INOCULATION DÉ LA TUBERC. AU MOYEN DU SANG
nulations blanchâtres, molles, dont quelques-unes confluent en donnant lieu à des nodosités de la grosseur d’un pois.
La plaque finale de l’intestin grêle et l’appendice cœcal contiennent plusieurs granulations de même apparence que celle des ganglions mésentériques.
Ce cas est le premier exemple que . nous ayons obtenu jusqu’alors, chez les animaux, d’une tuberculisation échappant à la loi de M. Louis. Un fait analogue a été signalé par M. le docteur Genaudet (1 ) .
N° 2. — Le 27 février, inoculation comme ci-dëssus d’un deuxième lapin au moyen de deux piqûres situées, l'une au cou et l’autre près de l’omoplate. Il en résulte des tumeurs assez grosses, mais moins volumineuses cependant que dans la première expérience ; elles s’affaissent progressivement, et l’animal, après être arrivé à une grande maigreur, reprend un peu d’embonpoint dans les derniers temps. Mis à mort le 1er mai, il offre les lésions suivantes :
Les deux poumons sont semés d’une assez grande quantité de granulations de diverse grosseur, une nodosité plus considérable que les autres est caséeuse à son centre.
Sur un des reins se voit un tubercule grisâtre, situé dans la substance corticale.
Aux lieux d’inoculation se trouve une masse caséeuse autour de laquelle rayonnent dans une grande étendue des myriades de petites granulations, situées dans le tissu cellulaire, et qui sont d’autant plus grises et plus jeunes qu’elles s’éloignent de la masse caséeuse centrale.
Les ganglions axillaires sont très-gros. Dans chaque aisselle existe un agglomérat de trois ou quatre ganglions, gros chacun comme une noisette; les uns ne forment plus qu’une masse caséeuse renfermée dans l’enveloppe fibreuse ; les autres sont bosselés et composés de nodules tuberculeux encore séparés par un peu de substance saine.
(1) Genaudet, Inoculation de la tuberculose aux lapins (Journal de médecine de Lyon, 1867, et Gaz. hebd. de méd..et de ehir., 1867).
§ 12. — Inoculation de la tuberculose au moyen du sang de sujets phthisiques.
On s’est inquiété, à propos des maladies virulentes, de savoir si le sang des sujets affectés était capable de transmettre la maladie par inoculation à des individussains.il paraît avéré que la clavelée, la morve, la rage, le sang de rate, etc., ont été reproduites par ce genre d’expérience. Il existe aussi des faits de transmission de la syphilis par le sang., L’inoculation des maladies virulentes par le liquide sanguin est loin d’avoir donné des résultats positifs, chaque fois qu’elle a été tentée. En ce qui concerne la syphilis, par exemple, on n’obtient ordinairement rien en pratiquant une simple piqûre avec une lancette chargée de sang ; « pour que l’inoculation réussisse, il est nécessaire d’agir sur une assez grande surface et avec une notable quantité de liquide; témoin l’observation de Waller, dans laquelle on déposa plusieurs grammes de sang sur des scarifications profondes, et en ayant la précaution de le maintenir avec delà charpie imbibée du même liquide , témoin aussi les neuf inoculations de l’anonyme duPalatinat, dont trois furent suivies de succès, parce que dans trois seulement une large surface absorbante avait été frictionnée (1) . »
(1) Melchior Robert, Nouveau traité des maladies vénériennes. Paris, 1861, p . 497.