‹ Études sur la transmission de l'infection tuberculeuseChapitre 18 sur 24 · PRES PE · texte numérisé non relu

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selon Debré et Bonnet, une réaction générale susceptible de guérison.

Philibert et Corday ont constaté que chez le lapin le phénomène de Koch est tout à fait différent de celui du cobaye. Au niveau de la peau il se produit toujours une suppuration et au niveau du poumon une caséification massive, Il ressort de toutes ces recherches que le phénomène de Koch n’est pas une réaction d'immunité, mais au contraire, une réaction de sensibilisation; une modalité de l’anaphylaxie locale connue sous le nom de phénomène d’Arthus. On sait que le phénomène de Koch est interprété actuellement comme une réaction allergique témoignant d’une sorte d’immunité relative et instable. La réaction à la tuberculine, appliquée par V. Pirquet au diagnostic de l’imprégnation tuberculeuse, n’en est qu'une modalité. Or, Bezançon et Philibert déclarent en 1924 que « la réaction à la tuberculine n'est pas, comme on l’a dit, le témoin d'un état allergique, mais tout simplement le témoin d'un état de tuberculose ».

Cependant toute la conception actuelle de l’évolution de la tuberculose humaine est basée sur la notion de l'allergie, La classification des diverses formes de tuberculose par Ranke groupe les manifestations morbides autour de l’état allergique. Il est vrai que l'Ecole française, plus prudente, s’est contentée d’une classification morphologique sans essayer d'interpréter des faits qui nous sont encore trop mal connus. Selon la plupart des auteurs fran-

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çais (Bezançon, Léon Bernard, etc.) il n'y a pas de preuve clinique ni expérimentale de l’immunité antituberculeuse. À

Il nous semble que la notion du polymorphisme du virus pourrait suggérer une nouvelle interprétation du phénomène de Koch. L'immunité existe, peutêtre, pour certaines formes du germe et n’existe pas pour les autres. Alors, au moment de la réinoculation, seules, les formes non immunisantes agiraient. Nous donnons cette supposition uniquement à un titre purement hypothétique que l'avenir se chargera peut-être de contrôler. Le phénomène de Koch semble être lié à la production de tuberculine dans l'organisme. Aussi, les auteurs sont loin d'être d’accord sur son existence dans l'infection par le virus filtrant. Il est probable qu'il n’apparaît qu’au moment où le virus a régénéré sa forme acido-résistante. En somme, si la conception immunologique du terrain nous semble plus capable de pouvoir nous fournir un jour l'explication des nombreux points obscurs de l'infection tuberculeuse, elle nous laisse pour l'instant dans l'incertitude, Nous ne connaissons pas la signification exacte des termes sensibilité, immunité, allergie. Il y aurait cependant une solution intermédiaire, c’est de considérer la tuberculose comme une maladie que l’on ne contracte qu’une seule fois dans une existence (à moins qu’elle ne guérisse complètement, ce qui, dans l’état actuel de nos connaissances, ne, saurait encore être affirmé d’une

Q û { . , d É façon certaine, Cette maladie, puisqu'on ne la con-

tracte qu’une fois, est nécessairement immunisante, mais elle se distingue en même temps de la plupart des maladies infectieuses par ce fait que l’immunité n'existe que pour les nouveaux apports de germes, et non point pour les germes déjà existants dans l'organisme. Le sujet, tout en étant tuberculeux, reste réfractaire au virus tuberculeux pouvant venir de l'extérieur. Cette conception, que nous développerons dans le prochain chapitre, exclut la possibilité d’une réinfection exogène pour la tuberculose de l'adulte, elle modifie donc nécessairement l'idée que l’on se faisait de la transmission de la tuberculose.

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