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INOCULATION DE LA TUBERC. AU MOYEN DU SANG

Les échecs qui suivent rinoculation avec la simple piqûre, et la réussite obtenue par le contact prolongé d’une quantité de sang assez grande, portent M. Melchior Robert « à croire que la propriété infectante du sang est très-faible, et que pour la mettre en action il est nécessaire d’agir avec de grandes quantités et sur une large surface. >?

Prévenu par des tentatives de ce genre, nous avons cherché, en inoculant le sang d’individus tuberculeux, à nous placer dans des conditions à peu près semblables à celles qui avaient donné des résultats positifs avec le sang syphilitique. Le moyen que nous avons employé a été l’injection hypodermique avec une seringue à dard. Nous avons pris du sang de trois provenances différentes comme cela est indiqué dans les expériences suivantes ;

Première série. — Le 9 janvier, nous ouvrons les vaisseaux fémoraux d’un lapin tuberculeux dont nous recueillons le sang, et, au moyen de la seringue à dard, nous injectons sous lapeau d’un autre lapin environ 2 centimètres cubes de ce sang défibriné. Nous répétons cette opération sur le même animal le 27 février suivant. Ce lapin était une femelle; elle mit bas une fois des petits qu’elle laissa mourir. Nous la sacrifions le 25 avril et nous constatons :

Dans les deux poumons, un certain nombre de granulations dures, transparentes, dont quelques-unes seulement ont un petit point jaunâtre à leur centre.

Un des reins contient dans sa substance corticale un tubercule de la grosseur d’une tête d’épingle. — L’appendice cœcal est parsemé d’un grand nombre de granulations blanchâtres.

Deuxième série. — Le 15 février, nous extrayons des vaisseaux du foie d’un homme mort de phthisie, une certaine quantité de sang liquide dont nous injectons, parla méthode hypodermique, environ 2 centimètres cubes, à un lapin. L’animal arrive promptement à un grand état de maigreur et succombe le 51 mars.

Les poumons renferment beaucoup de granulations grises, transparentes, très-petites, en même temps que trois ou quatre nodules de la grosseur d’un pois et un peu jaunâtres.

Les épiploons sont criblés de myriades de granulations, très-petites, transparentes et dures. La même altération s’observe dans la toile mésentérique, où les granulations se Condensent en traînées le long du trajet des chylifères. Ces vaisseaux sont, pour la plupart, comme injectés par une substance d’un blanc laiteux.

Les ganglions mésentériques, très-volumineux, sont infiltrés d’un nombre considérable de tubercules jaunâtres, caséeux et donnant lieu par leur confluence à des masses étendues.

Tuberculisation intestinale remarquable.

L’appendice cœcal et presque toutes les plaques de Peyer, ainsi que la muqueuse de toute la partie inférieure de l’intestin grêle, sont semés de tubercules excessivement nombreux. — Le foie a son enveloppe péritonéale hérissée de tubercules. — La rate est parsemée de nombreuses granulations.

A 1 endroit où le sang d’inoculation a été déposé se remarque un amas de matière caséeuse, autour duquel se groupent d innombrables petites granulations, siégeant dans le tissu conjonctif sous-cutané et intermusculaire.

rr oisif me sérié. — ■ Avec du sang de sujets phthisiques extrait au moyen d une ventouse, nous faisons, derrière le cou; une injection hypodermique à quatre lapins.

N° 1. Pas de tubercule après deux mois et demi.

N° 2. — Pas de tubercule après deux mois et demi.

INJECTION DE MATIÈRE TUBERC. DANS LA TRACHÉE. 569 n N° 5. -- Pas de tubercule après trois mois.

N° 4. — Au lieu de l’injection, s’est développée une tumeur de la grosseur d’une petite noix; elle est formée, au moment de la mort de cet animal, par une matière caséeuse comme enkystée dans im tissu un peu charnu.

Les deux poumons renferment quelques tubercules encore gris. Il n’y a rien dans les autres organes.

§ 13. — Injection de matière tuberculeuse dans la trachée.

Il nous a paru curieux de rechercher si l'absorption par les voies respiratoires pouvait amener l’infection tuberculeuse. Nous avons essayé de résoudre cette question de la manière suivante :

Nous avons pris de la matière tuberculeuse ramollie que nous avons délayée dans de l’eau en la triturant sur le bord d’une assiette et en rejetant les débris un peu gros. Puis; au moyen d’une seringue à dard, nous avons injecté dans la trachée de deux lapins un demi-centimètre cube de cette eau, troublée par le tubercule délayé. La trachée avait été préalablement découverte par une incision.

N° 1 . — Inoculé le 6 février et tué le 26 avril , ce lapin présente un certain nombre de granulations très-petites, grises et transparentes dans les deux poumons.

Un des ganglions profonds du cou, offre plusieurs tubercules ramollis.

N° 2. — Inoculé et tué aux mêmes dates que le précédent. Cet animal n’offre pas de tubercule.

Cette expérience, quoique suivie de résultats, n’est pas entièrement satisfaisante, et ne nous semble pas juger la question sans réserve. En effet, pour la pratiquer, il y a eu formation d’une plaie sur laquelle il est bien difficile qu’un peu de matière tuberculeuse ne tombe pas, et dans ce cas alors, se trouvent reproduites les conditions d’une inoculation ordinaire.

J 14. — Inoculation de la matière prise dans les tubercules développés au lieu d'inoculation.

Une importante question qui s’est offerte à notre esprit a été celle de savoir si, à l’exemple des autres maladies inoculables bien connues, le principe morbide de la tuberculose se reproduit au point d’inoculation. Ce fait, auquel se rattachent de grandes idées de pathologie générale, nous a semblé péremptoirement résolu de la manière suivante :

Le 6 janvier, nous inoculons deux lapins avec de la matière caséeuse, exprimée d’un tubercule développé au lieu d’inoculation sur un lapin vivant, inoculé lui-même depuis le 17 décembre. Nous répétons cette opération le 6 février sur les mêmes animaux.

N° t. — Sur ce lapin sacrifié le 6 mai, nous constatons de nombreux tubercules pulmonaires, formant des amas étendus et dispersés dans tous les lobes. Les tubercules un peu gros sont jaunâtres à leur centre. Un grand nombre de granulations transparentes sont disséminées dans les deux poumons.

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