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Ribadeau-Dumas, Cuel et Prieur retrouvent dans les humeurs du fœtus sont transmis par hérédité ou par le sang de la mère, Il faut avouer que l'hérédité et ce que Lumière appelle la para-hérédité, sont difficiles à dissocier chez les mammifères où le fœtus vit en parasite de sa mère pendant longtemps. Mais la distinction n’en est pas moins importante au point de vue doctrinal.
Le terrain tuberculisable tel que nous l'avons défini ne dépend certainement pas de l’hérédité. Nous sommes tous égaux devant le virus tuberculeux quand nous le rencontrons pour la première fois. Le facteur héréditaire semble jouer dans le déterminisme de la tuberculose clinique. Lumière cite des cas où pendant plusieurs générations la bacillose s’est localisée au même organe. J. Troisier a observé trois générations de tuberculose pulmonaire hémoptoïque. Le degré de gravité de l'infection semble également se transmettre par hérédité. S'agit-il là d’un facteur spécifique à l'infection tuberculeuse ou bien d’une résistance héréditaire générale aux infections, nous ne pouvons le dire actuellement.
La tuberculose se contracte donc uniquement par la voie de la contagion. Vaudremer résume très bien
sa conception sur ce sujet : « Habitants des villes,
nous somimes exposés à trois sources d'infection tuberculeuse : la voie transplacentaire; la voie directe par contacts avec les porteurs de germes acidorésistants; la voie indirecte par les formes du genre tuberculigène développées en dehors de la vie para-
sitaire. « La tuberculose est contagieuse, mais seullement pour les sujets tuberculisables, c'est-à-dire présentant un terrain vierge mais propre à la réceptivité. Voilà le conflit entre les contagionnistes convaincus et les négateurs de toute contagion comme Lumière. Imaginons-nous que le virus de la syphilis soit un germe assez répandu pour que tout le monde contracte la maladie dans le$ premières années de la “vie; il est évident qu'aucun adulte ne pourrait plus l’attrapper. La syphilis cesserait donc d'être considérée comme une maladie contagieuse. Il nous semble qu’à ce point de vue l’infection tuberculeuse est exactement superposable à l'infection par le tréponème, mais les formes saprophytiques du germe tuberculeux sont très répandues et, tout au moins dans les milieux urbains, tout enfant est tuberculisé après deux ans. En continuant l'analogie on peut dire que la tuberculose chronique de l'adulte est l'accident tertiaire d'une maladie contractée dans la première enfance. « La tuberculose chronique de l'adulte est le dénouement d’un drame dont le prologue commence au berceau (Ferran). Est-il nécessaire ou même logique l’invoquer là une surinfection venant du dehors; nous ne le croyons pas. Au contraire, les arguments abondent contre la contagiosité de la tuberculose pour l’adulte ou plus exactement pour le sujet atteint d’une tuberculose latente déce- ‘Jable seulement à la cutiréaction. Lumière a très bien montré combien était rare la tuberculose conjugale où pourtant les meilleures conditions de contages se
AGE trouvent réunies. Plusieurs auteurs avant Lumière ont déjà insisté sur cette remarque que les médecins et le personnel hospitalier soignant quotidiennement les tuberculeux ne sont pas plus frappés que les sujets isolés de tout contact avec ces malades. Nous pou-
yons affirmer que la tuberculose est une infection
à évolution chronique qui évolue schématiquement en trois périodes :
1) Période de réceptivité. Pendant cette phase tout sujet peut contracter la tuberculose. Dans l'immense majorité des cas il s’agit d’une atteinte bé- | nigne qui reste complètement latente. Cette période est très brève pour les habitants des villes, mais elle peut être très longue pour les sujets vivant à l’abri du virus tuberculeux.
2) Période de tuberculisation latente. Elle peut être extrêmement courte, comme elle peut durer pendant toute la vie. Nous examinerons dans les pages suivantes les facteurs qui déterminent sa durée.
3) Période lésionnelle. C’est la phase qu'on peut appeler la tuberculose proprement dite, car elle résume présque toutes les manifestations cliniques de l'infection tuberculeuse. |
B) Modalité de transmission et formes anatomo-cliniques de la tuberculose.
lei encore on doit tenir compte des deux facteurs, du virus et du terrain. Nous avons mentionné l’in-