FROID, TOUX, BRONCHITE, PNEUMONIE, PLEURÉSIE
Ces améliorations peuvent se renouveler plusieurs fois, mais les malades ne considèrent ces bronchites répétées que comme des accidents trèsordinaires, n’avant aucun rapport avec une maladie grave. Cependant la dernière recrudescence, se reliant sans interruption à l’état inquiétant qui fait invoquer les secours du médecin, devient habituellement pour eux le commencement de leur affection, et si !’ invasion de ces accidents coïncide avec une circonstance quelconque qui puisse les expliquer à leurs yeux, c'est, elle qui prend rang parmi l’étiologie de la phthisie. On rencontre beaucoup de personnes frappées de la facilité avec laquelle elles s’enrhument depuis quelque temps, et de l’altération que leur santé a subie depuis cette, malheureuse disposition ; dans ces cas elles sont toutes disposées à faire remonter leur maladie aux bronchites de première date.
4° Enfin, il n’est pas rare d’observer des individus qui n’offrent d’autres symptômes que ceux d’une bronchite simple, habituellement accompagnée d’accidents fébriles plus ou moins persistants; mais, au bout de quelque temps, on voit apparaître des signes de tuberculisation. Le plus souvent meme ces signes s’accentuent de plus en plus, à mesure que la bronchite semble diminuer d’intensité, ce qui s’explique par ce fait, que les signes délicats de la phthisie au début sont comme étouffés
DE LA TOUS ET DE LA BRONCHITE DANS LA PHTHISIE. 359 dans les râles de toutes sortes appartenant à une bronchite un peu intense. « Les râles sonores, sibilants, muqueux, ditM. Fournet (1), qui accompagnent la bronchite, mais surtout les premiers, peuvent voiler entièrement les bruits morbides plus faibles de là première période de la phthisie. Il est également difficile, pendant le cours d’une bronchite un peu intense, de faire, parmi les symptômes généraux observés, la part exacte de ce qui appartient à la bronchite et de ce qui peut appartenir à la phthisie. Or, comme ces deux ordres de signes (signes Locaux et signes généraux) sont les plus importants pour le diagnostic, il est prudent de ne pas se prononcer avant que La résolution de la bronchite n’ait laissé dans l’isolement les signes qui peuvent appartenir à la phthisie ; si réellement des tubercules infiltrent le tissu pulmonaire, on voit alors se démasquer successivement les signes qui leur correspondent. »
Voilà les cas sur lesquels on s’appuie pour dire que la bronchite peut être cause directe de la phthisie ; on a cru voir une tuberculisation succéder à la bronchite lorsque, par le fait, la bronchite n’était qu’une complication des tubercules dont les signes se sont peu à peu démasqués , comme le dit pittoresquement M. Fournet. Sans doute les signes
(I) Fournet, loco cil », p. (594.