‹ Études sur la tuberculoseChapitre 35 sur 52 · INOCUL. DE LA MATIÈRE DES TUB. D’INOCULATION · texte numérisé non relu

INOCUL. DE LA MATIÈRE DES TUB. D’INOCULATION

Le péritoine offre quelques petites granulations, siégeant principalement dans l’épiploon gastro-splénique. — Les ganglions mésentériques sont volumineux et présentent des points tuberculeux. — La rate, quoique petite, contient un grand nombre de granulations transparentes, faisant saillie à la surface de l’organe. — Beaucoup de follicules clos des plaques de Peyer sont caséeux.

N° 2. — Ce second lapin tué le 50 juin, présente une tuberculisation moins intense que le premier. Il y a des tubercules disséminés dans les deux poumons, où l’on trouve un agglomérat presque entièrement ramolli, en même temps que de petites granulations encore transparentes. Ce lapin avait mis bas deux fois des petits depuis son inoculation et les avait laissés mourir.

Ces expériences prouvent, une fois encore, la grande analogie de la tuberculose avec les maladies virulentes les plus connues. L’évolution du tubercule siégeant au point d'inoculation, le temps qui s’écoule entre le moment de cette inoculation et l’éruption tuberculeuse dans les différents organes, la multiplication et l’intensité progressive du produit pathologique nous font croire que le tubercule initial, dévéloppé au point d’insertion de la matière virulente, devient la source de la généralisation de l’affection, de même que dans la syphilis, le chancre constitue une lésion, locale 'd’abord, et d’où découle l’infection générale de l’organisme et la manifestation de la maladie dans des organes multiples et éloignés.

Cela nous montre, en outre, comment une pre-

inière éruption tuberculeuse devient la source de poussées ultérieures qui amènent dans bien des cas l’envahissement de l’organisme tout entier. Par la nous voyons que les tubercules discrets, qui apparaissent aux sommets des poumons, lors du début de certaines phthisies en apparence bénignes, sont la porte d’entrée de la maladie qui généralise ordinairement ses effets, malgré tous nos efforts. Quelque rares que ces tubercules puissent être, quelque légers que soient les symptômes qui les accompagnent, le danger est toujours immense et le dénoûment à peu près fatal. Tôt ou tard, apparaissent de nouvelles éruptions, plus ou moins intenses et répétées dans le reste des poumons et dans les autres organes. N’y eût-il qu’un seul tubercule d’abord, il est pour l’économie une source7 d’infection qui manque bien rarement de se manifester, et c’est là la vraie gravité de la phthisie.

§ 15. — Durée d'incubation de la tuberculose.

L’éruption des granulations tuberculeuses dans les organes internes se fait un certain temps après l’inoculation et qui doit assurément varier selon les sujets. Nous avons essayé de déterminer à peu près l’époque de l’apparition des tubercules dans les poumons et les autres' viscères. La loi de M. Louis s’est toujours manifestée avec la plus

DURÉE D’INCUBATION DE LA TUBERCULOSE. 573 grande généralité, nos observations en font foi, nous n’avons rencontré que deux exceptions. Les exemples qui suivent tendent à montrer, en outre, que l’éruption tuberculeuse du poumon commencerait à se faire du dixiéme au vingtième jour, et que, dans les cas où les tubercules se généralisent, ils existent déjà dans les reins et dans la rate, avant le vingt-huitième jour. Du reste, un lapin, dont nous avons rapporté l’observation dans le paragraphe 10 de cette Étude, est mort au bout de vingt-cinq jours; offrant une tuberculisation généralisée extrêmement intense.

N° 1 . — Un lapin inoculé au moment où;il était atteint d’une diarrhée épidémique, maladie qui fait mourir beaucoup dé ces animaux à certains moments, succomba au dixième jour de son inoculation et présenta une petite granulation transparente dans un des poumons.

N° -2. — Un lapin pris au hasard, parmi ceux qui avaient été inoculés depuis vingt jours, avait, dans un poumon, deux petites granulations naissantes, d’une transparence remarquable, dures et résistantes.

