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INFLUENCE DU CONTACT DES CORPS SUR LA SURSATURATION

En parcourant les différents Mémoires qui ont été écrits sur ce sujet , on est frappé des contradictions qui existent entre les divers auteurs , et souvent même entre les assertions du même auteur. Aussi , en présence de cette confusion générale et du dé-

i Les choses se passent tout différemment avec le sulfate de magnésie et l'alun , qui peuvent être amenés jusqu'à — 20 degrés sans que la sursaturation cesse.

saccord de ses propres expériences , M. Schrôder ' ne peut s'empêcher de tirer cette conclusion , la seule qu'une saine logique permettait de déduire :

« C'est toujours une affaire de hasard si une parcelle d'une substance donnée provoque ou non la cristallisation des solutions sursaturées , et la seule règle générale qu'on puisse tirer de ces expériences , c'est que toutes les substances si diverses qui ont été essayées sont sans action si leur surface n'a pas été exposée pendant quelque temps au contact de l'air. M. Schrôder est parfaitement dans le vrai , car on ne peut tirer de conclusion de toutes les expériences qui ont été faites, qu'autant qu'elles ont fourni des résultats négatifs. Cela tient à ce que dans tous ces essais on n'a point jusqu'à présent éliminé complètement l'influence de l'air commun qui peut apporter des éléments de complication. Il est impossible dédire, lorsque la cristallisation a lieu , si elle a été déterminée par le corps lui-même ou par l'air logé dans les pores ou dans les anfractuosités de la substance ; d'autre part , on sait que la plus petite quantité d'air suffit quelquefois pour provoquer la cristallisation ; tantôt , au contraire , on voit des liqueurs rester sursaturées en présence de volumes considérables d'air ordinaire. Je possède des ballons qui , depuis 1860, contiennent des solutions sursaturées de sulfate de soude en présence d'air qui n'a subi ni calcination ni tamisage au moment où il a été introduit. Je reviendrai plus loin sur ce sujet -, je prie le lecteur de vouloir bien admettre le fait pour le moment.

Les expériences que je vais rapporter ont été dirigées dans le but de me soustraire complètement aux causes d'erreur non évitées jusqu'ici dans les méthodes expérimentales employées par différents savants.

J'examinerai successivement l'influence des gaz , l'influence

i AnnaUn der Chemie Und Pharmacie , t. ClX ; 1859, p. 85, § ^8.

— sodés liquides, puis l'iufluence des solides sur les solutions sursaturées de sulfate de soude.

§ I. — Influence des gaz.

Je ne m'occuperai point ici de Tair commun, dont raction sera examinée plus loin en détail , mais je ferai rentrer dans cette étude tous les principes gazeux , oxygène , azote , acide carbonique , etc., qui sont ou peuvent être contenus dans l'air.

ii. — GAZ PRÉPABÉS A FROID.

Je place dans un flacon de WooIfTà trois tubulures [PL /, fig. 5), les substances qui , par leur réaction , doivent donner naissance au gaz que je veux obtenir. A l'une des tubulures du flacon, est adaptée, au moyen d'un bouchon en caoutchouc, l'extrémité recourbée du col étroit d'un ballon contenant une solution sursaturée de sulfate de soude dans le vide. La pointe recourbée a été rayée à la lime , puis lavée à Peau distillée et chauffée à la lampe à esprit-de-vin avant d'être introduite dans le bouchon en caoutchouc de la tubulure A. Les deux autres tubulures portent, engagés dans des bouchons en caoutchouc, un tube à entonnoir et un tube abducteur qui plonge dans l'eau. Je laisse dégager le gaz pendant un temps assez long pour que tout l'air de l'appareil soit éliminé. Quand je juge que l'opération a marché sufSsamment longtemps, je casse en A la pointe de l'extrémité recourbée du col du ballon , en appuyant à faux cette pointe contre la paroi du flacon et en ayant soin que le dégagement du gaz soit assez fort en ce moment.' Le gaz rentre alors brusquement dans le ballon vide d'air.

Les gaz sur lesquels j'ai expérimenté sont : l'hydrogène , l'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré, le bioxyde d'azote. Aucun d'eux. n'a déterminé la cristallisation, même longtemps après

qu on les eut séparés de Tapparoil en coupant le col du ballon par un jet de flamme en B.

Remarques.

L'hydrogène sulfuré a formé un léger précipité de sulfure métallique provenant des impuretés du sulfate.

Le bioxyde d*azote a produit une vapeur rouge en rentrant dans le ballon ; il y avait donc un peu d'air ; le vide n'était pas parfait.

Malgré cela les liqueurs sont restées sursaturées.

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