‹ Études sur la transmission de l'infection tuberculeuseChapitre 19 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La transmission de l'infection

tuberculeuse

L'étude préalable des deux facteurs de l'infection bacillaire, le virus et le terrain était indispensable pour l'interprétation des faits concernant la transmission. Cette étude préalable permet de conclure de la façon suivante :

1° La tuberculose est une maladie infectieuse donc, elle ne peut se produire sans son virus spécifique. Mais ce virus n'est pas représenté par le bacille acido-résistant seul, il revêt des formes multiples encore assez mal connues quant à leurs effets pathogènes.

2° Au point.de vue du terrain nous pouvons dès maintenant distinguer deux sortes de sujets : les individus vierges de toute infection bacillaire qui présentent pour ce virus une réceptivité absolue, et, d'autre part, les sujets infectés, tuberculeux au sens

biologique, mais qui ne présenteront pas forcément

LR à

une tuberculose clinique. Ces deux catégories de sujets représentent les uns, le terrain tuberculisable, les autres, le terrain tuberculeux (Bezançon).

La question qui se pose à présent est de savoir comment le sujet tuberculisable devient tuberculeux au sens biologique du mot ? Ensuite, nous examinerons la transition entre l’état tuberculeux latent et la tuberculose clinique.

A) Hérédité et contagion.

Les deux modes de transmission ont été également admis jusqu’au triomphe de la doctrine de la contagion. Aussitôt que la réalité de la contagion a été reconnue, l’hérédité a été niée par une réaction tout à fait naturelle. Nous résumerons brièvement l'historique de la question. Hippocrate exprime la doctrine de l'hérédité en disant que tout phtisique provient d’un phtisique. Cependant, il semble que les Grecs croyaient à la contagion comme il ressort de certains passages d’Isocrate et d’Aristote. Plus tard on retrouve ce même éclecticisme, On attribuait une importance à peu près égale aux deux facteurs. La contagion semble avoir été la doctrine dominante au xvin° siècle dans les pays du Sud de l’Europe puisque la déclaration de la tuberculose y était obligatoire. Par contre, en France, dès les travaux importants de Bayle et de Laënnec, la phtisie est considérée comme une maladie provenant de la déchéance progressive de l'organisme. Laënnec, tout en niant la contagion,

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conseille la prudence à l'entourage des phtisiques. Les deux théories semblent s'opposer pour la première fois au moment de la discussion des expériences de Villemin. La découverte du bacille fait

triompher définitivement la contagion qui reste le

dogme régnant jusqu’à ces derneirs temps.

L'examen objectif des arguments montre en effet qu'ils sont d'une égale valeur. La contagion de la tuberculose ne compte plus ses preuves expérimentales et cliniques. La maladie est inoculable : l'enfant jeune, vivant au contact de tuberculeux, contracte la maladie d’une façon à peu près certaine, Faut-il d’autres arguments pour montrer la contagiosité de l'infection bacillaire ? Aussi, aucun auteur ne va-t-il jusqu’à nier absolument la contagion. D’autre part, Brindeau et Cartier retrouvent le bacille de Koch dans le sang du cordon 25 fois sur 34 chez des femmes tuberculeuses. Calmette, Valtis, Nègre et Hoquet et, à leur suite, un très srand nombre d’auteurs, retrouvent le virus filtrant chez le fœtus de mères tuberculeuses. Les preuves cliniques et expérimentales abondent là encore, Aussi les auteurs qui nient l’hérédité admettent-ils qu'elle est possible, mais exceptionnelle et pratiquement négligeable (Léon Bernard).

Nous pensons qu’il est nécessaire d'apporter ici quelques précisions. A. Lumière, partisan convaincu de l'hérédité, admet qu'il y a « une confusion dans la définition du mot hérédité qui a plusieurs accep-

tions et qui s'applique à plusieurs phénomènes de

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