‹ Études sur la sociétéChapitre 6 sur 41 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

qui m'a paru devoir être établie entre lea lois et les présents de la nature. ^ '

Les instincts sont des lois de .la nature, lois débonnairesy ainsi que je le dis quelque part, puisqu'il est toujours possible à Thomme de s'en affranchir; mais les facultés humaines, et notamment la raison , ne sont pas les lois de la nature; ce sont ses présents.

Les instincts sont des affection^ précises , certaines, définies; la raison, c'est la faculté indéfinie de connaître et d'apprécier toute chose et conséquemment les instincts eux-mêmes ; c'est le pouvoir de les comparer, de les préférer l'un à l'autre et d'exciter ainsi notre volonté à les fortifier ou à les affaiblir, à leur obéir ou bien à leur résister.

Cette première distinction reconnue juste et fondée m'a entraîné à en admettre d'autres.

J'ai considéré comme œuvre de la nature seulement ce qui est en nous le résultat d'une impulsion instinctive et irréfléchie; mais tout ce qui est le produit de la réflexion et du raisonnement, je le regarde comme étant l'œuvre de l'homme.

Seules, les actions humaines sont manifestes, les causes qui les produisent restent cachées ; et cependant, autre chose est sans doute de secourir un indigent parce qu'un mouvement irrésistible de pitié nous y convie , ou bien parce que nous comprenons que.

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