INOCULATION DU TUBERC. DE L’HOMME AU COC. D'INDE
Les inoculations de lapin a lapin ont constamment produit des tuberculoses dont les caractères d’acuïté et de généralisation sont vraiment remarquables. Au bout de deux à trois mois les animaux succombent à l’asphyxie qu’on s’étonne de voir arriver aussi tard, vu le peu de parenchyme pulmonaire resté perméable à l’air. Du dixième au quinzième jour, de notables changements commencent à s’apercevoir dans la santé des sujets, qui maigrissent à vue d’œil et arrivent à un degré de marasme extraordinaire.
§ 4. — Inoculation du tubercule de l'homme au cochon d'Inde. ■ -
Le 19 décembre, nous inoculons, en dedans de chaque jambe antérieure, deux cochons d’Inde, un mâle et une femelle. Cette dernière était pleine et mit bas, le 2 janvier, deux petits qu’on trouva morts dans la cage. Ils étaient couverts de poils, paraissaient à terme et ne présentèrent à l’autopsie aucune lésion appréciable.
Les tubercules développés sous les piqûres d’inoculation deviennent volumineux et s’ulcèrent ; les animaux maigris^ sent d’une façon très-marquée, surtout la femelle dont la respiration devient accélérée. Le 21 février, elle succombe avec les lésions suivantes :
Poumons semés de nombreuses granulations grises, entourées d’une sphère de congestion. — Ganglions bronchiques tuméfiés, durs, lardacés et contenant de petits grains jaunes caséeux.
Foie volumineux, parsemé de petites granulations transparentes, presque confluentes, faisant relief au-dessus de la
surface de la coupe. Çà et là se trouvent des masses plus
volumineuses, blanches ou colorées en jaune par la bile. — Rate extrêmement grosse, contenant des granulations et des nodules tuberculeux dans son intérieur.
Le sang est très-leucocythémique ; on remarque sur une coupe du foie des amas de globules blancs qui engorgent les vaisseaux capillaires et dessinent leur trajet.
Le 31 mars, le cochon d’Inde mâle est aussi trouvé mort, il avait considérablement maigri et sa fin était attendue d’un moment à l’autre.
Les poumons sont farcis de tubercules, ils ne possèdent presque plus de parenchyme sain. Les granulations confluent en dessinant des plaques d’étendue variable ; beaucoup de petites granulations isolées font saillie au-dessus de la plèvre.
Les ganglions bronchiques sont considérablement tuméfiés, durs à la coupe et présentent des points jaunâtres ; les ganglions lymphatiques des autres régions du corps sont en grande partie hypertrophiés et tuberculeux. On en trouve de grands chapelets aux régions sous-maxillaire, parotidienne, inguinale, etc. Aux aisselles, il existe de chaque côté un ganglion gros comme un haricot et réduit en une pulpe jaunâtre semblable à du cérat.
La rate contient dans son enveloppe péritonéale une grande quantité de granulations grisâtres, transparentes, faisant fortement saillie à la surface de l’organe ; des granulations plus jaunes se trouvent dans son intérieur. — Le foie est parsemé de petites granulations transparentes, distribuées en nombre considérable dans l’intérieur et dans l’enveloppe fibreuse de la glande au-dessus de laquelle elles font saillie.
§ o. Inoculation du tubercule de l'homme au chien.
Y a-t-il des chiens phthisiques? Les médecins vétérinaires sont partagés d’avis sur ce sujet. Dans
INOCULATION DIT TUBERCULE DE L’HOMME AU CHIEN. 549 tous les cas, les exemples n’en sont pas très-communs, attendu qu’en raison des rapports du chien avec l’homme, ceux qui se sont offerts ont dû ne pas échapper entièrement à l’observation. Nous avons vu des chiens affectés de toux et d’oppression et présentant une certaine maigreur. Chez l’un d’eux nous avons constaté de l’emphysème pulmonaire et une augmentation assez notable du volume du cœur, mais il n’y avait pas trace de tuberculisation.
Nous n’avons trouvé aucune observation attestant que la tuberculose a été observée dans la race canine ; en revanche il y a des relations détaillées .de chiens et de renards qui ont offert à l’autopsie des petites granulations vermineuses dans les poumons simulant, de la façon la plus surprenante, les tubercules de la phthisie.
L’inocu lation du tubercule s’offrait naturellement comme un moyen facile de s’assurer si les chiens sont réfractaires à la tuberculose. Nous l’avons pratiquée dans les circonstances suivantes :
Nos 1 et 2. — Deux petits chiens tétant encore leur mère sont inoculés sous le ventre, puis sacrifiés, l’uh après trois mois et l’autre après quatre. Ils ne présentent aucune lésion organique.
N° 5. — Chien adulte de taille moyenne; inoculé le 13 janvier, il devient malade un mois environ après avoir été inoculé, il perd l’appétit, devient triste et s’amaigrit considéra-
blement ; après avoir offert des alternatives de mieux et d plus mal, il arrive à un degré de marasme extraordinaire le l&IvriT SUment 3U deniier moment et nous le sacrifions
Les poumons, le foie et la rate sont sains ; l’œsophage nré sente un assez grand nombre de petites ulcérations tailL,' a pic a bords un peu indurés, dont le fond rose traiche sur la couleur blanche de la muqueuse. — Dans l’épaisseur des parois de .1 estomac existe une tumeur de la grosseur d’une aveline : c est un kyste rempli de nématoïdes du genre smropiere. — Les follicules clos du gros intestin sont saillante durs, quelques-uns sont ulcérés.
N* 4. - Chien adulte, (Tune (aille au-dessus <1,: la mo venue 1res- vigoureux, moculé à trois reprises différentes. La me’miere inoculation a lieu le 17 décembre, la dernière est pra-
16avri” mMS SeUlement aïant la mort ?ui lui “t donnée le
Dans le lobe antérieur du poumon gauche existe un tuber- . culede la grosseur d'un pois, faisant saillie sous la plèvre,
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