‹ Études sur la sursaturationChapitre 7 sur 23 · C. — GAZ TRÈ&-S0LUBLES · texte numérisé non relu

C. — GAZ TRÈ&-S0LUBLES

Le ballon dans lequel le gaz se produit [Pi. /, fig. 7] porte un bouchon en caoutchouc traversé par l'extrémité recourbée du col d'un ballon à sulfate de soude vide d'air, et en outre par un tube abducteur recourbé de 90 centimètres de longueur plongeant dans une petite cuve à mercure. On fait dégager le gaz pendant un certain temps , et lorsqu'on est sûr que tout l'air est chassé , ce qui arrive lorsque l'absorption du gaz par l'eau est complète , on casse la pointe effilée du col du ballon en appuyant à faux contre la paroi , etle gaz rentre rapidement dans le ballon vide d'air^ en même temps qu'il est absorbé par le liquide, ce que l'on reconnaît à l'ascension du mercure dans le tube abducteur. On continue à produire le gaz jusqu'à ce que le liquide en soit bien saturé , et on met fin à l'expérience en détachant le ballon par un jet de flamme sur le col.

Les gaz sur lesquels j'ai 4>péré sont : le gaz ammoniac , le gaz acide chlorhydrique, tous deux fort solubies et de propriétés très-différentes. Ni l'un ni l'autre n'a produit de cristallisation subite.

Le gaz ammoniac a occasionné un léger précipité floconneux , provenant très-probablement d'un peu d'alumine, et le gaz chlorhydrique a produit une très-légère effervescence, due à un peu de carbonate de soude contenu accidentellement dans le sulfate employé. •

Après plusieurs jours , les ballons étant restés limpides , je brisai la pointe et j'amenai le liquide au contact de l'air : la

solution se prit en masse comme à l'ordinaire. La présence d'une grande quantité de gaz soluble n'avait donc pas fait chan • ger Tétat de sursaturalion.

Conclusions déduites des expériences du % I du chapitre IV.

De ces expériences nombreuses, on peut conclure par induction, contrairement à l'affirmation de GayLussac dans son Mémoire sur l'influence de la pression de l'air sur la cristallisation des sels ', qu'aucun gaz, en tant que gaz, ne détermine la cristallisation subite des solutions sursaturées de sulfate de soude. Cela est vrai aussi bien pour les gaz préparés à froid , tels que l'hydrogène , l'acide carbonique , l'hydrogène sulfuré , le bioxyde d'azote , que pour les gaz préparés à chaud , tels que l'oxygène, l'azote , le protoxyde d'azote, les carbures d'hydrogène , aussi bien pour les gaz très-solubles que pour ceux qui le sont fort peu , aussi bien pour les gaz acides que pour l'ammoniaque, gaz alcalin. Cela est vrai également pour des gaz préparés depuis longtemps, comme le gaz de l'éclairage, qui a dû subir toutes sortes de frottements dans le trajet qu'il a eu à parcourir.

Les résultats contraires cités par Gay-Lussac et par d'autres proviennent sans nul doute d'un mode vicieux d'expérimentation, qui a dû permettre la rentrée de l'air commun ou de corps étrangers.

§ IL — Influence des liquides,

A. — LIQUIOfiS CH4(JPFBS PUIS REFROIDIS EN PRÉSENCE DE L'AIR CALCINE.

Pour étudier l'influence des liquides chauffés à l'ébullilion,

i Annales de Chimie et de Physique , 1"^* série, t. LXXXVII, p. 228. — Mémoires de Chimie et de Physique de la Société d'Àrcueil , t. III , p. 183.

puis refroidis jusqa'à la température ordinaire , j'ai pris les dispositions suivantes :

Le ballon à sulfate de soude A (Pi. I, fig.S), dont le col B est recourbé, vient s'engager dans un tube en caoutchouc CE, que Ton peut serrer très-fortement au moyen d'un compresseur métallique à vis DI. Le caoutchouc communique avec un tube à pointe effilée EF. Le caoutchouc est fortement serré par des liens autour du tube. Le tube EF passe dans un bouchon en caoutchouc M qui s'adaptera bientôt à la tubulure d'une cornue contenant le liquide sur lequel on veut expérimenter; la cornue communique avec un ballon condenseur G , par l'intermédiaire d'un bouchon en caoutchouc , et le ballon condenseur communique lui-même avec un appareil K pouvant fournir de Tair calciné.

Les choses étant ainsi disposées , on porte le liquide du ballon A à l'ébullition , en même temps que le liquide F de la cornue, et ou engage la pointe EFdans la cornue, en serrant le bouchon M, sans que l.e liquide A cesse de bouillir. On maintieni l'ébullition pendant quelque temps, puis on serre le compresseur ID , le liquide F étant toujours en ébullition , mais le feu ayant été éloigné du ballon A en ce moment. Au bout d'un certain temps , on laisse rentrer l'air calciné dans les vaisseaux , et quand tout est revenue la température ordinaire, on ferme l'appareil au moyen d'un jet de flamme appliqué en H.

Lorsqu'après-deux , trois et même huit jours on veut procéder à Texpéricnce, on desserre légèrement le compresseur ID; comme le ballon A est vide d'air, le liquide de la cornue F y rentre; on en laisse arriver quelques gouttes en A , on agite , on resserre le compresseur pour laisser rentrer de nouveau du liquide en plus ou moins grande quantité , et quand Texpérience est terminée, on détache le ballon en B par un jet de flamme. J'ai opéré sur les liquides suivants * alcool ordinaire à 90 degrés de l'alcoomètre, alcool amylique , éthér, huile d'olive, et j'ai pu constater qu'aucun de ces liquides , chauffé d'abord ,

puis rerroidi avec les précautions que j'ai indiquées, ne fait cristalliser en masse les solutions sursaturées.

J'ai pu vérifier par ce procédé un résultat annoncé par Lœwel * dans son premier Mémoire, et qui lui a permis d'obtenir Thydrate à 7 équivaleuts d'eau. En laissant rentrer de Talcool Troid lentement, de manière à le maintenir à la surface du liquide du ballon, on voit naître, au bout d'un quart d'heure, de petits cristaux en lamelles à la surface de séparation des deux liquides ; ces cristaux augmentent peu à peu et finissent par former une couche assez épaisse. La cristallisation marche lentement par l'hydratation de l'alcool, mais elle ne ressemble en rien à la cristallisation rapide qui fait cesser la sursaturation. Il s'est formé très-probablement l'hydrate à 7 équivalents d'eau indiqué par Lœweh

Si on laisse rentrer une quantité considérable d'alcool et d'une manière tumultueuse , le liquide semble se prendre en masse , par suite de la production des cristaux à 7 équivalents d'eau sur tous les points.

L'éther et l'alcool amylique semblent se comporter comme l'alcool ordinaire, mais cependant avec moins d'énergie.

Page 1