ils sont persuadés qu'un bouleversement général doit les élever sur le pavois. Fatale et maudite pensée qui peuple ce parti de quelques hommes d'élite et de beaucoup de médiocrités. L'amour-propre est un si mauvais juge.

Telles sont les forces permanentes de la violence. Il est aisé de voir qu'elles ne composent pas une armée. On y trouve quelques soldats qui peuvent valoir par leur bravoure personnelle^ mais qui sont peu capables d'augmenter cette valeur par la discipline. Un grand nombre de ces enfants perdus de la violence se compromettent avant l'heure dans un obscur maraudage, dans des escarmouches sans dignité, et le jour d'une bataille les trouve prisonniers de guerre dans quelque ville maritime.

Mais si cette troupe manque de soldats^ en revanche elle a trop d'officiers. Elle compte une foule de généraux qui manœuvrent à l'aventure et sans combiner leur action. C'est un état-major sans milice; ce n'est point, je le répète, un corps régulier, et, d'habitude, il suffit au droit de mettre en Ugne contre lui , non

son armée, mais ses gendarmes.

. Mfiis, vienpe à souffler upe de oe» tempête» pelitiqpw qui reqiuept û aouY^Qt la nur&ce des sociétés , 9t l«s mdres déserta de cas batiiiUons se compléteront qomme p^r ençhs^ptemeuti Vous les y^res se remplir de volontaires, jeunes pour U plupart , n'ayant point debaine oontre Tét^t social , ets'abritant volontiers sous son toit ^ , mais qui > à tort ou à raison , détestent les bonimes en qui se personnifie l'autorité et se font pour un jour les champions de la violence afin d'assouvir leur rancune.

Alors les ennemis constants du droit , prompta à dissimuler leur bannière, suivent le mouvement, quand ils ne peuvent le diriger, et comme ils n'alteignent jamais , même quand ils sont vainqueurs, le but impossible de leurs désirs (car ils veulent tous mettre 1^ main sur la même proie) , vpus les verrez ohercber 4 détourner la portée de la victoire i puis, à 1^ faveur des immunités nouvellement conquises, enb^rdis par

i. lU profitent de h voiture, ipais iU maltrsitent le cocher. Les jeunes gens forment Tinévitable appoint, ou plutôt Télé'ment principal de toutes les insurrections. Il est facile de s'en rendre compte. Les familles, même dans let classes les plus pjiuvres, pourvoient d'habitude aux besoins des enfants, piais en revanche elles leur imposent une subordination fort étroite; subordination nécessaire le plus souvent, quelquefois abusive.

L'enfant ne reconnaît pas toujours la néeessitë, mais il sent parfaitement T^bus,

Il en résulte que , lorsqu'il arrive à l'adolescence, il s'est encore préoccupé fort peu de son bien-être , de ses moyens d'eiisteace, mais qu'il a déjà énormément convoité la liberté, n en a soif, il en est affan^é, fin f^ce de T^ntorité pst^rinçUe,

Tébrâ'nlement général des principes et des idées , se mentF^r miïn h visage découvert, stimuler Taniour du ^ien-être comme ils avaient caressé celui de la liberté, et s'adressant non plu9 à l'orgueil de Thomme, mais à son intérêt matériel , prêcher résolument une révolution sociale •

Je n aborde pas en ce moment le terrain du droit politique^ mais je devais constater que, dans toutes les insurrections populaires, tandis que le gros des révoltés , adversaires accidentels du droit , ne cherche à renverser que les titulaires du pouvoir, il y a , aux deux extrémités de la colonne, à la tête et en serrefile, dep hommes de pratique et des hommes de théorie qui s'efforcent de faire des blessures plus profondes et d'atteindre la société sous son gouvernement. C'est que la violence est réellement l'ennemie, non des ehefo de la société ou de sa forme politique, mais de la sooiété elle-inêmç qui a été organisée contre elle.

le respect le retient; il s'en dédommage avec les agents dç Tautorité publique* Il donne à plein collier dans toutes les émeutes. On trouve, dans toutes les conspirations, des jeunes gens dont les familles doivent considérableipdnt k la proteor tion sociale. Un jeune homme qui n'est pas démocrate est un phénomène. Ainsi un jeune homme est généreux , désiptéressé; cela doit être; il a eu rarement k s'occuper d'intérêts matériels; mais il est très-avide de liberté; cela doit être encore : il en a si peu gofttë jusque-lk. M temps changera tout cela. Avec V&ge, il deviendra plus intéressé et moins indépendairt. Ce changement sera la conséquence de la vie pratique, mais au lieu de l'appeler expérience ou raison, on l'ap^^ pollera égolsmi» ou servilité,

Cependant' la féconde semence que le droit a jetée sur le sol n'a pas été tout entière emportée par le vent. Un arbre tutélaire a poussé de profondes racines et nous couvre de ses puissants ombrages.

La violence est flétrie. Personne ne veut de la violence, personne ne la soutient. C'est le droit que chacun invoque , et Ton n'a recours à la force que pour défendre le droit....

Ce serait là un accord édifiant^ si Ton ne faisait pas subir à ce nom vénérable une définition qu'il n a jamais méritée.

Le vol est flétri plus que le meurtre peut-être, et c'est un tort. Le vol est tellement flétri, que pour déshonorer une de nos saintes institutions on n'a pas trouvé de plus violente injure à lui. infliger.