N° 3. — Un lapin inoculé avec des tubercules pris sur un autre lapin qui venait d’être tué à l’instant, offrit au bout de vingt-huit jours les lésions suivantes :

Poumons criblés de granulations plus petites qu’un grain de millet, transparentes.

Rate remplie de tubercules. — Les deux reins renferment chacun trois ou quatre granulations d’un blanc grisâtre.

§ 16. — Influence de la tuberculose sur la parturition.

La question de l’hérédité occupe une grande place dans l’histoire de la phthisie, et la solution de ce problème est fort complexe. Nous avons déjà attiré l’attention sur une cause d’erreur dont il v a lieu dé tenir compte selon nous. C’est que si la tuberculose est véritablement transmissible, à la façon des maladies virulentes, il est très-possible que les cas de phthisie, observés sur les membres d’une même famille, soient autant le résultat de la cohabitation que de tout autre chose.

Lés faits qui se rattachent à cette question pourront peut-être recevoir quelques éclaircissements de l’expérimentation sur les animaux, dont les accouplements se font à notre gré. Comme on a pu en faire la remarque, en lisant nos observations, la tuberculose, chez les lapins inoculés, a eu pour effet habituel l’avortement ou la mort prématurée des petits. La même particulari té s’est aussi présentée chez les cochons d’Inde. Cette mort nous semble devoir être attribuée à l’insuffisance de la sécrétion lactée des mères et à leur négligence pour leur lignée. On sait que chez les animaux cette sécrétion est pour beaucoup dans l’excitation de la sollicitude maternelle. Sur le plus grand nombre des petits lapins qui avaient suc-

mOCULÀTION DE SUBSTANCES PATHOLOGIQUES. 575 combé le jour de leur naissance ou bien un ou deux jours après, nous avons trouvé l’estomac vide, une seule fois exceptée, ce qui tendrait à faire croire que la mort avait été causée par inanition. Aucun d'eux n'avait de tubercules.

Deux seulement ont vécu environ cinq mois, mais ils sont toujours restés chétifs, rabougris, et n’ont atteint guère plus de la moitié de la taille des sujets de leur âge. Ils ont présenté un développement excessif de l’abdomen avec un pelage terne et laid, et sont morts d’une affection étrangère à la tuberculose. C’était une sorte de méningite spinale qui avait fait succomber, en même temps qu’eux, plusieurs autres jeunes lapins de bonne provenance avec lesquels ils vivaient. Ces deux lapins , descendants de parents phthisiques , n’ont présenté aucune trace de tuberculisation.

§ 17. — Inoculation de substances pathologiques diverses étrangères à la tuberculose.

Dès les débuts de nos travaux sur l’inoculation de la tuberculose, nous avions inoculé comparativement d’autres substances pathologiques , : les résultats négatifs qui étaient résultés de ces expériences nous en avaient fait abandonner la poursuite. Des assertions contraires s’étant produites,

- nous les avons reprises ensuite sans plus de succès que précédemment^ Nous avons insisté principa-

lement sur l’inoculation de la matière caséeuse des pseudo-tubercules vermineux du mouton au moyen de laquelle M. G. Colin (1) aurait réussi à provoquer la tuberculose; mais nous n’avons absolument rien obtenu de pareil. Nous nous demandons quelle peut être la raison de cette différence dans les résultats. En ce qui concerne les tubercules vermineux, nous voyons que M. Colin conclut à l’inoculabilité de ce produit, d’après une seule expérience faite sur un mouton. Or, nous l’avons déjà dit, les moutons doivent être tenus pour suspects dans ces sortes d’épreuves, car il y a excessivement peu de ces animaux exempts de lésions d’apparence tuberculeuse, siégeant dans le foie, les poumons, etc. Nous avons examiné des quantités considérables de ces organes, si faciles à se procurer en grand nombre dans les boucheries, et qu’on peut, du reste, toujours inspecter sans frais sur les marchés, et nous pouvons affirmer que presque tous sont plus ou moins atteints de tumeurs vermineuses, d’hypertrophie des glandules bronchiques qui imitent si bien les tubercules gris transparents, ainsi que de dilatations des canaux aériens contenant des produits muco-purulents à des degrés divers d inspissation. Nous avons décrit ces altérations dans l’Étude précédente.

(1) G. Colin, loc. cil.

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