Mais, étrange anomalie ! des hommes, dont la probité manuelle est irréprochable, et qui respectent dans la bourse de leurs voisins le principe de la propriété , outragent, dans leurs écrits, ce principe au bruit de certains applaudissements.

Ainsi , attaquer la propriété , en détail et par la pratique, c'est vil; mais Tattaquer en bloc et par la théorie, c'est honorable.

Attaquer la propriété avec le fer, cela conduit au bagne, même quand on s'y prend avec talent; mais l'attaquer avec la plume , quand on le fait avec talent, cela mène à la célébrité. C'e&t un moyen ingénieux de se sortir de la foule. La propriété est un canevas favorable sur lequel la logique a brodé d'agréables ara-

besques. Plus la thèse est insoutenable et plus un esprit subtil y trouve de relief.

En serait-il de certains écrivains comme de ces courtisanes qui s'efforcent d'attirer les regards par la bizarrerie de leur parure , bien certaines de les captiver par les charmes de leur visage?

Mais, revenons.

Je signale dans les lois criminelles une transformation digne de remarque.

La violence s'était d'abord soumise à Tintelligence; la première société fiit à ce prix, et puis, indignée de la position que celle-ci lui avait faite , elle s*eat révoltée contre elle. Ses révoltes n'ont point changé sa condition subalterne. Mais» bientôt^ elle a trouvé des auxiliaires qu'elle ne devait pas espérer.

La diffusion deslumières, lesprogrèsdelacivilisation, augmentaient, de jour en jour, le nombre des hommes intelligents; quelques-uns n'ont pu obtenir, dans la société, une place égale à leur ambition ; et ils se sont rapprochés de la violence, qui les a reçus à bras ouverts. La violence fait donc, chaque jour, avec l'intelligence incomprise et mécontente, de nouvelles alliances qui lui préparent de nouvelles déceptions , mais qui ne la découragent pas. Aujourd'hui, elle a presque renoncé à toute initiative; elle ne risque point un acte important qui ne lui soit inspiré par son alliée; quelquefois même elle la laisse agir seule pour son service, et sa puissance en a pris un notable accroissement. De son côté, le droit qui ne pouvait être inattentif à

38 LIVRÉ PtlEltlËiR.

cette stratégie , sW coft'oboi'é satiià cessé par ûtie union plus étroite avec la fofce.

Ainsi , la lutte est bien tôUjotifs entre lé droit et la violence ; mais , je le i^épète, de part et d'atitfe, lés dé*feetions individuelle^ soîit nombreuses ^ Lés bâiâillé§ se livrent aussi bien aved la parole qû'aVec Tépéè. Si le droit garde encore ses derniers argumenta datift ses caftons, la violence a toutefois Ses armes orales, l'Injure, la menace et Tironie.

Le droit, pôur se présentei* de front à ces etihêmis nouveaux , a dû changer fréquemment ses lignes de défense. Il a modifié graduellement le système pénal qui ne protégeait plus soft œuvre.

Cette tâôhe est devetiue , pour lui , moine cruelle^ mais bien pluâ làbufieuse. En effet, lorsqu'il tépl'ilïie la violence, il en a facilement raison, ear il la poursuit et la frappé avec l'instrument qui lui est pît)prê, Tin* telligence. Mais quand, par Une sorte de guerre intestine , il dirige la répression contre rintelHgeftce ellemême, Celle-ci se dérobe ou se défend avec les mêmes armes, et la meilleure lame n est pas toujours dans les mains du dfoit *.

Voici la marche uniforme que lott remarque dàfti les révolutions du droit pénal.

i. Le Codé p^tial presque tout entier est cotisàéré ft ^uiiir le6 actes de Ift Tiolence^ en comprenant ee mot dans fàk plus large acception. Cependant, une partie qui , je le crois, prendra tous les jours plus de développements, réprime les éôarts de rintelligencfî. Mais, fatidis qUe le itieunrë et le Vol ftfenl

AU début dés doi^iétéi^ la loi 6»t simple mâië iiôpitd3rftl)l«. L'éfehéllêi âe« {^eitleA n'a pour âinfii dire qii'un ëêtil dëgf é , la moH. SoUi la phiâ&ion dé cett€f rigueur «ItdèsîiiVe, les erittiei ditultiUëtit , lés mœurs publiques s'adoucissent et bientôt un dri de réprobation s'élève contre la cruauté des châtiments.

Le droit, satisfaisant au voeu général j est obligé de les réformer, de les changer, en un mot de les mettre au niveau des mœurs.

Si les temps sont calmes , si la société est prospère. Tordre public n'en souffre pas, mais souvent , après une agitation politique , le frein pénal se trouve trop faible , et il faut momentanément le fortifier. Puis bientôt, quand les passions sont apaisées , l'humanité réclame et obtient de nouvelles mitigations.

D'âge en âge , les répressions se sont multipliées , mais lés châtiments ont été adoucis. Dans notre législation, les circonstances atténuantes, combinées avec la mansuétude du jury, marquent le point culminant de cette indulgence.

Bien que je m'occupe spécialement ici du droit pénal ordinaire , c'est-à-dire de la sanction du droit so-

*précisés en' quelques mots, voyez comme la définition de Tescroquerie, par exemple, ou des délits de presse est diffuse et embarrassée.

La même différence se fait sentir dans les difficultés de la répression.

cial ; je puis cependant citer encore l'abolition de la peine capitale en matière politique; car,^ dans des circonstances mémorables , cette abolition me paraît avoir étendu son manteau sur des crimes qui avaient un caractère social.

Page 1